Gregor Robertson

Gregor Robertson, politicien, homme d’affaires, député provincial, maire de Vancouver de 2008 à 2018 (né le 18 septembre 1964 à North Vancouver, en Colombie-Britannique). Il est le 39e maire de Vancouver pendant dix ans, soit le plus long mandat consécutif dans l’histoire de la ville : il est élu trois fois, en 2008, en 2011 et en 2014. Sous sa gouverne, il contribue à créer et à implanter le plan d’action pour faire de Vancouver la ville la plus verte du monde d’ici 2020. Ce plan d’action rencontre plusieurs obstacles, dont l’augmentation du prix du logement, l’itinérance et la crise des opioïdes qui sévit à Vancouver.



Gregor Robertson

Gregor Robertson, alors maire de Vancouver, en compagnie d’une cycliste sur la rue Burrard, à Vancouver (13 juillet 2009). 

(photo prise par Ariane Colenbrander/Wikimédia, CC)

Enfance

Gregor Angus Bethune Robertson, fils de John et Corneil Robertson, naît le 18 septembre 1964 à North Vancouver. Suite au divorce de ses parents, Gregor vit avec sa mère, une enseignante, à Portola, en Californie, puis plus tard à Vancouver avec son père qui est avocat en droit des affaires pour la firme Russell Dumoulin.

Formation

Gregor Robertson décroche son diplôme d’études secondaires du Carson Graham Secondary School à North Vancouver en 1982 puis s’inscrit à l’Université de la Colombie-Britannique. Il passe ensuite au Colorado College où il étudie l’anglais et la biologie. Il obtient son diplôme en 1986. C’est au Colorado College que Gregor rencontre sa future femme, Amy. Il envisage d’abord de faire carrière en médecine, mais se découvre une passion pour la nutrition et l’agriculture. En 1988, lui et sa femme entreprennent un voyage de quatorze mois : ils traversent l’océan Pacifique pour atteindre la Nouvelle-Zélande à bord d’un voilier de 18 m. Arrivés en Nouvelle-Zélande, ils travaillent comme agriculteurs.

Début de carrière

En 1990, le couple revient au Canada et achète une ferme laitière à Langley, en Colombie-Britannique. Gregor exploite une ferme biologique avec sa femme et en 1994, il cofonde une compagnie de jus organique, Happy Planet, avec son ami Randal Ius. En 2005, Gregor cesse ses activités quotidiennes au sein de Happy Planet; il conserve néanmoins ses parts dans la compagnie jusqu’en 2013. Entre 2002 et 2004, il agit à titre de directeur de Tides Canada, une œuvre de bienfaisance nationale à vocation environnementale qui s’affaire à régler les principaux problèmes sociaux et environnementaux.

Carrière politique

En 2005, Gregor Robertson devient député provincial sous la bannière du NPD dans la circonscription de Vancouver-Fairview. Durant son mandat, il copréside le groupe de travail sur les changements climatiques et agit à titre de porte-parole de l’opposition en matière de petites entreprises. Entre 2005 et 2008, il soutient les petites entreprises durant la construction de la voie de transport rapide Canada Line qui fait partie du SkyTrain de Vancouver, un système de transport sur rail reliant Vancouver à Richmond, qui possède également une ligne desservant l’aéroport international de Vancouver.

Maire de Vancouver

En juin 2008, Gregor Robertson quitte son poste de député provincial lorsqu’il est retenu comme candidat au poste de maire sous la bannière de Vision Vancouver, un parti municipal vert qui se concentre sur l’environnement et le logement abordable. Durant sa campagne électorale, il promet de faire de Vancouver la ville la plus verte du monde et de mettre fin à l’itinérance d’ici 2015. Le 16 novembre 2008, il remporte sa première élection municipale contre son principal rival, Peter Ladner, candidat du Non-Partisan Association. Durant sa décennie à la tête de la ville, Gregor Robertson compte plusieurs réussites même s’il fait face à plusieurs défis considérables.

