Médecine contemporaine

À partir 1939, de grands changements se produisent dans la médecine canadienne. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup des plus talentueux médecins et spécialistes canadiens servent dans les Forces armées.

Médecine contemporaine

À partir 1939, de grands changements se produisent dans la médecine canadienne. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup des plus talentueux médecins et spécialistes canadiens servent dans les Forces armées. Les services médicaux militaires sont à l'origine des progrès dans le traitement des plaies et du choc, des recherches sur les infections et le mal des transports chez les aviateurs survenant lors de la descente en piqué des avions de chasse.

L'efficacité de la pénicilline contre de nombreuses infections bactériennes est établie lorsque ce médicament est fourni (en grande partie grâce aux efforts des CONNAUGHT LABORATORIES LIMITED à Toronto) aux Forces armées canadiennes lors de l'invasion de l'Europe, après le jour J.

Aux cours des toutes premières années d'après-guerre, le ministère des Anciens combattants met sur pied les services médicaux et hospitaliers pour vétérans. Certains de ces HÔPITAUX sont étroitement reliés à des facultés de médecine. Par conséquent, l'enseignement de la médecine et la recherche se trouvent concentrés dans les hôpitaux, et les effectifs médicaux des hôpitaux sont le plus souvent membres des facultés de médecine. Cette organisation, qui assure un haut niveau de soins aux anciens combattants et qui fournit des moyens d'enseignement aux universités, se maintient jusque dans les années 70, lorsque les hôpitaux du ministère des Anciens combattants sont convertis en hôpitaux généraux soumis aux programmes de santé provinciaux.

Au cours des années 40, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan mettent en oeuvre des programmes d'assurance-hospitalisation. La Saskatchewan offre également un plan de protection médicale.

En 1957, le gouvernement fédéral commence à accorder une aide aux provinces pour les programmes de services hospitaliers, et, en 1966, un programme national d'assurance des soins médicaux est créé (voir SANTÉ, POLITIQUE SUR LA). En 1984, le gouvernement fédéral promulgue une nouvelle loi ayant pour but de décourager la pratique du « ticket modérateur » par les services hospitaliers et le dépassement d'honoraires par les médecins.

Diagnostics et traitements

Depuis 1945, les diagnostics et les traitements des MALADIES ont connu de nombreux progrès. La découverte d'un grand nombre d'antibiotiques a permis de combattre les infections bactériennes (le traitement de la tuberculose en est un exemple remarquable), bien que la capacité de certaines bactéries à devenir résistantes aux antibiotiques représente encore une préoccupation croissante.

Un grand nombre de maladies virales sont maintenant maîtrisées grâce à la vaccination. Ainsi, la dernière épidémie de poliomyélite au Canada s'est produite au milieu des années 50, et cette maladie n'est plus une menace grâce à des programmes efficaces de vaccination. L'utilisation d'ultrasons et de radio-isotopes ainsi que la méthode d'examen par résonance magnétique nucléaire, récemment mise au point, ont permis aux cardiologues d'évaluer l'état du muscle cardiaque. Des techniques chirurgicales permettant la correction de cardiopathies congénitales, d'anomalies valvulaires et de maladies coronariennes sont maintenant pratiquées dans plusieurs centres à travers le pays. L'utilisation très répandue la réanimation cardiorespiratoire dans les hôpitaux et par le personnel paramédical a permis de nombreuses réanimations après un arrêt cardiaque. Les stimulateurs cardiaques ont permis à des patients souffrant d'arythmie grave de survivre pendant de nombreuses années. La mise sur pied d'unités de soins coronariens et de soins intensifs dans les hôpitaux a permis d'améliorer le traitement des maladies graves ou des traumatismes sévères.

Le Canada a contribué de façon considérable au diagnostic du CANCER et à sa détection précoce grâce au test de Papanicolaou, ou étude des frottis vaginaux, pour dépister le cancer du col de l'utérus. Des programmes de dépistage précoce du cancer du sein par l'autoexamen et la mammographie ont également été créés. Ce sont des scientifiques canadiens qui ont mis au point la bombe au cobalt utilisée en radiothérapie du cancer. On leur doit également la découverte des alcaloïdes de la pervenche, des agents chimiothérapeutiques utilisés dans le traitement de nombreux types de cancer. Des centres de diagnostic, de traitement et de recherche sur le cancer ont été ouverts dans les grandes villes canadiennes.

