Mouvements écologistes

Les mouvements écologistes visent à protéger le monde naturel et à promouvoir un mode de vie durable.

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Lac O'Hara, enclavé dans des vallées sculptées par les glaciers dans le parc national Yoho, en Colombie-Britannique (avec la permission d'Environnement Canada).
Grey Owl
Le conservationiste Grey Owl se présente comme le fils d'une Apache et d'un Écossais. Il est en réalité un Anglais de naissance qui consacre la majeure partie de sa vie à la défense de l'environnement. Il apparaît ici nourrissant un jeune castor dans le parc Riding Mountain (avec la permission des Public Archives of Ontario).

Les mouvements écologistes visent à protéger le monde naturel et à promouvoir un mode de vie durable. Ils voient le jour dans le cadre des efforts consacrés à la préservation au début des années 1900, lorsque des protecteurs de l’environnement demandent à ce que l’épuisement des ressources canadiennes ralentisse au profit d’une gestion réglementée de l’environnement. Les experts catégorisent l’évolution du mouvement écologiste en différentes « vagues » ou périodes, qui sont caractérisées par des thèmes distincts. Même si le nombre et la nature de ces vagues varient parfois d’un expert à l’autre, on les définit souvent comme suit : la première vague s’intéressait avant tout à la préservation; la deuxième, à la pollution; la troisième, à la professionnalisation des groupes écologistes; la quatrième, au changement climatique.

Peuples autochtones

Pendant des siècles, les Autochtones ont vécu de la terre en ne laissant derrière eux que des signes minimes de destruction. Beaucoup de peuples autochtones croient que les êtres humains font partie d’un environnement interrelié, et qu’ils n’ont aucune autorité sur la terre, les plantes et les animaux avec qui ils cohabitent. Bien sûr, des pratiques comme le fait de défricher des parcelles de terre pour créer des villages ou pratiquer l’agriculture, ou de piéger des animaux en allumant des feux ont sans doute perturbé des forêts, mais aucune preuve ne démontre que de telles activités ont causé des dommages à long terme. En outre, les bandes et les familles inuites déplaçaient souvent leur village à des fins de chasse, ce qui permettait aux régions et aux populations animales laissées derrière de se régénérer. Ainsi, il n’y a aucune raison de s’inquiéter de problèmes environnementaux à grande échelle avant l’arrivée permanente des colons européens, au XVIIe siècle.

Premières influences

Les premiers Canadiens à étudier l’environnement naturel sont des explorateurs et des colons européens qui commencent à cataloguer l’histoire naturelle de la région (notamment la flore, la faune, les roches et les fossiles) et qui, par conséquent, jettent les bases pour l’étude scientifique de la botanique, de la géologie, de la paléontologie et de la zoologie au Canada. L’un des plus connus d’entre eux, Samuel de Champlain, décrit de façon détaillée la flore, la faune et le climat qu’il découvre pour la première fois. L’écrivaine Catharine Parr Traill et, plus tard, le frère Marie-Victorin sont d’autres exemples de pionniers en la matière.

La perspective qu’ont ces premiers naturalistes sur la nature et l’environnement s’inspire grandement des traditions artistiques et scientifiques européennes, ainsi que des expériences de préservation de la faune et de la flore en Europe. Des penseurs comme Jean-Jacques Rousseau, William Wordsworth, Lord Byron et Grey Owl (Archibald S. Belaney) ont aussi beaucoup d’influence.

Les penseurs américains ont une influence encore plus grande. C’est le cas de l’éminent ornithologue John James Audubon, qui visite le Canada dans les années 1830, et des écrivains James Fenimore Cooper, Ralph Waldo Emerson et Henry David Thoreau. Les protecteurs de l’environnement américains John Muir (fondateur du Sierra Club en 1892) et Gifford Pinchot sont eux aussi connus pour leur influence importante. Ce dernier est reconnu pour avoir mis en place des politiques en faveur de la préservation au début des années 1900, de concert avec le président Theodore Roosevelt.

