Province du Canada, 1841-67

En 1841, la Grande-Bretagne a uni les colonies du Haut et du Bas-Canada en une seule province, la province du Canada. Cette union est faite en réponse aux rébellions violentes de 1837-1838. Le rapport Durham (1839) recommande les lignes directrices pour la création de la nouvelle colonie avec l’Acte d’Union. La province du Canada est composée du Canada-Ouest (anciennement le Haut-Canada) et du Canada-Est (anciennement le Bas-Canada). Les deux régions sont gouvernées conjointement jusqu’à ce que la province soit dissoute pour faire place à la Confédération en 1867. Le Canada-Ouest devient alors l’Ontario et le Canada-Est devient le Québec.

La Province du Canada a été une expérience de 26 ans de coopération politique entre anglophones et francophones. Pendant cette période, un gouvernement responsable est né en Amérique du Nord britannique. En outre, l’expansion de l’échange et du commerce ont fourni de la richesse à la région, ce qui a permis la montée de chefs politiques tels que sir John A. Macdonald, sir George-Étienne Cartier et George Brown d’émerger et la mise sur pied de la Confédération.



Statue de Robert Baldwin et Louis-Hippolyte Lafontaine
Statue de Robert Baldwin et Louis-Hippolyte Lafontaine par Walter Seymour Allward, Colline du Parlement, Ottawa, 25 avril 2010.

Le rapport Durham

À la suite des violentes rébellions de 1837-1838 dans le Haut et le Bas-Canada, Lord Durham est envoyé dans les colonies en 1838 pour déterminer les causes de l’agitation. La solution qu’il recommande dans le rapport Durham (1839) est d’unifier le Haut et le Bas-Canada sous un seul gouvernement.

Lord Durham propose une province unie afin de développer un système commercial commun. Un Canada combiné aurait également une majorité globale anglophone, ce qui aiderait à contrôler les forces de division que Lord Durham voit dans le Bas-Canada majoritairement francophone. L’union faciliterait également la mise en place du gouvernement responsable qu’il préconise. La Grande-Bretagne accepte l’union, mais pas le gouvernement responsable.

Lord Durham

L’Acte d’Union

Lord Durham recommande une représentation selon la population (voir aussiReprésentation proportionnelle). L’Acte d’Union, toutefois, prévoit une représentation égale pour chacun des deux Canadas à la nouvelle Assemblée législative, même si la population du Canada-Ouest (480 000 personnes) est considérablement moins nombreuse que celle du Canada-Est (670 000), dont près de 510 000 habitants sont Canadiens français. Dans l’idée de Durham, les francophones seront ainsi sous-représentés et noyés dans la masse dès le départ.

Cependant, la représentation égale donne lieu à un résultat inattendu. Les deux Canadas, différents du point de vue historique, social et culturel demeurent pratiquement les mêmes, donnant lieu à deux sections distinctes au sein d’un même système politique. Certes, sur le plan géographique, les noms de Canada-Ouest et de Canada-Est prévalent, mais ce sont les noms Haut-Canada et Bas-Canada qui subsistent dans la langue courante et dans les emplois officiels. L’Acte d’Union enchâsse le dualisme dans la Constitution même et donne lieu au doublage des partis politiques comme des ministères et à une politique particulariste (voir aussiL’Acte d’Union : chronologie ; L’Acte d’Union : éditorial).

En 1840, le Parlement britannique adopte l’Acte d’Union. Elle entre en vigueur le 10 février 1841. L’acte établit un gouvernement et une assemblée législative uniques dans la province unie du Canada. La capitale est placée à Kingston de 1841 à 1844, avant d’être transférée à Montréal jusqu’en 1849. Elle est ensuite déplacée à Toronto de 1849 à 1851, à Québec de 1851 à 1855, à Toronto de nouveau de 1855 à 1859 et une fois de plus à Québec de 1859 à 1865. Elle est finalement établie de façon permanente à Ottawa en 1866-1867, lorsque la ville devient la capitale du Dominion du Canada en vertu de la Confédération.