La disponibilité des radio-isotopes (utilisés pour le diagnostic de nombreuses affections, dont le cancer et les maladies pulmonaires) a favorisé la création d'une spécialité, la médecine nucléaire. Le diagnostic et le traitement de certaines maladies, comme celle de la thyroïde, ont été grandement améliorés. La mise sur pied de services de dialyse et le développement des greffes de rein ont permis à des patients de poursuivre une vie active et, dans plusieurs cas, pendant de nombreuses années.

Des centres pour le traitement de nombreux types d'ARTHRITE ont été fondés dans de nombreuses villes canadiennes, avec le soutien de la Société canadienne de l'arthrite. Ces centres offrent un programme intégré de traitements incluant thérapie médicamenteuse, physiothérapie et ergothérapie ainsi qu'une aide sociale. De nouveaux médicaments et des progrès en chirurgie, notamment le remplacement d'articulations par des matériaux plastiques ou métalliques, ont amélioré le sort de patients souffrant d'arthrite chronique.

La prise en charge des patients atteints de maladies mentales a beaucoup changé au cours des dernières années. Des patients souffrant de dépression et de schizophrénie peuvent maintenant être traités avec une grande variété de médicaments, évitant ainsi de longs séjours en milieu hospitalier. Des cliniques communautaires de traitements ambulatoires et des départements de PSYCHIATRIE au sein des hôpitaux généraux ont aussi été mis sur pied.

Une mobilisation postopératoire rapide a été reconnue comme très efficace pour prévenir les complications comme la thrombose veineuse, la congestion pulmonaire et la faiblesse musculaire. Les méthodes d'anesthésie ont été améliorées, de sorte que de plus longues opérations chirurgicales peuvent être pratiquées, même sur des patients âgés. La chirurgie cardiaque et la neurochirurgie ont fait de grands progrès. Les TRANSPLANTATIONS d'organes sont maintenant courantes et soulèvent de nouvelles questions d'ordre éthique pour la profession médicale. La chirurgie des vaisseaux sanguins a progressé grâce à des matériaux de substitution artificiels. La contribution de la CROIX-ROUGE canadienne, qui pourvoyait aux besoins en transfusions sanguines, a permis de réaliser bien des progrès en chirurgie.

Les cliniques d'urgence des hôpitaux disposent de personnel et d'équipement nécessaires pour traiter les blessés graves, car les traumatismes continuent de compter parmi les causes majeures d'invalidités nécessitant une intervention chirurgicale. La microchirurgie a rendu possibles la réparation de petits vaisseaux sanguins et les opérations de l'oreille pour vaincre la surdité. Le laser est utilisé en OPHTALMOLOGIE pour le traitement de certaines affections rétiniennes.

La compréhension et le traitement de l'épilepsie ont progressé, et on constate une amélioration considérable du sort des patients frappés par un accident cérébrovasculaire grâce à des études approfondies entreprises par les neurologues canadiens sur cette affection courante. Le traitement de l'anévrisme ampullaire au niveau des artères cérébrales par la neurochirurgie a constitué l'un des développements exceptionnels de la médecine canadienne.

L'utilisation des ultrasons, notamment dans le cas de maladies du foie et de la vésicule biliaire, en obstétrique et pour les fonctions cardiaques, a permis d'améliorer les diagnostics et les traitements. La mise en application de la tomographie axiale assistée par ordinateur (TACO) a révolutionné le diagnostic des troubles intracrâniens, des lésions de la moelle épinière, de tumeurs abdominales et d'autres affections. L'application de la fibre optique aux instruments de diagnostic a grandement facilité l'examen de l'estomac, du duodénum et du côlon. Ce perfectionnement de l'appareillage médical a permis le cathétérisme du canal cholédoque sans intervention chirurgicale et, dans quelques cas, l'extraction de calculs biliaires enclavés. De la même façon, le lithotriteur, destiné à broyer en menus fragments les calculs à l'intérieur de la vessie, évite le recours à la chirurgie.

