Murray Sinclair

Murray Sinclair Mizanay (Mizhana) Gheezhik, qui signifie « celui qui parle d’images du ciel » en langue ojibwée, avocat, juge et sénateur (né en 1951 à Selkirk, au Manitoba). Admis au Barreau du Manitoba en 1980, Murray Sinclair s’est principalement concentré sur les poursuites civiles et criminelles, en droit autochtone et en droit de la personne. En 1988, il est devenu le premier juge autochtone du Manitoba et le deuxième au Canada. En 2009, Murray Sinclair s’est joint à la Commission de vérité et réconciliation du Canada, avant de devenir sénateur en 2016. En 2021, il a pris sa retraite du Sénat, mais il continue à servir de mentor auprès des avocats autochtones. L’ampleur du travail accompli au sein des services publics et communautaires par Murray Sinclair démontre son engagement envers les peuples autochtones du Canada.

Murray Sinclair Mizanay (Mizhana) Gheezhik, qui signifie « celui qui parle d’images du ciel » en langue ojibwée, avocat, juge et sénateur (né en 1951 à Selkirk, au Manitoba). Admis au Barreau du Manitoba en 1980, Murray Sinclair s’est principalement concentré sur les poursuites civiles et criminelles, en droit autochtone et en droit de la personne. En 1988, il est devenu le premier juge autochtone du Manitoba et le deuxième au Canada. En 2009, Murray Sinclair s’est joint à la Commission de vérité et réconciliation du Canada, avant de devenir sénateur en 2016. En 2021, il a pris sa retraite du Sénat, mais il continue à servir de mentor auprès des avocats autochtones. L’ampleur du travail accompli au sein des services publics et communautaires par Murray Sinclair démontre son engagement envers les peuples autochtones du Canada.


Murray Sinclair

Jeunesse et formation

Murray Sinclair est né en 1951 dans la région de Selkirk, au nord de Winnipeg, sur l’ancienne réserve autochtone de St. Peter. Ses parents sont Henry et Florence Sinclair. Florence Sinclair meurt d’un accident vasculaire cérébral alors que Murray Sinclair n’est encore qu’un bébé, et on l’envoie vivre chez ses grands-parents, Jim et Catherine Sinclair, qui l’élève en plus de trois autres de ses frères et sœurs. Étudiant brillant dès son tout jeune âge, Murray Sinclair saute sa troisième et sa septième année. De plus, il est major de sa promotion et athlète de l’année de son école secondaire Selkirk Collegiate en 1968.

Après avoir obtenu son diplôme, il s’inscrit à l’Université du Manitoba et il y étudie pendant deux ans. Il doit cependant interrompre ses études et retourner à la maison pour s’occuper de sa grand-mère malade. Là, il commence à travailler avec le Selkirk Friendship Centre. Lorsqu’arrive l’année 1972, il est vice-président régional de la Fédération des Métis du Manitoba. (Voir aussi Centres d’amitié.)

En 1973, Howard Pawley, le procureur général du Manitoba, demande à Murray Sinclair de devenir son adjoint particulier. Avec un intérêt maintenant tourné vers le droit, Murray Sinclair postule à la faculté de droit de l’Université du Manitoba et s’y inscrit en 1976. Au cours de sa deuxième année, il remporte le A. J. Christie Prize in Civil Litigation, un prix remis aux étudiants ayant les notes les plus élevées dans le cours Introduction to Advocacy (introduction à la plaidoirie). Il obtient son diplôme en 1979, et il a depuis obtenu plusieurs diplômes honorifiques de diverses universités canadiennes, dont l’Université d’Ottawa et l’Université de Winnipeg.

Début de carrière

Murray Sinclair est admis au Barreau du Manitoba en 1980 et commence à pratiquer le droit. Il se concentre principalement sur les litiges civils et criminels, sur les droits des Autchtones et les droits de la personne. Avec le temps, il devient connu pour son expertise dans le domaine et pour sa capacité à établir l’équilibre entre le système juridique canadien et les enseignements traditionnels des Ojibwés et d’autres peuples autochtones. Ceci lui vaut l’admiration des communautés autochtones et non autochtones. Cependant, initialement, Murray Sinclair a dû lutter pour gagner le respect qu’il méritait.

Dans l’une de ses premières causes, le juge le prend pour l’accusé et lui demande de quoi il est accusé. Cet incident révélateur démontre précisément pourquoi Murray Sinclair s’est senti appelé par la pratique du droit. Il considère que les Autochtones sont accusés de manière disproportionnée pour des délits mineurs afin que les policiers puissent remplir leurs quotas. Les opinions de Murray Sinclair attirent souvent l’attention des médias, et une de ses critiques du système judiciaire se retrouvant à la une : « La police s’en prend aux Autochtones, déclare un avocat. » Alors que sa popularité grandit, on lui offre un poste de juge. Il décline cette offre à deux reprises. Au lieu, il continue de fournir des conseils juridiques à divers organismes, dont la Commission des droits de la personne du Manitoba, la Fédération des Métis du Manitoba, et l’Assemblée des Chefs du Manitoba. (Voir aussi Droit des Autochtones et Autochtones : justice.)

