​Les infirmières militaires

De tout temps, à l’occasion des conflits auxquels le Canada a participé, des femmes se sont occupées des soldats blessés.

Infirmières militaires (1940)
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 4480 infirmières militaires avaient fait du service (avec la permission de l'U. York/Toronto Telegram Coll.).
Infirmières militaires
Le 10 septembre 1944, à Montreuil, en France, le lieutenant B. Rankin fait une transfusion sanguine à un soldat blessé (avec la permission du ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-128234).

De tout temps, à l’occasion des conflits auxquels le Canada a participé, des femmes se sont occupées des soldats blessés. Les infirmières militaires ont assuré à cet égard une charge officielle au sein de l’armée durant la Rébellion du Nord-Ouest, la Guerre des Boers, la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale et la Guerre de Corée. Des dizaines d’entre elles sont décédées du fait de l’ennemi ou de maladie durant leur service.

Les débuts

Jusqu’à la Rébellion du Nord-Ouest de 1885, les femmes qui prennent soin des soldats blessés à la guerre ne se voient accorder aucune reconnaissance militaire officielle. La situation change lorsqu’une rébellion armée se déclenche dans l’ouest du Canada en 1885. Hannah Grier Coome, mère fondatrice de la communauté des sœurs de St John the Divine à Toronto, et Kate Miller, infirmière en chef du Winnipeg General Hospital, sont sollicitées par le médecin-chef de la Milice canadienne pour assurer les soins des blessés en Saskatchewan.

Durant la Guerre des Boers (1899-1902), des femmes qui se portent volontaires pour soigner les blessés au combat sont envoyées à l’étranger sous les ordres de Georgina Pope pour servir au sein du British Medical Staff Corps en tant qu’infirmières militaires. Au total, douze d’entre elles partent en Afrique du Sud en trois fois. Le troisième groupe, qui quitte le Canada en 1902, se voir accorder le grade relatif de lieutenant au sein des forces militaires britanniques en Afrique du Sud.

Bien qu’on les appelle en anglais « nursing sisters » (sœurs infirmières), elles ne sont pas toutes membres d’ordres religieux infirmiers.

Au vingtième siècle

Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), 2 845 infirmières militaires ayant un statut d’officier, membres du Service de santé de l’Armée canadienne (SSAC), servent au Canada, en Angleterre, en France, en Belgique, en Russie et dans les pays riverains de la Méditerranée. Surnommées « les oiseaux bleus » par des soldats reconnaissants en hommage à l’image qu’ils en ont lorsqu’elles apparaissent vêtues de leur robe bleue et de leur voile blanc, elles reçoivent de nombreux honneurs et se font une réputation enviable pour leur courage et leur compassion. Cinquante-trois d’entre elles meurent en service actif, victimes d’une attaque ennemie ou d’une maladie contractée en soignant leurs patients.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), des milliers d’infirmières se précipitent pour s’enrôler. À l’issue de la guerre, elles seront 4 480 infirmières militaires à avoir servi durant le conflit : 3 656 dans le Service de santé de l’Armée canadienne renommé Corps de santé Royal Canadien, 481 dans la branche des services de santé de l’Aviation royale canadienne et 343 dans les services de santé de la Marine royale canadienne. En service à l’étranger et au Canada, elles exercent dans plus d’une centaine d’unités médicales majeures et prodiguent des soins à des centaines de milliers de blessés : Canadiens, civils et militaires, et soldats étrangers.

Les infirmières militaires reçoivent, durant les deux guerres mondiales, des cours sur le droit militaire, la lecture des cartes et la sécurité, l’utilisation des gaz au combat, l’évacuation des victimes et la participation à des manœuvres militaires de grande ampleur. Elles exercent dans des environnements qui vont de tentes en toile avec des planchers en bois à des hôpitaux civils existants ou à des édifices transformés pour un usage hospitalier. Un groupe d’infirmières militaires est torpillé alors qu’il se trouve sur un navire transitant par l’Italie; deux d’entre elles (May Waters et Kay Christie) resteront vingt et un mois prisonnières de guerre à Hong Kong, les autres mourront, victimes d’accidents ou de maladies.

Soixante infirmières serviront également pendant la Guerre de Corée (1950-1953) dans le cadre des forces des Nations unies participant à ce conflit.


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