Canadiens écossais (Canadiens d'origine écossaise)

Souvent considérés comme des Canadiens anglais, les Écossais ont toujours tenu à leur caractère distinct. Les liens entre l'Écosse et le Canada remontent au 17e siècle. Depuis plus de 200 ans, l'immigration écossaise a été régulière et abondante. Explorateurs, industriels, éducateurs, politiciens et artistes, les Écossais ont contribué à l'évolution du Canada dans de nombreux domaines. Les Écossais sont le troisième groupe en importance au Canada et parmi les premiers européens à s’y être établis. Lors du recensement canadien de 2016, 4 799 005 Canadiens se déclaraient de souche écossaise, soit 14 % de la population, à la fois dans les réponses simples et multiples.

Sir John A. Macdonald
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada/C-009267.
Mackenzie, Alexander (premier ministre)
Homme intègre et travailleur, Alexander Mackenzie manque toutefois d'imagination (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-20052).
Allan, sir Hugh
Après avoir été un prince de l'industrie du transport, Hugh Allan se tourne vers le chemin de fer, les communications et la finance (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-26668).
Donald Alexander Smith, financier des chemins de fer
Smith était un fervent défenseur du Canadian Pacific et son soutien financier a été essentiel à son développement (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-3841).
Bell, Alexander Graham
Alexander Graham Bell à l'inauguration de la ligne interurbaine qui relie New York et Chicago. (Collection Gilbert H. Grosvenor, Library of Congress).
Portrait de Norman Bethune, pris à Madrid, en Espagne, en 1937 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-114788).
Norman McLaren
Image: Lois Siegel.
Mowat, Farley
Farley Mowat est depuis longtemps l'un des auteurs canadiens les plus connus et les plus lus (photo de Fred Philipps; avec la permission de l'écrivain).
Douglas Campbell
Munro, Alice
Le style de Munro est caractérisé par la recherche de certains gestes révélateurs qui mettent en lumière un événement et lui donnent un caractère personnel (photo de Jerry Baker).
 James Cameron
James Cameron lors de la cérémonie pour l'intronisation de Gale Anne Hurd au Hollywood Walk of Fame. Photo prise le 3 octobre 2012.
McKennitt, Loreena
(photo de Ann Elliot-Cutting)
Sutherland, Donald, 2000
Donald Sutherland qui a joué dans plus de 100 films a passé son enfance en Nouvelle-Écosse (photo de Peter Bregg/Maclean's).\r\n \r\n\r\n
Hon. Peter McGill
McGill a été le premier président de la St. Andrew's Society of Montreal et maire de la Ville de Montréal de 1840 à 1842.


Présentation

Les Écossais et leurs descendants ont profondément marqués la toponymie, l’économie, les institutions, la vie politique et culturelle du pays. Ils ont contribué à l'évolution du Canada dans plusieurs domaines. Au nombre des leurs, on relève les noms de Sir Alexander Tilloch Galt, James Bruce (Lord Elgin), Donald Alexander Smith (Lord Strathcona), William Lyon Mackenzie, Harold Adams Innis, Sir William Mackenzie, Sir Hugh Allan, George Stephen, Maxwell Aitken (Lord Beaverbrook), Alexander Begg, William Lewis Morton, Blair Fraser, Norman Bethune, Farley Mowat, Charles William Gordon (pseudonyme Ralph Connor), Douglas Campbell et Norman McLaren.

Migration et peuplement

Le royaume d'Écosse crée l'une des premières colonies au Canada lorsque, en 1621, Sir William Alexander est gratifié d'une charte royale pour le territoire de la Nouvelle-Écosse. Il installe au Cap-Breton et dans la baie de Fundy de petits établissements qui ne prospèrent guère, et le territoire est cédé à la France en 1632. Quelques Écossais immigrent en Nouvelle-France, mais le véritable mouvement migratoire s'amorce vers 1720 avec l'arrivée successive de quelques hommes de la région d'Orkney recrutés par la Compagnie de la Baie d’Hudson pour travailler dans l'Ouest. Des soldats des Highlands écossais forment les troupes d'élite de l'armée britannique qui vainc la France lors de la Guerre de Sept Ans. Plusieurs d'entre eux demeurent en Amérique du Nord, et, après 1759, des marchands écossais s'installent au Québec, où ils dominent le commerce et la traite des fourrures.