Carrière de juge

En 1988, à l’âge de 37 ans, Murray Sinclair accepte finalement de devenir juge. En tant que juge en chef adjoint de la Cour provinciale du Manitoba, il devient le premier juge autochtone du Manitoba et le deuxième au Canada. Cette même année, le gouvernement du Manitoba commande la Commission d’enquête sur la justice et les Autochtones. Principalement en raison de sa vaste expérience dans le domaine des droits de la personne et des questions autochtones, Murray Sinclair est nommé co-commissaire de la commission de l’enquête par son mentor Howard Pawley, maintenant premier ministre provincial du Manitoba. Le rapport d’enquête de 1991 révèle qu’il existe un racisme systémique au sein du système de justice pénale du Manitoba. Le rapport formule 296 recommandations pour réformer le système de justice et il mène le gouvernement du Manitoba à réexaminer la façon dont il traite les peuples autochtones.

Murray Sinclair est nommé à la tête de l’enquête sur la chirurgie cardiaque pédiatrique. Au cours de l’année 1994, douze enfants sont décédés alors qu’ils subissaient une chirurgie cardiaque au Winnipeg Health Sciences Centre (WHSC). Après la suspension du programme de chirurgie cardiaque pédiatrique du WHSC en 1995, les parents des enfants décédés ont demandé une enquête publique sur leurs décès. Peu après, le médecin légiste en chef de la province du Manitoba ordonne une enquête sur ces décès. Les audiences commencent à la fin de 1995 et continuent jusqu’en 1998. Ces audiences produisent plus de 80 témoignages de la part de témoins et quelque 50 000 pages de transcription. En novembre 2000, le juge Murray Sinclair termine son rapport final qui conclut qu’au moins 10 des 12 décès auraient pu être évités si les patients avaient reçu un traitement approprié. Le rapport note également que dans la plupart de ces cas, les parents n’avaient pas reçu assez d’informations pour pouvoir correctement donner leur consentement éclairé pour effectuer les chirurgies.

En janvier 2001, Murrray Sinclair est nommé à la Cour du Banc de la Reine du Manitoba, devenant à nouveau le premier juge autochtone nommé à ce niveau judiciaire.

Commission de vérité et de réconciliation

En 2007, des survivants de pensionnats indiens au Canada concluent une entente avec diverses églises chrétiennes à travers le Canada, ainsi qu’avec le gouvernement fédéral. Dans le cadre de cette entente, la Commission de vérité et de réconciliation (CVR) est créée afin de raconter l’histoire des pensionnats indiens. Ces pensionnats avaient été créés dans le cadre de la politique fédérale en vertu de la Loi sur les Indiens, qui visait à assimiler systématiquement les peuples autochtones à la culture canadienne au sens large, et à les séparer de leurs méthodes ancestrales et traditionnelles d’éducation et d’encadrement des enfants. En vertu de cette politique, il était interdit aux enfants de parler leurs langues autochtones et de pratiquer leurs religions traditionnelles. L’objectif de la Commission de vérité et de réconciliation est de jouer un rôle essentiel dans le processus de guérison et de réconciliation entre les peuples autochtones, les églises et le gouvernement fédéral.

Lorsqu’on l’approche pour la première fois en 2007 pour présider la Commission, le juge Murray Sinclair refuse cette offre. Ayant terminé l’enquête sur les chirurgies cardiaques pédiatriques, et conscient du fait que ses grands-parents et ses parents ont été envoyés dans des pensionnats autochtones, il s’inquiète de la nature émotionnellement exhaustive de cette Commission, et il retire donc son nom de la liste des présidents potentiels.

Après le succès minime des trois membres originaux de la Commission, le juge Harry S. Laforme (président), Charlotte Dumont-Smith (commissaire) et Jane Brewin Morley (commissaire), le juge Murray Sinclair est à nouveau invité à présider en 2009. Étant donné qu’il estime que la commission initiale n’a pas fait grand-chose pour soulager la douleur des survivants, il accepte le poste à une condition : le groupe ne fonctionnera plus selon le principe de la majorité, mais plutôt par consensus.

