Encana (Ovintiv)

Encana Corporation produit, transporte et vend des produits pétroliers et gaziers. Fondée en 2002 par la fusion de l’Alberta Energy Company Ltd et de la PanCanadian Energy Corporation, l’entreprise a son siège social à Calgary, en Alberta. En 2009, la société s’est scindée en deux : Encana, qui se concentre sur l’exploration, la production et la vente de gaz naturel, et Cenovus Energy, qui fait de même avec les produits du pétrole. En 2016, Encana Corporation a engrangé plus de 3,9 milliards de dollars en revenus. En tant que société publique, ses actions sont négociées aux bourses de Toronto et de New York sous le sigle ECA.

Historique

Encana est formée en 2002 lorsque l’Alberta Energy Company Ltd et la PanCanadian Energy Corporation fusionnent. L’origine de la société, toutefois, remonte à la fin des années 1800. En 1881, le gouvernement fédéral attribue un contrat au Chemin de fer du Canadien Pacifique (CP) pour la construction d’une voie ferrée transcontinentale allant du centre du Canada jusqu’à Vancouver, en Colombie-Britannique. L’une des clauses de ce contrat octroie au CP la propriété des terres sur lesquelles la voie ferrée doit être construite, ainsi que certains droits miniers. Deux ans plus tard, on découvre d’importants gisements de gaz naturel sur l’une des propriétés du CP à Medicine Hat, en Alberta. Ce n’est toutefois qu’en 1958 que le CP forme Canadian Pacific Oil and Gas Company (CPOG), une société responsable d’explorer ces ressources pétrolières et gazières, de les raffiner et de les vendre (voir Exploration et production du pétrole).

Vers le milieu des années 1960, les particuliers et les entreprises se tournent de plus en plus vers le gaz naturel comme source énergétique, notamment parce qu’il est moins cher que le pétrole. En 1971, afin d’accroître sa production de gaz naturel tout en continuant de faire des profits sur la production de pétrole, CPOG fusionne avec Central-Del Rio Oils Limited et forme PanCanadian Petroleum Limited. Cette nouvelle société devient ainsi la plus importante productrice indépendante de gaz naturel et de pétrole au Canada. En 1982, elle déplace son siège social à Calgary. Dans les années 1990, la société produit quotidiennement plus de 260 000 barils de pétrole, grâce à de nombreuses acquisitions un peu partout en Alberta et dans le champ pétrolier de Panuke, au large de la côte de la Nouvelle-Écosse (voir Industrie pétrolière).

Deep Panuke 1

En 2001, la société adopte un nouveau nom : PanCanadien Energy Corporation. Dans ces mêmes années, sa production de pétrole continue d’augmenter au Canada et à l’international à la suite d’une importante découverte au Royaume-Uni. De plus, grâce à de nouveaux projets de piégeage du carbone et d’extraction du pétrole, comme celui de Weyburn, en Saskatchewan, elle devient la deuxième productrice en importance au Canada et l’une des plus importantes en Amérique du Nord.

Le plus important producteur gazier au Canada à l’époque est l’Alberta Energy Company (AEC), société formée en 1973 pour explorer et accroître la production pétrolière et gazière sur un territoire de plus de 248 700 hectares au sud-est de l’Alberta. L’AEC est d’abord codétenue par des intérêts privés et le gouvernement de l’Alberta, mais cette dernière vend ses parts en 1993. L’entreprise prend de l’expansion en 1996 avec l’acquisition de la Conwest Exploration Company, puis de l’Amber Energy deux ans plus tard. En 1999, l’AEC fait son entrée dans le marché international en achetant Pacalta Resources Ltd, une entreprise calgarienne œuvrant en Équateur, et en exploitant le champ gazier de Jonah, au Wyoming.

En janvier 2002, on annonce la fusion de la PanCanadien Energy Corporation et de l’Alberta Energy Company. L’entente, finalisée en avril, crée une nouvelle entité : Encana.

Consolidation et croissance

Encana veut tirer profit de ses forces et se débarrasse donc de ses actifs moins performants. Parmi ces ventes, on compte deux pipelines albertains, qui trouvent preneur pour 1,6 milliard de dollars, et les parts qu’elle détient de Syncrude, vendues pour 1,4 milliard de dollars. Entre-temps, Encana entame de nouveaux projets de développement gazier et pétrolier en Alberta, en Californie, en Louisiane et au Brésil. Seulement trois ans après sa fondation, la société produit 500 000 barils de pétrole quotidiennement. Au cours des sept années suivantes, d’autres petites entreprises de ressources sont acquises ou vendues, et chacune de ces transactions impressionne les investisseurs et fait monter la valeur des actions d’Encana.

La complexité croissante des activités de l’entreprise mène en 2009 à la décision de scinder Encana en deux. Encana demeure l’entité responsable de l’exploration, de la production et de la vente du gaz naturel, tandis que Cenovus Energy est formée pour l’exploration, la production et les ventes pétrolières.

