À tout prendre

Claude est hésitant. C'est un jeune bourgeois qui a accompli un certain nombre de choses, mais sa vie est dans une impasse. Il commence à remettre en question les choix qu'il a faits et les possibilités de la vie.

À tout prendre

Claude est hésitant. C'est un jeune bourgeois qui a accompli un certain nombre de choses, mais sa vie est dans une impasse. Il commence à remettre en question les choix qu'il a faits et les possibilités de la vie. Tout passe au crible de la critique : sa famille, ses relations, avoir ou non un enfant avec sa petite amie haïtienne, et surtout, que décider au sujet de son orientation sexuelle. Présenté librement, comme les confessions personnelles de Claude, et parsemé d'allusions au jazz, à la poésie, au cinéma français Nouvelle Vague, À tout prendre montre que l'expérience de Claude est symptomatique des questions, intellectuelles ou autres, que se pose la première génération qui suit la Révolution Tranquille des années 1960. C'est une génération qui est impétueuse, impatiente, énergique et sur le point de prendre le contrôle économique et politique.

Écrit par Claude Jutra qui interprète lui-même le rôle principal, À tout prendre est souvent considéré, surtout après le suicide de Jutra en 1986, comme un cinéma purement autobiographique, ce que n'est pas tout à fait vrai. En effet, tout en empruntant certains aspects de la vie de Jutra, le film est représentatif d'un style cinématographique brillant, à couper le souffle et de l'esprit qui règne à l'époque dans la bohème artistique et intellectuelle montréalaise du début des années 1960. Le nationalisme culturel et politique qui émerge au Québec, la scène artistique en plein essor et la libération sexuelle après des années de répression catholique imprègnent chaque image de À tout prendre. En outre, par l'utilisation d'un montage fragmenté, nerveux, inspiré de la Nouvelle Vague française et par ses préoccupations intellectuelles mises au premier plan, À tout prendre témoigne aussi, tout comme Le chat dans le sac de Gilles Groulx, du début de changements profonds à la fois dans la forme et le contenu du cinéma contemporain au Québec.

Voir aussiLong Métrage.