Conditions économiques des peuples autochtones au Canada

Les discussions sur les conditions économiques des peuples autochtones suggèrent souvent des expériences et des résultats similaires. Cependant, il existe une grande diversité historique et contemporaine dans les activités économiques des communautés autochtones. De plus, ces conditions se sont produites, et continuent de se produire, dans un contexte de colonisation, d’exclusion sociale, et de marginalisation politique et économique. Le fait de comprendre ce contexte est essentiel pour développer des politiques et des programmes qui sont adaptés aux réalités que vivent les communautés autochtones à travers le Canada.

Les discussions sur les conditions économiques des peuples autochtones suggèrent souvent des expériences et des résultats similaires. Cependant, il existe une grande diversité historique et contemporaine dans les activités économiques des communautés autochtones. De plus, ces conditions se sont produites, et continuent de se produire, dans un contexte de colonisation, d’exclusion sociale, et de marginalisation politique et économique. Le fait de comprendre ce contexte est essentiel pour développer des politiques et des programmes qui sont adaptés aux réalités que vivent les communautés autochtones à travers le Canada.


Économies autochtones traditionnelles

Historiquement, les économies autochtones sont axées sur la subsistance et organisées autour d’activités comme la pêche, la chasse et la cueillette. Les activités économiques dépendent de la disponibilité géographique et des schémas saisonniers des principales sources alimentaires. Ces facteurs influencent l’organisation des groupes autochtones, incluant la taille et la durée de leurs peuplements, la division du travail entre les sexes et les interactions avec les autres groupes.

Le surplus de ressources particulières permet des échanges entre les différentes communautés autochtones. Ces activités procurent non seulement des avantages matériels aux économies des communautés, mais elles fournissent également des opportunités pour renforcer le prestige, établir et consolider des alliances, ou résoudre des disputes.

Le saviez-vous?
Dans de nombreuses nations de la côte nord-ouest, le potlatch est une cérémonie sacrée utilisée pour redistribuer la richesse. Cette cérémonie a également pour fonction de conférer un statut et un rang aux individus, aux groupes familiaux et aux clans, ainsi que d’établir des revendications de noms, de pouvoirs et de droits sur les territoires de chasse et de pêche. Dans le cadre d’une politique d’assimilation, le gouvernement fédéral a interdit le potlatch de 1884 à 1951 dans un amendement à la Loi sur les Indiens. Le gouvernement et ses partisans n’ont pas compris l’importance symbolique du potlatch ainsi que sa valeur d’échange économique communautaire.


Impact de la colonisation sur les économies autochtones

Bien que la présence initiale des Européens ne perturbe que peu les modèles traditionnels d’activité économique et qu’elle élargit les possibilités (et les produits) de commerces, l’officialisation de la traite des fourrures a plus d’impact pour de nombreuses communautés autochtones. Toutefois, les conflits liés à la disponibilité des ressources et aux territoires surviennent lorsque les activités de piégeage et de chasse passent de moyens de subsistance aux besoins du marché. La dépendance aux marchés externes expose également les sociétés autochtones aux conséquences destructrices des « cycles d’expansion et de récession ». Le contact avec les colons européens et la dépendance envers l’économie officielle sont rapidement accompagnés de revendications européennes sur les ressources et les territoires autochtones. Au fur et à mesure que l’économie des colons progresse et que la traite des fourrures décline, plusieurs communautés se retrouvent économiquement perturbées et vulnérables. La participation des Autochtones au marché du travail est souvent marginalisée et précaire.

La Loi sur les Indiens de 1876, qui a été créée pour forcer l’assimilation des peuples autochtones, a des conséquences durables sur l’économie des Autochtones, ainsi que sur leur culture, leurs sociétés et leurs systèmes politiques. La Loi est souvent utilisée en conjonction avec d’autres politiques d’assimilation. Au cours de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, la Loi sur les Indiens est utilisée pour soutenir le système de laissez-passer qui restreint les mouvements des peuples des Premières Nations à l’extérieur des réserves. Sur le plan économique, les restrictions de mobilité limitent les types de produits que les fermiers autochtones peuvent vendre au marché, ainsi que les endroits où ils peuvent vendre leur nourriture. Les vendeurs de produits ont non seulement besoin d’un laissez-passer pour quitter leur réserve, mais ils ont également besoin d’un permis pour vendre ces produits. Alors que le système de laissez-passer règlemente la mobilité des gens, le système de permis, également utilisé dans les années 1880 (jusqu’à ce qu’il soit éliminé de la Loi sur les Indiens en 1995), règlemente la vente des biens à l’extérieur des réserves. Les retards dans l’obtention de laissez-passer et de permis peuvent entraîner la détérioration des produits, et par conséquent, la perte de revenus. La Loi sur les Indiens, ainsi que les systèmes de laissez-passer et de permis et d’autres politiques d’assimilation, nuisent aux économies autochtones. Aujourd’hui, l’héritage de la colonisation continue d’avoir un impact sur les conditions économiques des peuples autochtones.

