Le 7 octobre rouge

La manifestation contre Murray Hill ou manifestation des membres du Mouvement de libération du taxi, surnommée « le 7 octobre rouge » par la presse francophone et « Murray Hill Riot » et « Montreal’s Night of Terror » par la presse anglophone, renvoie à de grandes émeutes qui se sont produites à Montréal le 7 octobre 1969. Les événements, d’une durée approximative de 16 heures, étaient le résultat d’une grève de la police et des pompiers de la ville. Ce jour-là, un policier a perdu la vie, environ 30 personnes ont été blessées et plus de 100 ont été arrêtées. Les émeutes ont causé environ deux millions de dollars de dommages. Au final, le gouvernement a demandé à l’armée d’intervenir pour rétablir l’ordre. L’Assemblée nationale du Québec a également adopté une loi spéciale qui a forcé les policiers à retourner au travail. L’épisode, qui a eu lieu pendant une longue période d’agitation civile, est l’un des plus violents à s’être produits à Montréal. À l’époque, Montréal était en proie à des attentats à la bombe terroristes, à des vols de banques (voir Crime), à des manifestations et à de la brutalité policière.

La manifestation contre Murray Hill ou manifestation des membres du Mouvement de libération du taxi, surnommée « le 7 octobre rouge » par la presse francophone et « Murray Hill Riot » et « Montreal’s Night of Terror » par la presse anglophone, renvoie à de grandes émeutes qui se sont produites à Montréal le 7 octobre 1969. Les événements, d’une durée approximative de 16 heures, étaient le résultat d’une grève de la police et des pompiers de la ville. Ce jour-là, un policier a perdu la vie, environ 30 personnes ont été blessées et plus de 100 ont été arrêtées. Les émeutes ont causé environ deux millions de dollars de dommages. Au final, le gouvernement a demandé à l’armée d’intervenir pour rétablir l’ordre. L’Assemblée nationale du Québec a également adopté une loi spéciale qui a forcé les policiers à retourner au travail. L’épisode, qui a eu lieu pendant une longue période d’agitation civile, est l’un des plus violents à s’être produits à Montréal. À l’époque, Montréal était en proie à des attentats à la bombe terroristes, à des vols de banques (voir Crime), à des manifestations et à de la brutalité policière.


Origines

À la fin des années 1960, Montréal est une ville en proie à une violence grandissante. Les manifestations y sont courantes. La police fait face au taux d’homicides le plus élevé du Canada. Une série de violents vols de banques à main armée et d’événements violents entre groupes criminels organisés ébranlent la ville. Le Front de libération du Québec (FLQ) commet une succession d’attentats à la bombe terroristes de 1963 à 1971. Au total, il en perpètre 200, dont celui de la maison du maire Jean Drapeau. Par ailleurs, l’agitation civile est à son comble. Au début de 1969, deux événements entraînent des manifestations majeures à Montréal : l’affaire Sir George Williams en février et le mouvement McGill français en mars. (Voir aussi Révolution tranquille.) La tension est aussi palpable en raison de la continuation de la crise linguistique de Saint-Léonard sur le statut des écoles bilingues (voir Commission Gendron). Le premier ministre de l’époque, Pierre Elliott Trudeau, commente plus tard que la police montréalaise est franchement malmenée et qu’elle a la plus lourde tâche policière au Canada à l’époque.

Grève non autorisée

En raison des conditions de travail dangereuses, la police de Montréal demande une augmentation de salaire. Elle souhaite la même rémunération que les policiers de Toronto, soit 9 200 $ par année (ce qui équivaut à plus de 66 000 $ en 2021). Après quelque temps, les négociations avec la Ville sont dans une impasse. On fait appel au conseil d’arbitrage de la Ville pour la médiation des discussions afin de faire signer de nouveaux contrats à la police. Cependant, la Fraternité des policiers de Montréal (le syndicat policier de la ville) juge inadéquates les recommandations du conseil. Le 7 octobre 1969, les 3 800 policiers de Montréal quittent donc leur poste. Ils se rassemblent à l’aréna Paul-Sauvé, où 2 400 pompiers les rejoignent par solidarité. Les policiers, mécontents, se sentent floués par la Ville.

