TC Énergie (auparavant TransCanada)

La société TC Énergie (auparavant TransCanada Corporation) est une entreprise de gaz naturel, de pétrole et de production d’électricité dont le siège social se trouve à Calgary, en Alberta. TC Énergie possède plus 92 600 km de gazoducs en Amérique du Nord et transporte plus de 25 % du gaz naturel consommé sur le continent. Elle exploite aussi des centrales électriques et des installations de stockage de gaz. Société ouverte, elle transige à la Bourse de Toronto et à la Bourse de New York, où on la reconnaît par le symbole TRP. En 2018, elle a enregistré 13,7 milliards de dollars de revenus et 3,5 milliards de dollars de bénéfices et son actif s’établissait à 98,9 milliards de dollars. La société emploie environ 7 300 personnes, dont plus de la moitié vivent au Canada.



Le siège de TC Energy

Le siège social de TC Energy à Calgary, en Alberta. Photo prise le 8 mai 2019.

Termes clés

Société ouverte : Société dont les parts, ou actions, s’échangent librement à la bourse.

Part (ou « action ») : Titre de propriété sur une partie du capital d’une société. Les détenteurs d’actions sont les « actionnaires ».

Fondation

L’entreprise est constituée en société par une loi du Parlement le 21 mars 1951, sous la raison sociale de Trans-Canada Pipe Lines Limited. Elle est une filiale de Canadian Delhi, une société par laquelle le magnat du pétrole texan Clint Murchison dirige la prospection de gaz naturel dans l’Ouest canadien. Trans-Canada se propose de construire le premier pipeline de gaz naturel depuis l’ Alberta jusqu’au Canada central.

Le ministre libéral du Commerce, C.D. Howe, est un fervent partisan du projet, qui revêt à ses yeux autant d’importance que la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique dans les années 1880. Ses efforts se heurtent toutefois à une forte résistance du Parti progressiste-conservateur, qui forme l’opposition officielle, et de la Co-operative Commonwealth Federation. Le principal argument des conservateurs est que Trans-Canada appartient majoritairement à des Américains. La controverse vient aussi du fait que C.D. Howe a recouru à la clôture pour mettre fin au débat parlementaire sur le sujet (voirDébat sur le pipeline (1956)). Le gouvernement libéral n’en adopte pas moins le projet de loi autorisant sa construction. Le pipeline est achevé en octobre 1958 et sert encore aujourd’hui d’épine dorsale du réseau de TC Énergie au Canada. C’était le plus long gazoduc du monde lorsqu’il est entré en service.


Développement

Dans les années 1960, Trans-Canada modernise son pipeline ‒ maintenant appelé Canadian Mainline (Canalisation principale canadienne) ‒ en le dotant d’un système informatisé de réglage et de mesure du débit, le tout premier au monde. Elle diversifie aussi son activité en y ajoutant l’extraction du gaz naturel (dans ce secteur, on entend par extraction l’enlèvement de produits comme le propane et le butane du flux gazeux), dont la première usine est établie à Empress, en Alberta. En 1967, elle prolonge la Canalisation principale le long des Grands Lacs aux États-Unis.

En 1972, la société change l’aspect graphique de sa raison sociale, qui se lit désormais TransCanada PipeLines Limited. Tout au long de la décennie, elle s’emploie à fournir du gaz naturel à partir des gisements des provinces de l’Ouest et des territoires du Nord canadien. Elle garde le cap dans les années 1980, alors que la demande augmente au Canada. En 1987, elle réussit à mettre la main sur Encor Energy Corp. Inc., dont le principal actionnaire est la Dome Petroleum, alors criblée de dettes.

Dans les années 1990, TransCanada commence à vendre du gaz dans les marchés de New York, du Connecticut et du New Jersey, ayant obtenu la permission de raccorder sa canalisation principale aux réseaux de ces États.

Fusion avec NOVA Corporation of Alberta

Connue d’abord sous le nom d’Alberta Gas Trunk Line Company Ltd., NOVA Corporation est créée en 1954 afin de construire, de posséder et d’exploiter des installations de captage et de transport de gaz naturel albertain.

