Royal Newfoundland Regiment

Le Newfoundland Regiment a été créé en septembre 1914 et a servi en Europe durant la Première Guerre mondiale. Il a été renommé Royal Newfoundland Regiment en 1918. Le régiment a combattu dans la campagne de Gallipoli (ou des Dardanelles), ainsi qu’en France et en Belgique. Il a subi de lourdes pertes durant la bataille de Beaumont-Hamel, le 1er juillet 1916 où plus de 80 % des hommes du régiment ont été tués ou blessés. Le régiment a été dissous en 1919. En 1949, après l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération canadienne, le Newfoundland régiment a été rétabli en tant que régiment de réserve du Corps d’infanterie royal canadien.

Le Newfoundland Regiment a été créé en septembre 1914 et a servi en Europe durant la Première Guerre mondiale. Il a été renommé Royal Newfoundland Regiment en 1918. Le régiment a combattu dans la campagne de Gallipoli (ou des Dardanelles), ainsi qu’en France et en Belgique. Il a subi de lourdes pertes durant la bataille de Beaumont-Hamel, le 1er juillet 1916 où plus de 80 % des hommes du régiment ont été tués ou blessés. Le régiment a été dissous en 1919. En 1949, après l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération canadienne, le Newfoundland régiment a été rétabli en tant que régiment de réserve du Corps d’infanterie royal canadien.


Caribou de Gueudecourt

Premiers régiments de Terre-Neuve

Terre-Neuve-et-Labrador a une longue histoire de service militaire, remontant au 18e siècle au moins. Ainsi, le This Majesty’s Newfoundland Régiment of Foot (1780-1783) est levé pendant la Révolution américaine pour protéger la colonie d’une éventuelle attaque. Pendant les guerres de la Révolution française, le Royal Newfoundland Régiment of Foot (ou Royal Newfoundland Regiment of Fencible Infantry) défend les intérêts britanniques de 1795 jusqu’à sa dissolution en 1802. Un peu plus d’un an plus tard, les troupes britanniques sont rappelées pour assurer la défense contre la menace d’invasion de la France napoléonienne (voirGuerres napoléoniennes). Pour défendre la colonie, le Newfoundland Regiment of Fencible Infantry est formé en 1803. En 1806, il devient le Royal Newfoundland Regiment. Le régiment est cantonné en garnison pendant un an en Nouvelle-Écosse puis est envoyé à Québec en 1807 pour défendre la ville contre la menace d’invasion américaine. Le Royal Newfoundland Regiment est très actif durant la Guerre de 1812, puis il est dissous en 1816.

Terre-Neuve et la Première Guerre mondiale

Le 4 août 1914, un télégramme informe le gouverneur sir Walter Davidson que l’Empire britannique est en guerre contre l’Allemagne. (VoirPremière Guerre mondiale.) Au début de la guerre, Terre-Neuve ne possède pratiquement aucun établissement militaire. La seule organisation militaire officielle de l’île est la Newfoundland Royal Naval Reserve qui entraîne des marins pour servir dans la Royal Navy. Malgré l’absence d’infrastructures militaires, il devient rapidement apparent que beaucoup de citoyens préfèrent lever un contingent plutôt que d’encourager les hommes à servir dans des régiments canadiens ou britanniques. Former un régiment terre-neuvien se révélera une tâche ardue, car ce que le dominion possède de plus proche d’une milice est la Legion of Frontiersmen (une organisation civile de tireurs) et quelques corps de cadets confessionnels.

Newfoundland Regiment : formation et recrutement

La première campagne de recrutement débute le 21 août 1914 et connaît un grand succès. Le 11 septembre, 880 hommes se sont enrôlés, et 520 ont été jugés aptes au service. Plus de 80 % de ces hommes sont de St. John’s, et la majorité sont membres de corps de cadets confessionnels. La Newfoundland Patriotic Association s’inquiète de la faible participation rurale au régiment, et le recrutement est arrêté dans la ville afin que les volontaires de la campagne aient plus de temps pour s’enrôler.