Acte d'Union
First page.
(Archives nationale du Canada/MG40, E1)

Pousser pour un gouvernement responsable

Dès le début, les Canadiens français réalisent que l’union du gouvernement colonial a pour but de les assimiler à la société canadienne anglaise. Louis-Hippolyte LaFontaine, un chef libéral de plus en plus populaire, voit toutefois l’avantage de s’allier aux réformistes du Canada-Ouest pour réaliser le gouvernement responsable. LaFontaine croit en effet qu’un gouvernement responsable permettrait aux Canadiens français de partager la direction de la province unie. Ils conserveraient leur identité propre tout en collaborant avec leurs alliés canadiens-anglais. LaFontaine répond donc favorablement aux avances faites par les principaux réformistes du Canada-Ouest, Francis Hincks et Robert Baldwin (voir aussi :La politique de l’accommodement culturel : Baldwin, LaFontaine et le gouvernement responsable).

Hincks, journaliste à Toronto et fin stratège, appuie déjà la campagne de Baldwin en faveur d’un régime fondé sur le principe britannique du gouvernement responsable. Si ce principe est adopté au Canada, il s’ensuivra que les gouvernements dépendront des majorités élues au Parlement et non d’un gouverneur colonial ou d’un conseil nommé. Baldwin et LaFontaine bâtissent sur ce principe une puissante alliance réformiste.

En septembre 1842, ils obtiennent suffisamment de soutien au Parlement pour convaincre le gouverneur général, sir Charles Bagot, de reconstituer son ministère. (Lors d’une période où les gouverneurs contrôlent la branche exécutive du gouvernement de la colonie et en forme les cabinets.)

Un changement dans la politique impériale apporte finalement l’acceptation d’un gouvernement responsable dans les colonies du Canada et de la Nouvelle-Écosse (voir aussi :La Nouvelle-Écosse, berceau de la démocratie parlementaire canadienne). En 1846, l’Angleterre annule les lois sur les céréales, ce qui déclenche un mouvement en faveur du libre-échange et met fin à un système impérial de réglementations commerciales et de tarifs protectionnistes, vieux de plusieurs siècles. L’Empire britannique ne voit plus le besoin de refuser l’autonomie gouvernementale à ses colonies plus politiquement évoluées. En 1847, Lord Elgin arrive au Canada comme gouverneur général chargé de réaliser le gouvernement responsable (voir aussi : Gouvernement responsable : collection).

Au début de l’année 1848, les réformistes gagnent les élections dans les deux Canadas. Lorsque le gouvernement tory-conservateur de Henry Sherwood démissionne, Elgin fait immédiatement appel aux réformistes pour former un nouveau gouvernement. Le principe du gouvernement responsable est confirmé en mars, et un cabinet composé uniquement de réformistes prend le pouvoir. LaFontaine, ayant le plus grand nombre de partisans, en est le premier ministre, et Baldwin, le premier ministre associé.

Robert Baldwin
Baldwin a étéle premier à rendre populaire la notion de gouvernement responsable et l'un des premiers à promouvoir l'idée d'un pays biculturel.
(avec la permission de la Metropolitan Toronto Library)

Années 1840 : des temps durs et une rude épreuve

Les épreuves sont cependant loin d’être terminées. Le commerce bat de l’aile et les canaux du fleuve Saint-Laurent récemment terminés ne sont qu’à moitié utilisés. Les commerçants torys de Montréal associent ces problèmes à la perte de la protection tarifaire impériale, mais la crise économique mondiale qui prend de l’ampleur depuis 1847 est une cause beaucoup plus importante. De plus, pendant la prospérité du début des années 1840, l’agriculture, l’exploitation forestière et la construction de canaux s’étendent, tandis que les villes en pleine croissance absorbent la vague d’immigrants anglais. À partir de la fin des années 1940, les temps sont durs. Le front de colonisation s’est arrêté au bord du Bouclier canadien, tandis que déferle une nouvelle vague d’immigrants irlandais, démunis et atteints du typhus après avoir fui la famine dans leur patrie.

C’est au milieu de ces tensions que le gouvernement réformiste dépose, en 1849, le bill des pertes de la rébellion, destiné à compenser les dommages subis lors de la rébellion du Bas-Canada de 1837 (on a déjà satisfait aux réclamations des habitants du Haut-Canada). Pour les Canadiens français, ce projet de loi est une forme de justice sociale. Il prouve également qu’un gouvernement responsable peut leur être favorable. Quant aux tories-conservateurs anglophones du Canada-Est, ils y voient une façon de récompenser des rebelles. L’Assemblée législative, composée en majorité de réformistes, se réunit à Montréal, et adopte le projet de loi au milieu de violentes protestations. Les tories-conservateurs espèrent que le gouverneur britannique refusera de l’approuver, mais Elgin les déçoit. Après tout, la loi a été proposée par un gouvernement responsable avec l’appui de la majorité parlementaire.

