Femmes dans les forces armées

En 1885, au cours de la Rébellion du Nord-Ouest, des femmes répondent à l'appel du service militaire pour la première fois. La première des douze femmes affectée dans les hôpitaux militaires, Loretta Miller, arrive à l'hôpital de campagne de Saskatoon le 12 mai 1885. Selon le major-général John W.

Femmes dans les forces armées

En 1885, au cours de la Rébellion du Nord-Ouest, des femmes répondent à l'appel du service militaire pour la première fois. La première des douze femmes affectée dans les hôpitaux militaires, Loretta Miller, arrive à l'hôpital de campagne de Saskatoon le 12 mai 1885. Selon le major-général John W. Laurie,cette participation féminine atteste que les militaires « n'ont pas été oubliés par la gent féminine. ». Durant la GUERRE DES BOERS, des infirmières canadiennes, au service de la nation, sont envoyées outre-mer. En 1901, grâce à la création du Canadian Army Nursing Service, les femmes sont intégrées aux Forces armées régulières, au lieu de dépendre d'une organisation ad hoc. Les infirmières sont encore appelées à servir lors de la Première Guerre mondiale et, durant cette guerre, le nombre de volontaires reste supérieur au nombre requis. En tout, 3141 INFIRMIÈRES MILITAIRES ont servi dans le Corps expéditionnaire canadien. De ce nombre, 2504 ont servi outre-mer comme membres du personnel d'hôpitaux militaires en Angleterre, en Égypte, en Grèce, et sur le front occidental en France et en Belgique où elles ont aussi oeuvré dans des postes d'évacuation sanitaire situés près du front. À la fin de la guerre, la majorité d'entre elles trouvent du travail dans les hôpitaux pour vétérans ou au sein de services civils. Seul un petit noyau reste dans les forces armées. Peu avant la fin de la guerre, la possibilité de créer un Corps auxiliaire féminin de l'armée canadienne est envisagée et les membres seraient chargées de tâches administratives. Cependant , la guerre prend fin avant sa concrétisation.

Le minuscule service militaire de SOINS INFIRMIERS, maintenu en temps de paix durant les années 20 et 30, a connu un essor considérable au cours de la DEUXIÈME GUERRE MONDIALE. En 1945, 4480 dinfirmières servaient sous les drapeaux au sein du Corps de santé royal canadien et des services médicaux de la Marine royale du Canada (MRC) et de l'Aviation royale du Canada (ARC). L'ARC a également recruté 14 femmes-médecins. Durant la guerre, à la suite des revendications des femmes qui souhaitaient jouer un rôle accru et de la pénurie de main-d'oeuvre, des Canadiennes commencent à s'enroler dans de nombreux corps de métiers militaires qui, jusqu'àlors, leurs étaient fermés. À la suite de l'instauration, en 1941, du SERVICE FÉMININ DE L'ARMÉE CANADIENNE, du Service de l'Aviation royale du Canada (Division féminine) et, l'année suivante, du Service féminin de la Marine royale canadienne, 45 423 femmes étaient intégrées aux forces armées en temps de guerre. Elles sont affectées à des postes de commis, d'administration, de communication ou à d'autres tâches de soutien, ce qui a facilité l'affectation d'hommes à des postes de combat. Le témoignage enthousiaste d'un officier supérieur de l'ARC, affirmant que la présence des femmes s'avérait tout aussi précieuse que celle des hommes et souhaitant pouvoir compter sur un maximum de candidates, est révélateur du succès remporté par les femmes. Comme dans le cas des membres des services médicaux, elles ont eu l'occasion de servir dans les zones sises à l'arrière du front.

En 1946, les trois services féminins sont dissous. Selon un officier supérieur de la marine qui décrivait les sentiments des membres de ces services : « Il me semble que la Marine ne saurait exister sans [les femmes]... il sera difficile pour nombre d'entre nous qui y sommes toujours, de nous rendre compte qu'elles ne constituaient, en fait, qu'une force d'urgence. » Seul un petit nombre d'infirmières reste sous les drapeaux. Mais, à mesure que s'intensifie la GUERRE FROIDE, les effectifs des Forces canadiennes s'accroissent. En 1951, les éléments de la Réserve des trois armées amorcent le recrutement de personnel féminin, comme dans la force régulière de l'Aviation. En 1954-1955, les forces régulières de l'armée de terre et la Marine recrutent également des femmes, mais en nombre inférieur aux effectifs de l'armée de l'air qui compte alors 3000 femmes. Toutefois, en 1966, on ne compte plus au sein des forces régulières que 900 femmes. Cette situation est le résultat des réductions imposées à la taille des effectifs des Forces canadiennes, à l'automatisation grandissante des métiers occupés par des femmes et aux difficultés de recrutement, attribuables en partie au nombre limité de carrières accessibles aux femmes.

On atteint alors le creux de la vague et l'idée de fermer de nouveau l'ARC aux femmes est envisagée. Toutefois, le gouvernement de l'époque souhaite faire des Forces canadiennes le reflet d'une société où les femmes participent de plus en plus au marché du travail. Ce mandat servira désormais de ligne de conduite pour le recrutement et l'embauche des femmes. D'autres influences politiques, comme la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme (1971) et la décision de la Commission canadienne des droits de la personne dans la société canadienne (1989), ainsi que les expériences des Forces armées démontrant l'efficacité des femmes dans des rôles non traditionnels, permettent de lever les derniers obstacles à leur participation dans les Forces armées et de leur assurer l'égalité avec les hommes pour les modalités du service.C'est en 2001 que sera levé le dernier obstacle, soit l'interdiction de servir dans les sous-marins. Entre-temps, des femmes comme Heather Erxleben véritable pionnière et première femme dans l'infanterie de la force régulière, ouvrent la porte à la relève.

Même si le taux de participation féminine dans les Forces armées canadiennes n'est pas égal à celui des hommes et même si elles ne sont pas représentées dans tous les corps de métier, la situation a quand même beaucoup changé depuis le rétablissement des services féminins en temps de paix. Désormais, l'égalité des chances existe et les statistiques le prouvent.

Voir aussi FEMMES ET GUERRE.

Private Jennifer Rose Fournier