Pandémie de COVID-19 au Canada

La COVID-19 est un syndrome respiratoire aigu sévère provoqué par un nouveau type de coronavirus, le SRAS-CoV-2, qui a fait son apparition en 2019. Responsable des premiers cas de la maladie en Chine, ce virus s’est propagé rapidement dans le monde entier. Au début de mars 2022, la pandémie de COVID-19 a engendré plus de 434 millions de cas confirmés et plus de 5,9 millions de décès dans le monde, dont plus de 3,2 millions de cas et 36 000 décès au Canada. Il s’agit de l’une des pandémies les plus mortelles de l’histoire de l’humanité, ainsi que de l’une des plus perturbatrices et transformatrices à bien des égards, particulièrement sur le plan économique et social.

La COVID-19 est un syndrome respiratoire aigu sévère provoqué par un nouveau type de coronavirus, le SRAS-CoV-2, qui a fait son apparition en 2019. Responsable des premiers cas de la maladie en Chine, ce virus s’est propagé rapidement dans le monde entier. Au début de mars 2022, la pandémie de COVID-19 a engendré plus de 434 millions de cas confirmés et plus de 5,9 millions de décès dans le monde, dont plus de 3,2 millions de cas et 36 000 décès au Canada. Il s’agit de l’une des pandémies les plus mortelles de l’histoire de l’humanité, ainsi que de l’une des plus perturbatrices et transformatrices à bien des égards, particulièrement sur le plan économique et social.


SRAS-CoV-2

Qu’est-ce que la COVID-19?

En décembre 2019, un nouveau type de coronavirus fait peu à peu son apparition en Chine. Il provient fort probablement d’animaux, en particulier de chauves-souris qui le transmettent à d’autres animaux et à des êtres humains, pour se transmettre ensuite d’humain à humain, aucun sujet concerné n’y étant immunisé. Le 31 décembre 2019, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est officiellement informée de l’existence d’une première concentration de cas de syndrome respiratoire aigu sévère à Wuhan, en Chine, une affection ensuite connue sous le nom de « maladie à coronavirus 2019 » ou COVID-19. Début janvier 2020, ce virus causal est identifié sous le nom de « syndrome respiratoire aigu sévère Coronavirus 2 » ou SRAS-CoV-2.

Les coronavirus constituent un groupe de virus qui provoquent des maladies, généralement des infections des voies respiratoires, chez les mammifères et les oiseaux. Chez l’être humain, la sévérité de la maladie varie; elle peut être bénigne, comme un simple rhume, ou mortelle, comme dans le cas de la première épidémie de SRAS, en 2003, de celle du SRMO (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), depuis 2012, et de celle de la COVID-19. Les coronavirus se distinguent par la frange d’importantes projections de surface du virion central (la partie principale de la particule virale) qui ressemble à la couronne solaire (la partie la plus externe de l’atmosphère du Soleil). Chez les individus atteints de la COVID-19, la mort peut survenir entre 6 et 41 jours après l’apparition des symptômes, mais elle se produit généralement au bout d’environ 14 jours. Des taux de mortalité plus élevés sont généralement liés à l’âge et à divers problèmes de santé sous-jacents.

Quel est le point d’origine de la COVID-19?

Les premiers cas humains de COVID-19 apparaissent en Chine en décembre 2019 et touchent principalement les personnes ayant visité le marché de gros de fruits de mer Huanan de la ville de Wuhan. Certains cas survenus antérieurement ne sont cependant pas liés à ce marché. On ignore la proportion exacte entre les individus infectés par un animal et ceux infectés par une autre personne.

Des questions sont soulevées quant à la possibilité que ce récent (nouveau) type de coronavirus ait été génétiquement modifié et, d’une façon ou d’une autre, qu’il se soit propagé depuis l’Institut de virologie de Wuhan (WIV), de l’Académie chinoise des sciences. En se fondant sur l’expérience des années précédentes relative au SRAS et sur les études approfondies portant sur les coronavirus présents chez les animaux de Chine et d’ailleurs, on réalise des études continues sur les coronavirus dans les laboratoires du WIV.

Le consensus scientifique est toutefois que ce nouveau type de virus, responsable de la COVID-19, trouve son origine et évolue naturellement dans le monde animal. Lors de sa transmission entre animaux, ce virus mute en une souche capable d’infecter l’être humain et de déclencher la maladie. Plus important encore, il peut se transmettre entre sujets humains. C’est ainsi que d’autres infections virales, comme la grippe, le VIH, le virus Ebola et le SRAS évoluent et se propagent de façon naturelle des animaux aux êtres humains, puis entre êtres humains. Cependant, des éléments probants indirects, auxquels s’ajoute le contexte politique dans lequel s’inscrit la Chine, alimentent les soupçons à l’égard de ce qui a pu se passer au sein des laboratoires du WIV.

