Les prix Nobel et le Canada

  Douze Canadiens sont honorés d'un prix Nobel scientifique : F.H. BANTING et J.J.R MACLEOD (né en Grande-Bretagne) gagnent celui de médecine et physiologie en 1923; Gerhard HERZBERG, Henry Taub, John POLANYI et Rudolph Marcus, le prix de chimie respectivement en 1971, 1983, 1986 et 1992.

John Polanyi
John Polanyi recevant son prix Nobel de chimie de la part du roi Carl Gustaf de Suède, le 10 décembre 1986 (photo de Rolf Hamilton, Pressens Bild).
Herzberg, Gerhard, physicien, lauréat de prix Nobel
Gerhard Herzberg, prix Nobel (avec la permission du Conseil national de recherches du Canada).
Banting, Frederick
Frederick Banting est l'une des personnes qui a découvert l'insuline. Il a partagé le premier prix Nobel décerné à des Canadiens (oeuvre d'Irma Coucill).
Pearson, Lester B.
Présentant le Prix Nobel qu'il a mérité pour son rôle dans le dénouement de la crise de Suez (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-94168).

Prix Nobel

En 1901, le Suédois Alfred Nobel (1833-1896), inventeur de la dynamite, instaure les prix Nobel. Jusqu'en 1969, cinq prix sont décernés annuellement dans les domaines de la physique, de la chimie, de la médecine et de la physiologie, de la littérature et de la paix. Cette année-là, la banque d'État de Suède crée un prix d'économie. Les prix Nobel consistent en une médaille accompagnée d'un prix en argent; il arrive souvent que deux ou trois lauréats se les partagent. Les trois prix décernés dans les domaines des sciences par les académies des sciences de Suède sont généralement considérés comme la plus haute récompense scientifique au monde. Beaucoup de gens, tels que les professeurs d'université, peuvent proposer des nominations à l'académie en Suède.

Douze Canadiens sont honorés d'un prix Nobel scientifique : F.H. BANTING et J.J.R MACLEOD (né en Grande-Bretagne) gagnent celui de médecine et physiologie en 1923; Gerhard HERZBERG, Henry Taub, John POLANYI et Rudolph Marcus, le prix de chimie respectivement en 1971, 1983, 1986 et 1992. En 1981, David Hubel reçoit le prix de médecine avec Torsten Wiesel, d'origine suédoise, pour leurs travaux innovateurs sur la cartographie du cortex visuel. Sidney ALTMAN (né à Montréal en 1939 et installé à l'Université Yale depuis 1971) partage le prix de chimie en 1989, pour une découverte sur les propriétés catalytiques de l'ARN.

En 1990, Richard E. Taylor, chercheur à l'Université Stanford, partage le prix de physique. En 1993, le biochimiste Michael SMITH reçoit le prix de chimie avec le scientifique américain Kary Mullis pour avoir mis au point une technique cruciale utilisée en génie génétique, la mutagenèse dirigée. Cette découverte permet aux chercheurs de mieux comprendre comment fonctionnent les gènes du cancer et des virus. Bertram BROCKHOUSE partage le prix de physique en 1994, pour ses travaux portant sur le comportement des atomes dans les solides et, en 2009, Willard S. Boyle et son partenaire George E. Smith reçoivent le prix Nobel de physique, avec Charles Kao, pour leurs travaux révolutionnaires en physique. Boyle et Smith sont honorés pour leur invention du dispositif à transfert de charge (DTC), qui transforme des diagrammes de lumière en données numériques. Le DTC est couramment utilisé dans les appareils photo numériques modernes et les télescopes, notamment le télescope spatial Hubble.

Pendant la majeure partie du 20e siècle, les listes de lauréats sont un bon indicateur de l'importance d'un pays dans le monde scientifique. Cela dit, cet indicateur est devenu moins utile au cours des dernières décennies. Plusieurs des lauréats canadiens dans le monde scientifique sont des immigrants qui ont commencé leur carrière à l'étranger. Par ailleurs, un bon nombre de prix Nobel d'économie reviennent à des Canadiens installés aux États-Unis, tels que Robert Mundell, qui l'a reçu en 1999.

Les prix de littérature récompensent une oeuvre imprégnée d'un idéal et contribuent à établir un statut national, bien qu'ils s'appuient sur des considérations plus subjectives que les prix scientifiques, pour lesquels les citations de recherches sont un indice de la réputation d'une personne au niveau mondial. Ainsi, le prix attribué à Wole Soyinka en 1986 a largement été perçu comme la juste reconnaissance par l'Europe de l'apport africain ou nigérian à la culture mondiale.

Le prix Nobel de la paix, accordé par le Parlement de la Norvège, a une connotation plus politique. Il récompense des particuliers et des institutions telles que la Croix-Rouge et l'UNICEF. L.B. PEARSON reçoit le prix Nobel de la paix en 1957 pour avoir apporté des solutions diplomatiques à la CRISE DE SUEZ de 1956. En 1999, James Orbinski, un Canadien né en Grande-Bretagne et président du conseil international de Médecins sans frontières, accepte le prix Nobel de la paix au nom de cette organisation.

Le caractère politique des prix Nobel apparaît en 1936, quand Karl von Ossietzky, un citoyen allemand alors emprisonné dans un camp de concentration, se voit attribuer le prix Nobel de la paix. Adolf Hitler a décrété qu'aucun Allemand ne doit accepter un prix Nobel. Trois scientifiques allemands récompensés en 1938 et en 1939 reçoivent leur médaille (mais pas l'argent) après la guerre. Certains lauréats refusent leur prix : Boris Pasternak (littérature, 1958), Jean-Paul Sartre (littérature, 1964) et Le Duc Tho (paix, 1973). Les prix Nobel scientifiques ne sont généralement pas considérés comme politiques et n'ont jamais été refusés.


Lecture supplémentaire

  • Harriet Zuckerman, Scientific Elite: Nobel Prizes in the United States (1977).

Liens externes