Hall, Frederick A

Frederick William Hall, V.C., soldat, musicien et commis (né le 21 février 1885 à Kilkenny, en Irlande ; décédé le 24 avril 1915 près d’Ypres, en Belgique). Durant la Première Guerre mondiale, le sergent‑major Fred Hall est le premier de trois soldats habitant sur la même rue à Winnipeg à recevoir la Croix de Victoria (V.C.), la plus haute distinction récompensant des actes de bravoure accomplis par des militaires au service de l’Empire britannique. Cette distinction – trois Croix de Victoria décernées à ces hommes vivant sur la rue Pine à Winnipeg (plus tard rebaptisée chemin de la bravoure en leur honneur) – n’a été réalisée nulle part ailleurs dans tout l’Empire britannique.

Frederick William Hall, V.C., soldat, musicien et commis (né le 21 février 1885 à Kilkenny, en Irlande ; décédé le 24 avril 1915 près d’Ypres, en Belgique). Durant la Première Guerre mondiale, le sergent‑major Fred Hall est le premier de trois soldats habitant sur la même rue à Winnipeg à recevoir la Croix de Victoria (V.C.), la plus haute distinction récompensant des actes de bravoure accomplis par des militaires au service de l’Empire britannique. Cette distinction – trois Croix de Victoria décernées à ces hommes vivant sur la rue Pine à Winnipeg (plus tard rebaptisée chemin de la bravoure en leur honneur) – n’a été réalisée nulle part ailleurs dans tout l’Empire britannique.

Jeunesse

Fred Hall grandit dans une famille irlandaise de sept enfants. Excellent étudiant, il fait son apprentissage d’avocat avant de choisir une autre voie en intégrant le célèbre régiment des Scottish Rifles en tant que militaire de carrière. Issu d’une famille qui regorge de talents musicaux et militaires, il joue du trombone durant ses 12 ans passés en Grande‑Bretagne et en Inde comme militaire de carrière.

Après la mort de son père, Fred Hall rejoint sa mère, Mary, qui a déménagé avec trois des plus jeunes enfants de la famille au Canada en août 1913 à la recherche d’une nouvelle vie. La famille s’installe à Winnipeg, où il trouve un emploi de commis aux expéditions et un logement au 772, rue Pine. Il intègre le 79th Cameron Highlanders de Winnipeg, un régiment de la milice au sein duquel les hommes portent le kilt écossais, et joue du trombone dans l’orchestre de son régiment.

Expérience de la guerre

Relativement nouveau aux 79th Highlanders, Fred Hall n’est pas en mesure de s’enrôler avec son régiment lorsque l’Empire britannique déclare la guerre à l’Allemagne le 4 août 1914. (Voir Première Guerre mondiale.) En effet, de très nombreux soldats de la milice s’enrôlent avec enthousiasme aussitôt la mobilisation déclarée. Trois jours plus tard, il rejoint une nouvelle unité, le 106 th Light Infantry, pour être rapidement transféré au 8e Bataillon, une unité composée en grande partie du célèbre 90 th Winnipeg Rifles, dont les membres sont surnommés les « Little Black Devils » (petits diables noirs) en raison de leurs succès lors de la rébellion du Nord‑Ouest de 1885.

Fred Hall et son jeune frère, Harry, reçoivent leur formation au camp de Valcartier au Québec. En octobre, ils partent pour l’Angleterre pour s’entraîner dans un camp d’exercices canadien situé sur la plaine boueuse de Salisbury. Les deux frères arrivent en France en février 1915 avec la 1re Division du Corps expéditionnaire canadien. Compte tenu de son expérience dans l’armée britannique, l’aîné est promu sergent‑major de compagnie avec la responsabilité de plus de 220 hommes. Le 14 avril 1915, le 8e Bataillon opère un mouvement jusqu’au saillant d’Ypres, une énorme protubérance le long de la ligne des tranchées alliées sur le front occidental.