Propagation initiale de la COVID-19

Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises identifient publiquement ce nouveau virus et, le 12 janvier, en présentent la séquence génétique. L’OMS le nomme initialement « nouveau coronavirus 2019 », puis le rebaptise définitivement « SRAS-CoV-2 ». Le premier décès connu est signalé le 11 janvier et, à partir du 21 janvier, la transmission interhumaine est confirmée. Ce même jour, les États-Unis confirment leur premier cas de la maladie. Le 23 janvier, le gouvernement chinois prend des mesures sévères et sans précédent en ordonnant le confinement de la ville de Wuhan.

Fin janvier, la propagation du virus s’étend à d’autres provinces chinoises, ainsi qu’à l’Italie; les deux premiers cas enregistrés en Italie concernent des touristes venus de Chine. Au Canada, le premier cas confirmé est signalé le 25 janvier. Le 30 janvier, l’OMS déclare que ce nouveau coronavirus constitue une « urgence de santé publique de portée internationale ». Étant donné le « potentiel pandémique », on recommande fortement aux travailleurs de la santé le port d’équipement de protection individuelle (ÉPI), et le test de dépistage du virus devient indispensable.

Le 11 mars, l’OMS déclare officiellement que la pandémie est mondiale et que l’Europe en constitue l’épicentre actif. Le 19 mars, le nombre de décès (3 405) en Italie dépasse celui de la Chine. Le 26 mars, les États-Unis deviennent le pays qui enregistre le nombre le plus élevé de cas confirmés (82 404 cas et plus de 1 000 décès). La ville de New York est au début durement touchée (elle franchit la barre des 1 000 morts le 31 mars,), et la plupart des premiers cas sont liés à des voyageurs venus d’Europe.

Comment la COVID-19 se propage-t-elle?

Le modèle initial qui permet de comprendre le SRAS-CoV-2 se fonde sur la façon dont la première épidémie de SRAS se propage en 2003, au Canada et plus particulièrement à Toronto. Dans le cas du SRAS, le virus est le plus infectieux lorsque les sujets infectés sont gravement malades, soit environ deux semaines après l’exposition au virus. En effet, début janvier 2020, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, considère que l’éclosion de ce nouveau virus respiratoire peut constituer un autre SRAS. Estimant que les travailleurs de la santé ne sont pas touchés par ce virus, comme dans le cas du SRAS, la Dre Theresa Tam est initialement peu préoccupée par la situation. On se rend toutefois rapidement compte que la COVID-19 est transmissible en début d’infection, souvent avant l’apparition de symptômes distinctifs.

Ce virus se transmet par le biais de gouttelettes infectées émises en toussant, en parlant ou en chantant. Début février 2020, ce phénomène est clairement établi, particulièrement lorsque plusieurs navires de croisière sont mis en quarantaine durant des périodes prolongées après l’éclosion et la propagation rapide de la COVID-19 parmi les passagers et les membres d’équipage. Le 4 février, le navire de croisière Diamond Princess est mis en quarantaine durant pratiquement un mois, période durant laquelle on enregistre plus de 700 cas et 14 décès. Cette éclosion, ainsi que d’autres semblables, met en lumière la gravité du virus, particulièrement dans les endroits bondés et semi-fermés.

Au début de la pandémie, on s’inquiète du fait que le virus puisse être transmis indirectement par le biais de gouttelettes présentes sur diverses surfaces. Il devient toutefois rapidement évident que le virus ne peut survivre suffisamment longtemps sur les surfaces pour être infectieux. Les principaux moyens destinés à prévenir la transmission se concentrent bientôt sur la distance physique ou sociale, ainsi que sur l’utilisation de masques ou de couvre-visage conçus pour réduire la transmission de gouttelettes et de particules aériennes d’une personne potentiellement infectée à une autre.

Pandémie mondiale de COVID-19

Le 11 mars, L’OMS déclare officiellement que la pandémie est mondiale. Cette déclaration fait suite à une série d’évolutions alarmantes, dont l’imposition, le 9 mars, d’un confinement à l’échelle nationale en Italie. Le 11 mars, la National Basketball Association interrompt sa saison à la suite de la confirmation d’un cas de COVID-19. S’ensuivent la suspension d’autres ligues professionnelles de sport et la fermeture de Broadway, à New York, le 12 mars. Le jour suivant, les États-Unis déclarent une situation d’urgence nationale; toutes les provinces canadiennes leur emboîtent le pas peu après en annonçant un état d’urgence. Cela entraîne divers niveaux de fermeture d’écoles et de garderies, l’interdiction de rassemblements, la fermeture d’entreprises non essentielles, des restrictions à la frontière canado-américaine, ainsi que l’obligation d’auto-isolement des voyageurs. L’Europe reste l’épicentre mondial de la pandémie à partir du 13 mars, pour être ensuite rattrapée par l’Amérique du Sud le 22 mai.