Entre 1770 et 1815, quelque 15 000 Écossais des Highlands s'établissent au Canada, principalement à l'Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse (voir Hector) et dans le Haut-Canada. La plupart viennent des Highlands de l'Ouest et des îles écossaises. À quelques exceptions près, ils ne parlent que le gaélique (voir Langues celtiques), et plusieurs sont de religion catholique. Ils se forment en communautés agricoles, et, au début du 19e siècle, le gaélique vient au troisième rang des langues européennes parlées au Canada. Quelques Highlanders sont attirés à la colonie de la rivière Rouge par le Comte de Selkirk, et quelques autres, engagés dans la traite des fourrures, s'y installent avec leurs familles autochtones après 1821 (voir Métis). Toutes ces communautés conservent les traditions écossaises et forment, durant plusieurs années, des enclaves ethniques distinctes.

Après 1815, l'immigration écossaise s'accroît et prend une autre tournure. Encouragés par les autorités britanniques, les Écossais des Lowlands se joignent aux Highlanders pour s'établir au Canada. Entre 1815 et 1870, ils sont ainsi 170 000 à traverser l'Atlantique, soit quelque 14 % de l'immigration britannique pour cette période. Vers les années 1850, la plupart de ces nouveaux arrivants s'installent dans la Province du Canada plutôt que dans les colonies des Maritimes (voir Provinces de l’Atlantique). Selon le recensement de 1871, 157 Canadiens sur 1 000 sont d'origine écossaise, la proportion allant de 4,1 % au Québec à 33,7 % en Nouvelle-Écosse.

Les immigrants représentent un échantillonnage fidèle de l'ensemble de la population écossaise. La plupart sont fermiers ou artisans, mais on compte un fort contingent d'entrepreneurs et de membres de professions libérales, notamment des instituteurs et des ministres du culte. La plupart sont presbytériens (voir Églises presbytériennes et réformées) et parlent l'anglais. Ils ont tendance à se regrouper et se montrent particulièrement actifs dans la création d'institutions scolaires (voir Systèmes scolaires) consacrées à la formation des sujets les plus doués (par exemple le St. John's College, à la rivière Rouge).

Depuis 1870, le rythme de l'immigration et de l'implantation écossaises s'est profondément modifié, obéissant en cela aux changements survenus au Canada et en Écosse. Lorsque les pressions démographiques se sont atténuées dans les Highlands, leurs habitants ont cessé d'immigrer en grand nombre au Canada. Dans les Lowlands, urbanisation et industrialisation réduisent la proportion relative d'agriculteurs, lesquels réduisent d'autant leur apport au flux migratoire.

Au Canada, entre-temps, la croissance manufacturière (voir Fabrication industrielle) et l'explosion urbaine attirent les immigrants écossais, certains d'entre eux se dirigeant cependant vers les dernières grandes frontières agricoles de l'Ouest. Cette migration écossaise ne diminue pas pour autant. De 1871 à 1901, ils sont 80 000 à chercher ainsi au Canada un meilleur avenir. Ce nombre atteint 240 000 au début du siècle (avant la Première Guerre mondiale), 200 000 s'y ajoutent entre 1919 et 1930, et 147 000 entre 1946 et 1960.

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Réplique du Hector, navire ayant transporté en 1773 les premiers immigrants écossais vers la Nouvelle-Écosse. Photo prise le 20 août 2011 21741263 \u00a9 Stephenmeese | Dreamstime.com
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Pierre commémorant l'Hector, navire ayant transporté en 1773 les premiers immigrants écossais vers la Nouvelle-Écosse. Photo prise le 20 août 2011 21682144 \u00a9 Stephenmeese | Dreamstime.com
Archibald McNab
Archibald McNab, 12e laird de McNab, traitait les immigrants écossais comme des serfs. Mezzotinte de Henry Raeburn (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-11069).
Selkirk, Thomas Douglas
Les motifs qui animent le comte de Selkirk à fonder des colonies à l'Île-du-Prince-Édourd, dans le Haut-Canada et à la rivière Rouge, sont un mélange complexe d' humanitarisme et d'ambition personnelle (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-1346).
Uniforme : Royal Highlanders
Uniforme du 5e Régiment des Royal Highlanders (avec la permission des Musées nationaux du Canada/Musée canadien des civilisations).
Uniforme : Seaforth Highlanders
Uniforme du 72e Seaforth Highlanders, Vancouver, Colombie-Britannique (avec la permission des Musées nationaux du Canada/Musée canadien des civilisations).
Immigrants écossais
Immigrants prêts à quitter l'Écosse pour le Canada, vers 1920 (avec la permission de la Presse canadienne).

