Dawson, sir John William

La carrière de recteur de Dawson couvre une période pendant laquelle la science cesse d'être un corpus bien délimité par une « philosophie de la nature » pour devenir une vaste gamme de disciplines professionnelles axées sur la recherche.


Dawson, sir John William

 Sir John William Dawson, géologue, recteur de l'U. McGill (Pictou, N.-É., 13 oct. 1820 -- Montréal, 19 nov. 1899). Premier scientifique de réputation internationale né au Canada, Dawson jette, au XIXe siècle, les bases de ce qui allait devenir le milieu scientifique canadien du XXe siècle. Ayant étudié à Pictou, en Nouvelle-Écosse, puis reçu à Édimbourg, en Écosse, une formation en géologie, qui constitue la science appliquée la plus avancée de l'époque, Dawson devient surintendant de l'éducation pour la Nouvelle-Écosse en 1850 et recteur de l'U. McGill en 1855. Au cours des 38 années qui suivent, il fait de McGill l'une des meilleures universités du monde. Il enseigne 20 heures par semaine, publie 20 livres et fonde la SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA. Il est aussi la seule personne à présider en même temps les associations britannique et américaine pour l'avancement des sciences, en plus d'être élevé au rang de chevalier en 1884, en reconnaissance de ses services à la collectivité. Son fils, G.M. DAWSON, sera directeur de la COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA.

La carrière de recteur de Dawson couvre une période pendant laquelle la science cesse d'être un corpus bien délimité par une « philosophie de la nature » pour devenir une vaste gamme de disciplines professionnelles axées sur la recherche. Tout comme ses prédécesseurs, il écrit sur des sujets allant de l'agriculture à la philanthropie, mais il acquiert aussi une réputation de géologue chevronné, à l'aise autant sur le terrain à prélever des échantillons, que dans son bureau à synthétiser et à interpréter les transformations géologiques dans le temps. Il est le plus grand savant de son époque en matière de PLANTES FOSSILES les plus anciennes et il est très fier d'avoir identifié un spécimen d'Eozoon canadense comme étant un corail, le plus vieux fossile connu qui ne soit pas d'origine végétale. Cet eozoon fait l'objet de controverses pendant 50 ans avant qu'on ne démontre qu'il est une formation rarissime de cristal plutôt qu'un animal vivant.

En plus d'être progressiste en sciences et en éducation (p. ex., il ouvre les portes de McGill aux femmes), Dawson est un fervent chrétien et le chef de file des antidarwinistes de la fin de l'époque victorienne. En tant que géologue, il sait que la Terre est très vieille (100 millions d'années et plus), mais il ne peut concevoir, s'appuyant sur sa connaissance directe des fossiles, que des espèces préhistoriques aient pu engendrer de nouvelles espèces. Plusieurs de ses livres sont des critiques techniques du darwinisme et des tentatives de conciliation des connaissances scientifiques contemporaines les plus avancées et de la tradition biblique. Puisque l'explication mécanique qui manquait à la théorie de l'ÉVOLUTION ne sera fournie par la GÉNÉTIQUE qu'au XXe siècle, Dawson conserve toute son importance historique même s'il était dans l'erreur. En dépit de l'isolement relatif du Canada et de l'inexpérience de l'U. McGill, Dawson s'est porté à la tête de l'un des groupes engagés dans le plus grand débat scientifique de son temps. Sa réputation internationale lui a aussi servi pour asseoir les bases de la science moderne au Canada : études supérieures, carrières consacrées à la recherche et publications des résultats des recherches.


Lecture supplémentaire

  • W.R. Shea, "Introduction" to J.W. Dawson, Modern Ideas of Evolution (repr 1977).