Royal 22e Régiment

Le Royal 22e Régiment (R22eR) est l’un des trois régiments d’infanterie de la Force régulière du Canada dont le quartier-général se trouve à la Citadelle de Québec. C’est un régiment francophone de cinq bataillons, dont trois appartiennent à la Force régulière et deux à la Force de réserve.


Citadelle de Québec
Lord Dufferin, alors gouverneur général, posait un des premiers gestes de conservation du patrimoine urbain, en convainquant la ville de ne pas détruire les murs (photo de Michel Gagnon/Communications de la CUQ).

Le Royal 22e Régiment (R22eR) est l’un des trois régiments d’infanterie de la Force régulière du Canada dont le quartier-général se trouve à la Citadelle de Québec. C’est un régiment francophone de cinq bataillons, dont trois appartiennent à la Force régulière et deux à la Force de réserve. Le R22eR célèbre son 100e anniversaire en 2014.

Le régiment participe à tous les engagements majeurs livrés par le Canada depuis la Première Guerre mondiale, en passant par les missions de paix des Nations Unies et la campagne d’Afghanistan.


Rôle et mission du régiment

Le régiment est composé de militaires québécois qui servent le Canada sur une variété de théâtres d’opérations intérieurs et à l’étranger. Les trois premiers bataillons du régiment relèvent de la Force régulière et sont constitués de troupes d’infanterie mécanisée (1er et 2e) et d’infanterie légère (3e). Quant aux 4e et 6e bataillons, ils sont formés de miliciens cantonnés respectivement à Laval (4e) et à Saint-Hyacinthe (6e).

Œuvrant dans un milieu où la première langue de travail est le français, les militaires du R22eR sont des volontaires qui accomplissent des tâches propres à ce type d’unité : occupation de garnison, maintien et consolidation de la paix, opérations de combat, etc. Par conséquent, les bataillons du R22eR sont appelés à intervenir à tout moment et à divers endroits sur la planète dans le cadre de l’exécution de mandats du gouvernement canadien pour lesquels une présence militaire est demandée.

Le R22eR est également une institution militaire qui, au Québec, occupe une place importante sur le plan patrimonial. Il s’agit du régiment québécois le plus important en termes d’effectifs et aussi le mieux organisé sur le plan opérationnel. Des milliers de Québécois ont servi en ses rangs depuis ses débuts en 1914, tant sur le plan des opérations de combats que du maintien et de la consolidation de la paix.

Première Guerre mondiale : les accomplissements du premier régiment canadien-français

Levé en octobre 1914 au début de la Première Guerre mondiale, le R22eR est alors connu sous le nom de 22e bataillon (canadien-français). L’unité est créée en réponse à une demande populaire d’obtenir un régiment dans lequel les Canadiens français peuvent servir dans leur langue maternelle. À cet égard, le 22e est la seule unité d’infanterie francophone active au front dans le Corps expéditionnaire canadien. Le bataillon arrive au front en Belgique en septembre 1915.

Le 22e participe à plusieurs opérations entre 1915 et 1918. Sa première attaque d’envergure a lieu à Courcelette, en France, en septembre 1916. Pendant trois jours et trois nuits, encerclés de toutes parts, les soldats canadiens-français, commandés par le lieutenant-colonel Thomas-Louis Tremblay, savent repousser les assauts répétés de l’ennemi et tenir le village. Des 800 hommes qui prennent part initialement à l’assaut, il en reste 118 trois jours plus tard. Renforcé à plus de 10 reprises pendant la guerre, le 22e combat jusqu’à la fin du conflit en novembre 1918.

La reconnaissance royale

Le retour du bataillon au Canada en mai 1919 est marqué par sa dissolution, mais il est réactivé en 1920 dans le cadre de la formation de la nouvelle Milice active permanente sous le nom de 22nd Regiment (22e Régiment). L’unité obtient en juin 1921 le titre de « Royal » du roi George V en reconnaissance des nombreux faits d’armes accomplis en Belgique et en France pendant la Grande Guerre. C’est en 1928 sous l’impulsion de son commandant, le lieutenant-colonel Georges Vanier, que le régiment adopta le titre qu’on lui connaît de nos jours, soit Royal 22e Régiment.

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939 voit la mobilisation du R22eR, qui s’embarque à la fin de l’année pour l’Angleterre. Le régiment passe la presque totalité du conflit sur le front italien. Il débarque en Sicile en juillet 1943 et en est retiré en février 1945 alors qu’il se trouve dans le nord de l’Italie. De mars à mai 1945, le régiment rejoint l’armée canadienne qui combat alors en Hollande et en Allemagne.

C’est avec la guerre de Corée que le R22eR voit accroître ses effectifs, passant ainsi d’un seul à trois bataillons qui servirent à tour de rôle dans la péninsule coréenne entre 1951 et 1953.

Dans les décennies qui suivent, le régiment accomplit des mandats de maintien et consolidation de la paix des Nations Unies. Parmi les missions les plus importantes, on note sa présence à Chypre de 1964 à 1992, une série de missions en Ex-Yougoslavie (de 1992 à 2001 sous l'ONU et l'OTAN) ainsi qu'une présence à Haïti au milieu des années 1990. Un bataillon complet est également envoyé à ce même pays en 2010 après le tremblement de terre. En 2007, des éléments de diverses unités ayant comme base le 3e bataillon du R22eR sont déployés en Afghanistan dans le cadre de la Force d’Assistance Internationale de Sécurité de l’OTAN dans la région de Kandahar. En 2009, des éléments du 2e bataillon du R22eR servent dans la même région. Des troupes appartenant au 1er bataillon accomplissent une tâche similaire en 2010, de même que d'autres éléments qui sont affectés à la formation de la police et de l'armée afghanes depuis 2011.


Le patrimoine matériel et immatériel du Régiment

Nombreux sont les symboles qui font du R22eR ce qu’il est depuis 1914. Le plus précieux du régiment est son drapeau, qui représente le corps et l’âme de la formation, tout comme il atteste la fierté et l’honneur de servir. Nombre d’objets emblématiques ont été adoptés avec la Première Guerre mondiale.

Le grand public peut également constater la forte présence de la tradition régimentaire avec le monument du R22eR, situé sur la Place George-V à Québec, illustrant la mise en valeur patrimoniale en dehors des sphères traditionnelles de l’institution militaire. Inauguré en 1989, on peut lire sur ce monument les noms des militaires qui ont péri au champ d’honneur.

Il est également possible de reconnaître le régiment par son insigne, sur lequel on voit un castor avec les inscriptions « 22 », « Régiment canadien-français » et la devise régimentaire « Je me souviens ». Apparaissant sur le drapeau, les coiffures, et tout autre objet de la vie régimentaire, le castor est un autre symbole d’identification du régiment auprès du public comme auprès d’autres formations militaires canadiennes et étrangères.

Les symboles et traditions propres au R22eR sont présentés de manière détaillée au Musée du Royal 22e Régiment qui se trouve à la Citadelle de Québec depuis sa fondation en 1950. Le musée régimentaire constitue un foyer important de diffusion de connaissances et de traditions.

Un ensemble d’activités aux échelles locale, provinciale, nationale et internationale aura été prévu pour le 100e anniversaire de la fondation du R22eR en 2014. Chacune des activités aura servi à illustrer le riche passé de ce régiment, qui incarne l’intégration des francophones dans les Forces canadiennes.


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