Ministère des Affaires culturelles du Québec

Ministère des Affaires culturelles du Québec (MACQ). La Loi sur le ministère des Affaires culturelles confère au ministre le mandat de « favoriser l'épanouissement et le rayonnement de l'identité et du dynamisme culturels du Québec dans le domaine des arts, des lettres et du patrimoine ». Avant 1960, l'attribution des subventions du gouvernement du Québec aux sociétés artistiques était assurée par le Secrétaire de la province de Québec dont l'une des fonctions était d'être responsable des beaux-arts. De lui dépendaient le Prix d'Europe et le Cons. de musique du Québec créé sous ses auspices en 1942. Par ailleurs, les bourses d'études aux jeunes musiciens étaient accordées par le ministère de la Jeunesse. Quand le Parti libéral du Québec fut porté au pouvoir en 1960, le premier article de son programme préconisait la création d'un ministère des affaires culturelles dont Georges-Émile Lapalme avait établi les structures et le fonctionnement. Dans sa présentation du projet de loi, le 2 mars 1961, le premier ministre Jean Lesage déclarait notamment : « Le gouvernement ne crée pas la culture et le gouvernement ne la dirige pas non plus... il cherche tout simplement à créer le climat qui facilite l'épanouissement des arts. » En même temps qu'un ministère, la loi adoptée le 24 mars 1961 par l'Assemblée nationale créait un conseil provincial des arts qui existe toujours de par la loi mais qui ne s'est pas réuni depuis 1968.

Au premier titulaire du ministère, Georges-Émile Lapalme (1961-64), ont succédé Pierre Laporte (1964-66), Jean-Noël Tremblay (1966-70), François Cloutier (1970-72) Claire Kirkland-Casgrain (1972-73), Denis Hardy (1973-75), Jean-Paul L'Allier (1974-76), Louis O'Neil (1976-78), Denis Vaugeois 1978-81), Clément Richard (1981-85), Gérald Godin (1985) Lise Bacon (1985-89), Lucienne Robillard (1989-90) et Liza Frulla-Hébert (1990 -). Un des principaux architectes des politiques du MACQ fut Guy Frégault, sous-ministre à deux reprises (1962-68, 1970-75).

Étant donné que les conservatoires relevaient de la compétence du MACQ, la direction de l'enseignement musical fut confiée à Wilfrid Pelletier (1961-67), à Victor Bouchard (1967-71) et à Jean Vallerand (1971-78) qui devint ensuite dir. des arts d'interprétation. Dir. du service de la musique (1971-75), Victor Bouchard fut conseiller (1975-78) et de nouveau dir. des conservatoires (1978 -) après un mandat de quelques mois à Uriel Luft (1978). Léopold Simoneau fut adjoint au dir. de la musique (1968-70) et dir. artistique (1971) de l'Opéra du Québec (1971-75), créé par le ministère. Les structures administratives du service de la musique ont subi de nombreux changements et furent réorganisées en 1978. Jacques Langevin en devint le dir. en 1979, jusqu'à sa nomination comme dir. de l'Opéra de Montréal en 1983. Claudette Lacharité lui succéda alors.

En plus d'attribuer des subventions aux artistes et groupes professionnels, aux principales sociétés musicales, aux orchestres symphoniques des grands centres et aux orchestres régionaux, aux camps musicaux, aux festivals, etc., le MACQ continue d'assurer la gestion des conservatoires et le financement du Prix d'Europe. Quant aux bourses d'études, elles dépendent maintenant du ministère de l'Éducation. Le MACQ a aussi joué un rôle de premier plan dans l'établissement de sociétés musicales qu'il continue de subventionner mais qui jouissent par ailleurs d'une grande autonomie artistique et administrative. Citons en particulier la SMCQ (1966), l'Opéra du Québec (1971-75), l'OJQ (1977-91) et l'Opéra de Montréal (1980 -). Depuis 1977, il assure la gestion du Prix annuel Denise-Pelletier pour les arts d'interprétation; dans le domaine de la musique, les titulaires en ont été Félix Leclerc (1977), Bernard Lagacé (1978), Jean Papineau-Couture (1981), Lionel Daunais (1982), Gilles Vigneault (1983), Jean Gascon (1985), Colette Boky (1986), John Newmark (1988), Joseph Rouleau (1990) et Gilles Tremblay (1991).

En 1963-64, le budget total du MACQ s'élevait à 5 070 000 $. En 1978-79, il était 13 fois plus élevé et atteignait 67 318 800 $. De cette somme, 12 553 600 $ ont été affectés au soutien des arts d'interprétation et 8 415 300 $ à leur enseignement. Pour cette même période (1978-79), 57 sociétés ou organismes musicaux ont reçu l'aide du MACQ. Le montant total des subventions allouées par le MACQ aux organismes de musique de toutes les régions au cours de l'exercice financier 1990-91 s'élevait à 8 566 500 $, répartis dans des programmes d'aide aux interprètes, aux créateurs et aux chercheurs ainsi que pour des stages de perfectionnement à l'étranger. Les bourses d'aide aux artistes et d'aide à la création sont attribuées sur recommandation de jurys spécialisés.