Complexité des économies autochtones modernes

Les facteurs qui sont particulièrement importants dans les économies autochtones modernes comprennent l’héritage évolutif de chaque communauté, la mesure dans laquelle les individus sont attirés par le marché monétaire et l’économie salariale, et le rôle du gouvernement fédéral dans le soutien et l’administration des économies autochtones. Les contributions économiques des peuples autochtones au Canada ont de multiples facettes.

Bien que la participation au marché du travail constitue une part importante de ces contributions, les données qui n’incluent que le travail rémunéré ignorent les contributions des peuples autochtones pour lesquelles aucun paiement n’est reçu. Par exemple, les statistiques officielles ou les discussions sur les contributions économiques des Autochtones basées uniquement sur leur participation au marché du travail négligent les activités effectuées à des fins de subsistance ou comme forme de « paiement » pour des biens et des services comme la pêche, la chasse, le piégeage, la couture, et la garde d’enfants.

Les économies peuvent également bénéficier du « mélange » d’activités de subsistance traditionnelles et d’activités économiques plus formelles, comme lorsque les chasseurs vendent une partie de leurs prises sur le marché tout en conservant le reste pour la consommation ou le commerce au sein de leur communauté. La fréquence et l’importance des activités traditionnelles comme la pêche ou la couture au sein des économies autochtones varient et dépendent de facteurs tels que l’emplacement géographique, le statut rural ou urbain, la présence d’industries, les restrictions réglementaires sur les terres ou sur les ressources, et le fait qu’ils vivent ou non sur une réserve. Que ce soit en plus ou au lieu des activités traditionnelles, la majorité des peuples autochtones au Canada participent au marché du travail officiel.

Taux d’emploi et de revenu

En général, le taux d’emploi pour les peuples autochtones est plus bas que celui de la population générale du Canada. Selon le recensement de 2016, le taux d’emploi des personnes non autochtones âgées de 25 à 64 ans est de 76 %. Leurs homologues autochtones ont des taux inférieurs. Les membres des Premières Nations vivant sur les réserves ont un taux d’emploi de 46,9 %; le taux à l’extérieur des réserves est 60,2 %. Les personnes n’ayant pas le statut d’Indien ont un taux d’emploi combiné de 66,1 %, alors que les Métis ont un taux de 70,4 % et les Inuits ont un taux de 57,4 %. Comme le démontrent les données, les taux d’emploi varient considérablement parmi les groupes autochtones et parmi ceux qui vivent sur une réserve ou à l’extérieur. Les taux d’emploi varient également d’une province ou d’un territoire à l’autre. Les régions présentant les écarts les plus importants entre les populations non autochtones et les Premières Nations au Canada en 2016 sont le Manitoba, la Saskatchewan, et les Territoires du Nord-Ouest.

Les taux d’emploi varient encore plus selon le sexe. Le recensement de 2016 démontre que l’écart de taux d’emploi entre les Autochtones et les non-Autochtones est plus important chez les hommes que chez les femmes. Par exemple, l’écart entre les femmes non autochtones et les femmes des Premières Nations vivant sur une réserve est de 23,9 points de pourcentage. Cependant, l’écart entre les hommes non autochtones et les hommes des Premières Nations vivant sur une réserve est de 34,5 points de pourcentage. Au sein de la population autochtone même, les taux d’emploi parmi les hommes et les femmes varient selon leur classification de groupe et selon le fait de vivre sur une réserve ou non. En 2016, les hommes autochtones vivant à l’extérieur d’une réserve ont un taux d’emploi de 63,8 %, alors que leurs homologues féminins ont un taux de 57,3 %. De même, les hommes métis ont un taux d’emploi plus élevé (72,6) que les femmes métisses (68,4 %). Toutefois, les hommes ont des taux plus bas sur les réserves (45,5 %) comparativement aux femmes (48,2 %). Les femmes inuites ont également un taux d’emploi légèrement plus élevé en 2016 (57,8 %) comparativement aux hommes inuits (56,9 %).

