Nichola Goddard

Nichola Goddard, M.S.M., soldate (née le 2mai1980 à Madang, en Papouasie-Nouvelle-Guinée; décédée le 17 mai 2006 en Afghanistan). La capitaine Nichola Goddard est la première femme soldate canadienne à mourir au combat. Son décès ébranle tout le pays et est couvert par les grands médias canadiens. Bien que plusieurs considèrent que le combat est réservé aux hommes, l’histoire de Nichola Goddard témoigne de l’engagement, du service et du sacrifice de nombreuses femmes dans les forces armées canadiennes.



Captaine Nichola Goddard

La capitaine Nichola Goddard, en service avec la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry en Afghanistan, perd la vie lors d’une opération militaire contre les forces talibanes.

Jeunesse

Nichola Kathleen Sarah Goddard est l’aînée des trois enfants des enseignants britanniques et canadiens Tim et Sally Goddard. Son enfance est marquée par les nombreux voyages de sa famille. Elle passe les trois premières années et demie de sa vie dans des villages reculés de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où elle adopte le régime alimentaire local et apprend à parler la langue. À l’été 1984, la carrière de ses parents emmène la famille à Black Lake, en Saskatchewan, une petite collectivité autochtone accessible par avion située à environ 60 km au sud des Territoires du Nord-Ouest. L’enfant y apprend la langue de ses amis du terrain de jeux, le dené. À l’âge de 18 ans, Nichola Goddard a déjà vécu dans sept communautés différentes au Canada. Elle fait ses études secondaires à Antigonish, en Nouvelle-Écosse.

Le saviez-vous?
Nichola Goddard reçoit le surnom de « Care Bear », qui signifie Câlinours, de son équipe de ski de fond d’Edmonton. Pendant une course, elle sacrifie son avance considérable pour aider une coéquipière souffrant d’une crise d’asthme.

Carrière militaire

Nichola Goddard décide d’entamer une carrière militaire pendant sa dernière année du secondaire, en 1997. Sally Goddard se rappelle qu’une « éducation gratuite et un emploi pendant cinq ans après ses études » ont grandement influencé la décision de sa fille.

Après la fin de ses études secondaires, la jeune femme se rend à Montréal pour suivre un cours élémentaire d’officier (CEO) à la Garnison Saint-Jean, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle étudie ensuite pendant quatre ans au Collège militaire royal, à Kingston, en Ontario. Elle y reçoit un diplôme d’officière d’artillerie et est affectée au premier Regiment Royal Canadian Horse Artillery (1RCHA; Régiment royal de l’artillerie montée canadienne) en tant que sous-lieutenante. À ses débuts dans les forces armées, Nichola Goddard participe aux efforts de lutte contre les incendies et de contrôle des avalanches en Colombie-Britannique. Elle est plus tard promue au grade de capitaine.

Ceux qui ont fait leur service avec Nichola Goddard la décrivent comme une personne qui inspire rapidement le respect de ses camarades. Son ancienne commandante, la lieutenante-colonelle à la retraite Anne Reiffenstein, souligne les liens durables qu’a su créer la jeune femme avec les militaires du rang du régiment. Un jour, après avoir assigné des tâches supplémentaires à Nichola Goddard en raison d’une erreur commise pendant un exercice d’entraînement, elle se rappelle que « C’était comme si j’avais frappé des bébés chiens. Tous les sous-officiers supérieurs sont venus me voir et se sont plaints pendant deux jours et demi. [...] Ils savaient qu’elle était là pour eux, et eux pour elle. »

La jeune militaire est envoyée en Afghanistan en janvier 2006 comme officière observatrice avancée (OOA) pour la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (1PPCLI; Infanterie légère canadienne de la princesse Patricia). À la tête d’un détachement d’observation avancé (détachement d’OOA) de l’artillerie, elle est mandatée de commander les tirs indirects des pièces d’artillerie. Les détachements d’OOA sont également responsables de coordonner les frappes aériennes et les hélicoptères d’attaque. Ils se déplacent à l’aide d’un véhicule blindé léger (VBL), qui pèse 17 tonnes et est muni de 8 roues et d’une mitrailleuse à chaîne.

Bataille et décès

Le 17 mai 2006, Nichola Goddard et plus de 200 soldats canadiens et afghans sont déployés pour balayer une zone dans le sud de Kandahar, dans le district de Panjwayi. La mission vise à éliminer un groupe taliban qui se trouve dans la région.

Nichola Goddard et son équipe tombent dans une embuscade organisée par des militants alors qu’ils entrent dans une mosquée du district de Panjwayi. En tant que commandante, la jeune femme se tient alors dans la tourelle du VBL, la tête et les épaules sorties. De nombreuses grenades propulsées par fusée touchent son véhicule. Des éclats d’obus l’atteignent alors à l’arrière de la tête et la tuent sur le coup. La jeune militaire rend l’âme à l’âge de 26 ans.

La capitaine Nichola Goddard est la première femme soldate canadienne à perdre la vie au combat. Parmi tous les soldats décédés depuis l’arrivée des Canadiens en Afghanistan, elle est également celle au plus haut rang. Elle est la seizième victime canadienne de ce conflit.

La famille de Nichola Goddard organise des funérailles publiques à l’église anglicane St. Barnabas, à Calgary, le 26 mai 2006. La jeune femme est enterrée au Cimetière militaire national Beechwood, à Ottawa.

Le 27 octobre 2006, Nichola Goddard reçoit, à titre posthume, la Médaille du service méritoire.

Héritage

Le décès de Nichola Goddard en 2006 ébranle tout le pays. Bien des Canadiens croient alors que le combat militaire est une tâche réservée aux hommes. Le décès d’une femme soldate est donc digne d’une couverture médiatique. En effet, la vie et la mort de Nichola Goddard sont plus médiatisées que celles des 158 autres soldats tués en Afghanistan. Selon ses amis et parents, la jeune femme avait les stéréotypes de genre en horreur et se considérait comme une égale de ses homologues masculins. Son histoire a permis de démontrer que des femmes étaient sur le front, risquaient leur vie et gravissaient elles aussi les échelons.

En 2014, le lac Goddard, en Saskatchewan, est nommé en son honneur. Un navire de la Garde côtière canadienne, le Captain Goddard M.S.M. (mis en service en 2014), et l’école Captain Nichola Goddard, à Calgary, en Alberta, portent également son nom. L’épée commémorative du capitaine Nichola Goddard est décernée annuellement à l’élève d’artillerie de troisième année le plus méritant du Programme de formation des officiers − Force régulière. Le Fonds Capitaine Nichola Goddard de la fondation True Patriot Love offre du financement pour des programmes communautaires visant à soutenir les femmes militaires, les anciennes combattantes et leur famille.