Sucrerie Redpath

Redpath Sugar Ltd. est une raffinerie canadienne de sucre (voir Industrie du sucre). Elle est l’une des plus anciennes compagnies en exploitation continue du Canada. Elle est également la plus ancienne raffinerie de sucre de canne au Canada, et a été établie à Montréal en 1854. La compagnie porte le nom de son fondateur, John Redpath, et l’entreprise s’est considérablement développée sous la direction et le leadership de son fils, Peter Redpath, et de son gendre, sir George Alexander Drummond. En 2007, Redpath Sugar Ltd. est devenue une filiale de American Sugar Refining (ASR Group). Les principales opérations de production et de raffinage de la Redpath Sugar Ltd. se déroulent dans leur édifice qui est situé sur le bord de l’eau à Toronto.

Redpath Sugar Ltd. est une raffinerie canadienne de sucre (voir Industrie du sucre). Elle est l’une des plus anciennes compagnies en exploitation continue du Canada. Elle est également la plus ancienne raffinerie de sucre de canne au Canada, et a été établie à Montréal en 1854. La compagnie porte le nom de son fondateur, John Redpath, et l’entreprise s’est considérablement développée sous la direction et le leadership de son fils, Peter Redpath, et de son gendre, sir George Alexander Drummond. En 2007, Redpath Sugar Ltd. est devenue une filiale de American Sugar Refining (ASR Group). Les principales opérations de production et de raffinage de la Redpath Sugar Ltd. se déroulent dans leur édifice qui est situé sur le bord de l’eau à Toronto.


Sac de la compagnie Redpath Sugar

Industrie du sucre au Canada

Le sucre est un ingrédient fondamental et de base de la cuisine et de la pâtisserie, commun aux cuisines du monde entier. (Voir aussi Boulangerie; Industrie de la confiserie.) Le sucre de canne brut, une source de sucre facilement exploitable, se trouve principalement dans les régions tropicales, comme les Caraïbes. La demande croissante de sucre en Europe motive le développement et l’expansion des plantations sucrières dans les Caraïbes à partir du 16e siècle et du 18e siècle. Étant donné que la récolte de canne à sucre est un processus exigeant en main-d’œuvre, les colonisateurs européens utilisent des personnes réduites en esclavage (soit des peuples autochtones des Caraïbes ou des Africains asservis) comme main-d’œuvre. (Voir aussi Esclavage des Noirs au Canada; Esclavage des autochtones au Canada.) Le sucre, ainsi que le coton, sont des ressources cultivées presque exclusivement par les personnes réduites en esclavage à cette époque. Ces deux ressources font également partie de la fondation des économies mercantilistes développées par les colonisateurs européens durant cette époque (voir Mercantilisme).

Le raffinage de la canne à sucre brute en sucre consommable avec lequel nous cuisinons nécessite la construction de bâtiments industriels spécialisés appelés « raffineries de sucre ». Ces bâtiments peuvent être coûteux à construire. Le succès du mouvement abolitionniste dans l’Empire britannique au cours du 19e siècle a un impact profond sur l’industrie mondiale du sucre, et mène en partie au développement d’une industrie locale de la betterave à sucre au Canada. Il devient également plus avantageux d’expédier la canne à sucre brute vers les raffineries au Canada, plutôt que d’expédier le sucre raffiné. Au début du 19e siècle en Amérique du Nord britannique, le sucre raffiné est soit obtenu de la Grande-Bretagne à des prix gonflés, soit acheté des États-Unis. La guerre de 1812 perturbe cet arrangement économique et fournit un soutien supplémentaire aux promoteurs qui veulent raffiner le sucre localement au Canada.

La première raffinerie de sucre à Halifax en Nouvelle-Écosse est établie en 1818. Les premiers promoteurs du raffinage de sucre local font valoir que le fait de raffiner le sucre localement peut produire un produit supérieur qui est également moins cher pour les consommateurs. Les premières tentatives de développement de l’industrie du sucre en Amérique du Nord britannique sont concentrées sur Halifax, un port naturel en eau profonde sur l’océan Atlantique. Bien que ces efforts n’aboutissent finalement pas, les opérations de raffinage de sucre réussissent à Montréal, et la première raffinerie y ouvre ses portes en 1854. Le succès de Montréal en tant que centre initial de la raffinerie du sucre est dû à l’accès au port à longueur d’année. De plus, on y trouve un accès aux chemins de fer régionaux (et plus tard intercontinentaux), ainsi qu’un accès au canal de Lachine et au système d’écluses sur le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais. Ces avantages en matière d’infrastructure, combinés à l’importante population de Montréal, rendent le raffinage du sucre rentable.

Au fur et à mesure que le Canada grandit et prend de l’expansion, de nouvelles raffineries sont construites afin de fournir un approvisionnement adéquat de sucre raffiné à la population canadienne. En 1890, une raffinerie ouvre ses portes à Vancouver, et celle-ci peut importer du sucre de canne de l’Asie et le raffiner pour les consommateurs canadiens des provinces de l’Ouest. Alors que les populations des provinces des Prairies grandissent au cours des 19e et 20e siècles, la production et le raffinage de betteraves à sucre deviennent rentables. (Voir aussi Histoire de la colonisation des Prairies canadiennes.) De même, alors que la population du Canada de l’Atlantique augmente, une nouvelle raffinerie de sucre est construite à Saint John, au Nouveau-Brunswick. (Voir aussi Industrie du sucre.)

