Karsh, Yousuf

En 1932, Karsh déménage à Ottawa où il installe son studio près de la Colline du Parlement afin de photographier ce qu'il appelle « les gens importants ».

Montage photo par Karsh
Montage photo réalisé par Yousuf Karsh, Ottawa, le 28 septembre 1960 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-123864).
Jeanne Sauvé, gouverneur général du Canada
Jeanne Sauvé, première femme à devenir gouverneur général du Canada, photographie de Yousuf Karsh (tous droits réservés Karsh/Miller Comstock).
Karsh, Yousuf

Karsh, Yousuf

Yousuf Karsh, photographe (Mardin, Turquie arménienne, 23 déc. 1908). En 1924, Karsh immigre au Canada comme réfugié arménien. Il vit et étudie avec son oncle George Nakashian, un photographe portraitiste, à Sherbrooke, au Québec, avant de faire son apprentissage à Boston avec le célèbre portraitiste John H. Garo, de 1928 à 1931. Un contraste étudié entre l'ombre et la lumière, grande caractéristique des images de Karsh, émane de son travail avec Garo.

En 1932, Karsh déménage à Ottawa où il installe son studio près de la Colline du Parlement afin de photographier ce qu'il appelle « les gens importants ». Dans son autobiographie intitulée In Search of Greatness: Reflections of Yousuf Karsh (1962), il explique ses intentions de portraitiste : atteindre « l'essence de la personne extraordinaire ».

Les portraits de Karsh finissent par représenter les images officielles des plus grandes personnalités politiques, scientifiques et culturelles du XXe siècle. Ses portraits sont exposés dans les galeries publiques et sont largement diffusés dans les magazines. Par exemple, le portrait de Winston Churchill réalisé par Karsh en 1941, qui paraît sur la couverture du magazine Life, devient le portrait officiel définitif de la figure de Churchill.

Yousuf Karsh établit ainsi sa propre réputation internationale grâce à cette image. Les autres portraits de Karsh bien connus sont ceux de Georgia O'Keeffe, de W. Somerset Maugham, de Martha Graham, d'Ernest Hemingway, de Charles de Gaulle, de Peter Lorre, de Grey Owl, d'Albert Einstein, de Robert Borden, de Yuri Gagarin, de John F. Kennedy, de Martin Luther King et de Marshall McLuhan.

Yousuf Karsh publie aussi de nombreux livres portfolios de ses portraits dans l'espoir qu'une présentation collective donne aux images un impact visuel qu'un portrait seul ne peut produire. Le premier de cette série s'intitule Faces of Destiny (1946). Dans chaque série, les portraits sont accompagnés de textes écrits par Karsh relatant sa rencontre avec le modèle.

En 1987, les Archives nationales du Canada achètent la collection complète des négatifs, des épreuves et des diapositives exécutées et conservées par Karsh de 1933 à 1987. Par ailleurs, Karsh offre près d'une centaine de photographies au Musée des beaux-arts du Canada qui organise, en 1960, sa première exposition solo dans une galerie publique. En 1989, pour célébrer les 150 ans de la photographie, ces deux institutions organisent conjointement une rétrospective de la carrière de Karsh portraitiste.

Yousuf Karsh ferme son studio d'Ottawa en juin 1992, à l'âge de 83 ans. La même année, il publie Karsh, les légendes américaines, 73 portraits d'hommes et de femmes célèbres dans leur maison. Leonard Bernstein, Bill et Hillary Clinton et Norman Schwarzkopf en font partie. Le livre est complété par une exposition itinérante organisée par l'International Center of Photography de New York.

En 1965, Karsh est récompensé de la médaille du Conseil des arts du Canada, et, en 1968, on lui décerne la médaille pour services éminents de l'Ordre du Canada. Il est élevé au rang de compagnon de l'Ordre du Canada en 1990.


Lecture supplémentaire

  • Maria Tippett, Portrait in Light and Shadow: The Life of Yousuf Karsh (2008); James Borcoman, Karsh: The Art of the Portrait (1989); Y. Karsh, Karsh: A Fifty-Year Retrospective (1983) and In Search of Greatness: An Autobiography (1962).