Première vague : la fin des années 1800 au début des années 1900

Au départ, les colons européens considèrent la vie sauvage d’Amérique du Nord comme inépuisable. Néanmoins, en réponse aux nombreuses forêts qui sont défrichées pour créer des terres agricoles et aux changements que cela engendre dans le paysage, des efforts pour préserver les ressources naturelles du continent émergent. Ces premiers efforts de protection de l’environnement en viennent à caractériser la première vague du mouvement écologiste en Amérique du Nord.

La plupart des premiers efforts de préservation au Canada viennent d’individus qui entretiennent des liens étroits avec l’industrie forestière. Des bûcherons qui sont témoins de la destruction expéditive des forêts canadiennes font pression en faveur de coupes contrôlées et de zones protégées pour utilisation future. En 1900, l’Association forestière canadienne est fondée; elle est alors dirigée par son président Henri-Gustave Joly de Lotbinière, anciennement premier ministre du Québec. (Voir aussi Foresterie, Bûcherons.)

Malgré ces efforts, les Américains sont dans l’ensemble plus avancés que les Canadiens pour ce qui est de s’organiser autour d’objectifs en matière de protection de l’environnement, sans doute en raison de l’ampleur de la colonisation aux États-Unis, qui démontre les dommages que la civilisation cause à la nature. Au Canada, la mentalité des pionniers selon laquelle les forêts, les lacs et la faune sont illimités persiste plus longtemps. C’est le président américain Theodore Roosevelt, par exemple, qui invite le Mexique et le Canada à se joindre aux États-Unis et à participer à la North American Conservation Conference en 1909. Le colloque mène à la création de la Commission de la conservation, présidée par l’ancien ministre de l’Intérieur Clifford Sifton. La Commission formule des recommandations qui laissent présager les principes de l’environnementalisme moderne, y compris celles de ne pas surexploiter les forêts, d’utiliser de l’engrais biologique et de faire du recyclage.

La création de parcs nationaux illustre aussi la différence entre les premières mesures prises aux États-Unis et au Canada pour protéger l’environnement. Par exemple, le tout premier parc national américain, Yellowstone, est créé en 1872, tandis que le premier parc national canadien, Banff, n’est créé qu’en 1885. De plus, la raison d’être du parc de Banff (tout comme celle des parcs nationaux de Yoho et des Glaciers, fondés en 1886) est plus économique qu’écologique : en créant des réserves dans les Rocheuses, le gouvernement visait à augmenter ses revenus et à promouvoir le tourisme le long du nouveau Chemin de fer Canadien Pacifique.

En 1916, les États-Unis adoptent une loi, intitulée National Park Service Act, qui dicte que les parcs doivent être conservés intacts pour l’utilisation des générations futures. Comme pour la création et le développement de parcs, le Canada accuse un retard en comparaison avec les États-Unis pour ce qui est de l’adoption de ce type de langage. Il faut attendre 1930 avant que la Loi sur les parcs nationaux du Canada ne contienne ce genre d’énoncés. À cet égard, 1930 marque en quelque sorte un moment décisif pour la pensée naturaliste au Canada.

Dans le domaine de la conservation de la faune, cependant, le Canada crée très tôt plusieurs régions protégées (voir Conservation et aménagement de la faune). Par exemple, la toute première réserve d’oiseaux fédérale en Amérique du Nord est créée en Saskatchewan en 1887; il s’agit d’une zone protégée pour la reproduction de volaille. En 1889, la population de bisons dans les Plaines est réduite à moins de 2 000 spécimens (on comptait à l’origine près de 60 millions d’entre eux). Ainsi, entre 1907 et 1909, le gouvernement achète environ 700 bisons et les place dans des parcs nationaux. En outre, de 1910 à 1920, trois régions deviennent des réserves pour les antilopes d’Amérique en Alberta et en Saskatchewan (mais elles sont plus tard abolies).

En 1911, le Canada met formellement sur pied un service distinct de parcs, et James Harkin en est nommé le commissaire. Celui-ci, sans doute le tout premier Canadien à défendre la protection de la vie sauvage seulement par principe, est profondément influencé par le mouvement conservationniste aux États-Unis. Le premier véritable effort de préservation du Canada à l’échelle internationale est la signature d’un traité avec les États-Unis (1916) visant à protéger les oiseaux migratoires.

