McKay, James

James McKay, politicien métis manitobain, interprète, guide, commerçant de fourrure et commis et maître de postes à la Compagnie de la Baie d’Hudson (né le 5 février 1828 à Edmonton House, en Alberta ; décédé le 2 décembre 1879 à St. James, au Manitoba). Membre du conseil d’Assiniboine (de 1868 à 1869), James McKay a joué un rôle de modérateur durant la rébellion de la rivière Rouge. Il sert également le Manitoba à titre de président du conseil exécutif, de président du conseil législatif et de ministre de l’Agriculture, en plus de siéger au conseil des Territoires du Nord-Ouest de 1873 à 1875. Habile locuteur de plusieurs langues autochtones, James McKay s’est impliqué dans les négociations des Traités nos 1, 2 et 3 au début des années 1870. À titre de commissionnaire pour les Traités nos 5 et 6, il a ajouté des dispositions pour aider les peuples autochtones à obtenir des fournitures médicales dans l’éventualité d’épidémies et de famines, mais aussi pour faciliter leur nouvelle vie sur les réserves. La vie et la carrière de James McKay illustrent les tentatives des chefs métis, tant en commerce qu’en politique, de s’adapter aux changements rapides survenus dans la foulée de la Confédération.



James McKay
James McKay, un Métis, a joué un rôle de modérateur pendant la Rébellion du Nord-Ouest.

Enfance et éducation

James McKay naît en 1828 à Edmonton House, un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) aussi appelé Fort Edmonton et situé au centre de l’actuelle Alberta. Il est le fils aîné de James McKay, un guide de brigades de barges écossaises travaillant pour la CBH et d’une mère métisse nommée Marguerite Gladu. James fils a trois frères : John (né en 1831), George (né en 1833) et Angus (né en 1835).

James McKay fréquente la Red River Academy, une école pour les fils des employés de la CBH, située à l’ouest de Winnipeg. Il apprend l’anglais, le français, l’ojibwé, le cri et le sioux.

Carrière au sein de la CBH

De 1853 à 1860, James McKay travaille comme maître de postes et commis pour la CBH. Il y gère de petits postes de traite, surtout dans le sud-ouest de l’actuel Manitoba et dans le sud-est de l’actuelle Saskatchewan. En 1859, il établit deux postes de la CBH en territoire américain.

Fort d’une connaissance approfondie des Prairies, James McKay excelle comme guide et interprète. Sa maîtrise des langues autochtones lui confère une grande autorité auprès des peuples autochtones. Il aime revêtir la tenue de la rivière Rouge qui est populaire chez les traiteurs métis : une capote bleue (grand manteau à capuchon) avec boutons en laiton, une chemise de flanelle, des mocassins, un pantalon en laine artisanale et une ceinture-écharpe.

À titre de guide en région sauvage et d’aventurier, James McKay se fait une fierté de mener ses clients à bon port et dans les délais prévus, peu importe la météo ou les conditions. Une fois, alors qu’il sert de guide à Sir George Simpson, James franchit des cours d’eau et des muskegs en portant le gouverneur de la CBH sur ses épaules.

Le comte de Southesk, qui visite les territoires de la CBH en 1859, décrit James McKay comme un homme robuste et actif, ainsi qu’un formidable cavalier « à la peau couleur cuivrée rouge à force d’être exposé aux éléments. » Il dit : « Que ce soit à titre de guide ou de chasseur, il [James McKay] est reconnu comme l’un de ses [la CBH] meilleurs hommes. »

En 1860, George Simpson tente de renouveler le contrat de James McKay avec la CBH, mais ce dernier préfère lancer sa propre entreprise de transport de marchandises et de courrier et de traite des fourrures. En plus d’opérer une diligence entre Winnipeg et Edmonton, il équipe et guide des chasseurs et des voyageurs, dont des excursions de missionnaires et de touristes, ainsi que de prestigieuses expéditions scientifiques. Deer Lodge, la résidence de James McKay située dans la paroisse de St. James, sur le sentier de portage, au Manitoba, devient un lieu de rencontre pour les Premières Nations, les Métis et les nouveaux arrivants issus de l’élite ontarienne. James McKay sert de pont entre l’ancienne façon de faire la traite de fourrures et la chasse au bison, et la nouvelle façon de marchander des agriculteurs, des marchands, des éleveurs et du gouvernement constitutionnel.

Politique et Rébellion de la rivière Rouge

En 1868, James McKay est nommé au conseil d’Assiniboine, l’instance dirigeante de la colonie de la rivière Rouge. Il s’agit d’une période charnière pour les habitants de la colonie. En effet, le nouveau gouvernement du Dominion souhaite ajouter le Nord-Ouest aux colonies canadiennes, et entreprend des négociations avec le gouvernement britannique et la CBH pour arriver à ses fins. Personne ne prend cependant la peine de consulter les populations de la rivière Rouge et du Nord-Ouest.

Au début de la rébellion de la rivière Rouge en 1869, James McKay est nommé conseiller britannique du gouvernement provisoire de Louis Riel. Contrairement à son frère Angus qui participe activement à l’agitation politique, James McKay préfère demeurer neutre et agir à titre de modérateur. Même s’il ne peut pas appuyer officiellement Louis Riel, il promet de ne pas s’opposer à lui par la force, affirmant : « Je ne peux pas prendre les armes contre mon propre peuple. »

Il devient président de la cour de district des Plaines à Whitehorse. De 1868 à 1869, il est membre du comité de lutte contre la famine au sein du gouvernement provisoire. Durant l’hiver 1869-1870, James McKay quitte la rivière Rouge pour les États-Unis et évite ainsi d’avoir à choisir un camp dans les différents conflits.

