Minorités racisées

Le terme « racisé » est une notion sociologique intimement liée au racisme. Les personnes dites issues de minorités racisées sont celles soumises à une perception sociale qui les différencient de la majorité, par exemple, ethnique ou raciale. Au Canada, « minorité racisée » fait typiquement référence aux personnes non blanches. Le mot « racisé » met l’accent sur le fait que la race n’est ni biologique ni objective, mais qu’il s’agit plutôt d’une idée conçue par la société. Autre que « racisé », on remarque l’emploi des catégories « personnes de couleur » ou BIPOC (Black, Indigenous, People of Colour).

Le terme « racisé » est une notion sociologique intimement liée au racisme. Les personnes dites issues de minorités racisées sont celles soumises à une perception sociale qui les différencient de la majorité, par exemple, ethnique ou raciale. Au Canada, « minorité racisée » fait typiquement référence aux personnes non blanches. Le mot « racisé » met l’accent sur le fait que la race n’est ni biologique ni objective, mais qu’il s’agit plutôt d’une idée conçue par la société. Autre que « racisé », on remarque l’emploi des catégories « personnes de couleur » ou BIPOC (Black, Indigenous, People of Colour).


Processus de racisation

Le mot « racisé » a fait son entrée dans le dictionnaire Le Robert en 2019. Il définit ainsi une « personne touchée par le racisme, la discrimination ». Selon la Ligue des droits et libertés, une personne racisée appartient, « de manière réelle ou supposée, à un des groupes ayant subi un processus de racisation ». La racisation d’un groupe peut se faire sur la base d’une couleur de peau, d’une origine, d’une religion, d’une langue, etc. Cette idéologie classifie certains groupes comme étant différents et inférieurs. Ceci crée inévitablement une hiérarchie raciale dont bénéficient certains groupes aux dépens des autres.

Ce processus implique également le concept de racisme systémique puisque les groupes racisés sont par définition victimes d’un système qui les catégorise de façon négative. Les personnes racisées subissent donc des effets négatifs concrets liés au racisme systémique dans la société, malgré l’absence d’un fondement scientifique du concept de race, au sens biologique du terme.

Le saviez-vous?
Certains utilisent les termes « minorité racisée » et « minorité visible » comme s’ils étaient interchangeables. Quelle est la différence? Le terme minorité visible est plutôt utilisé à des fins statistiques par certains organismes gouvernementaux et dans la Loi sur l'équité en matière d'emploi. Contrairement à minorité racisée, cette catégorie statistique n’inclut pas les personnes autochtones.


Effets concrets de la racisation

Ces effets négatifs se font sentir sur le statut socioéconomique (voir aussi Classes sociales), mais également en matière de santé et de qualité de vie. L’exemple qui revient le plus souvent est celui de l’effet du racisme sur le marché de l’emploi. La littérature scientifique reflète sans ambiguïté que les membres des minorités visibles sont désavantagés à l’embauche au Canada. Par exemple, une étude menée au sein du marché de l’emploi du Grand Montréal (voir Montréal) démontre qu’à profil égal, les candidatures aux prénoms et noms à consonance « franco-québécoise » présentaient 60 % plus de chance d’être retenues pour un entretien que les candidatures aux prénoms et noms à consonance « arabe, latino-américaine et africaine ». (Voir aussi Préjugés et discrimination au Canada.)

Au Canada, les niveaux de revenu d’emploi des minorités visibles et des personnes autochtones tendent aussi à être moins élevés. L’écart est particulièrement important pour les personnes autochtones vivant sur une réserve; en 2015, le revenu d’emploi médian de ces dernières était de 50% inférieur à celui des personnes non autochtones.

Critiques

Si le terme minorité racisée est de plus en plus employé, il ne fait pas consensus. Certains groupes antiracistes l’utilisent pour dénoncer le racisme systématique que subissent les personnes non blanches. Par contre, d’autres personnes trouvent qu’être qualifiées de racisées a pour effet de les situer automatiquement dans une position de victime. D’autres encore vont jusqu’à dire que le terme racisé témoigne d’une rectitude politique exagérée qui limite le débat. Qu’en imposant le terme racisé, on étouffe la discussion au profit d’un raccourci idéologique qui plaît à un groupe précis.

D’ailleurs, en réponse à cette critique, le coprésident de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec (voir : Islam; Laïcité au Québec), Haroun Bouazzi, estime que le terme racisé est au contraire idéal « puisqu’il a vocation à être temporaire ». Loin de limiter le débat public, la catégorie « personne racisée » existe seulement à cause de la réalité du racisme. Or lorsque cette dernière disparaîtra, le terme n’aura plus lieu d’être. Selon lui, les catégories « minorités visibles » ou « personnes de couleur » existeront toujours et continueront à diviser, peu importe le niveau d’inégalité sociale .