Ktunaxa (Kootenays)

Les Ktunaxa (Kootenay) sont un peuple autochtone ayant, traditionnellement, occupé des territoires dans le sud-est de la Colombie-Britannique, ainsi qu’en Alberta, en Idaho, au Montana et dans l’État de Washington. Le terme « Kootenay » est fort probablement une forme anglicisée d’un ancien mot ktunaxa.

Canot kootenay
Le canot kootenay-salish, dont les extrémités se prolongent sous l'eau, était conçu pour traverser les rapides des rivières du Sud de la Colombie-Britannique. (avec la permission de Lazare and Parker/National Wildlife Federation).

Population et territoire

Le territoire des Ktunaxa (connu sous l’appellation Qat’muk) s’étend sur environ 70 000 km2 près des rivières Kootenay et Columbia et des lacs Arrow, en Colombie-Britannique. Les Premières Nations avoisinantes incluent les Syilx (Okanagans) et les Nicola-Similkameens.

La population des Ktunaxa est répartie en deux groupes : les Upper Ktunaxa et les Lower Ktunaxa, qui occupent les régions à l’est et à l’ouest, respectivement, du plateau qui constitue leur territoire. La rivière Kootenay, dans le sud-est de la Colombie-Britannique, est le centre unificateur de la culture et du territoire traditionnel des Ktunaxa. Elle répond aussi à nombre de leurs besoins de subsistance. Les villages sont donc installés près du cours d’eau, qui représente aussi une voie de transport.

Dans le recensement de 2006, 935 personnes ont déclaré avoir des ancêtres ktunaxa. Les communautés suivantes composent la Nation Ktunaxa en Colombie-Britannique : la Première Nation ʔakisq̓nuk (Akisqnuk), les ʔakink̓umǂasnuqǂiʔit (la bande indienne de Tobacco Plains), les ʔaq̓am (la bande indienne de St. Mary) et les yaqan nuykiy (la bande indienne de Lower Kootenay). Les deux bandes situées aux États-Unis sont les Salish Kootenai confédérées (près d’Elmo, au Montana) et la tribu Kootenay d’Idaho (à Bonner’s Ferry).

La plupart des citoyens ktunaxa sont d’appartenance ethnique ktunaxa, mais la Nation comprend aussi des Secwepemc (Shuswap), connus sous l’appellation Kinbasket.

Vie avant le contact avec les Européens

Les différentes bandes d’Upper et de Lower Ktunaxa sont chacune bien adaptées à leur environnement naturel distinct. Les Upper Ktunaxa exploitent la grande abondance de gros gibier (chevreuils, caribous, wapitis, moutons des montagnes et chèvres), tandis que les Lower Ktunaxa dépendent plus du poisson et des autres ressources aquatiques. Les Upper Ktunaxa partent chaque année à la chasse au bison au-delà de la ligne de partage des eaux, probablement après avoir adopté le cheval comme moyen de transport. Cela multiplie les contacts avec les cultures des Plaines, ce qui explique l’apparence de traits de la culture des Plaines chez les Ktunaxa au début du 19e siècle.

Bien qu’on rapporte que les Ktunaxa habitent parfois des maisons semi-souterraines, les Lower Ktunaxa habitent généralement de longues huttes recouvertes de tapis, semblables à ceux de leurs voisins, les Salish de l’intérieur. Pendant l’été, des habitations temporaires en forme de cône, recouvertes de branches d’épinette et d’écorces de sapin, sont utilisées. Après avoir adopté le cheval comme moyen de transport, les Upper Ktunaxa remplacent les abris de broussailles avec le tipi recouvert de peaux. Le fait de déplacer leur lieu de résidence permet aux Ktunaxa d’exploiter diverses ressources économiques selon la saison. Les hommes pêchent, chassent et, au besoin, s’occupent des chevaux. En plus d’élever les enfants, les femmes sont responsables de la cueillette, de la préparation des aliments et des peaux, et de la couture des vêtements.

Société et culture

Le système d’alliance des Ktunaxa est bilatéral, mais ne comporte aucune lignée d’ascendance ni de clan. L’échange réciproque entre parents est le moyen principal par lequel on redistribue les biens économiques pour acquérir une protection et assurer le statut social. Quand les bandes des Ktunaxa habitent les villages hivernaux, chacune d’elles est sous la direction relativement informelle d’un homme respecté, choisi en raison de son succès dans l’accumulation de richesses et de sa générosité.

Avec l’adoption du cheval comme moyen de transport, certaines bandes dépendent de plus en plus du bison comme source d’alimentation, et de puissantes associations de gestionnaires apparaissent. L’une des associations principales, les « Crazy Dogs » (chiens fous), est composée de guerriers qui fonctionnent comme une sorte de police de la bande au campement et lors de la chasse au bison. Cette idée est vraisemblablement empruntée des cultures des Plaines. D’autres associations incluent la société féminine « Crazy-Owl » (hiboux fous), ainsi que les groupes chamanistes comme les sociétés du conjureur ou de la couverture.

Langue

La langue ktunaxa est un isolat linguistique, c’est-à-dire qu’on ne peut en démontrer la filiation avec d’autres langues vivantes, ce qui en fait une langue unique. Par contre, elle est menacée. Dans le recensement de 2016, seulement 100 personnes ont déclaré que le ktunaxa était leur langue maternelle. Alors que des politiques du gouvernement fédéral comme les pensionnats indiens ont servi à éroder sa langue maternelle, la Nation Ktunaxa favorise activement l’enseignement et la préservation de celle-ci. (Voir aussi Langues autochtones au Canada.)

Religion et spiritualité

Dans l’histoire orale des Ktunaxa, la Terre est décrite comme une île, entourée d’eau et surmontée du dôme du ciel. L’âme est le côté surnaturel de l’homme, mais les humains ont également de nombreux esprits personnels qui sont souvent associés aux rivières et aux cascades. Les esprits offrent leurs pouvoirs aux Ktunaxa, qui font appel à eux dans des quêtes de vision. De nos jours, les cérémonies principales sont la cérémonie du conjureur ou de la couverture, ainsi que celle de la suerie. D’autres rites incluent la danse du soleil et la danse du geai bleu, ainsi que les cérémonies du grizzli, d’appel du gibier et des premiers fruits.

Histoire coloniale

En 1807, l’explorateur David Thompson établit un poste de traite, Kootenae House, près de l’actuelle Invermere, en Colombie-Britannique. Avec l’augmentation du nombre de colons européens, vers la fin du 19e siècle, les Ktunaxa sont contraints d’habiter des territoires plus petits (voir aussi Réserves), gérés par le gouvernement fédéral en vertu de la Loi sur les Indiens. Pendant les 18e et 19e siècles, la population des Ktunaxa est décimée par des épidémies propagées par les Européens.

Vie contemporaine

Bon nombre de Ktunaxa gagnent leur vie comme travailleurs salariés. Certains travaillent dans des entreprises au sein des bandes autochtones. Les conseils des bandes travaillent pour améliorer les services de santé et d’éducation, et participent au mouvement qui vise à obtenir le règlement des revendications territoriales pour réapproprier leurs vastes territoires traditionnels. En 2018, le Conseil du traité des Ktunaxa-Kinbasket, qui représente la Nation Ktunaxa au Canada, en est à la quatrième étape d’un processus de traité à six étapes visant à offrir aux nations autochtones plus de pouvoir sur leurs affaires.


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