En termes de revenus, les travailleurs autochtones gagnent moins que la population générale, bien que les montants varient. Selon les données du recensement de 2016, le revenu médian des peuples autochtones vivant sur une réserve (20 357 $) est considérablement inférieur à celui des personnes non autochtones (42 930 $). Les Métis ont le revenu médian le plus élevé parmi les peuples autochtones avec 40 814 $, suivis par les personnes non inscrites (34 458 $), les personnes inscrites vivant à l’extérieur d’une réserve (32 553 $), et les Inuits (33 135 $). Certaines personnes vivant sur des réserves ou dans des communautés rurales peuvent avoir des sources de revenu non monétaire, comme la nourriture provenant de l’agriculture, de la chasse, etc., qui ne sont pas saisies dans les données du recensement. Le revenu plus bas des Inuits, par rapport aux non Autochtones, est également significatif si l’on considère le coût plus élevé de la vie dans le Nord.

Les faibles taux de participation au marché du travail reflètent partiellement des contraintes structurelles. Comme il a été mentionné précédemment, certains peuples autochtones participent à des activités qui ne sont pas reconnues comme étant un emploi parce qu’elles n’ont pas lieu sur le marché du travail formel. D’autres peuvent avoir de la difficulté à intégrer ces économies traditionnelles à l’économie générale du Canada. Le travail dans plusieurs communautés est saisonnier, en partie en raison de la dépendance de la disponibilité des ressources pour les Autochtones qui chassent, pêchent et font du piégeage.

Impact de la COVID-19 sur l’emploi des Autochtones

La pandémie de COVID-19 ralentit ou interrompt l’emploi dans diverses industries à travers le monde. Au Canada, la pandémie entraîne une baisse des taux d’emploi à la fois chez les Autochtones et chez les non-Autochtones. Cependant, les taux d’emploi chez les Autochtones reprennent plus lentement que chez leurs homologues non autochtones. À l’été 2020, le taux d’emploi des peuples autochtones est en baisse de 6,9 points de pourcentage comparativement à 5 points de pourcentage pour les non-Autochtones. Cette baisse de l’emploi reflète le fait que de nombreux Autochtones occupent des emplois qui sont plus durement touchés par la pandémie, comme le transport, le commerce, la vente au détail, et les services.

Les taux d’emploi chez les femmes autochtones souffrent particulièrement durant la pandémie. Comparativement à 2019, le taux d’emploi chez les femmes autochtones est inférieur de 7,5 points de pourcentage lors de l’été 2020. Le taux est de 6,2 points de pourcentage plus bas chez les hommes. Ces tendances reflètent l’impact de la pandémie sur la vie à la maison, car de nombreux parents, et plus particulièrement les femmes, occupent des emplois de main-d’œuvre non rémunérés à la maison, comme la garde d’enfants.

Participation des Autochtones aux industries et aux professions

Les activités économiques des Autochtones sont diversifiées et couvrent de nombreuses industries et professions. En 2016, les plus importants employeurs des peuples autochtones vivant dans les provinces et à l’extérieur des réserves sont les soins de santé et l’assistance sociale (13 %), suivis de la vente au détail (12 %) et de l’administration publique (10 %). Généralement, les Autochtones sont sous-représentés dans les postes de gestion et dans les sciences naturelles et appliquées. Bien qu’ils participent à tous les secteurs de l’emploi, leurs conditions historiques, sociales, et économiques ont façonné les représentations des différents groupes autochtones sur le marché du travail.

Obstacles à l’emploi

La Commission royale sur les peuples autochtones de 1996 reconnait que la discrimination continue de constituer un obstacle à l’emploi des peuples autochtones. La pauvreté, la qualité et l’accès à l’éducation, l’isolement géographique, et les conditions de logement représentent des obstacles à l’emploi et ont un impact sur le bien-être des communautés autochtones. (Voir aussi Condition sociale des Autochtones au Canada.)