Montréal est alors privée de ses policiers et de ses pompiers, mais elle n’est pas complètement sans préparation. Des policiers de la Sûreté du Québec (la police provinciale) et de la Gendarmerie royale du Canada ainsi que des soldats de l’Armée canadienne sont envoyés pour maintenir la loi et l’ordre. De plus, les banques montréalaises demandent à leurs succursales de mettre la majorité de leurs réserves de caisse dans des chambres fortes et de ne garder qu’un minimum d’espèces à portée de main.

La journée est majoritairement paisible, mais 7 vols de banques et plus de 30 vols à main armée se produisent tout de même. Plus de 450 vols par effraction sont également signalés.

Le 7 octobre rouge

Le soir du 7 octobre 1969, une manifestation des chauffeurs de taxi commence devant l’hôtel de ville de Montréal (voir aussi Gouvernement municipal au Canada). Les chauffeurs, menés par une organisation nommée le Mouvement de libération du taxi, soutiennent la police. Ils affirment aussi que le maire de Montréal, Jean Drapeau, est corrompu. Ils sont particulièrement fâchés que le service de limousines Murray Hill se soit vu conférer le lucratif monopole des services de limousines et d’autobus nolisés entre la ville et l’aéroport Dorval (aujourd’hui rebaptisé aéroport Pierre Elliott Trudeau).

La manifestation qui s’ensuit se dirige vers les bureaux et le garage principal de Murray Hill dans le quartier Griffintown. Des militants, des membres d’un groupe de motards criminalisés, des séparatistes (voir Nationalisme francophone au Québec), des étudiants et d’autres citoyens en colère contre Jean Drapeau se joignent au groupe. On estime que la foule regroupe jusqu’à 800 personnes à son plus fort. Une poignée d’agents de la Sûreté du Québec (SQ) sont envoyés surveiller la foule au garage de Murray Hill. La compagnie dispose aussi de gardes armés. Toutefois, la foule devient incontrôlable. Environ 25 agents de la SQ tentent de réprimer l’émeute, mais sont obligés de battre en retraite. Les manifestants mettent délibérément le feu à plusieurs autobus et limousines de l’entreprise. Une fusillade éclate entre un homme armé d’un fusil de chasse pour défendre le garage et certains manifestants. Le caporal Robert Dumas de la SQ est tué, et une douzaine de personnes sont blessées. (Voir Émeute.)

Après s’être attaquée au garage, la foule se dirige vers le quartier des affaires de Montréal. Elle s’en prend alors aux hôtels profitant du contrat exclusif conclu par Murray Hill. Les émeutiers saccagent aussi le Vaisseau d’or, le restaurant de Jean Drapeau. D’autres personnes se joignent à la mêlée et pillent des magasins à proximité. De nombreux pâtés de maisons sont vandalisés et pillés. On estime les dommages à deux millions de dollars (ce qui correspond à 14,3 millions de dollars en 2021).

Conséquences

En réaction à l’agitation, une session extraordinaire de l’Assemblée nationale du Québec adopte une loi spéciale. Celle-ci exige que les policiers et les pompiers retournent au travail à minuit le 8 octobre 1969. La police y retourne sur-le-champ. Certains agents font même des arrestations en route vers leur poste. La SQ reçoit l’autorisation spéciale de gérer la police municipale pendant tout au plus un mois après l’incident. D’autres agents de la SQ et des soldats de l’Armée canadienne pourraient également être appelés en renfort si nécessaire.

La grève a une conséquence importante : la réorganisation de l’administration de Montréal. En effet, elle entraîne la création de la Communauté urbaine de Montréal, un gouvernement métropolitain qui fusionne les deux douzaines de corps de police indépendants de l’île de Montréal. Grâce à l’assiette fiscale plus considérable du gouvernement métropolitain, les salaires des policiers montréalais doublent : ils atteignent 14 000 $ en 1974 (soit plus de 73 900 $ en 2021), ce qui correspond à ce que gagne la police torontoise.