Jusqu’en 1945, la conservation au Canada vise avant tout à la création de parcs nationaux et provinciaux dans les régions éloignées. En raison de l’urbanisation et de la prolifération de l’automobile, les parcs deviennent une destination de choix pour les citadins. On assiste donc à une volonté de développer les parcs à des fins récréatives, en créant notamment des sentiers de randonnée, des terrains de camping et des aires de baignade.

Deuxième vague : les années 1960 et 1970

Les années 1960 marquent le début d’une nouvelle ère dans la conservation et le mouvement écologiste au Canada. Les opinions conservationnistes ne proviennent plus exclusivement des groupes naturalistes. De plus en plus de Canadiens se préoccupent non seulement de l’utilisation des ressources, mais aussi des impacts qu’a l’activité humaine sur l’environnement.

Environnementalisme

Dans les années 1960, la pollution devient un enjeu public majeur. Des groupes spécialisés émergent, surtout dans les centres urbains, par exemple la Society for the Promotion of Environmental Conservation (dans l’Ouest, aujourd’hui la Society Promoting Environmental Conservation, ou SPEC), l’organisme Pollution Probe (dans l’Est) et l’Ecology Action Centre (dans les Maritimes). Ces groupes sont dirigés par des scientifiques comme Donald Chant, qui se préoccupe grandement des problèmes tels que la pollution de l’air, la pollution de l’eau, les déchets dangereux et l’utilisation négligente de pesticides (documentée par la conservationniste américaine Rachel Carson dans son livre de 1962, Silent Spring). La préservation de l’environnement naturel est perçue non plus comme une question de récréation et de beauté des paysages, mais bien comme un aspect essentiel à la survie humaine. En 1971, l’organisation Greenpeace est fondée à Vancouver et devient rapidement une force militante majeure sur la scène internationale en matière de causes environnementales.

Au cours des années 1970, les environnementalistes canadiens s’attaquent également à des projets énergétiques de grande envergure, comme le Projet de la baie James, au Québec, ainsi que le pipeline de la vallée du Mackenzie, aux Territoires du Nord-Ouest et au Yukon. Dans le cadre de chaque projet, les impacts sur l’environnement et les collectivités autochtones (cries et inuites au Québec; dénées, inuites et métisses dans les Territoires du Nord-Ouest) sont mis de l’avant comme jamais auparavant. Bien que le Projet de la baie James est mené à terme, le pipeline, lui, n’a jamais vu le jour.

Conservation

Le mouvement pour la conservation de la nature profite de l’intérêt grandissant pour les questions environnementales des années 1960. L’Association des parcs nationaux et provinciaux du Canada (aujourdhui la Société pour la nature et les parcs du Canada) est formée en 1963, le Fonds mondial pour la nature Canada est créé en 1967 et le volet canadien du Sierra Club est fondé en 1970. Puis, en 1971, la Audubon Society of Canada et plusieurs de ses sociétés affiliées forment la Fédération canadienne de la nature (aujourd’hui Nature Canada), une association nationale regroupant des organisations naturalistes de partout au pays. Les associations scientifiques pour la biologie et les groupes traditionnellement peu actifs en ce qui concerne les enjeux environnementaux, par exemple les associations de chasse et de pêche, s’intéressent eux aussi de plus en plus aux questions environnementales. Ces groupes sont représentés à l’échelle nationale par la Fédération canadienne de la faune.

Pendant ce temps, les préoccupations à l’égard de la conservation de la nature sont centrées autour de la préservation de la vie sauvage et de la protection de régions ou d’écosystèmes uniques en tant que réserves écologiques. Chaque province connaît une augmentation considérable du nombre de groupes qui s’attaquent aux problèmes environnementaux locaux, et les fédérations provinciales pour la conservation et la nature deviennent de plus en plus actives et critiques. En une décennie, les gouvernements fédéral et provinciaux mettent sur pied des ministères de l’environnement, adoptent des lois relatives à la protection de l’environnement et mettent en place une réglementation quant à l’évaluation environnementale (voir Évaluation de l’impact sur l’environnement).

Des lois visant à protéger les espèces menacées, comme celles que l’Ontario adopte en 1971, sont uniques au monde, en ce sens qu’elles servent à protéger toutes les espèces de plantes et d’animaux rares ou menacées (y compris les insectes). En 1978, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) commence à dresser la liste des espèces menacées au pays.