À partir du 28 avril, plus de la moitié de la population de la planète, soit quelque 4,2 milliards de personnes, se retrouve sous une quelconque forme de confinement; ce sont là des circonstances sans précédent, partagées par le monde entier. L’étendue, la sévérité et la durée des mesures de santé publique, ainsi que le calendrier des confinements, façonnent le cours et la gravité de la pandémie. Les dirigeants politiques constituent un facteur critique de l’incidence de la pandémie, particulièrement avant l’arrivée des vaccins contre la COVID-19. Le président des États-Unis, Donald Trump, et le président du Brésil, Jair Bolsonaro, qui tous deux minimisent la gravité de la pandémie et remettent en question la nécessité de mesures rigoureuses en matière de santé publique pour la maîtriser, figurent parmi les exemples les plus frappants. Cette situation alimente, de façon grandissante, une politisation de la pandémie qui crée des divisions dans de nombreux pays.

La COVID-19 au Canada

La pandémie de COVID-19 touche de près la population, du moins de façon symbolique, lorsque Sophie Grégoire Trudeau, épouse du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, reçoit un résultat de dépistage du virus positif le 12 mars 2020. Cela force la mise en quarantaine de la première famille et oblige le premier ministre du Canada à gérer la crise, qui s’intensifie sans cesse, depuis sa résidence. Le 15 mars, on enregistre 317 cas de COVID-19 au Canada, dont un décès; le 23 avril, 42 110 cas et 2 147 décès sont signalés, dont la majorité concerne les résidents d’établissements de soins prolongés.

Vagues de la pandémie

Début février 2022, on dénombre au total cinq vagues de la pandémie qui sont survenues au Canada. La première vague atteint son apogée le 30 mai 2020, puis son incidence diminue jusqu’à la fin de l’été. La deuxième vague commence à se manifester au milieu du mois de juillet 2020; le 23 septembre, les restrictions et les confinements régionaux sont de nouveau imposés, et de plus importants programmes d’aide économique sont mis en place. Cette deuxième vague atteint son apogée au milieu de janvier 2021, puis s’estompe. À la mi-mars, une troisième vague survient et atteint son apogée à la mi-avril, ce qui nécessite d’imposer de nouveau les restrictions de santé publique précédemment assouplies, particulièrement en Alberta.

Une quatrième vague débute à l’été 2021, ce qui mène au renouvellement des restrictions; cette situation est décrite comme la « pandémie des personnes non vaccinées ». Cette quatrième vague atteint son apogée le 26 septembre. Début novembre, peu après la diminution du nombre de cas, une cinquième vague survient rapidement, sous l’impulsion d’un variant appelé « Omicron », beaucoup plus infectieux mais moins virulent. L’infectiosité de ce variant dépasse rapidement la capacité de dépistage des laboratoires. Cette cinquième vague semble atteindre son apogée en mars 2022.

Variants

Au cours de la deuxième vague, la pandémie gagne en complexité en raison de l’émergence et de la propagation rapide d’un « variant préoccupant » appelé « Alpha ». Il apparaît initialement en septembre 2020 au Royaume-Uni et commence à se propager au Canada, où il engendre plus de 268 000 cas. Un deuxième « variant préoccupant », plus tard baptisé « Bêta », fait d’abord son apparition en Afrique du Sud en mai 2020, puis commence à se propager au Canada début janvier 2021, engendrant plus de 2 400 cas. Un autre variant, connu sous le nom de « Gamma », fait son apparition au Brésil en novembre 2020, commence à se manifester au Canada en février et finit par engendrer près de 21 000 cas au pays. Plus important encore, le variant « Delta » est d’abord découvert en Inde en octobre 2020. Il commence à se propager rapidement au Canada en avril 2021, remplaçant rapidement les variants précédents et engendrant près de 211 000 cas. Le variant Omicron, plus infectieux, prend rapidement la place du variant Delta.

Panneau de signalisation routière au sujet de la COVID-19

Intervention en santé publique et réponse gouvernementale

Tout au long de la pandémie, les gouvernements fédéral, provinciaux et locaux imposent une série de mesures de santé publique sous forme de restrictions et de confinements, ainsi que diverses exigences en matière de vaccination destinées à endiguer la propagation du virus et à réduire les pressions écrasantes souvent exercées sur les hôpitaux et le système de santé.

