Mercantilisme

Le mercantilisme est une théorie économique qui soutient qu’il y a un montant fixe de richesses dans le monde, et que la prospérité d’une nation dépend de son succès à accumuler des richesses par le surplus de ses exportations par rapport à ses importations, réalisant ainsi des bénéfices à partir de ses exportations.

Europe et ses colonies

Du XVIIe siècle au XIXe siècle, les pays européens ont essayé de mettre cette théorie en application par des politiques commerciales destinées à produire une balance commerciale excédentaire. L’un des éléments importants était la prise de possession et le développement de colonies comme marchés d’exportation exclusifs et sources de matières premières. En Angleterre, cette conception est développée davantage à travers les lois sur la Navigation, qui accordent aux négociants et aux transporteurs britanniques un monopole sur le transport et la mise en marché des produits des colonies.

Le mercantilisme devait favoriser les puissances européennes, mais il ne désavantageait pas complètement les colonies, puisqu’il leur donnait une couverture de protection, leur assurant un développement précoce dans plusieurs secteurs. Toutefois, on a soutenu que ces politiques mercantilistes faisaient dépendre le développement des colonies des produits de base (voir Théorie des principales ressources) et bloquaient leur développement industriel.

Bien que moins rigide que le système français, le mercantilisme anglais n’apporte pas de changements fondamentaux à l’économie coloniale dans l’Amérique du Nord britannique après la conquête de la Nouvelle-France, en 1760.

Le système est enfin démantelé par la révocation des lois sur les Céréales (droits de douane sur les importations de grains), en 1846, des lois sur la navigation, en 1849, et par l’élimination des droits qui avaient favorisé le bois d’œuvre des colonies.

Critiques du mercantilisme

L’économiste écossais Adam Smith a fortement critiqué les idées mercantilistes. Dans son ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, il avance qu’il est possible pour deux nations de bénéficier d’un commerce bilatéral.

Adam Smith a aussi ajouté que certains pays ou certaines régions devraient se spécialiser dans la production et tirer ainsi profit des économies d’échelle, qui leur permettront de fabriquer des produits moins coûteux. Selon lui, la collusion entre l’État et le commerce, notion essentielle du mercantilisme, nuisait davantage à la population générale qu’autrement.

Le travail d’Adam Smith remettait donc en question cette philosophie répandue selon laquelle la richesse d’une nation se mesurait à sa réserve d’or et d’argent. Ce principe est à la base d’une situation où une nation refuse d’utiliser ses métaux précieux pour l’importation de marchandises, mais cherche plutôt à amasser encore plus de métaux précieux par l’exportation.

Adam Smith croit qu’un meilleur système pourrait conduire à un libre échange des bénéfices entre deux pays. De même, la valeur d’une nation ne se résume pas à la quantité d’or et d’argent qu’elle possède, mais à sa production totale et à son commerce. C’est une idée qui est d’ailleurs utilisée de nos jours pour calculer le « produit national brut » d’un pays afin de déterminer sa richesse.