Murry Sinclair instaure d’autres changements de politique, incluant la relocalisation du siège de la Commission d’Ottawa à Winnipeg, la suppression de la responsabilité du président de la CVR envers le département des Affaires indiennes et du Nord Canada, et l’établissement d’une relation avec les églises afin d’assurer qu’elles soient représentées de façon équitable. Ces changements, ainsi qu’une poursuite intentée par Murray Sinclair contre le gouvernement conservateur fédéral qui a omis de fournir des millions de documents d’archives relatifs aux pensionnats, contribuent à démontrer qu’il est sérieux au sujet de documenter les histoires des survivants, des familles et des communautés touchées par les pensionnats indiens.

En 2015, plus de 7000 anciens élèves témoignent, et le rapport final (publié le 15 décembre 2015) s’étend sur six volumes et contient plus de deux millions de mots. Le rapport formule 94 recommandations au gouvernement fédéral. Il révèle également les abus systématiques des pensionnats sur les enfants, des politiques que Murray Sinclair qualifie de « génocides culturels ». Ceci inclut une stérilisation obligatoire, et au moins 3200 décès dus à des maladies et à de la malnutrition, bien qu’on estime que le nombre réel est probablement beaucoup plus élevé. Murray Sinclair lui-même affirme que le nombre serait probablement plus près de 6000 au total. (Voir aussi Génocide et peuples autochtones au Canada.)

Carrière de sénateur

En 2016, à la suite de son travail exceptionnel en matière de droits de la personne et de droits des Autochtones tout au long de son mandat de juge au Manitoba, le gouverneur général David Johnston (sur les conseils du premier ministre Justin Trudeau) nomme Murray Sinclair au poste de sénateur du Manitoba au Parlement. Avec cette nomination, Murray Sinclair devient le 16e sénateur autochtone du pays.

Depuis sa nomination, Murray Sinclair a siégé sur divers comités sénatoriaux permanents, dont des comités sur les peuples autochtones, sur les questions constitutionnelles et les pêches et océans. En 2017, on demande au sénateur Murray Sinclair de mener une enquête sur la Commission des services policiers de Thunder Bay, à la lumière des accusations de racisme systémique dans les forces policières. (Voir aussi Police.) Il demeure un ardent défenseur des droits des peuples autochtones au Sénat et dans le secteur public.

En août 2020, Murray Sinclair se joint au plus grand cabinet d’avocats autochtone au Manitoba, Cochrane Saxberg LLP. Alors qu’il est toujours sénateur, Murray Sinclair sert de mentor aux avocats de Cochrane Saxberg LLP sur une variété de questions concernant le droit autochtone au Canada.

Le 31 janvier 2021, Murray Sinclair prend sa retraite du Sénat. Il continue son travail de mentorat et planifie d’écrire ses mémoires.

Travail communautaire et activisme

Depuis 1981, Murray Sinclair donne des cours de droit autochtone à l’Université du Manitoba, et il siège sur de nombreux conseils communautaires, incluant les scouts, la Société John Howard, les Cadets de l’Aviation royale du Canada, le Canadian Club, la Canadian Native Law Students Association et le conseil d’administration de l’Université de Winnipeg.

Murray Sinclair et son épouse Katherine (Animiki-quay) Morrisseau-Sinclair ont également créé Abinochi Zhawayndakozhuwin Inc., un programme d’immersion en Ojibwé pour la maternelle à Winnipeg, qui offre un programme éducatif complet et entièrement en langue ojibwée.

Vie personnelle

Murray Sinclair est membre de la Three Fires Society, un conseil d’alliance des peuples ojibwés, outaouais et potawatomi. Lui et son épouse Katherine ont cinq enfants : Manon Beaudrie (Miskodagaginquay), James (Niigonwedom), Déne (Beendighay-geezhigo-quay), Gazheek (Gazhegwenabeek) et une fille adoptive, Jessica. Ils ont trois petits-enfants : Sarah, Misko et Migizii.

Prix et distinctions

Au cours de sa longue carrière, Murray Sinclair a reçu une variété de distinctions prestigieuses :

  • Un des premiers Prix nationaux d’excellence décernés aux Autochtones (maintenant Indspire) (1994)
  • Prix d’excellence en matière d’égalité du Barreau du Manitoba (2001)
  • Médaille de la justice de l’Institut canadien d’administration de la justice (2015)
  • Prix Manitoba Bar Association’s Distinguished Service (2016)
  • Il a également reçu des doctorats honorifiques de huit universités canadiennes, et en 2018, il a reçu un doctorat honorifique en droit du Barreau de l’Ontario.

Le 1er novembre 2019, le sénateur Murray Sinclair a reçu la prestigieuse médaille Symons à Charlottetown, à Île-du-Prince-Édouard. Cette médaille est décernée à une personne qui a apporté une contribution exceptionnelle à la vie canadienne. Parmi les récipiendaires précédents figurent le premier ministre Justin Trudeau et le prince Charles, ainsi que le généticien, activiste écologiste et animateur David Suzuki.


Guide pédagogique perspectives autochtones

Collection des peuples autochtones