Les Autochtones sont deux fois plus susceptibles de dépenser une plus grande partie de leurs revenus sur les besoins essentiels comme la nourriture, le logement, et les vêtements que le Canadien moyen. (Voir aussi Insécurité alimentaire au Canada.) Lorsque l’on considère le coût de la vie plus élevé dans les communautés du Nord et l’augmentation des coûts d’exploitation et des services publics pour les communautés rurales, il est juste de supposer que le nombre d’Autochtones classés comme étant « à faible revenu » est en fait plus élevé. (Voir aussi Nourriture traditionnelle au Canada.) Le statut de faible revenu a une incidence sur le bien-être économique, car il limite les capacités d’être propriétaire, les possibilités d’éducation, et la prospérité en général.

Les conditions de vie varient considérablement parmi les peuples autochtones selon leur emplacement géographique, leur milieu rural ou urbain, et le fait de vivre ou non sur une réserve. Sous l’administration coloniale, les communautés autochtones ont enduré des conditions de logements et des infrastructures inadéquates, plus particulièrement dans les communautés rurales, dans les communautés du Nord, et dans les réserves. Les programmes de centralisation et de relocalisation du gouvernement ont eu de graves répercussions sur les conditions de logements et sur la qualité de vie des communautés autochtones. Dans les années 1960, moins de la moitié des maisons sur les réserves avaient de l’électricité, et peu d’entre elles avaient des systèmes d’eau courante ou d’égouts. En 2004, le gouvernement fédéral signale qu’environ 96 % des résidences autochtones ont des systèmes d’évacuations des eaux usées, et qu’environ 98 % ont des systèmes de distribution d’eau. L’électricité est également installée dans près de 100 % des communautés.

La qualité des logements et des infrastructures dans les communautés du Nord est également médiocre. Dans les années 1960, le logement pour les familles inuites est souvent financièrement inaccessible, et les matériaux de construction sont généralement inadéquats pour le climat nordique. En raison des taux élevés de transport, de construction et d’exploitation dans le Nord, de nombreux Inuits sont incapables d’obtenir ou de conserver les services publics comme l’électricité et le chauffage. Les familles inuites font face au surpeuplement et à des conditions insalubres.

Bien que la situation des Autochtones vivant dans les régions rurales et nordiques et sur les réserves se soit améliorée, des problèmes subsistent. En général, les peuples autochtones vivent dans de moins bonnes conditions de logement, incluant du surpeuplement et des maisons nécessitant d’importantes réparations, que les non-Autochtones. Ceci est particulièrement vrai pour les membres des Premières Nations vivant sur les réserves et les Inuits vivant dans le Nord. La moisissure, les matériaux de construction de mauvaise qualité, la plomberie inadéquate et l’eau potable sont quelques-uns des facteurs qui doivent être réglés. De plus, plusieurs d’entre eux vivent à plus d’une famille dans une maison, ce qui est le résultat d’une combinaison de traditions et de pénurie de logements.

L’éducation est un autre facteur déterminant du bien-être économique. Presque tous les Autochtones terminent leur école primaire; la plupart vont à l’école secondaire, et un pourcentage petit mais croissant d’entre eux terminent leurs collège, cégep ou université (Voir aussi Éducation des Autochtones au Canada.) L’enseignement au primaire et au secondaire est offert dans les écoles publiques, dans les écoles gérées par les bandes, ou dans les écoles relevant d’autorités éducatives provisoires. La qualité et la quantité de l’éducation ont un impact sur les qualifications et les opportunités d’emploi. Bien que les taux d’emploi augmentent avec les niveaux de scolarité plus élevés, ils demeurent plus faibles que chez les non-Autochtones à tous les niveaux d’éducation.

Soutien du gouvernement fédéral

Bien que la plupart des Autochtones aient un travail rémunéré et que les revenus constituent un pourcentage majoritaire important du revenu total reçu par les Autochtones, une relation complexe de dépendance envers le gouvernement existe pour de nombreuses communautés. Comme le souligne le rapport de 1996 de la Commission royale sur les peuples autochtones, cette dépendance est enracinée dans la dislocation et la dépossession des communautés autochtones en raison de l’économie coloniale, qui a rendu les peuples autochtones de plus en plus marginaux et économiquement vulnérables.

