Nom commun de Mesenchytraeus solifugus, un ver Oligochète (voir Annélides) foncé qui peut atteindre 4 cm de longueur et que l'on trouve en masses enchevêtrées dans la glace fondante des glaciers du Pacifique nord-ouest. On trouve des vers semblables au Groenland et en Russie. Le nom spécifique solifugus, très approprié, signifie « fuit le soleil ». En effet, au printemps et en été, ce ver se nourrit d'algues à la surface de la glace seulement au crépuscule et à l'aube parce qu'il est vulnérable aux températures supérieures à 7 °C. Curieusement, il n'est pas résistant au gel bien qu'il puisse tolérer jusqu'à -7 °C sans congeler par surrefroidissement. L'hiver, la neige qui recouvre la glace le protège des effets létaux de la congélation, et il peut choisir des zones de température optimale en effectuant des migrations verticales.

Le terme « ver de glacier » réfère aussi à une chenille poilue, Gynaephora groenlandica (ordre des Lépidoptères) de la région du Haut Arctique qui tolère la congélation et hiverne dans des habitats exposés aux éléments. De plus « ver de glacier » désigne l'insecte orthoptéroïde primitif Grylloblatta campodeiformis (ordre des Notoptères), de couleur blanc crème, au corps mince et sans ailes, que l'on trouve quelquefois en bordure des glaciers fondants dans les Rocheuses canadiennes. Le Capitaine Robert F. Scott, de l'expédition britannique d'exploration de l'Antarctique (1910-1912), a décrit des « vers de glacier » sous la banquise au printemps, mais il s'agissait de Diatomées filamenteuses (voir Algues).

Les vers de glacier font partie du folklore canadien. Un mythe inuit raconte que Sikusi, « un ver de glacier laineux et espiègle » réputé pour faire fondre les igloos, aurait libéré un Inuit de Tuktoyaktuk emprisonné dans la glace. L'écrivain Robert Service a composé la « Ballad of the Ice-worm Cocktail » qui raconte l'histoire d'un spaghetti teint avec des yeux peints.