Comportement héroïque sur la crête de Gravenstafel

Le 8e Bataillon rejoint ses positions sur la ligne de front au cours de la Deuxième bataille d’Ypres le 17 avril 1915 avant d’être, après seulement quelques jours, soumis à des tirs incessants de l’artillerie allemande. Le 22 avril, les Allemands libèrent un nuage de chlore gazeux toxique qui avance sur les troupes alliées. Le bataillon de Fred Hall fait partie de ceux qui réussissent à survivre en utilisant des respirateurs de fortune. Toutefois, les pertes s’accumulent rapidement dans des combats désespérés que mènent les Canadiens dans le saillant pour éviter d’être encerclés par les forces ennemies.

Le 24 avril, le lieutenant-colonel Louis Lipsett, commandant du 8e Bataillon, donne pour instruction à la compagnie de réserve du Bataillon de colmater le flanc droit des lignes canadiennes dangereusement exposé. Une fois ce mouvement effectué, Fred Hall, alors âgé de 30 ans, effectue deux sorties audacieuses en dehors de sa tranchée pour tenter de sauver des hommes blessés coincés entre leurs propres lignes et les lignes ennemies, et revient à chaque fois avec un soldat blessé.

Plus tard, il entend les appels et les sanglots désespérés, se faisant de plus en plus faibles, d’un homme blessé, pris au piège entre les lignes en deçà de la crête de Gravenstafel, tandis que les obus ne cessent de pleuvoir et d’exploser autour de lui. Accompagné de deux autres hommes, il tente une opération de sauvetage ; toutefois, ses deux compagnons sont blessés et ils sont contraints de battre en retraite. Il est cependant fermement décidé à tenter à nouveau sa chance, cette fois en solitaire. Il s’extrait de sa tranchée et rampe sur 15 mètres pour atteindre le soldat Arthur Clarkson qui gît agonisant en contrebas d’un talus. Alors qu’il tente de soulever ce dernier, il reçoit un tir en plein front qui le tue sur le coup, l’homme auquel il tentait de porter secours décédant peu après.

Autour d’eux, la bataille se poursuit ; toutefois, le 25 avril, la 1re Division canadienne réussit finalement à tenir ses positions et à repousser les assauts des Allemands. Lorsque cette terrible bataille défensive prend fin, les rangs des forces canadiennes accusent plus de 6000 victimes.

Croix de Victoria

Lorsque Mary Hall apprend que son fils est mort en tentant de sauver un autre homme, elle s’exclame : « Ça lui ressemble vraiment. Il ne pensait jamais à lui et n’avait peur de rien. » Fred Hall reçoit la Croix de Victoria à titre posthume pour actes de bravoure au combat. La tradition militaire britannique honore tout particulièrement les actions altruistes et le dévouement des soldats les uns aux autres. La médaille – une croix de bronze sur laquelle sont inscrits les mots For Valour (pour bravoure) – est présentée quelques mois plus tard à Mary Hall à Winnipeg, à peine un an après que son fils eut embarqué à bord du train qui l’emmenait à Valcartier.

Fred Hall est le premier de trois hommes de la rue Pine à avoir reçu la Croix de Victoria. Ultérieurement au cours de la guerre, le caporal Leo Clarke et le lieutenant Robert Shankland deviendront également des héros du « chemin de la bravoure ». Le Musée canadien de la guerre est fier de détenir dans ses collections les Croix de Victoria reçues par chacun d’entre eux.

Les restes de Fred Hall n’ont jamais été identifiés. Le mémorial de la Porte de Ménin à Ypres en Belgique et une plaque sur le chemin Valour à Winnipeg rendent hommage à sa mémoire. En 1991, l’héroïsme de Hall, Clarke et Shankland est présenté dans un épisode des Minutes du patrimoine intitulé « Le chemin de la bravoure ». En octobre 2021, Postes Canada émet un timbre en l’honneur des trois hommes.

Voir aussi : Le soldat canadien de la Grande Guerre; Évolution des troupes de choc canadiennes.