Manny McIntyre

Vincent « Manny » Churchill McIntyre, joueur de baseball et de hockey, porteur dans les chemins de fer (né le 4 octobre 1918, à Gagetown, au Nouveau‑Brunswick; décédé le 13 juin 2011, à Candiac, au Québec). Manny McIntyre a été le premier Canadien noir à signer un contrat professionnel de baseball, seulement six semaines après que l’Américain Jackie Robinson a lui‑même brisé cette barrière d’accès au baseball professionnel des joueurs de couleur. Il a joué au poste d’arrêt‑court pour l’équipe‑école des Cardinals de Saint‑Louis, les Canadiens de Sherbrooke. Sportif polyvalent, il était également membre (avec les frères Ossie et Herbe Carnegie) de la première ligne entièrement composée de joueurs noirs du hockey professionnel, connue sous le nom de « Black Aces ». Il a été intronisé au Panthéon des sports canadiens, au Black Ice Hockey and Sports Hall of Fame, au Temple de la renommée sportive du Nouveau‑Brunswick et au Sports Wall of Fame de la Ville de Fredericton.

Vincent « Manny » Churchill McIntyre, joueur de baseball et de hockey, porteur dans les chemins de fer (né le 4 octobre 1918, à Gagetown, au Nouveau‑Brunswick; décédé le 13 juin 2011, à Candiac, au Québec). Manny McIntyre a été le premier Canadien noir à signer un contrat professionnel de baseball, seulement six semaines après que l’Américain Jackie Robinson a lui‑même brisé cette barrière d’accès au baseball professionnel des joueurs de couleur. Il a joué au poste d’arrêt‑court pour l’équipe‑école des Cardinals de Saint‑Louis, les Canadiens de Sherbrooke. Sportif polyvalent, il était également membre (avec les frères Ossie et Herbe Carnegie) de la première ligne entièrement composée de joueurs noirs du hockey professionnel, connue sous le nom de « Black Aces ». Il a été intronisé au Panthéon des sports canadiens, au Black Ice Hockey and Sports Hall of Fame, au Temple de la renommée sportive du Nouveau‑Brunswick et au Sports Wall of Fame de la Ville de Fredericton.


Premières années

Vincent McIntyre voit le jour à Gagetown, au Nouveau‑Brunswick. Il est l’un des six enfants d’Edward et de Mabel McIntyre. Alors qu’il est encore très jeune, sa famille déménage à Devon, au nord de Fredericton. Enfant, il adore aussi bien le hockey que le baseball et commence à pratiquer ces deux sports dès son plus jeune âge.

Il joue pour l’équipe de baseball de son école secondaire de Fredericton, qu’il conduit à la victoire, dans le Championnat des écoles secondaires des Maritimes, en 1938. Après l’école secondaire, il intègre les Capitals de Fredericton dans la Ligue de baseball senior du Nouveau‑Brunswick. Dans son livre, Northern Sandlots : A Social History of Maritime Baseball, Colin D. Howell écrit que Vincent McIntyre a été « rapidement reconnu comme l’un des joueurs de baseball les plus accomplis de la région », ajoutant que ce superbe athlète était aussi à l’aise sur un terrain de baseball que sur une patinoire de hockey.

Carrière dans le baseball

Après son passage aux Capitals de Fredericton, Manny McIntyre joue en 1939 avec les Tigers de Devon de la Ligue de baseball senior du Nouveau‑Brunswick. Il intègre ensuite les Bearcats de Truro, en Nova Scotia Senior Baseball League.

Après avoir été libéré pour des raisons médicales de l’Armée canadienne, en 1943, Manny McIntyre joue pour les Shipyards d’Halifax de la Halifax Defence Baseball League. Cette même année, il obtient une moyenne au bâton de 0,385, en saison régulière, et de 0,488, au cours des séries éliminatoires. En 1944, avec les Shipyards, il remporte le championnat de la Halifax Defence Baseball League et est nommé joueur le plus utile et joueur le plus populaire de la Ligue.

Manny McIntyre entre ensuite dans l’histoire, le 30 mai 1946, lorsqu’il devient le premier Canadien noir à signer un contrat dans le baseball professionnel. Il s’engage, comme arrêt‑court, avec les Canadiens de Sherbrooke, l’équipe‑école des Cardinals de Saint‑Louis, six semaines seulement après que la légende du baseball Jackie Robinson a lui‑même brisé la barrière de la couleur de la peau dans le baseball professionnel, lors d’un match de ligue mineure avec les Royaux de Montréal. (Voir Jackie Robinson et les Royaux de Montréal.)

