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Roi George II

George II, roi de Grande-Bretagne et d’Irlande et électeur de Hanovre de 1727 à 1760 (né le 10 novembre 1683 [30 octobre 1683, a.s.] à Hanovre, en Allemagne; décédé le 25 octobre 1760 à Londres, au Royaume-Uni). Il a été le dernier monarque britannique à commander directement ses soldats sur le champ de bataille. Il a augmenté la présence militaire britannique en Amérique du Nord, ce qui a contribué à la promotion de James Wolfe pendant la guerre de Sept Ans. Il a approuvé l’établissement d’un « gouvernement civil dans la province de Nouvelle-Écosse » ainsi que la construction de Halifax dans cette même province.

Roi George II

Jeunesse

Né George-Auguste, il est l’unique enfant de George-Louis, électeur de Hanovre et futur roi George 1er de Grande-Bretagne et d’Irlande (1660-1727), et de Sophie-Dorothée de Celle (1666-1726). En 1694, il a 11 ans et sa jeune sœur Sophie-Dorothée (1687-1757) en a 7 lorsque le mariage de ses parents est dissous. Le fait que ce soit interdit à sa mère de le revoir l’amène à s’éloigner de son père. En 1701, après le décès de la reine Anne, le parlement anglais déclare que la succession passera aux descendants protestants de Sophie de Hanovre, la grand-mère paternelle de George-Auguste et la petite-fille de Jacques 1er d’Angleterre. En 1706, George-Auguste reçoit les titres britanniques de duc de Cambridge, comte de Milford Haven, vicomte de Northallerton et baron de Tewkesbury.

Le saviez-vous?
À la naissance de George II, la Grande-Bretagne utilise encore le calendrier julien. En 1752, pendant son règne, le pays adopte le calendrier grégorien, soustrayant 11 jours de cette année pour harmoniser les deux systèmes. La majorité des sources fixent sa date de naissance au 10 novembre 1683 (n.s.), mais certaines utilisent celle enregistrée à l’époque, soit le 30 octobre 1683 (a.s.). Voir notre article sur les calendriers pour en apprendre davantage sur ce changement.


Mariage et enfants

Le 22 août 1705, George-Auguste épouse la princesse Caroline de Brandenburg-Ansbach. Ils ont huit enfants : Frédéric, prince de Galles (1707-1751), Anne, princesse royale et princesse d’Orange (1709-1759), princesse Amélie (1711-1786), princesse Caroline (1713-1757), prince George William (1717-1718), prince William Augustus, duc de Cumberland (1721-1765), princesse Marie (1723-1772) et princesse Louise (1724-1751).

Caroline est une femme cultivée et passionnée de littérature, de sciences et de philosophie. Elle exerce une grande influence sur la vie culturelle et politique durant les règnes de son beau-père, George 1er, et de son époux, George II. À la mort de son épouse en 1737, George II, dévasté, jure de ne jamais se remarier, déclarant qu’il aura plutôt des maîtresses.

Caroline de Brandenburg-Ansbach

Prince de Galles

En 1714, George 1er succède aux trônes de la Grande-Bretagne et de l’Irlande. George-Auguste, devenu prince de Galles, accompagne son père à Londres. Lui et Caroline laissent derrière eux leur fils aîné, Frédéric (alors âgé de seulement sept ans), pour représenter la famille à Hanovre.

Les relations entre le roi George 1er et son fils, le prince de Galles continuent de se détériorer. À la suite d’une dispute au moment du baptême du prince George William en 1717, le roi prend la garde de ses petits-enfants. Lorsque le jeune prince meurt peu de temps après, le prince de Galles en impute la responsabilité à son père. Le futur roi George II s’engage ensuite dans la politique partisane, invitant les opposants politiques de son père à se réunir à Leicester House, sa résidence londonienne.

Accession au trône

Le 22 juin 1727 (11 juin 1727, a.s.), le roi George 1er meurt lors d’un voyage à Hanovre. Son fils lui succède sous le nom de George II. Pour son couronnement à l’abbaye de Westminster, il commande quatre nouveaux hymnes au compositeur George Frideric Handel, dont « Zadok the Priest », repris pour les couronnements de la reine Elizabeth II et du roi Charles III. Dans un discours de clôture de sa première législature, George II reconnaît l’expansion de l’Empire britannique. Il souligne l’« amélioration du commerce et des échanges, qui ont considérablement augmenté notre richesse et notre pouvoir et nous ont donné ce respect et cette influence à l’étranger […] a tant contribué à la gloire et au bonheur de cette nation ».