Le 28 septembre, 920 hommes se sont enrôlés, et 565 sont acceptés. Ils commencent leur entraînement à Pleasantville, à St. John’s. Le gouverneur Davidson compte fournir un contingent de 500 soldats, mais le gouvernement britannique l’informe que cela n’est pas suffisant pour un bataillon. Si le dominion veut que ses soldats servent dans un régiment terre-neuvien distinct, il devra recruter au moins 1 080 hommes, avec 250 soldats de réserve additionnels.

Le 4 octobre, le SS Florizel met les voiles vers le Royaume-Uni avec le premier contingent du régiment. Ces 537 soldats sont surnommés les « Premiers cinq-cents ». Le reste des hommes se joignent ensuite à l’unité au Royaume-Uni.

Le Newfoundland Regiment à Gallipoli

En août 1915, le régiment apprend qu’il sera envoyé dans la péninsule de Gallipoli, où il sera attaché à la 88e Brigade, 29e Division. Le 1er septembre, les hommes arrivent en Égypte, où ils passent deux semaines, pour s’adapter à la chaleur, avant de reprendre la mer. Le 20 septembre 1915, le régiment débarque à la plage Kangaroo. 

Sur les plages de Gallipoli, le régiment est harcelé sans relâche par l’artillerie et les tireurs turcs et dévasté par la maladie. L’eau potable est insuffisante et souvent contaminée de gazoline, et la nourriture est infestée par les mouches. Ces contaminants répandent des infections et beaucoup sont malades. Presque tous les hommes sont atteints de dyspepsie ou de diarrhée, et les moins chanceux souffrent de jaunisse et de dysenterie. Malgré ces conditions épouvantables, le régiment arrache une petite victoire, connue sur le nom de « Caribou Hill », lorsqu’un groupe parvient à éliminer un poste de tireurs et prend une colline qui sera ensuite intégrée à la ligne de front britannique.

En novembre, le comité de guerre britannique ordonne l’évacuation de la péninsule de Gallipoli. À partir de ce moment et jusqu’au mois de décembre, la 29e Division se retire lentement et discrètement vers l’Égypte. Un détachement de Terre-Neuviens contribue à couvrir l’évacuation des plages par les dernières troupes. Le 9 janvier, un groupe d’hommes dirigés par le lieutenant Owen William Steele fait partie des soldats emmenés sur la dernière barge à quitter la péninsule. Pendant son service à Gallipoli, le Newfoundland Regiment a perdu 30 hommes au combat et 10 autres par maladie.


BH caribou 001


Le Newfoundland Regiment à Beaumont-Hamel

En mars 1916, le régiment est expédié en France pour participer à la première phase de la bataille de la Somme. L’objectif de la 29e division est de prendre le « ravin en Y », une partie des tranchées allemandes située approximativement à 550 m des lignes britanniques, près du petit village de Beaumont-Hamel. Avant l’offensive, l’artillerie britannique bombarde pendant sept jours les tranchées allemandes pour couper les barbelés et détruire l’artillerie et les positions de troupes allemandes. Malgré la confiance du commandant de la division, la plus grande partie des tranchées allemandes sont intactes. À 7 h 20, le matin du 1er juillet 1916, une mine explose à Hawthorne Ridge, une place forte allemande. Mais les Allemands sont bien préparés. Le barrage d’artillerie qui a précédé les a avertis qu’une attaque se préparait, et l’explosion de la mine leur a indiqué qu’elle était imminente. Peu après la détonation, les Allemands sont en solide position de défense. Les premières troupes britanniques font face à un feu nourri de fusils et de mitrailleuses dès qu’ils sortent de leurs tranchées à 7 h 30.


