Intelligence artificielle (IA) au Canada

Bien avant l'invention des ordinateurs, de nombreux scientifiques étaient convaincus qu'on pouvait créer une machine qui aurait un comportement intelligent.

Intelligence artificielle

Bien avant l'invention des ordinateurs, de nombreux scientifiques étaient convaincus qu'on pouvait créer une machine qui aurait un comportement intelligent. Pas étonnant donc que, dès l'apparition des premiers ordinateurs, les chercheurs commencèrent à les programmer pour qu'ils fassent des choses auparavant considérées comme l'apanage de l'esprit humain, dont la capacité de résoudre des problèmes non numériques, de comprendre une phrase ou de jouer aux échecs.

Bien que les premiers succès aient été impressionnants, le principal résultat des recherches sur l'intelligence artificielle (IA) fut la mise au point d'outils de programmation de base (par exemple, le traitement de données et le partage des tâches). Les chercheurs apprirent peu à peu à évaluer les limites des techniques faisant appel à la « force brute » (telles les recherches exhaustives et les méthodes statistiques d'apprentissage) et à comprendre l'importance d'encoder de grandes quantités de connaissances techniques et d'en tirer des inférences pertinentes.

Les premières applications commerciales font leur apparition dans les années 70. Des machines étaient désormais capables d'effectuer des calculs à partir d'une base de connaissances glanées méticuleusement par des spécialistes. De tels « systèmes experts » servent maintenant de consultants automatisés dans certains domaines d'expertise pointus, y compris les diagnostics médicaux spécialisés, les analyses chimiques, la conception de circuits intégrés et la prospection minière. Le système de prospection le plus connu a d'ailleurs été conçu en Californie en collaboration avec un expert minier canadien. Il existe aussi des programmes qui « comprennent » une certaine partie du langage parlé ou dactylographié, et qui peuvent examiner visuellement des plans (tels des pièces métalliques moulées ou des circuits intégrés sur une chaîne de montage) ou des radiographies.

Au début des années 80, le Japon, suivi de près par la Grande-Bretagne et la CEE, annonce d'importants programmes nationaux de développement de systèmes informatiques d'IA dits de cinquième génération. Au Canada, quelques groupes de recherche universitaires se spécialisent dans l'IA, surtout dans les domaines de l'analyse d'images, dont celles qui ont trait aux satellites et à la médecine (voir télédétection), et de la recherche fondamentale dans les techniques de représentation et du raisonnement du savoir.

Les Canadiens ont fait beaucoup de recherche dans le domaine de la traduction automatique, peut-être en raison de leur héritage bilingue. Par exemple, au milieu des années 70, un groupe de l'U. de Montréal a élaboré un système de traduction d'une excellente qualité et qui est peut-être, encore aujourd'hui, le seul qui soit totalement automatique et d'un usage quotidien continue. Ce système, qui traduit des prévisions météorologiques plutôt stéréotypées à l'aéroport de Dorval, n'est pas aussi avancé que le système plus sophistiqué conçu plus tard par le même groupe pour traduire des manuels d'entretien d'aéronefs. Même si la traduction était de très grande qualité, le gouvernement a cessé de financer ce projet en 1981 parce que les coûts de révision et des mises à jour du dictionnaire rendaient l'utilisation de ce système peu rentable.

La singulière situation géopolitique du Canada exige que nous soyons au premier plan des industries du savoir, parmi lesquelles on retrouve les communications, le traitement du langage, la bureautique, la télémédecine, l'éducation et la gestion des ressources. Pour résoudre efficacement les problèmes propres à ces domaines, la technologie informatique d'IA la plus avancée doit être utilisée.

Un certain nombre de groupes privés et de ministères reconnaissent l'enjeu de la recherche en IA pour l'avenir du Canada. À titre d'exemple, en 1982, l'Institut canadien des recherches avancées, un groupe privé qui a pour mission de promouvoir des recherches de base dans des domaines d'une importance stratégique, choisit l'IA et la robotique comme premier secteur de concentration et réussit à regrouper une équipe de chercheurs réputés à l'échelle internationale et recrutés dans neuf universités canadiennes. D'autres groupes semblables se spécialisant dans l'IA sont aussi formés dans plusieurs provinces (notamment en Alberta, en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec).

Plus récemment, un groupe composé de plusieurs dizaines d'entreprises canadiennes (comprenant non seulement de petites industries de haute technologie, mais aussi de grandes compagnies minières, d'acier, et de services publics) a formé un consortium (Precarn Associates) pour promouvoir la recherche appliquée préconcurrentielle à long terme dans les technologies de l'IA. En raison des coûts élevés et de l'importance stratégique de telles recherches, des consortiums du genre deviennent de plus en plus fréquents dans la plupart des pays.


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