Alors qu’il joue pour Sherbrooke, Manny McIntyre inscrit une moyenne au bâton de 0,310 en 30 matchs. Il retourne ensuite dans les Maritimes pour terminer la saison avec les Cardinals de Middleton de la Halifax & District League. Il participe également à un match avec les Cubans de New York, au Yankee Stadium, qui l’avaient recruté pour intégrer la Negro National League, avant qu’il ne revienne finalement au Canada.

En 1947, Manny McIntyre joue au baseball pour des équipes de Sherbrooke et de Drummondville, au Québec. Au cours de cette période, sa moyenne au bâton s’établit à 0,223 et il réussit également 19 interceptions en 77 matchs. En 1949, il aide les Capitals de Fredericton à remporter le championnat de la Ligue de baseball senior du Nouveau‑Brunswick.

Carrière de joueur de hockey

Après son départ des Canadiens de Sherbrooke à l’âge de 29 ans, le statut de vedette de Manny McIntyre se renforce encore en tant que joueur de hockey. C’est en affrontant des hommes plus grands et plus forts que lui, au hockey, qu’il se mérite le surnom de « Little Man » qui deviendra plus tard « Manny ». Tout au long de sa carrière, il voyage beaucoup, jouant au hockey et au baseball dans différentes ligues, principalement en Ontario, au Québec et dans les Maritimes, avec un bref passage en France. Alors qu’il joue avec les Capitals de Fredericton, pour la saison 1938‑1939, il mène l’équipe à la Ligue de hockey senior du Sud du Nouveau‑Brunswick et aux Championnats éliminatoires senior des Maritimes.

En 1941, Manny McIntyre est recruté par la compagnie minière de Buffalo‑Ankerite pour jouer dans l’équipe qu’elle parraine, à Timmins, en Ontario. Là, il joue aux côtés des deux joueurs vedettes des Bisons de Buffalo‑Ankerite d’origine jamaïcaine, les frères Ossie et Herb Carnegie. En septembre 1941, le trio forme la première ligne entièrement noire dans le hockey professionnel et devient célèbre sous le nom de « Black Aces ».

Les « Black Aces » attirent les foules et dominent toutes les ligues dans lesquelles ils jouent ensemble. Le trio est recruté pour jouer en France pour le Racing Club de Paris, ce qui fait de ses membres les premiers joueurs de hockey noirs à jouer professionnellement en Europe. Globalement, les équipes pour lesquelles les « Black Aces » ont joué cumulent 62 victoires et seulement 2 défaites et 2 matchs nuls. Manny McIntyre termine sa carrière, principalement depuis son aile gauche, avec 187 buts et 278 aides, pour 465 points en 468 matchs.

Le saviez‑vous?
« Black Ace » est depuis devenu un terme courant dans le hockey (en français, on parle de « joueur de soutien »). Il désigne généralement un joueur talentueux, d’une ligue inférieure, intégré à l’effectif d’une équipe de LNH avant les séries éliminatoires. Le terme avait initialement une connotation négative, similaire à celle de l’as de pique au poker, qui est considéré comme un signe de malchance (si une équipe faisait jouer ses « as noirs » plus souvent que ses joueurs réguliers, cela signifiait généralement que les choses n’allaient pas bien). Au cours des dernières années, cependant, le terme a acquis une signification plus positive, similaire à celui qu’il a dans l’expression « avoir un as dans sa manche ».


Vie personnelle

Alors qu’ils jouent pour Buffalo‑Ankerite, Manny McIntyre et d’autres joueurs endurent également des conditions de travail difficile à la mine d’or de l’entreprise, où ils doivent assurer des quarts de huit heures, tout en s’adonnant le soir et les fins de semaine au hockey. Dans ce cadre, alors qu’il travaille à la mine, Manny McIntyre a les articulations de l’annulaire et de l’auriculaire de sa main gauche, ainsi que le bout du majeur de sa main droite, sectionnés. Cette blessure lui vaut d’être libéré, pour raisons médicales, du Lanark Renfrew Scottish Regiment de l’Armée canadienne, en 1943, après s’être enrôlé en 1942.

Après avoir pris sa retraite sportive, Manny McIntyre travaille pour les Chemins de fer nationaux du Canada en tant que porteur, ainsi qu’à l’aéroport international de Dorval (connu aujourd’hui sous le nom d’aéroport international Montréal‑Trudeau). Il occupe également un poste de surveillant de stationnement à l’Université McGill jusqu’à sa retraite, à l’âge de 80 ans.

Voir aussi : Les athlètes canadiens noirs pionniers ; Colored Hockey League ; Chatham Colored All‑Stars ; Herb Carnegie ; Willie O’Ree.

Distinctions

  • Sports Wall of Fame de la Ville de Fredericton (1995)
  • Temple de la renommée sportive du Nouveau‑Brunswick (1997)
  • Black Ice Hockey and Sports Hall of Fame (2006)
  • Panthéon des sports canadien (2015)