Initialement, les différents paliers du gouvernement ont été réticents à accepter la responsabilité de devoir aider les peuples autochtones, plus particulièrement ceux vivant sur les réserves. Les programmes fédéraux négligeaient souvent les Métis et les Inuits. Les membres de Premières Nations vivant dans les centres urbains se sont retrouvés aux prises avec des disputes provinciales et fédérales au sujet des responsabilités et des ressources. Après la Deuxième Guerre mondiale, et plus particulièrement durant les années 1960, le gouvernement fédéral commence à jouer un rôle plus actif dans la prestation de services de développement social, éducatif, et économique pour les communautés autochtones. Entre 1981 et 2016, les dépenses fédérales destinées aux peuples autochtones ont plus que quadruplé. Toutefois, l’écart socio-économique entre les Autochtones et les non-Autochtones vivant au Canada subsiste, indiquant que le financement fédéral à lui seul n’est peut-être pas efficace ou adéquat.

Les organismes nationaux, provinciaux et territoriaux qui représentent les Autochtones, comme l’Assemblée des Premières Nations, le Ralliement national des Métis, le Congrès des peuples autochtones, et l’Inuit Tapiriit Kanatami, ont souvent des mandats qui comprennent l’amélioration des conditions sociales, à la fois sur les réserves et à l’extérieur, et ils représentent ou défendent les intérêts de leurs membres. Plusieurs de ces organismes reçoivent de l’aide financière du gouvernement fédéral.

Le saviez-vous?
Dans une tentative d’apporter une conclusion à l’héritage des pensionnats indiens, le gouvernement fédéral a mis en œuvre la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens en 2007 qui incluait un « Paiement d’expérience commune » pour les anciens élèves admissibles. Le gouvernement fédéral a alloué des fonds pour l’entrepreneuriat autochtone, ainsi que pour l’éducation, le développement social, la résolution des pensionnats, le développement communautaire, et les infrastructures.


Autonomie gouvernementale et économies autochtones

Sous l’administration coloniale, les communautés autochtones ne contrôlaient pas leur propre destinée de développement économique et social, et notamment ceux qui avaient le statut d’Indien étaient considérés comme étant des pupilles de l’État. Ce manque d’autonomie a limité le développement économique et les capacités de prise de décision. Le gouvernement canadien reconnait maintenant le droit des peuples autochtones à l’autonomie gouvernementale, en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle, mais il existe toujours une relation compliquée entre la gouvernance autochtone et la gouvernance fédérale. Les ententes d’autonomie gouvernementale donnent aux groupes autochtones un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir législatif sur leurs affaires internes, ainsi qu’une plus grande responsabilité et autonomie sur la prise de décisions qui touchent leurs communautés. Cependant, les ententes d’autonomie gouvernementale ne sont ni inhérentes et ni illimitées. Le gouvernement canadien a toujours autorité sur l’approbation des ententes d’autonomie gouvernementale et sur leur contenu.

Néanmoins, les ententes et les traités d’autonomie gouvernementale protègent les droits des Autochtones à la chasse, à la pêche et à l’exploitation de ressources pouvant offrir de l’emploi aux peuples autochtones. Par exemple, avec la Convention définitive des Inuvialuit de 1984, les Inuvialuit obtiennent le contrôle de leurs terres, y compris les droits souterrains sur le pétrole, le gaz, et les minéraux, ainsi que le droit de chasser et de récolter n’importe où dans la zone revendiquée. La Société régionale Inuvialuit et ses filiales, y compris la Inuvialuit Development Corporation, sont établies afin de gérer les droits et les avantages de la Convention. Les Inuits participent également à l’industrie pétrolière et gazière et aux entreprises connexes, à l’exploitation minière et à l’exploitation des ressources. La chasse, la pêche et le piégeage fournissent toujours des produits nutritifs et des compléments de revenu à de nombreux Inuits.

Industrie du tourisme autochtone

Le tourisme autochtone est une activité touristique qui est contrôlée et gérée par les peuples autochtones. Le tourisme autochtone vise à intégrer respectueusement la culture autochtone en tant qu’expérience touristique. Parmi certains exemples, on trouve l’apprentissage de l’art de la couture Cowichan par les Cowichan, l’achat de sculptures et d’imprimés des Inuits, la consommation de bannique dans un restaurant autochtone, ou la visite d’un site du patrimoine. Ces activités fournissent une source de revenus stables à de nombreuses communautés.

Le secteur du tourisme autochtone du Canada est diversifié. Plus de 1800 entreprises autochtones participent à ce secteur, employant plus de 39 000 personnes. Le tourisme autochtone est également un secteur en pleine croissance. Selon l’Association touristique Autochtone du Canada, le tourisme autochtone a rapporté environ 1,86 milliard de dollars en produit intérieur brut, avant la pandémie de COVID-19.