Les gouvernements fédéral et provinciaux fournissent un ensemble de bouées de sauvetage financières aux entreprises et aux individus, dont le soutien au revenu, les prestations maladie, des subventions salariales et autres, ainsi que des prêts. La plus importante d’entre elles est la Prestation canadienne d’urgence (PCU), mise en œuvre début avril 2020. Ce programme fédéral prévoit le versement de 2 000 $ par période de quatre semaines (pour une durée maximale de 16 semaines) à ceux qui cessent de travailler et n’ont pas de revenus d’emploi en raison de la COVID-19, c’est-à-dire les personnes qui perdent leur emploi, sont malades, en quarantaine ou qui prennent soin d’une personne atteinte de la COVID-19.

Toutefois, alors que la pandémie se poursuit, de telles aides n’empêchent pas les importantes répercussions sociales et économiques induites par la série de confinements en intermittence. Si les secteurs des soins de santé et des soins de longue durée éprouvent des difficultés à trouver des travailleurs, on enregistre des pertes d’emploi importantes dans les secteurs de la culture, du tourisme et de l’hôtellerie. Les confinements et l’isolement social engendrent également un nombre plus important de problèmes de santé mentale et l’augmentation de la consommation d’opioïdes au sein de la population canadienne.

Vaccins contre la COVID-19

Habituellement, de 10 à 15 années sont nécessaires à la conception, à la mise à l’essai, à l’homologation et, enfin, à l’administration d’un vaccin. Cependant, en raison de la situation d’urgence que présente la pandémie, un processus d’étapes parallèles est élaboré. La diffusion publique de la séquence génétique du SRAS-CoV-2 le 12 janvier 2020 déclenche, à un niveau sans précédent, des mesures de financement public et de collaboration avec des établissements pharmaceutiques, des laboratoires de recherche universitaires et des organisations internationales de santé en vue de la mise au point d’un vaccin.

Le premier vaccin à être autorisé est le vaccin à ARN messager produit par Pfizer-BioNTech. En 2020, il est homologué pour une utilisation d’urgence au Royaume-Uni le 2 décembre, au Canada le 9 décembre et aux États-Unis le 10 décembre. Au Canada, les premiers vaccins sont administrés le 14 décembre aux résidents de centres de soins de longue durée et aux intervenants de première ligne. Le 23 décembre, le Canada autorise un deuxième vaccin à ARN messager produit par Moderna; un troisième, un vaccin à vecteur viral produit par Oxford-AstraZeneca, est autorisé au Canada le 26 février 2021. Fin février 2022, près de 85 % de la population canadienne a reçu au moins une dose de vaccin; chez les sujets de 12 ans ou plus, cette proportion est de 91,6 %. De la totalité de la population canadienne, 80 % est entièrement vaccinée; chez les sujets de 12 ans ou plus, cette proportion est de presque 90 %. Un faible pourcentage de la population canadienne manifeste toutefois de l’hésitation ou de l’opposition à l’égard de la vaccination et des exigences en matière de vaccination.

Importance

La pandémie de COVID-19 touche tout le monde, de façon directe ou indirecte. Elle a une incidence dévastatrice et transformatrice à bien des égards, engendre des maladies et des décès au sein des familles et, dans de nombreux cas, laisse un héritage débilitant de « COVID longue ». Elle exerce des pressions sans précédent sur les systèmes de santé et leurs travailleurs. Cette pandémie cause également des dommages aux moyens de subsistance ou les réduit à néant, en plus de déplacer la réalisation du travail du bureau à la maison. Elle perturbe aussi le milieu éducatif, exacerbe les inégalités sociales et économiques, et alimente la polarisation politique. De façon générale, elle modifie irrévocablement notre « monde d’avant », comme on qualifie souvent la période prépandémique.

Il existe plusieurs vaccins efficaces et, dans de nombreux pays, dont le Canada, le taux d’adhésion des personnes de 12 ans et plus frôle les 90 %. Les personnes non vaccinées courent toutefois d’importants risques continus d’hospitalisation et de décès, en dépit de nouveaux traitements, d’interventions médicales et de soins infirmiers héroïques. En outre, à l’échelle mondiale, la plupart des pays demeurent largement à la traîne sur le plan de l’adhésion à la vaccination pour des raisons nombreuses et complexes, ce qui permet à la pandémie et à ses effets mortels potentiels de perdurer. Des niveaux élevés soutenus de transmission du virus peuvent alimenter l’évolution, l’émergence et la propagation mondiale de variants viraux du SRAS-CoV-2 potentiellement plus dangereux. Malheureusement, après plus de deux ans, la pandémie de COVID-19 ne semble pas avoir encore dit son dernier mot.