Plan d’action pour la ville la plus verte du monde d’ici 2020

Conformément à l’engagement de Vision Vancouver en matière de protection de l’environnement, Gregor Robertson devient, en 2009, le coprésident du groupe d’action pour faire de Vancouver la ville la plus verte du monde. Il joue un rôle majeur dans la création et l’implantation du plan d’action pour faire de Vancouver la ville la plus verte du monde d’ici 2020. L’ambitieux plan expose l’objectif de Vancouver et identifie les dix objectifs suivants :

  1. Développer une économie verte en doublant le nombre d’emplois verts entre 2010 et 2020
  2. Réduire la dépendance aux combustibles fossiles
  3. Devenir chef de file international dans la conception d’immeubles verts; à compter de 2020, tous les immeubles construits doivent respecter la politique de neutralité carbone
  4. Réduire la dépendance aux voitures
  5. Atteindre l’objectif zéro déchet
  6. Augmenter l’accès aux espaces verts, ce qui inclut planter de nouveaux arbres et créer plus d’espaces verts
  7. Réduire l’empreinte écologique
  8. Offrir de l’eau potable et réduire la consommation d’eau
  9. Offrir de l’air pur
  10. Devenir un chef de file mondial en systèmes alimentaires urbains

Certaines initiatives vertes du maire Robertson suscitent la controverse. À titre de président du Conseil des maires sur le transport régional, Gregor Robertson appuie l’amélioration des infrastructures cyclistes et de transport urbain. Il défend aussi l’agrandissement du réseau de pistes cyclables partout dans la ville. D’abord controversées, les voies cyclables gagnent en popularité : entre 2006 et 2016, le cyclisme connaît une croissance de 85 %. Au terme de son mandat de maire, il affirme que Vancouver est la meilleure ville en Amérique du Nord où faire du vélo. Gregor Robertson contribue également à obtenir 2,83 milliards de dollars auprès de tous les paliers de gouvernement pour agrandir le réseau de métro du système SkyTrain. La construction commencera en 2020.

Dans le cadre de la stratégie de ville verte, le maire Robertson et son conseil votent, en 2016, pour l’élimination du gaz naturel, misant sur une réduction de 70 % d’ici 2020 et de 90 % d’ici 2050. Le gaz naturel, utilisé pour le chauffage et la cuisson, ne sera plus utilisé dans les nouvelles constructions. Les vieux bâtiments devront se tourner vers des sources d’énergie renouvelable comme le biocarburant et l’électricité. La décision suscite la controverse : les critiques affirment que les familles et les propriétaires de petites entreprises ne devraient pas assumer seuls la totalité des coûts de réaménagement des électroménagers et des fournaises au gaz naturel.

Pour accroître l’espace vert urbain, la Ville de Vancouver acquiert en 2016 le corridor ferroviaire Arbutus du chemin de fer du Canadien Pacifique pour le transformer en voie verte. Les nombreuses initiatives vertes du maire Robertson font de Vancouver la troisième ville la plus verte du monde selon le Global Green Economy Index.

Crise des opioïdes

Durant le mandat de maire de Gregor Robertson, Vancouver devient un chef de file en s’attaquant à la crise grandissante des opioïdes. En avril 2016, l’administrateur de la santé de la Colombie-Britannique déclare l’état d’urgence en santé publique en raison de cette crise. Comme le nombre de victimes de surdoses de fentanyl s’accroît, le maire Robertson et le conseil de ville répondent en modifiant la politique antidrogue. Dans le Downtown Eastside, de nouvelles piqueries sûres et supervisées sont ouvertes. Dans les ruelles, on améliore l’éclairage et on réduit les limites de vitesse afin d’améliorer la sécurité des consommateurs de drogue.

Durant la même période, le nombre de boutiques illégales vendant du cannabis s’accroît à Vancouver. En 2016, la ville entreprend d’autoriser et d’imposer l’ouverture de boutiques vendant du cannabis à des fins médicales, offrant des permis à certaines boutiques et fermant celles qui ne se conforment pas aux règlements municipaux (voir aussi Légalisation du cannabis au Canada).