Organismes autochtones de développement des entreprises

Il existe un certain nombre de programmes et d’organismes qui soutiennent les entreprises autochtones au Canada. Par exemple, le Conseil canadien pour le commerce autochtone (CCCA), un organisme national non partisan à but non lucratif, est créé en 1984 pour soutenir le développement des entreprises autochtones. Cet organisme offre également du mentorat en plus du financement aux entreprises. Le Conseil national de développement économique des Autochtones, établi en 1990, est créé pour fournir des conseils au gouvernement sur les stratégies et les programmes visant à promouvoir le développement économique des peuples autochtones au Canada. Cet organisme est le seul organisme national apolitique qui conseille les entreprises autochtones et en fait la promotion au Canada.

En 1996, l’Association nationale des sociétés autochtones de financement est créée par un groupe collectif d’institutions financières autochtones afin de développer des produits et services financiers pour les communautés autochtones. Les organismes de développement économique communautaire, gérés par les communautés des Premières Nations, offrent également une variété d’incitatifs au développement par le biais d’initiatives d’affaires, d’emploi, et de développement des ressources. L’Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor) est créée en 2009 pour augmenter le nombre d’entreprises nordiques et autochtones et pour accroître l’accès à du financement pour les entrepreneurs.

Pleins feux sur les entreprises autochtones

Il existe des milliers d’entreprises détenues et exploitées par des Autochtones au Canada. Cette brève section met en lumière certaines des entreprises prospères qui sont les premières dans leur domaine et qui soutiennent les communautés autochtones. Le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) est le premier et seul diffuseur national autochtone au monde. APTN offre une programmation faite par, pour et au sujet des Autochtones. Plus de 75 % des employés de APTN s’identifient comme étant Autochtones. Nk'Mip Cellars est le premier vignoble détenu et exploité par des Autochtones. Il est situé à Osoyoos, dans la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique. La Banque des Premières Nations du Canada est une institution financière qui est majoritairement détenue et contrôlée par des Autochtones et qui se concentre sur la prestation de services financiers sur le marché autochtone du Canada. Des succursales et des centres bancaires communautaires de la banque existent à travers le Canada. Manitoba Mukluks est une compagnie appartenant à des Autochtones qui vend des chaussures dans le monde entier. Plusieurs de leurs produits vedettes sont fabriqués dans une usine de production appartenant à des Autochtones à Winnipeg. La Kitikmeot Inuit Association, qui appartient à des Autochtones à 100 %, est associée à Advanced Medical Solutions pour gérer Medic North Nunavut Inc. Cette association fournit du personnel médical, de l’équipement médical, des fournitures ainsi que des véhicules d’urgence aux sites éloignés.

Entreprises autochtones

Les entreprises autochtones se développent. En 2016, le taux de travail autonome chez les Autochtones est de 8,3 %, soit plus élevé que celui de la moyenne canadienne. Les Métis ont le taux le plus élevé avec 14 %, suivis par les membres des Premières Nations vivant à l’extérieur des réserves avec 11 %. Les Inuits déclarent un taux de travail autonome de 6 %.

Les entreprises autochtones sont diversifiées et elles couvrent des secteurs et des marchés industriels, incluant le secteur de la construction; les secteurs primaires comme l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse; l’exploitation minière; le pétrole et le gaz; et les secteurs de services comme l’éducation, les services techniques et scientifiques, et les services sociaux et des soins de santé. La majorité des entreprises appartenant à des Autochtones se concentrent sur les communautés locales et/ou sur les provinces et les territoires d’origine.

La plupart des compagnies autochtones sont des petites entreprises, comptant moins de 100 employés. Les entreprises appartenant à des Autochtones constituent une importante source d’emploi pour les peuples autochtones. En moyenne, les Autochtones représentent environ les deux tiers des employés de ces entreprises.

En 2015, plus de 1800 entreprises sont inscrites sur le répertoire des entreprises autochtones, une initiative du gouvernement fédéral. L’inscription à ce répertoire n’est pas obligatoire et ne comprend donc pas toutes les entreprises qui appartiennent à des Autochtones et qui sont gérées par eux au Canada; toutefois, le répertoire démontre le volume et la variété des entreprises autochtones.


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