Jean Béliveau

Joseph Jean Arthur « Le Gros Bill » Béliveau, C.C., G.O.Q., joueur de hockey (né le 31 août 1931 à Trois-Rivières, au Québec; décédé le 2 décembre 2014 à Montréal, au Québec).

Joseph Jean Arthur « Le Gros Bill » Béliveau, C.C., G.O.Q., joueur de hockey (né le 31 août 1931 à Trois-Rivières, au Québec; décédé le 2 décembre 2014 à Montréal, au Québec).

Jean Béliveau est l’un des rares athlètes à profiter d’une réputation personnelle qui surpasse ses exploits sportifs. Aussi élégant dans la vie que sur la glace, Jean Béliveau termine sa carrière de joueur à la fin de la saison 1970-1971, après avoir gagné presque tous les prix individuels et d’équipe possibles. Quelque 40 années plus tard, il est toujours aussi admiré où qu’il aille, ce qui témoigne de sa forte personnalité et de sa générosité autant que de ses talents de hockeyeur. Avec Maurice le « Rocket » Richard, Jean Béliveau est l’un des deux plus célèbres hockeyeurs à avoir porté l’uniforme tricolore des Canadiens de Montréal, qui possèdent l’une des plus riches histoires de tout le hockey professionnel.

Enfance et début de carrière

Jean Béliveau, aîné d’une famille de huit enfants, dispute ses premières parties de shinny à l’âge de six ans dans la cour arrière de sa maison de Victoriaville, au Québec. C’est toutefois à douze ans qu’il rejoint une équipe de hockey plus organisée. Déjà à cet âge, il se démarque par ses prouesses athlétiques. À quinze ans, Jean Béliveau se voit offrir un contrat par les Canadiens de Montréal. Un an plus tard, les ligues mineures de baseball lui font une offre semblable, que sa mère refuse en son nom. Du haut de ses 6 pieds 3 pouces et avec ses 205 livres, Jean Béliveau en impose, surtout à l’époque. Comme joueur de centre, il est d’une vitesse surprenante, et son adresse au bâton et dans les tirs au poignet est exceptionnelle.

Jean Béliveau commence à jouer dans les ligues junior à Québec, où il devient presque immédiatement la coqueluche du public. Il commande l’attention à un point tel qu’on dit qu’il a construit lui-même le Colisée de Québec, en raison des foules immenses qu’il attire à chaque match. C’est aussi à cette époque qu’il hérite du surnom « Le Gros Bill », tiré d’une chanson québécoise populaire. Jean Béliveau joue un total de quatre ans pour les Citadelles et les As de Québec, jusqu’à ce que l’équipe des Canadiens, désespérée de mettre la main sur le joueur étoile, décide d’acquérir la ligue entière pour s’assurer une position de choix dans les négociations.

Carrière à la LNH

Juste avant la saison 1953-1954, Jean Béliveau signe avec les Canadiens un contrat de cinq saisons d’une valeur de 105 000 dollars, une somme exorbitante pour l’époque. Ce contrat se démarque aussi comme étant le premier accord pluriannuel offert à un nouveau venu par le Tricolore. Au cours des 18 saisons de sa carrière, dont 10 en tant que capitaine, Jean Béliveau remporte le titre de meilleur buteur de l’équipe, comptant 507 buts et 1219 points en saison régulière. Au moment de sa retraite, il a déjà été nommé meilleur buteur de toute l’histoire des séries éliminatoires par la Ligue nationale de hockey. Le nom de Jean Béliveau est gravé 17 fois sur la Coupe Stanley, 10 fois en tant que joueur et 7 en tant que vice-président (1971-1993). Parmi ses nombreux prix, on compte le trophée Hart Memorial pour le joueur le plus utile à l’équipe, le trophée Conn Smythe pour le joueur le plus utile durant les séries éliminatoires et le trophée Art Ross du meilleur compteur de la ligue. Il prend part en outre à dix matchs des étoiles de la LNH.