En 1972, la conférence des Nations Unies sur l’environnement a lieu à Stockholm. Le Canada y est bien représenté; par conséquent, les efforts canadiens en matière de conservation rayonnent sur la scène internationale, en raison notamment de la participation du pays à des agences comme la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et l’Union internationale pour la conservation de la nature. Les préoccupations d’ordre environnemental commencent à être perçues dans un contexte mondial, à mesure que les gens comprennent que la vie de tous les êtres humains dépend de la propreté de l’eau et de l’air et de l’équilibre des écosystèmes.

Troisième vague : les années 1980 et 1990

À la fin du XXe siècle, le mouvement écologiste continue de s’intéresser aux problèmes d’ordre mondial. Tandis que les premiers environnementalistes se méfiaient des entreprises, à partir des années 1980, le mouvement fait preuve d’une volonté de travailler avec les grandes sociétés pour trouver des solutions aux problèmes environnementaux. De plus, les organisations non gouvernementales (ONG) jouent un rôle de plus en plus important au Canada, ne se satisfaisant plus de simplement demander au gouvernement de passer à l’action ou d’attendre qu’il le fasse.

Par exemple, la Coalition canadienne contre les pluies acides (1981 à 1991) aide à concrétiser des ententes entre le Canada et les États-Unis pour réduire les émissions de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote (voir Pluies acides). En 1985, Canards illimités Canada lance le plan nord-américain de gestion de la sauvagine, un plan de 1,5 milliard de dollars qui s’échelonne sur 15 ans et qui vise à préserver les milieux humides au Canada. À la fin de 1989, le Fonds mondial pour la nature Canada donne le coup d’envoi à sa campagne pour les espèces en danger, visant à développer un réseau de zones protégées représentant toutes les régions naturelles terrestres au pays. Bien que cet objectif ne soit pas atteint à la clôture de la campagne, en 2000, cet effort mène à la création de plus de 1 000 nouveaux parcs, zones sauvages et réserves naturelles. Le territoire protégé partout au pays est ainsi doublé.

Les efforts des environnementalistes canadiens mènent également à de nombreuses négociations et ententes, notamment pour protéger la forêt du Grand Ours, en Colombie-Britannique. À partir de 1994, des groupes écologistes travaillent de concert avec des entreprises comme Home Depot et IKEA pour faire pression sur les sociétés forestières. L’accord de la forêt du Grand Ours, signé en 2006 par ces groupes écologistes, de nombreuses Premières Nations et le gouvernement de la Colombie-Britannique, énonce les mesures à prendre pour protéger la forêt selon des pratiques d’exploitation forestière durables.

Finalement, la troisième vague marque l’entrée formelle du mouvement écologiste en politique canadienne, avec la création du Parti vert du Canada, en 1983. Depuis, le parti connaît une expansion considérable. En 2004, des candidats du Parti vert se présentent dans toutes les circonscriptions fédérales pour la première fois, et en 2011, la chef du parti, Elizabeth May, devient la toute première membre à être élue à la Chambre des communes.

Quatrième vague : les années 2000

Au tournant du XXIe siècle, le changement climatique devient la première préoccupation des militants écologistes et des conservationnistes à l’échelle nationale comme internationale. À la fin des années 1980, le Canada est considéré comme important en matière d’action pour contrer le changement climatique. En 1988, la Conférence sur le changement climatique est d’ailleurs organisée à Toronto; c’est l’une des premières rencontres internationales sur le sujet.

Le mouvement écologiste attire l’attention du monde entier lors de l’adoption du protocole de Kyoto, en 1997. Le protocole, signé lors d’une rencontre des Nations Unies sur le changement climatique à Kyoto, au Japon, demande aux pays de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques, à un certain degré. À l’exception des États-Unis, de l’Australie et de Monaco, beaucoup de pays industrialisés ratifient le protocole, y compris le Canada en 2002 sous le gouvernement libéral de Jean Chrétien.

En 2011, le Canada se retire du protocole de Kyoto. Le Parti conservateur, de Stephen Harper, alors au pouvoir, donne un certain nombre de raisons pour l’abandon, y compris le recul qu’accuse le Canada vis-à-vis des objectifs cibles du protocole.