Encana entreprend immédiatement l’expansion de ses actifs gaziers : ses activités aux États-Unis augmentent, et plusieurs ententes sont signées avec des entreprises étrangères, notamment un accord avec une filiale de la Korea Gas Corporation, qui prévoit l’exploration et le développement des ressources dans le nord-est de la Colombie-Britannique. D’autres ententes sont conclues avec une filiale de la PetroChina Company, une filiale de la Toyota Tsusho et avec Mitsubishi. Alors que ces accords portent leurs fruits, Encana continue d’acquérir des entreprises, dont Athlon Energy, et des terres, notamment un lopin de 18 400 hectares dans le sud du Texas.

Rupture d’un pipeline

En novembre 2009, un pipeline d’Encana se fend près de Pouce Coupe, dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Un énorme nuage de gaz — d’une taille de 30 000 m2 et contenant plus de 6 200 parts par million de sulfure d’hydrogène, une substance hautement toxique — dérive vers des fermes et des foyers avoisinants. Quelque 18 personnes souffrent de picotements aux yeux et beaucoup fuient la région.

Une enquête menée par l’Oil and Gas Commission de Colombie-Britannique permet de découvrir que le pipeline n’a pas été correctement nettoyé avant son activation. De plus, l’entreprise est accusée d’avoir attendu plus de huit heures avant d’avertir les autorités provinciales de la fuite et de n’avoir pas suivi son plan d’intervention d’urgence.

Encana fait donc des excuses publiques et promet de prendre des mesures spéciales pour s’assurer que de telles erreurs ne se reproduisent jamais. Les administrateurs admettent d’ailleurs que l’entreprise n’a pas suivi les procédures en place et annoncent que 225 puits ont été fermés pour inspection. Encana déclare aussi qu’elle est en train de développer de nouvelles technologies qui amélioreront le fonctionnement de ses vannes d’arrêt en cas d’urgence. Malgré cette bonne foi, la réputation d’Encana souffre grandement de cet incident.

Marché du gaz naturel

Alors qu’elle doit gérer la fuite de son pipeline en Colombie-Britannique et les attaques de groupes militants qui l’accusent de nuire à l’environnement, Encana doit aussi répondre aux changements du marché énergétique mondial. Beaucoup des ententes conclues par Encana sont basées sur les prévisions des experts selon lesquelles le prix du gaz naturel continuera de grimper. Or, c’est tout le contraire qui a lieu. Plusieurs facteurs en effet mènent à la chute des prix énergétiques, dont la croissance de la production de gaz de schiste aux États-Unis grâce à un nouveau processus appelé « fracturation hydraulique ». Le marché se retrouve donc avec un surplus de gaz naturel, ce qui en diminue le prix. En juin 2008, le prix du gaz naturel fluctue autour de 13 $ par million de BTU (unité thermique britannique), mais à la mi-2014, ce prix chute de plus de 50 %.

Encana ressent déjà les effets du ralentissement de l’industrie des ressources lorsqu’elle met sur pied un nouveau plan stratégique en 2013. La société concentre sa production sur quatre de ses actifs : les champs de Montney et Duvernay, dans l’ouest du Canada, et les champs Permian et Eagle Ford, aux États-Unis. En outre, elle réduit ses coûts d’exploitation, augmente sa production de liquides afin de diversifier sa gamme de produits et maximise toutes ses activités et sa structure organisationnelle afin de s’aligner à ce plan. Ces mesures aident la situation, certes, mais le marché continue de faire des ravages auprès d’Encana et des autres entreprises de ressources.

En 2015, les revenus d’Encana chutent de 45 % par rapport à l’année précédente et l’entreprise déclare des pertes nettes de 5,17 milliards de dollars américains. Au début de l’année suivante, la société gagne plus d’un milliard de dollars en vendant 107 millions d’actions. La moitié de cet argent sert à financer des activités de production de gaz de schiste au Texas, tandis que l’autre moitié permet de rembourser une partie de son imposante dette. Cette créance de 5,7 milliards de dollars est particulièrement inquiétante, car elle dépasse de beaucoup les normes de l’industrie. La situation pousse d’ailleurs Moody’s, l’entreprise new-yorkaise qui évalue la capacité des emprunteurs de rembourser l’intérêt et le capital, à déclasser Encana, ce qui augmente ses coûts d’emprunt. Entre-temps, Encana continue à vendre et à consolider des actifs, entre autres en réduisant sa main-d’œuvre en 2014. En février 2016, elle annonce son plan de supprimer 1 600 emplois sur 3 ans, ce qui fait chuter son nombre d’employés à environ la moitié de ce qu’il était en 2013. De plus, Encana réduit ses dividendes trimestriels aux actionnaires de 0,07 $US à 0,015 $US par action.

Depuis, le prix du gaz naturel est resté bas. Les profits d’Encana s’améliorent, mais à la fin de 2016, l’entreprise affiche quand même des pertes de 944 millions de dollars. À la fin de 2017, son troisième rapport trimestriel indique que son bénéfice d’exploitation est passé de 32 millions à 24 millions de dollars américains par rapport à l’année dernière, tandis que ses profits d’actions sont tombés de 0,37 $ à 0,30 $ par action.