Ces tensions accumulées éclatent lors des émeutes de Montréal, mais Elgin et ses ministres arrivent à mater la tempête, qui se calme en avril, au bout de quelques jours tumultueux. En octobre, le manifeste de l’Association pour l’annexion, qui réclame l’union avec les États-Unis, fait son apparition dans les rues de la ville. Il ne s’agit là que d’un geste d’amertume passager. La plupart des Canadiens français constatent que le gouvernement autonome de la colonie fonctionne. Les tories de l’Est s’effacent, tandis qu’au Canada-Ouest, les réformistes et les conservateurs tiennent fermement à leurs liens avec les Anglais. Le gouvernement responsable survit à sa première épreuve.

« From the Custom House, Montréal »
William Notman, vers 1875-1878; épreuve à l'albumine montrant Montréal à la fin de l'époque des voiliers, alors que cette ville était le moteur économique de la Province du Canada.
(avec la permission du Musée des beaux-arts du Canada)

Essor du chemin de fer et du commerce

Dès 1850, la crise cède le pas à une ère de développement accéléré du commerce mondial. La production de céréales et de bois augmente, les canaux du Saint-Laurent fourmillent d’activités et les commerçants de Montréal ont tôt fait d’oublier les idées d’annexion. De plus, grâce à l’augmentation des capitaux anglais et américains dont ils disposent, les entrepreneurs canadiens s’engagent à fond dans la construction ferroviaire. Des lignes relient Montréal à Portland, port du Maine sur l’Atlantique dont les eaux ne gèlent pas l’hiver, et Toronto à Collingwood, dans le secteur supérieur des Grands Lacs. Une ligne de Niagara Falls à Windsor via Hamilton est reliée à une voie ferrée allant de New York à Chicago. Bientôt elle se rend également jusqu’à Toronto.

La société ferroviaire Grand Trunk Railway of Canada, incorporée en 1852, construit une voie interprovinciale reliant Québec, Montréal et Toronto jusqu’à Sarnia, en Ontario.

Après 1857, toutefois, une autre crise mondiale vient ralentir le premier grand boom ferroviaire. Le Grand Trunk, construit à grands frais et annoncé à grand renfort de publicité, se retrouve profondément endetté et miné par des scandales politiques. Les chemins de fer transforment néanmoins le Canada. Ils brisent l’isolement de l’intérieur du pays en hiver, améliorent considérablement le transport à grande distance et intensifient le développement des grandes villes. Les industries manufacturières reliées au chemin de fer se multiplient à Montréal, à Toronto et à Hamilton, ce qui a pour résultat d’en augmenter rapidement la dimension, la richesse et la complexité.

Le traité de réciprocité (libre échange) conclu avec les États-Unis en 1854 stimule la croissance en permettant le libre accès au marché américain des céréales et du bois. Il a aussi pour effet de lier plus étroitement le Canada à l’économie américaine. La décision du congrès américain, en 1865, de ne pas renouveler l’accord de réciprocité encourage le Canada à tenter de s’unir à l’économie des autres provinces anglaises de l’Amérique du Nord britannique.

Toutefois, la montée de l’industrie provinciale dans les années 1850 mène à l’instauration d’un tarif protectionniste canadien. En 1858 et en 1859, la hausse des tarifs douaniers est une mesure destinée à protéger les fabricants canadiens. Cette protection sert de prétexte pour éponger l’énorme dette publique encourue par les généreuses subventions consenties à la construction du chemin de fer. Les tarifs douaniers sont de nouveau abaissés en 1866. Les tarifs de 1858-1859 donnent quand même un avant-goût de la tendance de la Politique nationale à hausser les tarifs. Ils préfigurent également le resserrement constant des liens entre le gouvernement et le monde des affaires, à une époque où le capitalisme ne cesse de croître.

