Kim Nguyen

Kim Nguyen, directeur, scénariste, réalisateur, enseignant, (né en 1974 à Montréal, au Québec). Il est reconnu tant au Canada qu’à l’étranger pour le style visuel évocateur de ses films, qui sont empreints de fantastique et de réalisme magique.

Kim Nguyen, 2013.
Image: \u00a9 Bob Howard/flickr.

Kim Nguyen, directeur, scénariste, réalisateur, enseignant, (né en 1974 à Montréal, au Québec). Il est reconnu tant au Canada qu’à l’étranger pour le style visuel évocateur de ses films, qui sont empreints de fantastique et de réalisme magique. Il est sans doute mieux connu pour son quatrième long métrage, Rebelle (2012), gagnant de plusieurs honneurs dont dix prix Écran canadiens, huit prix Jutra et une nomination pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Éducation et début de carrière

Fils d’une mère québécoise et d’un père ingénieur originaire du Vietnam, Kim Nguyen (prononcé « nu-yen ») fait ses études cinématographiques à l’Université Concordia et obtient une maîtrise en cinématographie à l’Université de Montréal. Fasciné par l’écriture des scénarios, il apprend aussi le métier de scénariste tout en approfondissant sa connaissance de la photographie, tant conventionnelle que numérique.

Il enseigne par la suite les arts cinématographiques et la scénarisation à l’Institut de création artistique et de recherche en infographie (ICARI) et au Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal. Voulant produire davantage, Kim Nguyen fonde sa propre compagnie, Shen Studio, ce qui lui permet d’explorer en profondeur les méthodes numériques de manipulation d’images et de postproduction en faisant trois courts métrages : La route (1997), Soleil glacé (2000) et Le gant (2004).

Le Marais (2002)

Son premier long métrage, Le Marais (2002), est une fable fantastique ayant pour décor un village européen imaginaire et pour protagonistes deux parias qui s’installent près d’un marais hanté par des créatures diaboliques. Le film est d’abord tourné par Kim Nguyen et le cinématographe Daniel Vincelette avec du 35 mm, puis les effets spéciaux sont numériquement ajoutés par un procédé de postproduction effectué au sous-sol chez Kim Nguyen. Bien que rarement présenté à l’extérieur du Québec, Le Marais reçoit des critiques élogieuses et solidifie Kim Nguyen comme étant un cinéaste avec un style visuel poignant et un talent pour le fantastique, un genre peu commun dans le cinéma québécois. Le film est par la suite sélectionné pour six prix Jutra, notamment pour meilleur film et meilleure réalisation.

Truffe (2008)

Après avoir réalisé un épisode la populaire minisérie La chambre no 13 (2005), un thriller de Radio-Canada sur une mystérieuse chambre d’hôtel capable de changer le destin de ceux qui y passent la nuit, Kim Nguyen écrit, dirige et réalise Truffe (2008), un film chargé d’humour noir qui satirise le réchauffement climatique et la société de consommation contemporaine. Ce film à petit budget en noir et blanc qui se veut un hommage aux comédies de Jacques Tati et aux films de série B des années 1950, suit un quartier de Montréal qui se retrouve infesté de truffes, au grand plaisir d’un restaurateur local (Roy Dupuis). Un mélange étrange de science-fiction ténébreuse et pessimiste avec un humour excentrique et farfelu, Truffe présente des idées originales et un style visuel sophistiqué et évocateur. Le film fait ses débuts au Festival international de film Fantasia à Montréal pour ensuite gagner des prix au Karlovy Vary Fresh Film Fest et au Fantastic Fest à Austin au Texas.

La Cité (2010)

Par la suite, Nguyen produit La Cité (2010), un ambitieux drame historique suivant un docteur (joué par la vedette française Jean-Marc Barr) alors qu’il tente de sauver un village africain du XIXe siècle frappé par la folie et la peste. Utilisant ce qui était alors le plus gros budget qu’on lui ait confié, Nguyen tourne le film au début de l’année 2008. Cependant, Christal Films connaît des difficultés financières et abandonne le projet. Après avoir été acheté par Seville Pictures en 2009, La Cité est enfin mis sur le marché en 2010. Au box-office québécois, le film est un fiasco. Ailleurs, il sort directement sur DVD.

Parlant du film pendant une entrevue avec La Presse en 2013, Kim Nguyen dit : « Je ne suis pas parvenu à imposer ma vision. Comme le film était de surcroît coproduit avec [des compagnies de] la Suisse et [de] la Tunisie, il y a eu trop d'intervenants, trop d'avis, trop d'opinions divergentes. On a perdu la voie en cours de route. J'en prends l'entière responsabilité, cela dit. J'aurais dû faire preuve de plus d'autorité… Dans mon parcours de cinéaste, La Cité occupe néanmoins une place importante, parce qu'il m'a permis d'apprendre de mes erreurs. Et de passer ensuite à Rebelle. »

Rebelle (2012)

Tourné en République démocratique du Congo et sorti en 2012, Rebelle suit le parcours éprouvant d’une enfant soldat en Afrique subsaharienne alors qu’elle raconte l’histoire de sa vie à son enfant à naître. Déchirant, mais poignant, ce film aborde son sujet d’une façon qui n’est ni sensationnaliste ni sentimentale. Rebelle fait ses débuts au Festival international du film de Berlin, où il est acclamé tant par les critiques que par le public. Variety félicite Kim Nguyen pour « la maturité, le panache et l’impact émotionnel » de son film et pour avoir trouvé « un moyen astucieux de rassembler les divers éléments de son imagination, comme sa fascination envers l’Afrique explorée dans son drame de guerre historique La Cité, et son intérêt pour le surnaturel dont sont empreints Le Marais et Truffe. »

Rebelle reçoit une mention spéciale du jury et le prix pour la meilleure actrice pour Rachel Mwanza à Berlin, et remporte ensuite les prix pour la meilleure actrice et pour le meilleur long métrage au Festival du film de Tribeca. Il est sélectionné pour l’Oscar du meilleur film étranger, pour un Independant Spirit Award pour meilleur film international, et reçoit le prix Luc-Perreault/La Presse de la part de l’Association québécoise des critiques de cinéma pour le meilleur film québécois. Il remporte également dix prix Écrans canadiens et huit prix Jutra, avec des nominations aux deux galas pour meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario.

Prix

  • Fantastic Director (Truffe), Fantastic Fest (2009)
  • Fresh Generation Prize (Truffe), Karlovy Vary Fresh Films Fest (2009)
  • Prix du jury œcuménique, mention spéciale (Rebelle), Festival international du film de Berlin (2012)
  • Prix du public (Rebelle), Festival du film de Cambridge (2012)
  • Meilleur film (Rebelle), Festival du film de Tribeca (2012)
  • New Visions Award (Rebelle), Festival international du film de Catalogne à Sitges (2012)
  • Meilleure réalisation (Rebelle), prix Jutra(2013)
  • Meilleur scénario (Rebelle), prix Jutra (2013)
  • Meilleur réalisateur (Rebelle), prix Écrans canadiens (2013)
  • Meilleur scénario original (Rebelle), prix Écrans canadiens (2013)
  • Meilleur Film (Rebelle), prix Écrans canadiens (2013)
  • Prix Vanguard, Montreal International Black Film Festival (2013)

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