Grande Paix de Montréal (1701)

En 1701, les Français concluent un accord de paix avec les cinq nations IROQUOISES, mettant ainsi un terme à près d'un siècle d'hostilités marquées des deux côtés par des atrocités.

Grande Paix de Montréal (1701)

En 1701, les Français concluent un accord de paix avec les cinq nations IROQUOISES, mettant ainsi un terme à près d'un siècle d'hostilités marquées des deux côtés par des atrocités. CHAMPLAIN lance cette série d'expéditions militaires et de raids de guérilla en 1609, quand il se joint à une expédition guerrière d'ALGONQUINS, de MONTAGNAIS et de HURONS contre les MOHAWKS de la région du lac Champlain. Dans l'intérêt des détenteurs du monopole de la traite des fourrures, il initie les Français aux habitudes guerrières des autochtones nord-américains. Il s'ensuit des expéditions successives non concluantes contre des villages iroquois sous les gouverneurs COURCELLE en 1665, LA BARRE en 1684, et DENONVILLE en 1687. C'est seulement en 1696 que le gouverneur FRONTENAC réussit à arrêter les raids iroquois en Nouvelle-France et à détruire les villages et les réserves de nourriture des Onondagas et des Oneidas.

En juillet 1700, des délégués de quatre des nations iroquoises (les Mohawks sont absents) rencontrent le gouverneur Callière de Montréal pour amorcer des pourparlers de paix avec les Français et leurs alliés autochtones. Une réunion de toutes les tribus est prévue pour l'été suivant à Montréal. Trente nations envoient au total 1300 délégués pour discuter pendant plusieurs semaines, à grands frais pour leurs hôtes français, des conditions de l'action collective. Le protocole iroquois de la cérémonie des condoléances, l'échange de cadeaux et l'échange de prisonniers précèdent la « signature » solennelle des accords en vertu desquels plusieurs nations s'engagent entre elles à vivre en paix.

La Ligue iroquoise s'engage à rester neutre s'il advient une guerre entre l'Angleterre et la France. Tous conviennent que, si des différends surviennent entre eux, ils feront appel au gouverneur général de la Nouvelle-France pour les régler par la médiation. Dans les faits, cela implique une relation de parenté spéciale avec les Français et sape littéralement l'efficacité de la CHAÎNE D'ALLIANCE avec les colonies anglo-américaines. L'accord de paix de Montréal assure à la France la supériorité dans les questions autochtones et la liberté d'étendre sa présence militaire sur le continent au cours du demi-siècle qui suit.