Désaccord croissant entre l’Est et l’Ouest

Depuis le début des années 1850, certains facteurs perturbent la vie politique provinciale. Des éléments réformistes de gauche font leur apparition vers 1850. Le Parti rouge dans le Canada-Est et les Clear Grits dans le Canada-Ouest prônent une démocratie entièrement élective et une constitution écrite selon le modèle américain. En 1851, Baldwin et LaFontaine, découragés d’avoir à combattre les radicaux à l’intérieur même de leurs rangs, quittent la politique. Leurs principaux adjoints, Francis Hincks et Augustin Morin, forment le nouveau gouvernement. Au début, celui-ci semble plus sûr, vu que la ferveur radicale s’est dissipée dans l’enthousiasme général qui entoure la promotion du chemin de fer.

Bientôt, l’enseignement public et les relations entre l’Église et l’État sèment la discorde. Le Canada-Ouest, à majorité protestante, opte en général pour des écoles publiques non confessionnelles et s’oppose à ce que la religion soit liée à l’État et soutenue par l’État. Au Canada-Est, toutefois, les libéraux catholiques francophones majoritaires ont tissé des liens étroits avec le clergé, et revendiquent donc des écoles confessionnelles et des rapports étroits entre l’Église et l’État. Au Parlement, les Canadiens français votent en faveur de projets de loi élargissant les droits des écoles catholiques subventionnées par l’État dans le Canada-Ouest.

Bien des habitants du Haut-Canada (comme beaucoup boudent encore le nom « Canada-Ouest ») en viennent à penser qu’un pouvoir catholique français non réprimé menace leurs propres intérêts. De plus, le recensement de 1851-1852 révèle que le Canada-Ouest est maintenant le plus populeux. Il est donc sous-représenté politiquement, tout en payant la plus grande part des impôts.

George Brown, rédacteur en chef du puissant journal Toronto Globe, est élu à l’Assemblée législative en tant que réformiste indépendant. Il se met en guerre pour que « justice » soit rendue au Canada-Ouest. En 1853, il propose la représentation selon la population afin que le Canada-Ouest ait le nombre de sièges qui lui revient. Si sa première tentative échoue, la question de la représentation selon la population déclenche cependant une lutte particulariste. Le Canada-Ouest la réclame pour vaincre la « domination française », tandis que les Canadiens français s’y opposent pour éviter d’être à nouveau submergés dans l’Union.

George Brown
Les réformistes de George Brown se décrivent eux-mêmes comme « honnêtes et transparents »."
(avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-26415)

Émergence de Macdonald et Cartier

Le 22 juin 1854, le gouvernement Hincks et Morin est renversé, l’ancienne alliance réformiste s’étant effondrée sous le poids des tensions particularistes. Une nouvelle coalition libérale-conservatrice prend le pouvoir, regroupant les libéraux modérés de Hincks et de Morin et les forces tory-conservatrices. Parmi elles se distingue rapidement John A. Macdonald, un politicien de Kingston. Cette large coalition réussit à abolir les anciennes réserves du clergé ainsi que le régime seigneurial. Les Clear Grits et les rouges, laissés en plan, qualifient de « sans scrupule » cette association à tendance conservatrice.

En fait, la coalition libérale-conservatrice repose sur une entente entre les principaux partis sur plusieurs points : le développement des chemins de fer et des entreprises, ainsi que le maintien de l’Union et la défense de la présence des Canadiens français au sein de celle-ci. De plus, la coalition est vite dominée par deux partenaires d’envergure : l’amical et ingénieux John A. Macdonald et Georges-Étienne Cartier, dirigeant de parti et avocat montréalais du Grand Trunk. Ce sont eux qui, peu à peu, donnent forme au futur Parti conservateur.

De l’autre côté de la Chambre, Brown et les Clear Grits, jusque-là opposés, s’associent. Le 8 janvier 1857, un congrès du parti tenu à Toronto acclame la renaissance du Parti réformiste du Haut-Canada. Les brownistes, les grits et quelques libéraux modérés, de retour sur la scène politique, prennent officiellement position en faveur de la représentation selon la population, de l’enseignement séculier et de l’acquisition de la Terre de Rupert. Ce territoire nordique attire depuis peu l’attention des hommes d’affaires de Toronto, désireux d’étendre leur champ commercial, et des agriculteurs, avides de nouvelles terres à cultiver. Le parti browniste-grits qui en résulte raffermit considérablement le particularisme du Canada-Ouest. Le fait qu’il défend les droits des agriculteurs et qu’il refuse d’investir davantage dans les chemins de fer selon les vœux d’un gouvernement ruineux lui donnera un long avenir politique.


