Canadiens d'origine latino-américaine

Les Latino-Américains font partie d'un des groupes culturels dont l'immigration au Canada est la plus récente. Selon les statistiques officieuses diffusées par plusieurs agences communautaires, il y aurait quelque 200 000 résidents canadiens d'origine latino-américaine.

Canadiens d'origine latino-américaine

Les Latino-Américains font partie d'un des groupes culturels dont l'immigration au Canada est la plus récente. Selon les statistiques officieuses diffusées par plusieurs agences communautaires, il y aurait quelque 200 000 résidents canadiens d'origine latino-américaine.

Origines
La plupart du temps, les historiens et les sociologues étudient la civilisation latino-américaine sous l'angle des colonisations espagnole et portugaise. Ainsi, les Latino-Américains tendent à se définir comme le produit des conquêtes espagnoles du XVIe siècle et on assimile, à tort, les origines historiques de ce peuple à l'arrivée des Espagnols au Nouveau Monde. Les civilisations inca, aztèque et maya s'en trouvent donc reléguées à une période « préhistorique » . La culture de l'Amérique latine, qui comprend 19 pays, se compose en fait d'éléments européens (surtout espagnols et portugais, mais aussi italiens, allemands et hollandais) et d'éléments autochtones.

Migration

Des statistiques officielles indiquent qu'avant 1970, la population totale des Latino-Américains au Canada est inférieure à 3000. Entre 1970 et 1973, on assiste à la première vague d'immigration latino-américaine. L'afflux de Latino-Américains (quelque 68 000) au début des années 70 est attribuable en partie à la voir POLITIQUE D'IMMIGRATIONde « libre admission ». De 1969 à 1972, tout touriste peut entrer au Canada sans visa et, une fois au pays, demander un statut d'immigrant reçu. À la même époque, le Canada assouplit ses conditions d'immigration en raison d'une forte demande de travailleurs non spécialisés pour occuper des emplois subalternes (voir MAIN-D'OEUVRE IMMIGRANTE). Le nombre d'immigrants argentins, qui est de 200 par année avant 1970, passe à 948 en 1973, 1088 en 1974 et 674 en 1975. Après la chute du gouvernement Allende, des RÉFUGIÉS politiques chiliens arrivent au Canada en provenance de l'Argentine. De 1963 à 1973, on ne dénombre que 2135 immigrants venus du Chili. En 1976, le Canada avait déjà accueilli 4600 immigrants dans le cadre du Mouvement spécial chilien, mis en place par le gouvernement canadien. Au début des années 70, environ 20 000 Équatoriens en quête d'une vie meilleure immigrent au Canada et s'installent surtout à Montréal et à Toronto. À la fin des années 80, le Canada compte plusieurs centaines de réfugiés d'Amérique centrale.

Peuplement

Au début, la plupart des Latino-Américains s'établissent dans les quartiers du centre de Toronto et de Montréal. Mais les entreprises de fabrication, surtout les industries légères à la recherche d'ouvriers spécialisés, sont situées dans les banlieues. Le besoin de se rapprocher de leur lieu de travail oblige donc beaucoup d'entre eux à emménager dans les quartiers éloignés du centre-ville. En quête de travail, des centaines de familles latino-américaines migrent aussi vers l'Ouest, principalement en Alberta. De nos jours, on trouve des Latino-Américains dans toutes les provinces et les territoires.

Vie économique

Les Latino-Américains travaillent surtout dans l'industrie des services, dans les petites entreprises de fabrication et dans l'industrie du vêtement. Avec le temps, on note cependant un passage des emplois non qualifiés à des emplois spécialisés. Grâce à la croissance et à la stabilisation que connaît la communauté vers la fin des années 80, un certain nombre de Latino-Américains ont obtenu des emplois liés au domaine de l'assurance, de l'immobilier, de la restauration et des voyages. En outre, la formation d'un nombre croissant de spécialistes et d'universitaires, principalement du Chili et de l'Argentine, est maintenant reconnue au Canada, ce qui leur permet d'exercer des professions qui correspondent à leurs compétences.

Vie sociale et communautaire

La vie sociale des Latino-Américains est axée sur les activités communautaires et les réunions familiales. Les clubs sociaux organisent régulièrement des danses et des manifestations sportives. Ces clubs d'entraide permettent aux membres de la communauté de consolider leurs liens et de préserver leur patrimoine culturel. Les associations latino-américaines comprennent le Centre for Spanish-Speaking Peoples de Toronto et l'Association de Sud Americanos de Montréal.

Bien qu'un petit nombre de professionnels et de cadres tendent à former un groupe distinct, la communauté latino-américaine n'est par répartie selon les classes sociales ou les revenus, mais selon les nationalités. Les Chiliens ont fondé des organisations, comme la Winnipeg Chilean Association, formées de comités qui traitent de questions relatives à l'éducation et à la culture, aux finances, à la situation des femmes et au bien-être de la communauté. À Toronto et à Montréal, la Ligue de soccer canado-équatorienne organise des matchs hebdomadaires.

Il semble que le bouleversement le plus profond que connaisse la communauté latino-américaine soit la récente émancipation des femmes. L'affirmation des femmes, inévitable dans le contexte plus libéral de la société nord-américaine, constitue une source permanente de conflits au sein des couples latino-américains.

Vie religieuse et culturelle

Les Latino-Américains sont en majeure partie des catholiques, quoique beaucoup se disent non pratiquants. Au Canada, cette scission se trouve d'autant plus accentuée que les contraintes sociales sont inexistantes et que les gens disposent d'un choix varié d'activités.

Des journaux de langue espagnole, dont deux sont publiés à Toronto, un à Vancouver et d'autres à Calgary et à Edmonton, desservent la communauté latino-américaine du Canada. La présentation de pièces de théâtre, de récitals de poésie et d'expositions d'oeuvres d'art se fait de plus en plus fréquente dans la communauté. Il existe aussi des dizaines de troupes folkloriques de danseurs et de musiciens, toutes très actives. Plusieurs écrivains, poètes, peintres et journalistes latino-américains connaissent une notoriété croissante au Canada.

Éducation

En 1970, les écoles de Toronto et de Montréal réunies comptent 342 élèves d'origine latino-américaine. En 1980, ce nombre passe à 9738. Dans les universités et les collèges techniques canadiens, le nombre d'étudiants dont la langue maternelle est l'espagnol passe de 67 à 583 au cours des années 80. En raison surtout de problèmes affectifs et de comportement, de nombreux enfants latino-américains ont du mal à s'adapter au système d'éducation canadien. Les propres problèmes d'adaptation des parents et leur difficulté à communiquer avec les responsables des écoles entravent considérablement l'épanouissement des enfants en milieu scolaire.

Évolution de la communauté

Les Latino-Américains, même ceux qui en tant que réfugiés politiques espéraient retourner dans leur pays d'origine, sont de plus en plus engagés dans la société canadienne. Toutefois, pour avoir réussi au Canada, beaucoup d'entre eux risquent de perdre leur langue et de souffrir d'un certain isolement social à l'intérieur de leurs communautés.


Lecture supplémentaire

  • Wilson Ruiz, The Latin American Community Survey (1982).

Liens externes