L’arbre du danger, Beaumont-Hamel


Le Newfoundland Regiment participe à la deuxième vague de l’offensive. Initialement, il est censé avancer aux côtés du 1st Essex. Cependant, le commandant du 1st Essex a demandé un délai pour dégager sa tranchée de communication. La demande a été accordée, et les états-majors de brigade ordonnent aux Terre-Neuviens d’attaquer indépendamment. À 9 h 15, le 1er juillet, le Newfoundland Regiment se lance à l’assaut. Ne pouvant utiliser la tranchée de communication jusqu’à la ligne de front, les soldats doivent partir d’une tranchée de soutien surnommée « la route de St. John’s », située à 250 m du front. Ils sont immédiatement la cible des mitrailleuses allemandes, qui les déciment. Ceux qui survivent à l’enfer des lignes britanniques doivent ensuite traverser le no man’s land jusqu’à la ligne de front allemande, qui est pratiquement intacte; beaucoup d’entre eux sont fauchés par le feu allemand. Au milieu du champ de bataille se trouve un arbre qui est souvent utilisé comme lieu de rencontre par ceux qui ont franchi les lignes du front. Se rassembler près de cet arbre se révélera une erreur fatale, toutefois, car il constitue un point de repère immanquable pour l’artillerie allemande. De nombreux jeunes hommes meurent au pied de l’« arbre du danger ».

Une trentaine de minutes après le début de l’offensive, le Newfoundland Regiment est presque anéanti. Sur les quelque 800 soldats qui ont quitté la « route de St. John’s », le régiment a subi 710 pertes, soit 386 blessés et 324 tués ou présumés morts. Leurs familles n’apprendront la nouvelle de leur décès que près d’un mois plus tard. Le 26 juillet, les journaux du dominion publient une liste complète des victimes et assurent aux gens de Terre-Neuve que ces hommes sont morts en se sacrifiant patriotiquement pour l’Empire britannique. (Voir aussiLe Newfoundland Regiment à Beaumont-Hamel.)


Caribou de Monchy-le-Preux


Le Newfoundland Regiment à Monchy-Le-Preux

Après la tragédie de Beaumont-Hamel, le Newfoundland Regiment met quatre mois à se rétablir et à regarnir ses rangs. En octobre 1916, il a retrouvé ses forces et est renvoyé au front. Au cours des deux années suivantes, les Terre-Neuviens prennent part à de nombreuses batailles, incluant Le Transloy, Arras, et Cambrai. Le 14 avril 1917, pendant la bataille d’Arras, le régiment subit de lourdes pertes après une offensive ratée contre une section de tranchée allemande avec le 1st Essex. Malgré tout, dix soldats du régiment, dirigés par leur commandant, le lieutenant-colonel James Forbes-Robertson, parviennent à repousser la contre-attaque de plus de 200 soldats allemands qui essaient de prendre le village de Monchy-le-Preux. Le lieutenant-général Beauvoir De Lisle estimera plus tard que si les Terre-Neuviens avaient échoué, et que les Allemands avaient pris les fortifications de Monchy, il aurait fallu 40 000 soldats britanniques pour la leur reprendre. Pendant cette bataille, 166 hommes sont tués, 141 sont blessés et 150 sont faits prisonniers.


Tommy Ricketts, VC


Le saviez-vous ?
Le soldat Tommy Ricketts du Newfoundland Regiment est le plus jeune soldat à avoir reçu la Croix de Victoria (VC) durant la Première Guerre mondiale.

Démobilisation et rétablissement

Pendant la Première Guerre mondiale, le Newfoundland Regiment se construit une réputation exemplaire. En 1917, pour sa performance durant la troisième bataille d’Ypres et la bataille de Cambrai, le roi George V décerne au Newfoundland Regiment le titre « Royal ». Il est le seul régiment des armées britanniques et impériales à recevoir ce titre durant la guerre. En 1918, 6 277 Terre-Neuviens se sont enrôlés dans le Newfoundland Regiment, 1 281 ont été tués et 2 284 ont été blessés. Le 26 août 1919, le Royal Newfoundland Regiment est officiellement dissous.

