Le Canada a été l'un des membres fondateurs de la Société des Nations, organisation internationale mise sur pied en 1919 à la fin de la Première Guerre mondiale. La Société échoue dans son objectif de maintenir la paix au moyen de l'arbitrage des conflits internationaux. Elle est remplacée par l’Organisation des Nations Unies après la Deuxième Guerre mondiale.

Traité de Versailles

À la fin de la Première Guerre mondiale, la Conférence de paix de Paris de 1919 aboutit au Traité de Versailles. Les auteurs principaux du Traité, soit la Grande-Bretagne (et ses Dominions, dont le Canada), la France et les États-Unis, visent à mettre sur pied une organisation internationale d'États membres reposant sur les principes de la sécurité collective et du maintien de la paix. Le Traité comporte un pacte visant la création de la Société des Nations.

Le président des États-Unis Woodrow Wilson joue un rôle clé dans la fondation de la Société, mais les États-Unis refusent de signer le Pacte de la Société, notamment en raison de la politique partisane américaine. En refusant de se joindre à la Société, les États-Unis privent grandement celle-ci de son pouvoir et de son autorité.

En tout, 63 États sont membres de la Société. Celle-ci érige son siège social à Genève, en Suisse. Elle comprend un conseil, une assemblée et un secrétariat. Le conseil siège quatre fois par année et est composé des grandes puissances qui sont membres permanents et de membres non permanents élus par l'assemblée. Cette dernière, composée des représentants de tous les États membres, siège une fois l'an. Le secrétariat fournit le personnel permanent oeuvrant sous la direction d'un secrétaire général.

Rôle du Canada

Le Canada est l'un des membres fondateurs de la Société des Nations et siège au conseil de 1927 à 1930. Un Canadien, sir Herbert Ames, en est le directeur des finances de 1919 à 1926, un poste administratif élevé au sein du secrétariat.

Sur une note positive, Raoul Dandurand, représentant canadien au conseil, propose avec succès, en 1929, le renforcement des règles de procédure de la Société sur le plan de la surveillance du traitement accordé aux minorités religieuses et linguistiques de l'Europe de l'Est.

En 1935, lorsque le Canada appuie les sanctions de la Société contre l'Italie, le délégué canadien, Walter A. Riddell, propose d'imposer un embargo sur les exportations de pétrole, de charbon et d'acier à destination de l'Italie. Le nouveau gouvernement du premier ministre William Lyon Mackenzie King, qui n'a pas autorisé ce geste, le désavoue publiquement.

Sécurité collective

La Société des Nations constitue un forum international pour les discussions portant sur des questions d'ordre politique et juridique, sur le désarmement, les relations économiques, la protection des minorités, les communications, le transport, la santé et les questions sociales.

En vertu de l'article 10 du Pacte, les membres sont tenus de respecter et de préserver le territoire et l'indépendance de chacun. Tout acte d'agression contre un membre équivaut à une agression contre tous les autres et peut entraîner des mesures de rétorsion collectives d'ordre économique et, possiblement, militaire.

De 1920 à 1923, le gouvernement canadien, craignant d'être entraîné dans des guerres en Europe, tente sans succès de faire supprimer les garanties de sécurité collective de la Société.

L'objectif de la sécurité collective est d'éviter la guerre, et au cours des années 1920, la Société participe aux tentatives de réconciliation de l'Allemagne avec la France et la Grande-Bretagne. Face aux agressions territoriales de l'Italie, de l'Allemagne et du Japon dans les années 1930, elle s'avère cependant incapable d'exercer une action efficace. La Société cesse bientôt de fonctionner en tant qu'organisation vouée à la sécurité collective, mais elle poursuit ses activités d'ordre économique et social jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. Elle est remplacée par l’Organisation des Nations Unies en 1945.

Malgré son incapacité à instaurer un système de sécurité collective, la Société a néanmoins servi à instaurer un nouveau modèle d'organisme appelé à exercer une action à l'échelle internationale. Le fait d'en être membre permet au Canada d'établir pour la première fois des contacts officiels avec des gouvernements étrangers et l'aide à se faire connaître en tant qu'État souverain. De plus, l'adhésion à la Société donne l'occasion au Canada d'explorer les possibilités offertes en matière de coopération internationale et de maintien de la paix, tout comme les dilemmes qui en découlent.