Action libérale nationale

Créée dans le contexte de la crise économique des années 1930, l’Action libérale nationale (ALN) est influencée par la pensée nationaliste de l’abbé Lionel Groulx et les idées de l’économiste Esdras Minville.

Paul Gouin
Fils de Lomer Gouin et petit-fils d'Honor\u00e9 Mercier, deux anciens premiers ministres du Qu\u00e9bec, Gouin fonde en 1934 l'Action lib\u00e9rale nationale, qui attire les lib\u00e9raux et les nationalistes de tendance r\u00e9formiste qui s'opposent aux politiques du gouvernement Taschereau. (Photo prise en 1945 par Conrad Poirier, Biblioth\u00e8que et Archives nationales du Qu\u00e9bec, P48,S1,P12381.)

Fondé en 1934 par des libéraux mécontents sous la direction de Paul Gouin, ce troisième parti de l’arène politique québécoise obtient rapidement le soutien des nationalistes radicaux, comme le dentiste Philippe Hamel, l’avocat Oscar Drouin et le maire de Québec Ernest Grégoire.

Fondation et programme

Créée dans le contexte de la crise économique des années 1930, l’Action libérale nationale (ALN) est influencée par la pensée nationaliste de l’abbé Lionel Groulx et les idées de l’économiste Esdras Minville, directeur de l’École des hautes études commerciales (HEC Montréal). Publié en 1934, le manifeste du parti prône des réformes de l’agriculture, de la justice, de l’industrie, de la fiscalité, de l’économie et des pratiques électorales.

Ce plan d’action, qui est utilisé comme plate-forme électorale, gagne la faveur du public. Ayant presque réussi à renverser le gouvernement libéral sortant de Louis-Alexandre Taschereau aux élections provinciales du 25 novembre 1935, l’ALN unit ses forces à celles des conservateurs, dirigés par Maurice Duplessis, pour créer l’Union nationale (UN). Dans les mois qui suivent, Duplessis s’assure, par ses manœuvres, de diriger la coalition.

Alliance avec l’Union nationale et déclin

Après l’éclatante victoire de l’UN aux élections de 1936, la plupart des principaux nationalistes de la défunte ALN se dissocient de Duplessis, qu’ils accusent de ne pas appliquer le programme du parti. Paul Gouin, qui ne s’est pas présenté aux élections de 1936, tente en vain de ressusciter l’ALN pour les élections de 1939. Il en redevient le chef le 24 juillet 1938. Le parti ne récolte cependant qu’un maigre 4,5 % des votes aux élections, et Gouin est défait dans la circonscription de Montréal-Mercier. Le parti est dissout peu de temps après. À la suite d’un bref passage dans l’opposition officielle (1939-1944) face au gouvernement libéral d’Adélard Godbout, l’Union nationale reprend le pouvoir et le conserve jusqu’à l’élection des libéraux de Jean Lesage en juin 1960. Maurice Duplessis demeure le chef de l’Union nationale jusqu’à sa mort, survenue le 7 septembre 1959.

Héritage

En dépit de sa brève existence, l’Action libérale nationale a marqué le paysage politique québécois. Plusieurs des réformes proposées dans son programme initial ont été reprises par les gouvernements de Maurice Duplessis (électrification rurale), d’Adélard Godbout (nationalisation de l’électricité) et de Jean Lesage (code du travail).


Lecture supplémentaire

  • Patricia Dirks, The Failure of l’Action libérale nationale (McGill-Queen’s University Press, 1991).

    Nathalie Hamel, « Notre maître le passé, notre maître l’avenir ». Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec (Éditions de l’IQRC, 2008).

Liens externes