En 1949, le Royal Newfoundland Regiment est rétabli en que régiment d’infanterie de réserve du Corps d’infanterie royal canadien. Aujourd’hui, il est constitué de deux bataillons : le 1st Battalion de St. John’s et le 2nd Battalion de Corner Brook, qui possède des détachements à Stephenville et à Grand Falls. Les soldats du régiment ont servi dans des opérations domestiques en réponse à des catastrophes naturelles, et à l’étranger dans des missions de l’ONU et de l’OTAN.  


Monument at Beaumont-Hamel


Postérité

Après la Première Guerre mondiale, le régiment devient un important élément de la mémoire collective de Terre-Neuve et renforce la vision de Terre-Neuve comme pierre angulaire du loyalisme à l’Empire britannique. Depuis plus d’un siècle, à l’occasion du jour du Souvenir (1er juillet), les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador honorent les sacrifices des Terre-Neuviens et Labradoriens qui ont donné leur vie pendant la Première Guerre mondiale. À St. John’s, on retrouve deux monuments au régiment, le Figuig Newfoundland et le Newfoundland National Mémorial.

Le champ de bataille de Beaumont Hamel est aujourd’hui un parc, le Mémorial terre-neuvien. Une statue du caribou veille sur les tranchées préservées où tant de Terre-Neuviens ont trouvé la mort. En tout, il y a six statues de caribous comme celle-ci en France, en Belgique et à Gallipoli, en Turquie. Ces monuments rendent hommage au service du régiment pendant la Première Guerre mondiale. Ensemble, ils forment ce qu’on appelle la Piste du caribou.


Trail of the Caribou Stamp Set


Honneurs de guerre

Guerre de 1812 : DÉFENSE DU CANADA – 1812-1815 – DÉFENSE DU CANADA; DETROIT; MAUMEE

Première Guerre mondiale : SOMME, 1916; Albert (Beaumont Hamel), 1916; Le Transoxiane; ARRAS, 1917; Scarpe, 1917; YPRES, 1917, 1918; Lange Marck, 1917; Poelcappelle; CAMBRAI, 1917; LYS; Bailleul; Kemmel; COURTRAI; FRANCE ET FLANDRES, 1916-1918; GALLIPOLI, 1915-1916; ÉGYPTE, 1915-1916.

Note : Les honneurs de guerre en majuscules sont ceux qui ont été accordés pour participation à de grandes opérations et campagnes, tandis que ceux en caractère gras sont ceux approuvés pour blasonnement sur les drapeaux régimentaires.


Royal Newfoundland Regiment


Traditions régimentaires et insigne

Insigne : La tête et le cou d’un caribou, entourés d’une couronne de lauriers et surmontés de la couronne royale, au-dessus d’une bannière portant l’inscription ROYAL NEWFOUNDLAND REGIMENT. La tête de caribou des bois a été utilisée pour la première fois sur l’insigne des Newfoundland Highlanders, un corps de cadets paramilitaire formé en 1907. Celui-ci a servi de base à l’insigne du Royal Newfoundland Regiment de la Première Guerre mondiale.

Célébrations régimentaires : Jour ANZAC (25 avril 1915), Jour du Souvenir (1er juillet 1916).


Royal Newfoundland Regiment



Statistiques de la Première Guerre mondiale

Début :

4 août 1914

Fin :

11 novembre 1918

Population du Canada :

8 millions

Canadiens qui ont servi (hommes et femmes) :

630 000

Ceux qui sont allés outre-mer :

425 000

Canadiens tués :

60 661

Canadiens blessés :

172 000

Grandes batailles (auxquelles le Canada a participé) :

St. Eloi (1916)

Mont Sorrel (1916)

La Somme (1916)

Crête de Vimy (1917)

Côte 70 (1917)

Passchendaele (1917)

Amiens (1918)

Collection: Première Guerre mondiale