Vie politique et économique

Au 19e siècle, les Écossais sont très présents en politique et dans le domaine du commerce. Des hommes tels James Glenie et John Neilson sont souvent les principaux critiques de structures politiques élitistes, en dépit du fait que d'autres Écossais, tels John Strachan, font partie de cette élite. Les deux premiers ministres du Canada, John A. Macdonald et Alexander Mackenzie, sont tous deux nés en Écosse.

Molson, John
John Molson, un orphelin de Lincolnshire en Angleterre, s'installe à Montréal en 1782. En 1786, le jeune entrepreneur y aura déjà fondé une petite brasserie qui est aujourd'hui l'une des plus vieilles compagnies du Canada (Bibliothèque et Archives Canada).
Alexander Tilloch Galt
Galt est l'un des premiers constructeurs de chemin de fer du XIXe siècle et l'un des premiers à réclamer une fédération des colonies britanniques (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-13008).
Les Écossais sont aussi fort actifs dans le monde des affaires, particulièrement dans la traite des fourrures, le commerce du bois (voir Histoire du commerce du bois), les banques (voir Activité bancaire) et l’administration des chemins de fer (voir Histoire du chemin de fer). En 1779, des Écossais de Montréal (dont Simon McTavish, Isaac Todd et James McGill) fondent la Compagnie du Nord-Ouest (CNO) afin de concurrencer la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), détentrice du monopole de la traite des fourrures. Rapidement, la CNO s’empare des deux tiers du marché. La lutte que se livrent les deux compagnies tourne parfois à des affrontements violents sur le terrain, mais en 1821, la CNO et la CBH fusionnent leurs activités. Plusieurs « barons du bois » qui domineront l’exploitation et le transport du bois dans la vallée de l’Outaouais (voir rivière des Outaouais), tels que James MacLaren, viennent d’Écosse. La Banque de Montréal (1818) et le chemin de fer du Canadien pacifique (1881) sont aussi des entreprises fructueuses créées par des hommes d’affaires écossais. Durant les années 1880, près de la moitié des chefs d'industrie proviennent de familles écossaises immigrées depuis peu au Canada.

McGill, James
En tant que mécène, le puissant marchand de fourrures James McGill met sa richesse au service des institutions de Montréal, notamment de l'université qui porte son nom (avec la permission de la Metropolitan Toronto Reference Library/T14908).
James Bruce Elgin, 8e comte de
Pour le comte d'Elgin, le gouvernement responsable était la meilleure façon de résoudre le conflit politique entre le Haut-Canada et le Bas-Canada. Aquatinte signée par le comte (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada).
Mackenzie, William Lyon
Grand provocateur et éditeur d'un journal, William Lyon Mackenzie, \r\nd'origine écossaise, déclenche la Rébellion de 1837, mais son comportement \r\nfantasque le mènera à l'échec (Bibliothèque et Archives Canada/C-1993).
Aitken, William Maxwell
Lord Beaverbrook (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-6467).
William Lyon Mackenzie King
W.L.M. King pendant la campagne électorale de 1926 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-13886).

Éducation

Ce succès en affaires génère des fortunes colossales dont la collectivité bénéficie ensuite par l’entremise de la philanthropie. Fondée en 1821 grâce au legs d’un terrain et d’une somme de 10 000 £ du marchand écossais James McGill, l’Université McGill jouit de la générosité financière de membres influents de la communauté écossaise de Montréal comme Peter Redpath, Lord Strathcona, Sir William Christopher Macdonald, John Molson Jr. et William Molson. Les bâtiments de cette université, tout comme plusieurs édifices montréalais, sont d’ailleurs conçus par des architectes écossais.

Dans les Maritimes, les Écossais sont à l’origine de la création de nombreux établissements d’enseignement. C’est le cas du collège Dalhousie à Halifax (devenu plus tard l’Université Dalhousie) ainsi que l’Université St. Francis Xavier d’Antigonish, fondés respectivement par George Ramsay (9e comte de Dalhousie, gouverneur de l’Amérique du Nord britannique entre 1820 et 1828) en 1818 et l’évêque catholique Colin Francis MacKinnon en 1853. En Ontario, le Collège Queen’s de Kingston (aujourd’hui l’Université Queen’s) est créé en 1841 par l’église presbytérienne, en collaboration avec l'Église d'Écosse.