En obstétrique, l'accent a été mis sur le dépistage prénatal des situations à risques élevés de façon à anticiper et à prévenir les complications au cours de l'accouchement. Les cours prénatals préparant la mère à la naissance du bébé ont permis de réduire le taux d'anesthésie en cours d'accouchement. D'autres progrès dans la prise en charge de la grossesse incluent le monitorage foetal durant le travail, l'examen aux ultrasons du foetus et du placenta et l'examen du liquide amniotique intra-utérin pour dépister les anomalies génétiques du foetus. Il y a eu un changement d'attitude radical envers les femmes enceintes dont une des conséquences est une participation accrue de la famille.

Récemment, la fécondation in vitro de l'ovule a été pratiquée au Canada, ce qui a permis à certaines femmes qui n'auraient pu concevoir autrement de mener à bien des grossesses. Les départements de PÉDIATRIE ont considérablement changé au cours des dernières années. L'incidence des maladies infectieuses a baissé de façon importante, et il en résulte une fermeture des hôpitaux pour maladies contagieuses. L'accent a été mis sur les unités de soins intensifs néonatals, les maladies congénitales, les cas de néoplasie chez l'enfant et les problèmes des adolescents.

Les laboratoires médicaux ont aussi changé radicalement avec l'introduction de méthodes automatisées d'analyse et les innovations en microscopie électronique. Les diagnostics ont fait d'énormes progrès grâce à l'immunologie et à la génétique. L'utilisation d'anticorps monoclonaux permet d'obtenir un taux de détection de tumeurs malignes beaucoup plus grand et d'espérer de meilleurs traitements. Il est désormais possible de détecter des anomalies du foetus et d'offrir aux parents des analyses génétiques fiables.

Certaines facultés de médecine possèdent des départements de MÉDECINE SPORTIVE pour étudier et traiter les besoins spéciaux des personnes pratiquant le sport.

La réadaptation du patient à la suite de blessures, de maladies invalidantes et de chirurgies comme les amputations reçoit plus d'attention. La médecine de réadaptation est reconnue comme une spécialité et des centres de réadaptation ont été créés dans plusieurs villes canadiennes. Les patients paraplégiques, victimes d'accidents cérébrovasculaires ou atteints d'autres affections neurologiques ou musculo-squelettiques bénéficient de programmes qui englobent la physiothérapie, l'ergothérapie, l'orthophonie et l'utilisation d'équipements comme les piscines thérapeutiques.

Une attention accrue est également portée aux problèmes particuliers de la population VIEILLISSANTE. Une large proportion des soins hospitaliers et médicaux répond aux besoins des personnes âgées de plus de 65 ans. De nombreux patients du troisième âge deviennent invalides au point de nécessiter des soins continus en milieu hospitalier. Le besoin d'équipement de soins de longue durée et de soins aux malades chroniques a toujours été plus grand que l'offre. Récemment, la gériatrie (l'étude et le soin des personnes âgées) a été reconnue comme une spécialité.

Pour les patients en phase terminale, certains hôpitaux ont mis sur pied des départements de soins palliatifs, qui permettent de combler les besoins physiques, émotionnels et spirituels des patients.

Les professionnels de la santé se préoccupent de plus en plus de prévention des maladies et des blessures, non seulement comme moyen d'améliorer la santé de leurs patients, mais aussi de réduire le coût des soins de santé. À cet effet, ils recommandent le port de la ceinture de sécurité et la participation à des activité physiques (voir CONDITION PHYSIQUE) et ils soutiennent des campagnes contre le TABAGISME et des programmes d'information sur les régimes alimentaires.

Les progrès exceptionnels des nombreuses branches de la médecine au cours des 40 dernières années ont conduit à l'amélioration des traitements et de la prévention des maladies et des blessures, mais ils ont aussi engendré des problèmes, notamment l'augmentation rapide des coûts reliés à un régime universel des soins de santé. Les professionnels de la santé et la population sont aussi confrontés à des problèmes d'éthique soulevés par les progrès techniques.

Voir aussi FORMATION MÉDICALE; DÉONTOLOGIE MÉDICALE; RECHERCHE MÉDICALE.


Lecture supplémentaire

  • H.R. Robertson, Health Care in Canada (1972); L. Saderstrom, The Canadian Health System (1978); S.E.D. Shortt, ed, Medicine in Canadian Society (1981).

Liens externes