Au début des années 1970, elle se diversifie, ajoutant tour à tour à son activité l’exploitation des ressources, la pétrochimie et la fabrication.

Rebaptisée NOVA en 1980, elle fusionne avec TransCanada en 1998, créant ainsi la plus grande entreprise de gazoducs en Amérique du Nord. L’actif combiné des deux sociétés est évalué à 14 milliards de dollars à l’époque.

L’année suivante, en difficultés financières, TransCanada décide de miser davantage sur ses atouts principaux que sont les réseaux pipeliniers et la production d’électricité. Elle commence à se départir de ses intérêts dans le captage, l’extraction et la transformation du gaz naturel. Dans la première décennie des années 2000, elle construit des pipelines aux États-Unis et au Mexique ou achète des parts dans des projets déjà établis.

TC Énergie, une nouvelle image

En janvier 2019, TransCanada annonce qu’elle change de nom : puisqu’elle est présente maintenant dans toute l’Amérique du Nord, elle s’appellera désormais TC Énergie, une décision à laquelle les actionnaires donneront leur approbation officielle en mai 2019.

Projets de pipeline dignes de mention au Canada

Oléoduc Énergie Est (annulé)

Oléoduc Énergie Est de TransCanada (projet annulé)
(carte créée par Harrison Panabaker/Historica Canada)

Proposé d’abord en 2013, le projet Énergie Est de TransCanada consiste en un nouveau réseau de pipelines qui transporterait 850 000 barils de pétrole par jour depuis l’Alberta jusqu’aux raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick. On convertirait au transport du pétrole des pipelines de gaz naturel déjà installés et on construirait 1 500 km de nouvelles canalisations. Un débat animé oppose préoccupations écologiques et intérêts économiques, des collectivités entières et des dirigeants politiques prenant position dans les deux camps. En 2017, TransCanada renonce au projet dans un climat de coûteux délais réglementaires, encore assombri par une baisse des prix du pétrole.

Oléoduc Keystone XL

TransCanada présente son projet Keystone XL en 2008. Long de 1 947 km, le pipeline transportera du pétrole brut depuis Hardisty, en Alberta, jusqu’à Steele City, au Nebraska. Il augmentera la capacité d’exportation du réseau actuel de Keystone, la faisant passer de 591 000 à 830 000 barils par jour. Keystone XL a le feu vert des autorités fédérales de part et d’autre de la frontière canado-américaine. Toutefois, le projet s’est heurté à l’opposition des mouvements écologistes, des éleveurs de bovins et des communautés autochtones dont les terres seraient traversées par le pipeline.

En mars 2020, TC Energy annonce qu’elle poursuivra la construction de l’oléoduc, avec le soutien d’un investissement du gouvernement de l’Alberta.

Gazoduc Coastal GasLink

Le pipeline Keystone XL de TC Énergie (proposé)
(carte créée par Harrison Panabaker/Historica Canada)

Le pipeline Coastal GasLink de TC Énergie transportera du gaz naturel à travers le nord de la Colombie-Britannique. Le trajet projeté, long de 670 km, part d’un point situé près de Dawson Creek et aboutit à un point situé près de Kitimat. À Kitimat, un service d’exportation appartenant à une coentreprise appelée LNG Canada expédiera le gaz en Asie par navire-citerne. Le gazoduc aura au début une capacité de 2,1 milliards de pieds cubes par jour, qui pourra augmenter éventuellement. Les travaux de défrichage et de nivellement du trajet ont débuté en décembre 2018. TC Énergie prévoit que le gazoduc entrera en service d’ici 2023.

À l’hiver de 2018-2019, deux barrages érigés par un groupe d’activistes wet’suwet’en (voir Dakelh) afin de bloquer la construction du gazoduc Coastal GasLink sur leurs terres ancestrales ont fait les manchettes nationales. Des groupes de sympathisants ont manifesté à travers le pays afin d’appuyer ces opposants au projet, dont 14 ont été arrêtés par la Gendarmerie royale du Canada en janvier 2019. L’opposition au gazoduc ne fait pas l’unanimité chez les Wet’suwet’en, cependant, certains chefs héréditaires et conseils de bande élus étant en faveur du projet.



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