On peut dire que c’est en grande partie à cause de l’influence des Écossais que la culture dominante au Canada fut britannique plutôt qu'anglaise et que l'on trouve, dans le système d'éducation et dans les valeurs morales de ce pays, des traits écossais typiques, comme l'observance du repos dominical et la tempérance. La philosophie morale écossaise a aussi exercé une forte influence sur l'enseignement de la philosophie au Canada.

Vie sociale et culturelle

Les Écossais ont fondé à travers le pays, leurs propres institutions. À Montréal, ils ont créé des clubs sociaux et sportifs (Beaver Club, Royal Montreal Curling Club, Royal Montreal Golf Club), des hôpitaux (Montreal General Hospital), des sociétés d’assistance mutuelle et des associations culturelles (​St. Andrew’s Society of Montreal), voire même un bataillon d’infanterie, qui deviendra le Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada. La formation de ces institutions intervient parfois très tôt dans l’histoire des villes canadiennes. Ainsi, la St. Andrew’s and Caledonian Society of Vancouver est fondée la même année que la ville, soit en 1886.

St. Andrew
Presidents de la St. Andrew's Society of Ottawa, 1909
Billets pour le bal de la Saint André (St. Andrew
Bal de la Saint-André (St. Andrew Ball)
Liste des anciens invités d'honneur au bal de la Saint-André de la St. Andrew's Society of Montréal, 1969
St. Andrew
Bal de 1958
St. Andrew
Le bal de la St. Andrew's Society, Montreal: Les débutantes dansent avec leurs accompagnateurs, 1956
 St. Andrew
Le Bal de St. Andrew's, Montréal: La danse des débutantes et leurs accompagnateurs, 1956
Plusieurs toponymes canadiens font référence à la culture écossaise ou à des personnalités d’origine écossaise. Calgary tire ainsi son origine d’un nom gaélique qui signifie « ferme de la baie » ou peut-être « le jardin de Kali », alors que le fleuve Mackenzie est nommé en l’honneur de l’explorateur Alexander Mackenzie, qui en 1789, est le premier européen à le parcourir d’un bout à l'autre.

La culture écossaise a aussi marqué l’imaginaire de la littérature canadienne. Les récits des grands voyageurs et explorateurs écossais comme Alexander Henry et Mackenzie ont fait l’objet de nombreuses publications (voir Littérature de langue anglaise sur les explorations). Au début du 20e siècle, Ralph Connor (Charles William Gordon), un pasteur originaire du comté de Glengarry en Ontario est le canadien le plus lu, alors que ses romans (entre autres, Glengarry School Days) se vendent à plus de 5 millions d’exemplaires. The Scotch (1964) écrit par l’économiste John Kenneth Galbraith, un témoignage amusant à propos de son enfance dans une petite communauté écossaise du comté d’Elgin connaît un certain succès. Celui qu’on considère aujourd’hui comme le père du cinéma d’animation canadien, Norman McLaren est également d’origine écossaise.

Henry, Alexander
En 1761, Alexander Henry quitte Montréal pour Michilimackinac, et en 1775, il s'aventure dans l'ouest du pays (avec la permission de la Metropolitan Toronto Reference Library).
Alexander Mackenzie
La célébrité de Mackenzie repose sur les deux voyages qu'il a entrepris jusqu'en Arctique et dans l'océan Pacifique. Gravure de Thomas Lawrence (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-2146).
Mackenzie, fleuve (à Fort Good Hope)
Le Mackenzie s'élargit à quelques kilomètres au nord de Fort Good Hope, dans les Territoires du Nord-Ouest (Corel Professional Photos).
Innis, Harold

Maintien du groupe

À l'instar de la plupart des autres groupes d'immigrants, les Écossais préfèrent l'Ontario et l'Ouest à la région de l'Atlantique et au Québec. Dans les Maritimes, une forte proportion de la population d'origine écossaise est native de ces provinces. Tout comme le Québec, Terre-Neuve n'a jamais abrité de population écossaise importante. On retrouve des Écossais dans toutes les autres provinces, en milieu urbain et en milieu rural.

Écossais
Cornemuseurs lors des Jeux des Highlands d'Antigonish en Nouvelle-Écosse (photo de Sherman Hines).