Union plus large de l’ANB sollicitée

Il s’ensuit une lutte incessante entre le conservatisme de Macdonald et de Cartier et le libéralisme des brownistes, vaguement associé avec le petit groupe des rouges du Canada-Est sous la direction d’Antoine-Aimé Dorion. En août 1858, un gouvernement dirigé par Brown et Dorion ne tient que deux jours (voir Double remaniement). De nouveau au pouvoir et poussés par Alexander Galt, important financier de Montréal qui s’est joint au gouvernement, les conservateurs se tournent vers l’union fédérale de l’Amérique du Nord britannique pour résoudre les problèmes du Canada. Les autres provinces n’y voient aucun intérêt, ce qui fait échouer le principe d’une fédération générale.

En novembre 1859, lors d’un autre congrès des réformistes, Brown rallie les grits à l’idée d’une double fédération des Canadas (déjà suggérée par Dorion). L’idée est tout de suite refusée à l’Assemblée. Bien que les deux côtés aient accepté le principe de la fédération comme moyen d’échapper à la rupture particulariste, aucun d’eux n’est vraiment prêt à l’instaurer. Les querelles reprennent donc de plus belle au sujet de la représentation selon la population.

En mai 1862, les forces de Macdonald et de Cartier sont battues en raison d’un coûteux projet de loi concernant la milice formulé en réponse aux tensions frontalières provoquées par la Guerre de Sécession. Sandfield Macdonald, un réformiste modéré, tente de maintenir l’Union en imposant une double majorité, c’est-à-dire que les projets de loi gouvernementaux devront être approuvés par la majorité dans les deux parties de la Province. Malgré l’échec de ses tentatives, Sandfield reste en place jusqu’au début de 1864, quand John A. Macdonald revient au pouvoir, avant d’être battu trois mois plus tard. Les élections et les changements de gouvernements ne changent rien à l’équilibre des forces particularistes. En juin 1864, la province se trouve de toute évidence dans une impasse. C’est alors que Brown fait l’offre cruciale d’appuyer tout gouvernement désireux de reconstruire l’Union.


La Confédération, le Québec et l’Ontario

Des négociations entre John A. Macdonald, Cartier, Galt et Brown mènent rapidement à une entente visant à promouvoir une fédération générale et à y inclure le Nord-Ouest ou, en cas d’échec, une fédération des deux Canadas. Le premier objectif est couronné de succès. Brown et deux collègues libéraux se joignent au gouvernement, et la Grande Coalition entreprend de créer une fédération avec les autres colonies de l’Amérique du Nord britannique. Il en ressort un projet de Confédération et l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 (maintenant la Loi constitutionnelle de 1867).

Durant toute l’élaboration de la Confédération, des représentants canadiens, en particulier Jon A. Macdonald, jouent un rôle de premier plan. Lorsque la Confédération entre en vigueur, le 1er juillet 1867, l’époque de l’Union est révolue, mais peu s’en affligent devant ce que l’avenir leur promet. Avant qu’elle ne prenne fin, l’Assemblée législative approuve en 1865 le projet de fédération avec des majorités tant du côté anglais que du côté français. En 1866, il rédige la constitution des futures provinces du Québec et de l’Ontario. La province unie a eu une vie bien remplie et fructueuse, et sa réalisation ultime réside dans la Confédération elle-même.

Voir aussi : Confédération : collection ; Confédération, 1867 ; Le Québec et la Confédération ; L’Ontario et la Confédération ; Pères de la Confédération ; Pères de la Confédération : tableau ; Mères de la Confédération ; George Brown : discours prononcé en 1865 en faveur de la Confédération ; Cartier, pivot de la Confédération ; Macdonald : l’homme qui nous a créés ; Les adversaires de la Confédération.


Lecture supplémentaire

  • Donald Creighton, John A. Macdonald : le 1er ministre du Canada (1952; trad. 1981)

Liens externes