Le saviez-vous?
La pointe Frederick et le fort Frederick en Ontario et le fort Frederick au Nouveau-Brunswick portent le nom du fils aîné de George II, Frédéric, prince de Galles. Le roi et la reine entretiennent une relation houleuse avec leur fils Frédéric, qui passe une grande partie de son enfance à Hanovre sans ses parents. Il meurt avant son père, en 1751. Son fils accède au trône en 1760 sous le nom de George III.


Guerre du roi George

Roi de la Grande-Bretagne et électeur de Hanovre, George II s’allie à l’Autriche contre la France et la Prusse lors de la guerre de la Succession d’Autriche (1740-1748). Cette guerre est connue sous le nom de « guerre du roi George » en Amérique du Nord. Lors de la bataille de Dettingen en 1743, George II devient le dernier monarque britannique à commander directement ses soldats sur le champ de bataille. En 1745, en Amérique du Nord, les troupes britanniques s’emparent de la forteresse de Louisbourg et détruisent ses murs. En vertu du traité d’Aix-la-Chapelle de 1748, la Grande-Bretagne est contrainte de rendre l’île Royale (aujourd’hui l’île du Cap-Breton) et l’île Saint-Jean (aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard) au roi de France Louis XV. En échange, la France lui cède Madras en Inde.

Roi George II

Nouvelle-Écosse

La récupération de Louisbourg par la France menace la sécurité du territoire britannique en Nouvelle-Écosse. Le 7 mars 1749, les lords commissaires du commerce et des plantations proposent au roi George II d’établir un « gouvernement civil dans la province de la Nouvelle-Écosse ». Un avis paru dans la London Gazette invite les anciens combattants de la guerre de la Succession d’Autriche, ainsi que les artisans qualifiés et leurs familles, à se joindre à l’expédition. En 1749, en Nouvelle-Écosse, le colonel Edward Cornwallis et quelque 2 500 colons fondent Halifax. La même année, George II émet une proclamation pour la construction de l’Église anglicane St. Paul. Cette église demeure aujourd’hui le plus vieux bâtiment d’Halifax et le plus ancien lieu de culte anglican existant au Canada. Trois régiments britanniques assurent la protection de la Nouvelle-Écosse. En 1754, George II appuie le détachement de deux autres régiments irlandais sous le commandement d’Edward Cornwallis. Le fort George, aussi appelé la citadelle d’Halifax, George Street, à Halifax, et l’île Georges, où les Acadiens sont détenus en vue de leur déportation entre 1755 et 1764, tirent leur nom de George II.

Québec

En 1756, George II, préoccupé par la sécurité de Hanovre, s’allie avec son neveu Frédéric le Grand de Prusse pour combattre l’Autriche et la France dans le cadre de la guerre de Sept Ans (1756-1763). Ce conflit fait partie des guerres contre les Français et les Indiens en Amérique du Nord. George II est impressionné par les exploits de James Wolfe en tant qu’officier lors de la prise de Louisbourg en 1758. Il soutient donc sa nomination au grade de brigadier-général en Amérique du Nord, malgré les objections du premier ministre, le duc de Newcastle, qui considère Wolfe comme étant trop impulsif et trop subalterne pour commander l’invasion de Québec. Lorsque le duc proteste : « Cet homme est fou, Votre Majesté », George II répond : « Oh! Il est fou, n’est-ce pas? Alors, j’aimerais qu’il morde un autre de mes généraux. »

Le roi vit assez longtemps pour apprendre la victoire et la mort de Wolfe à la bataille des plaines d’Abraham, ainsi que de la chute de Québec aux mains des forces britanniques en 1759. Il fait également ériger un monument à Wolfe dans l’abbaye de Westminster, qui est achevé en 1772. George II meurt d’une dissection aortique en 1760. Il s’agit du premier cas de cette affection diagnostiqué avec précision. Son fils aîné, Frédéric, étant décédé avant lui, son petit-fils, qui devient le roi George III, lui succède.