Comme tous les autres groupes ethniques, ils se sont de plus en plus assimilés à la société canadienne, tout en gardant conscience de leur héritage culturel. De même ont-ils tenu à mettre l'accent sur certaines des manifestations les plus spectaculaires de leur appartenance, tels les clans, le tartan, les danses des Highlands et la pratique du curling. Depuis 1819, les Jeux des Highlands se tiennent dans les diverses communautés écossaises du Canada. Cette tradition où compétitions sportives, danses et musique se côtoient, fait aujourd'hui partie intégrante de la culture canadienne. À Montréal, la St. Andrew Society organise annuellement des bals, des dîners et des conférences publiques afin de célébrer l’héritage écossais de la ville. Depuis quelques années, elle propose également aux amateurs de Whisky et aux philanthropes de participer à la Whisky-Fête afin d’amasser des fonds pour la création d’une chaire d’études canadienne-écossaise à l’Université McGill. Enfin, tous les 25 janvier, des Canadiens d’origine écossaise se réunissent pour célébrer l’anniversaire de naissance du poète écossais Robbie Burns (1759–1796) et auteur du célèbre hymne national (non-officiel) écossais Scots Wha Hae. Le « Robbie Burns Day » est l’occasion d’entendre de la cornemuse, de revêtir le tartan et surtout de déguster le plat national, le haggis.

Quant au gaélique, son usage a décliné partout au Canada, tout comme en Écosse; il n'est plus parlé que par quelques milliers de personnes, principalement au Cap-Breton. Néanmoins, le Nova Scotia Office of Gaelic Affairs estime qu’il y a aujourd’hui 2 000 personnes dans cette province qui parlent le gaélique écossais. Fière de cet héritage, la Nouvelle-Écosse a mis en place différentes mesures pour promouvoir la préservation de cette langue. En 1997, le ministère de l’Éducation a développé un programme d’étude centré sur la culture gaélique pour les écoles secondaires (voir Enseignement secondaire). Une signalisation routière bilingue (en anglais et en gaélique) a aussi été développée et implantée en 2006 à l’initiative du ministère des Transports et des Travaux publics dans les localités de la province où la tradition gaélique est toujours vivante.

En somme, l'histoire et la culture écossaises ont connu une évolution bien différente de celle des autres groupes des îles britanniques, soit les Anglais, les Gallois et les Irlandais. Leur immigration au Canada et leur contribution à son développement diffèrent de celles des autres groupes ethniques, car elles se sont étalées sur plusieurs siècles plutôt que de s'être limitées à une époque ou à une région précise. Les Écossais n'ont jamais été suffisamment nombreux pour dominer, mais jamais si peu nombreux qu'ils aient dû disparaître.


Lecture supplémentaire

  • J. M. Bumsted, Les Écossais au Canada (1982) et Reporting the Resistance: Alexander Begg and Joseph Hargrave on the Red River Resistance (2003).

    Jenni Calder, Lost in the Backwoods: Scots and the North American Wilderness (2013) et Scots in Canada (2013).

    Lucille H. Campey, The Scottish Pioneers of Upper Canada, 1784–1855: Glengarry and Beyond (2005),Les Écossais: The Pioneer Scots of Lower Canada, 1763–1855 (2006) et After the Hector: The Scottish Pioneers of Nova Scotia and Cape Breton, 1773–1852 (2007).

    Ralph Connor, Glengarry School Days (1902).

    John Kenneth Galbraith, The Scotch (1964).

    Gillian L. Leitch, « The importance of being English?: Identity and Social organisation in British Montreal 1800–1850 », Thèse de doctorat (histoire), Université de Montréal (2006).

    Donald MacKay, Scotland Farewell: The People of the Hector (2006).

    Ken McGoogan, How the Scots invented Canada (2010).

    Jean-Claude Massé, Malcolm Fraser, de soldat écossais à seigneur canadien, 1733–1815 (2006).

    Ian McKay, « Tartanism Triumphant: The Construction of Scottishness in Nova Scotia, 1933–1954 », Acadiansis, XXI, 2 (printemps 1992): 5–27.

    Frederick J. Niven, The Flying Years (1935) and The Transplanted (1944).

    W. Stanford Reid, The Scottish Tradition in Canada (1976).

    Peter E. Rider et Heather Ann McNabb, eds., A Kingdom of the Mind. How the Scots Helped Make Canada (2006).

    Michael E. Vance, Imperial Immigrants: Scottish Settlers in the Upper Ottawa Valley, 1815–1840 (2012).

Liens externes