Dans les années qui suivent, le gouvernement de Stephen Harper fait la vie dure aux environnementalistes et à leurs organisations au Canada. Des institutions scientifiques voient leur financement accordé par le gouvernement fédéral réduit, lorsqu’elles ne sont pas carrément éliminées, et l’accès public à la recherche scientifique est de plus en plus limité. En 2008, par exemple, le bureau du Conseiller national des sciences, qui agissait auparavant à titre de pont entre la communauté scientifique et le gouvernement, est éradiqué. De même, des scientifiques disent que des recherches sont détruites lorsque 7 des 11 bibliothèques de Pêches et Océans Canada sont fermées en 2013. En outre, de nouvelles règles sont mises en place pour compliquer la tâche aux scientifiques qui souhaitent parler aux médias de leurs recherches.

En plus d’éroder l’ensemble des connaissances scientifiques accessibles aux environnementalistes, le gouvernement de Stephen Harper affaiblit aussi les politiques environnementales canadiennes. Par exemple, la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, qui exigeait que pratiquement tous les projets gouvernementaux fassent l’objet d’une évaluation environnementale, est abrogée en 2012. La nouvelle version de la Loi, selon les militants, permet au gouvernement de choisir les projets qui seront soumis à une évaluation pour analyser leur impact sur l’environnement.

Finalement, les organismes écologistes doivent se soumettre à un nombre grandissant d’audits gouvernementaux, un processus long et laborieux qui ralentit leur travail et les menace de perdre leur statut d’organisme à but non lucratif. Les opposants au gouvernement accusent également celui-ci d’essayer de freiner le mouvement de protestation en étiquetant les groupes écologistes comme radicaux et potentiellement dangereux pour la sécurité nationale. Par exemple, en 2012, une stratégie antiterroriste stipule que les revendications écologistes sont une source d’extrémisme intérieur.

« L’environnementalisme a échoué », écrit David Suzuki dans un billet de blogue en 2012. À la lumière du déclin du soutien gouvernemental à l’égard des initiatives écologistes, le célèbre environnementaliste canadien se déçoit de la primauté de l’économie sur l’environnement à l’échelle mondiale. Deux ans plus tard, David Suzuki lance la campagne Bleu Terre, qui vise à faire reconnaître le droit à un environnement sain par tous les paliers de gouvernement et à le consigner dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Malgré les difficultés mentionnées par David Suzuki, certaines initiatives ayant vu le jour pendant la troisième vague du mouvement écologiste semblent aujourd’hui occuper une place permanente dans la société canadienne. Des produits écologiques garnissent maintenant les tablettes des magasins, et des mouvements pour les aliments locaux sont actifs dans de nombreuses collectivités au pays. Certaines provinces ont aussi fait des efforts pour lutter elles-mêmes contre le changement climatique : en 2014, l’Ontario a fermé les portes de sa dernière centrale au charbon pour la remplacer par des installations électriques moins polluantes. De même, en 2008, la Colombie-Britannique est le tout premier ressort en Amérique du Nord à imposer une taxe sur le carbone (un montant à payer au gouvernement pour chaque tonne de gaz à effet de serre qu’une entreprise ou un individu produit).

Dès son élection comme premier ministre du Canada en octobre 2015, Justin Trudeau s’attaque sans tarder à plusieurs questions environnementales, signant notamment l’accord de Paris en avril 2016. Cet accord, signé par près de 200 pays, décrit les manières dont la communauté internationale entend coopérer afin de maintenir le réchauffement à 1,5 °C au-dessus des températures de l’ère préindustrielle. Justin Trudeau change également le nom d’Environnement Canada, qui devient Environnement et Changement climatique Canada; pour de nombreux environnementalistes, il s’agit là d’une importante distinction sémantique.


Lecture supplémentaire

  • Yves Hébert, Une histoire de l’écologie au Québec. Les regards sur la nature des origines à nos jours (2006).

  • Stéphane Castonguay, Protection des cultures, construction de la nature. Agriculture, foresterie et entomologie au Canada, 1884–1959 (2004).

  • Luc Chartrand, Raymond Duchesne et Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec de la Nouvelle-France à nos jours (2008).

Liens externes