Carrière politique post-rébellion

James McKay fait preuve de justice et d’ouverture d’esprit dans ses actions politiques, ce qui lui vaut une réputation d’homme au bon jugement. On le récompense d’ailleurs pour sa loyauté indéfectible envers le gouvernement canadien et la population de la rivière Rouge. Quand le lieutenant-gouverneur Sir Adams Archibald forme le premier gouvernement du Manitoba en 1871, il nomme James McKay au conseil législatif. Ses collègues l’élisent président du conseil, un mandat qu’il occupe de 1871 à 1874. Les quatre années suivantes, il est ministre de l’Agriculture. Durant cette période, il s’efforce de faire avancer l’agriculture et d’encourager l’immigration, tout en se penchant sur des questions qui touchent les Métis les Premières Nations, notamment la disparition du bison qui cause la famine et force ces populations à se déplacer.

En 1871, James McKay se joint au conseil exécutif d’Adams Archibald, dont il est président jusqu’en 1874. En 1873, il contribue à la mise sur pied de la Chambre de commerce de Winnipeg. Quand les Métis demandent à être représentés au gouvernement, James McKay est nommé au conseil des Territoires du Nord-Ouest, où il siège de 1873 à 1875.

Aux élections partielles de janvier 1877, James McKay est élu par acclamation à la nouvelle Assemblée législative provinciale, représentant la circonscription du lac Manitoba. (Son frère Angus occupe ce siège depuis 1870, mais démissionne en décembre 1876 pour devenir agent des Indiens.) Toujours en 1877, James McKay devient président du club de chasse de Winnipeg, une association qui vise à protéger la chasse dans la province.

LE SAVIEZ-VOUS?
Certains des bisons de James McKay sont des ancêtres des bêtes que l’on retrouve au zoo du parc Assiniboine. Vers 1860, il vend certains de ses bisons (croisés avec des bœufs) à Samuel Bedson, gardien du pénitencier de Stony Mountain au Manitoba. Samuel Bedson emmène les bêtes à Stony Mountain, où elles restent jusqu’en 1889. Il les vend ensuite à Buffalo Jones, du Kansas, et en offre quelques-uns à Lord Strathcona, qui les ramène à Deer Lodge. En 1898, Lord Strathcona donne son troupeau au gouvernement du Dominion qui, à son tour, fait don de quatre bisons à la ville de Winnipeg. Les bêtes font ensuite leur chemin jusqu’au zoo du parc Assiniboine.


Implication dans les traités numérotés

Polyglotte, James McKay prend part aux négociations des Traités nos 1 et 2 en 1871, et du Traité no 3 en 1873. Pour le Traité no 5 en 1875 et le Traité no 6 en 1876, il agit à titre de commissionnaire.

Dans le cadre des négociations du Traité no 6, James McKay aide les peuples autochtones à faire des gains en leur garantissant des fournitures médicales et du soutien durant les épidémies, les famines et l’établissement des réserves. En 1876, à Fort Carlton, en Saskatchewan, James McKay déclare aux Autochtones : « [V]ous êtes les enfants de la grande reine au même titre que nous, et la paix a toujours régné entre nous. » James McKay, cherchant toujours la conciliation et le compromis, se voit à la fois comme un sujet britannique et un Autochtone.

En 1878, des problèmes de santé le forcent à se retirer de la politique.

Vie personnelle

Presbytérien de naissance, tout comme ses frères, James McKay se convertit au catholicisme. En 1859, il épouse Margaret Rowand, la troisième fille de John Rowand, agent principal de la CBH de 1826 à 1854. Cette union donne à James McKay des richesses et un statut social certain.

Le couple a trois fils, James, John Angus et John Henry, et trois filles, Jane, Marie et Augusta. Cette dernière est adoptée.

Le 2 décembre 1879, James McKay s’éteint à Deer Lodge, sa résidence située à St. James, au Manitoba. Il a alors 52 ans. Sa femme décède en février de la même année. Leur demeure devient une auberge rurale, avant d’être plus tard convertie en hôpital pour les vétérans de la Première Guerre mondiale.

Héritage

On se souvient de James McKay comme d’un chef métis puissant. Il sert sa communauté à travers les différents rôles qu’il joue en politique autochtone et provinciale, les entreprises commerciales qu’il fonde et le travail communautaire qu’il accomplit. La capacité de James McKay à parler plus d’une langue et à travailler avec des gens de toutes allégeances politiques lui permet de combler certaines lacunes culturelles entre les Canadiens français et anglais, mais aussi entre les Autochtones et les non-Autochtones. Une plaque du conseil du patrimoine du Manitoba, installée en 1982 au centre Deer Lodge situé sur l’avenue Portage à Winnipeg, honore la contribution de James McKay à la fondation de la province du Manitoba.


Lecture supplémentaire

  • Bumsted, J. M. (2001, Louis Riel v Canada: The Making of a Rebel. p. 87; trad. Louis Riel c. Canada : les années rebelles, 2001)


Liens externes