Logement abordable et itinérance

Entre 2008 et 2018, le secteur immobilier de Vancouver demeure en crise. Il est de plus en plus difficile de devenir propriétaire, car durant cette période, le prix des maisons a plus que doublé. Pour régler ce problème, Gregor Robertson encourage l’augmentation de la densité des habitations. Il approuve les changements de règlements sur la construction de maisons de ruelle et la révision du zonage d’importantes parties de la ville afin de permettre la construction de duplex, des maisons isolées avec deux entrées distinctes qui comprennent deux appartements. Le maire Robertson essuie également des critiques : on juge qu’il favorise les développeurs immobiliers étrangers, mais il affirme que la ville n’a aucun contrôle sur les investissements immobiliers et extraterritoriaux. Selon lui, l’aggravation de la crise immobilière de Vancouver est imputable à l’absence de contrôle des gouvernements provincial et fédéral sur les investissements étrangers ainsi qu’à leur financement insuffisant pour le logement abordable. En 2018, Vancouver demeure la ville ayant le marché immobilier le moins abordable au Canada.

Malgré la promesse de Gregor Robertson de mettre fin à l’itinérance, la crise s’aggrave. Durant sa première campagne aux élections municipales, en 2008, on compte 1 536 itinérants à Vancouver. Le maire mise sur un accroissement des logements sociaux et des refuges temporaires, offrant davantage d’espaces couverts pour les sans-abris. Pourtant, au terme de son dernier mandat de maire, en 2018, le nombre d’itinérants est de 2 181. L’opinion du public quant à la façon dont le maire Robertson a géré la question complexe du logement est mitigée. Dans un sondage réalisé en 2018 par la firme Research Co., 53 % des Vancouvérois jugent que le gouvernement municipal de Gregor Robertson a très mal géré la question du logement.

Croissance durable

Malgré des obstacles de taille, Gregor Robertson aide Vancouver à atteindre une croissance durable durant ses années au pouvoir. En 2011, il met en place la première édition de la Stratégie d’action économique de Vancouver. Une augmentation du nombre d’emplois verts et la croissance de l’industrie du cinéma et de la télévision stimulent le développement économique de Vancouver : la ville tire avantage d’un accroissement du travail local et des profits générés par les permis nécessaires pour tourner dans les rues. Les critiques avancent qu’un accroissement des dépenses municipales a mené à une augmentation des taxes et des prix des loyers, obligeant certaines petites entreprises à fermer. En 2016, Vancouver est cependant nommée la ville ayant la croissance la plus durable en Amérique du Nord en raison de sa stabilité sociale, environnementale et économique (Arcadis Sustainable Cities Index). L’année suivante, la ville se place au troisième rang. Au moment de tirer sa révérence en 2018, Gregor Robertson déclare fièrement que Vancouver possède l’économie la plus vigoureuse du Canada.

Quand le maire Robertson annonce en 2018 qu’il ne se présentera pas pour un quatrième mandat, le parti Vision Vancouver décline. Aux élections municipales de 2018, Vision Vancouver ne présente pas de candidat à la mairie et le candidat indépendant Kennedy Stewart est élu maire. Aucun des quatre candidats qui se présentent comme conseillers sous la bannière de Vision Vancouver n’est élu.

Gregor Robertson

Gregor Robertson, alors maire de Vancouver, envoie la main et marche dans le cadre du défilé de la fierté gaie, le 31 juillet 2011.

(© Howesjwe/Dreamstime)

Vie personnelle

Gregor Robertson est un parent éloigné de Norman Bethune, un chirurgien canadien élevé au rang de héros dans la République populaire de Chine pour avoir soigné des soldats chinois dans les années 1930. Gregor parle le cantonais et en 2012, il lance son propre compte sur Sina Weibo, un site de microblogage en langue chinoise. Il a quatre enfants, dont un fils adoptif qui s’appelle Jinagh Navas-Rivas, avec sa femme Amy dont il s’est séparé en 2014. Parmi ses loisirs, on compte le cyclisme, et le tuba; il a même joué de cet instrument sur l’album country punk Silverado du groupe Slim Milkie, paru en 2010.