Thomson, Kenneth Roy

Kenneth Roy Thomson, homme d'affaires, propriétaire de journaux, collectionneur d'œuvres d'art et philanthrope (Toronto, 1er sept. 1923 - Toronto 12 juin 2006). Canadien le plus riche pendant les vingt dernières années de sa vie, Ken Thomson sait à l'adolescence que son avenir repose dans les intérêts d'affaires de son père Roy THOMSON, propriétaire de la station de radio CFCH et de plusieurs journaux. Après avoir grandi à Toronto, à Ottawa et à North Bay, Thomson retourne à Toronto avec sa famille en 1937 et fréquente l'UPPER CANADA COLLEGE (UCC).

Son jeune âge
En décembre 1942, Thomson entre dans les rangs de l'Aviation royale du Canada et est envoyé en Angleterre pour travailler d'abord comme mécanicien d'instruments, et plus tard, comme rédacteur pour le magazine Wings Abroad de l'Aviation royale du Canada. En 1947, après avoir obtenu une maîtrise en droit du St John's College à l'Université de Cambridge, Thomson revient au Canada pour travailler dans la société de son père. Thomson commence au bas de l'échelle et travaille comme reporteur pour le Timmins Daily Press (1947), comme vendeur pour Reporter (1948-1950) à Galt (maintenant Cambridge), en Ontario et comme directeur général de ce journal (1950-1953) avant d'être nommé chef de la Thomson Newspapers Company Limited en 1953. Pendant les treize années suivantes, Thomson demeure à Toronto où il épouse le mannequin Nora Marilyn Mavis (1956). Ils ont trois enfants : deux fils, Davie (1957) et Peter (1959), et une fille Lesley (1965).

En 1967, à la suite de l'achat par son père du journal The Times à Londres en Angleterre le 30 septembre 1966, Thomson s'installe à Londres où il est vice-président, puis une année plus tard, président de Times Newspapers Ltd. Pendant son séjour de trois ans en Angleterre, il se porte acquéreur de nombreux journaux en Amérique du Nord, y compris le très respecté Peterborough Examiner en février 1968. Thomson retourne à Toronto en 1970 et, en 1971, devient coprésident, avec son père, de la Thomson Organization.

Le magnat des journaux et de l'information

Lorsque, après le décès de son père le 4 août 1976, Thomson devient président de ce qui est connu maintenant comme la THOMSON CORPORATION, il fait passer la valeur de la société de 500 millions de dollars américains à 20 milliards de dollars en 2002. Bien qu'il quitte son poste de président en 2002, il continue de siéger au conseil d'administration et supervise la Thomson Corporation dont la valeur grimpe pour atteindre près de 30 milliards de dollars en 2006. Il doit en partie la hausse remarquable de la valeur de sa société et sa richesse personnelle à l'investissement de 5 millions de dollars que son père a fait dans le pétrole de la British North Sea en 1971. Vers la fin des années 1970, cet investissement génère 200 millions de dollars chaque année. Les journaux continuent également d'assurer à Thomson une source principale de revenus. En 1979, Thomson Newspapers (une filiale de la Thomson Organization) est la quatrième chaîne de journaux la plus rentable en Amérique du Nord, rapportant 56,5 millions de dollars et contrôlant près d'un cinquième des quotidiens au Canada en 1980. Bien qu'elle soit traditionnellement perçue comme une société de journaux, les revenus générés par les produits imprimés de la Thomson Corporation sont dépassés en 1995 par ceux générés par l'information en ligne par abonnement et les bases de données.

Thomson, qui, depuis son retour d'Angleterre en 1970, est toujours resté domicilié à Toronto, préside de nombreux démantèlements et acquisitions, notamment celles de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON (1979), de FP Publications (1980) et de West Publications (1996) aux États-Unis. Il démantèle des actifs dans le pétrole (1989), le voyage (1998) et la pierre angulaire de l'empire Thomson, les journaux (2000). Le seul journal que Thomson conserve est le Globe and Mail dont il est propriétaire depuis 1980. Il vend The Times à contrecœur en 1981 à la suite d'un conflit de travail prolongé avec les syndicats de production du journal. Après avoir été propriétaires pendant 14 ans, Thomson et son père laissent plus de 70 millions de livres de leur fortune personnelle dans le journal.

Le collectionneur d'œuvres d'art et le philanthrope

À côté de ses transactions d'affaires, Thomson est, à partir de la fin des années 1940, un fervent collectionneur d'œuvres d'art et il finit par amasser la collection la plus imposante du Canada, avec un grand nombre de toiles de Cornelius KRIEGHOFF. Thomson commence également à collectionner les œuvres du GROUPE DES SEPT en 1970 et, en 2002, possède 300 œuvres de ce groupe. Aux enchères, il établit trois fois le record de la plus grosse somme dépensée dans le domaine des arts au Canada, le dernier record remonte à février 2002, avec l'achat de Scene in the Northwest de Paul KANE pour un peu plus de 5 millions de dollars. Il se montre très peu en public tout au long de sa vie, mais aime interagir avec les gens par le biais de sa collection. En 1989, il ouvre la Thomson Gallery dans l'édifice de la Compagnie de la Baie d'Hudson au centre-ville de Toronto, où les œuvres canadiennes de sa collection privée sont exposées. Le 19 novembre 2002, Thomson fait don de plus de 200 objets d'art dont la valeur est estimée à 300 millions de dollars au MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE L'ONTARIO. Il donne également 70 millions de dollars pour financer les coûts d'exploitation et la construction d'une nouvelle aile permettant d'abriter l'ensemble de ses dons. Si l'on exclut les 10 millions de dollars qu'il a donnés sur vingt ans pour la construction et l'entretien du Roy Thomson Hall à Toronto, il s'agit du geste le plus important posé par Thomson dans le domaine de la philanthropie publique.

En 2005, le magazine Canadian Business estime la richesse de Thomson à 22,16 milliards de dollars, ce qui représente plus de deux fois le montant du deuxième Canadien le plus riche, Galen Weston, Jr. Cependant, bien qu'il soit le citoyen le plus riche au Canada et un philanthrope important, il est aussi notoirement économe. Thomson recherche souvent les aubaines sur des articles à petits prix et déclare lors d'une entrevue : « Je marcherais un pâté de maisons pour économiser dix cents dans un magasin à prix réduits ». Thomson, qui a hérité de son père d'une pairie permanente et du titre de 2e baron Thomson de Fleet, choisit de ne pas siéger à la Chambre des lords en Grande-Bretagne et se sent davantage chez lui à Toronto.