Élégance et humilité

Jean Béliveau est un joueur d’une telle élégance, tant sur la glace qu’en dehors de la patinoire, que même ses adversaires sont en admiration devant lui. La vedette des Black Hawks de Chicago, Bobby Hull, se rappelle ses matchs contre Jean Béliveau, disant qu’il s’excusait presque d’essayer de lui voler la rondelle. Il ajoute : « Nous lui vouions, comme joueurs, un respect énorme pour la façon dont il se comportait sur la glace. »

À l’annonce de la retraite de Jean Béliveau, les Canadiens font retirer son chandail, le numéro 4, et le Temple de la renommée du hockey lève sa période d’attente de trois ans pour l’introniser dans les plus brefs délais. C’est alors que Jean Béliveau se joint à l’administration des Canadiens en devenant vice-président, poste qu’il occupe jusqu’en 1993. Même comme vice-président, il ne cesse de faire preuve de générosité, acceptant autant d’invitations que le lui permet son horaire, surtout lorsqu’il s’agit de faire plaisir aux plus jeunes. Lorsqu’une soirée hommage est organisée pour lui par l’équipe, il insiste pour que les bénéfices soient versés à des organismes de charité. En 1971, il crée la Fondation Jean Béliveau, dont il confiera la gestion à la Société pour les enfants handicapés du Québec à sa retraite en 1993. Malgré son statut, Jean Béliveau demeure accessible, ne refusant jamais de signer des autographes à ses admirateurs. L’ancien joueur et dirigeant Bob Gainey confirme ce fait, parlant de Jean Béliveau comme d’une « contradiction vivante, un équilibre étrange entre royauté et accessibilité. »

Honneurs

La liste des distinctions accordées à Jean Béliveau continue de s’allonger même après sa retraite. En 1994, le premier ministre Jean Chrétien lui offre le poste de gouverneur général, qu’il décline pour des raisons familiales. Entre autres distinctions, il est fait grand officier de l’Ordre national du Québec en 2010 et compagnon de l’Ordre du Canada en 1998. En 2001, il reçoit son étoile sur l’Allée des célébrités canadiennes et l’on émet une série de timbres à son effigie. Chaque année, les Canadiens remettent le trophée Jean Béliveau au joueur qui fait preuve du meilleur engagement communautaire. En 2009, la Ligne nationale de hockey lui remet un prix pour l’ensemble de son œuvre.

Décès et patrimoine

Le 2 décembre 2014 marque la mort de Jean Béliveau, à l’âge de 83 ans. Le corps du joueur est exposé deux jours durant au Centre Bell de Montréal, patinoire officielle des Canadiens. Des milliers d’admirateurs s’y déplacent pour rendre un dernier hommage au joueur étoile et pour souhaiter leurs condoléances à sa femme des 61 dernières années, Élise Béliveau (née Couture), qui tient à rencontrer chacun des visiteurs. Les funérailles d’état de Jean Béliveau sont télévisées à l’échelle nationale et accueillent le premier ministre Stephen Harper ainsi que deux de ses prédécesseurs, Jean Chrétien et Brian Mulroney. D’autres personnalités notoires sont présentes, parmi lesquelles le premier ministre du Québec Philippe Couillard et ses prédécesseurs Jean Charest, Bernard Landry et Lucien Bouchard, le maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que Thomas Mulcair et Justin Trudeau. Les bancs d’église sont également remplis par une foule de hockeyeurs passés et présents, dont les anciens coéquipiers de Jean Béliveau, Guy Lafleur, Yvan Cournoyer, Phil Goyette, Serge Savard, Bobby Rousseau et Jean-Guy Talbot, qui font office de porteurs. Ils sont suivis par la femme de Jean Béliveau, Élise, de leur fille Hélène, et de leurs deux petites-filles. Malgré la rivalité qui oppose depuis toujours les Maples Leafs de Toronto et les Canadiens de Montréal, l’ancien gardien de but Johnny Bower assiste aux funérailles au sein du groupe d’anciens joueurs montréalais.

En hommage au défunt, les Canadiens portent le numéro 4 sur leurs chandails pour tout le reste de la saison 2014-2015. Le 9 décembre, à l’occasion d’un match contre les Canucks de Vancouver, l’équipe pose un chandail orné du numéro 4 sur le dossier de la place normalement réservée à Jean Béliveau; le siège 1 de la rangée EE dans la section 102 reste éclairé par un projecteur tout au long de la partie. Pour la première fois depuis des années, l’équipe ne rapporte pas avoir fait salle comble ce jour-là : on parle plutôt d’un événement à guichet fermé moins un, un hommage éloquent, mais sobre, tout à l’image de la légende disparue.


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Lecture supplémentaire

  • Jean Béliveau : ma vie bleu-blanc-rouge (2005)