Raffinerie de sucre Redpath

La raffinerie de sucre Redpath porte le nom de son fondateur, John Redpath, qui émigre au Bas-Canada en 1816. John Redpath acquiert constamment des lots de terrains le long du canal de Lachine afin de faire de l’espace pour son prochain investissement majeur, la plus grande et la plus importante raffinerie de sucre industriel de la Province du Canada. La construction de la raffinerie débute en 1854, et l’installation est opérationnelle en moins d’un an. On estime que John Redpath a investi 40 000 £ pour acheter le terrain, ériger la raffinerie et l’équiper de machines. John Redpath fournit également le même montant en capital pour démarrer les opérations. Initialement nommée Canada Sugar Refining Company, l’entreprise de John Redpath emploie environ 100 hommes et produit environ 3000 barils de sucre raffiné par mois pour le marché intérieur en 1855.

Portrait de John Redpath

La raffinerie acquiert rapidement une renommée et contribue à faire du port industriel du canal de Lachine le cœur de l’industrie canadienne. La raffinerie dépend entièrement des importations de cannes à sucre brutes venant des Caraïbes, dont la plupart sont importées sur les navires de John Redpath, le Helen Drummond et le Grace Redpath. Ces navires peuvent transporter la canne à sucre directement à la raffinerie ainsi qu’y décharger directement la cargaison. Les chemins de fer permettent d’expédier le sucre raffiné tout aussi directement, en évitant le besoin de transbordement qui pourrait augmenter le coût global. (Voir aussi Histoire du chemin de fer au Canada.)

Lorsque son entreprise prospère, John Repdath se retire des opérations quotidiennes de la raffinerie. Son fils, Peter Redpath, et son gendre, George A. Drummond, exercent un contrôle plus grand. Lorsqu’arrive l’année 1861, Peter Redpath et George A. Drummond sont devenus partenaires. Dans les années 1860, sous la direction de George A. Drummond, un nouveau bâtiment de six étages est ajouté à la raffinerie originale, doublant sa capacité. En 1862, la compagnie importe annuellement environ 7000 tonnes de sucre brut à la raffinerie de Montréal. Par pure coïncidence, des tarifs favorables promulgués par le gouvernement en 1855, l’année où la raffinerie Redpath devient entièrement opérationnelle, permettent à la compagnie Redpath de prospérer sans avoir à faire concurrence aux raffineries de sucre américaines.

Montréal, Québec, vers 1904.

Protectionnisme

Le succès initial de John Repdath and Son (nom original de la compagnie) est possiblement dû en partie aux politiques commerciales protectionnistes de la Province du Canada et au gouvernement du début de la Confédération de John A. Macdonald. Ces politiques sont éliminées au milieu des années 1870 par le gouvernement d’Alexander Mackenzie, qui favorise le libre-échange avec les États-Unis. Cette décision s’avère presque désastreuse pour la raffinerie Redpath, parce que le libre-échange permet au sucre peu coûteux venant des États-Unis d’entrer sur le marché canadien. La conséquence de ce changement de politique entraîne la décision de fermer la raffinerie et de licencier ses 300 employés en 1876. Cependant, cette fermeture n’est que de courte durée, car en 1878, John A. Macdonald est réélu sur un programme largement motivé par un protectionnisme économique, la Politique nationale.

La Politique nationale vise à protéger les entreprises canadiennes de la concurrence avec leurs homologues américaines plus grandes (un geste jugé nécessaire pour permettre le développement d’une économie canadienne indépendante). Bien que la Politique nationale soit populaire, elle est également critiquée parce qu’elle donne à une poignée d’entrepreneurs canadiens déjà riches le monopole presque entier de leurs domaines respectifs d’entreprise. Peter Redpath est spécifiquement pointé du doigt en tant que bénéficiaire probable de cette politique. Afin d’apaiser les critiques, George A. Drummond décide de réorganiser la compagnie en l’incorporant en tant que société par actions. (Voir aussi Actions et obligations.) La nouvelle société est établie en 1879 et est appelée Canada Sugar Refining Company, Limited. George A. Drummond s’en nomme lui-même président.

Histoire récente

En 1930, la compagnie fusionne avec la Dominion Sugar Company, Limited de Chatham, en Ontario. Suite à cette fusion, la compagnie est renommée Canada and Dominion Sugar Company Limited. Après l’achèvement de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959, la compagnie ouvre une nouvelle raffinerie dans le port de Toronto. Cette compagnie change son nom pour Redpath Sugar Ltd. en 1959, la même année où elle ouvre les portes de sa raffinerie de Toronto. Cette dernière est la principale raffinerie de sucre de Redpath Sugar Ltd. depuis la fermeture de la raffinerie originale de Montréal en 1980. La raffinerie de Montréal a été préservée et transformée en condominiums. La compagnie est renommée Redpath Industries Limited en 1973. Elle est une filiale de la American Sugar Refining depuis 2007.

Le saviez-vous ?
La reine Elizabeth II a inauguré la raffinerie Redpath Sugar Ltd de Toronto en 1959. Elle et le prince Philip ont également visité la raffinerie nouvellement ouverte.


Toronto, en Ontario, 17  June 2010.

Musée de la raffinerie de sucre Redpath

La raffinerie de sucre Redpath de Toronto dispose d’un petit musée situé à l’arrière de la raffinerie. Le musée présente des expositions sur l’histoire de l’industrie du sucre au Canada, sur la famille Redpath et sur le processus de raffinage du sucre brut.