Allan King

Allan Winton King, cinéaste (Vancouver, 6 février 1930 - Toronto, 15 juin 2009).

Allan King

Allan Winton King, cinéaste (Vancouver, 6 février 1930 - Toronto, 15 juin 2009). Allan King est l'un des premiers réalisateurs de cinéma direct - souvent appelé cinéma-vérité - au Canada. À Kitsilano, où il fait son primaire et son secondaire, il découvre la comédie muette et se voit offrir la possibilité d'être machiniste de plateau pour le premier film de son ami Stan Fox, Glub. Plus tard, il obtient un diplôme en philosophie de l'Université de la Colombie-Britannique et, en 1950-1951, il dirige la cérémonie d'inauguration de la saison de concerts de l'Université. King considère qu'il s'agit de son expérience d'apprentissage la plus importante de l'époque.

Après une tournée d'un an et demi en Europe, King retourne à Vancouver, où il travaille pour la Vancouver Film Society et obtient un baccalauréat spécialisé à l'Université de la Colombie-Britannique avant de se joindre, en 1954, au réseau anglais de la Société Radio-Canada, à Vancouver. En 1958, son désir de voir, d'explorer et de filmer le monde l'entraîne en Espagne, où il devient le cinéaste indépendant qu'on connaît. Allan King Associates est formé à Toronto en 1960 et, l'année suivante, Allan King Associates England est incorporée. King tourne en 1964 son premier docudrame, Running Away Backwards, qui traite des Canadiens expatriés dans l'île d'Ibiza.

Il revient au Canada en 1967 et ne tarde pas à retenir l'attention du monde entier avec deux autres documentaires : Warrendale (1967) et A Married Couple (1969). Warrendale, qui met en scène des enfants atteints de troubles affectifs, est banni des ondes de la Société Radio-Canada (SRC) et ne sera présenté à la télévision qu'en 1997, par TVOntario. Le film remporte le prix d'art et d'essai à Cannes, en 1967. Il partage aussi avec Blow Up d'Antonioni le prix du meilleur film étranger de la British Academy, et avec Belle du jour de Buuel, le New York Critics Award. Son intérêt de plus en plus grand pour la fiction le pousse à réaliser un autre docudrame, Come on Children (1973). Cette trilogie constitue un remarquable portrait d'une société en crise.

King se consacre ensuite au drame et réalise plusieurs films marquants pour le compte du réseau anglais de la SRC : A Bird in the House (1974), Six War Years (1975), Red Emma (1976) et One Night Stand (1977). Puis il passe avec succès au long métrage de fiction avec son adaptation de l'œuvre de W.O Mitchell intitulée Who has seen the wind (1977), qui remporte La bobine d'ord, cette année-là. Son deuxième long métrage de fiction, Silent of the North (1981), ne remporte aucun succès public ou critique. Il revient au documentaire avec un film controversé sur le chômage, Who's in Charge? (1983), et la dramatique télévisée The Last Season (1986). Son long métrage de fiction pour le cinéma Termini Station (1989) pose un regard froid et sans compromis sur une famille dysfonctionnelle du Nord de l'Ontario.

King réalise nombre d'épisodes de séries télévisées, mais revient aux documentaires avec The Dragon's Egg (1999), qui, par les expériences d'un petit groupe d'Estoniens, traite de l'arrivée de la démocratie en Europe de l'Est. C'est le début d'une intense période de créativité qui le mènera à trois films grandement acclamés. Dying at Grace (2003) jette un regard sur le vieillissement et Memory for Max, Claire, Ida and Company (2005), sur la maladie d'Alzheimer. En 2006, EMPz 4 Life explore la présence croissante des armes à feu à Toronto et les nombreuses morts qui s'ensuivent. Ces films sont présentés à l'échelle internationale dans le cadre de festivals et sont projetés sur plusieurs grands écrans.

Allan King est président de la Guilde canadienne des réalisateurs en 1970-1971 et de 1993 à 2000. En 1988, il reçoit l'Ontario Film Institute Award for Excellence in Canadian Cinema. En 1992, il remporte le prix Gémini du meilleur réalisateur pour l'un de ses nombreux épisodes de la série télévisée Road to Avonlea. En 2002, il est nommé officier de l'Ordre du Canada et, en 2006, il reçoit un doctorat honorifique en beaux-arts de l'Université Simon Fraser. En 2009, à titre posthume, il se mérita un prix Gémeaux particulier de l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision pour sa contribution à la diffusion télévision.

Bibliographie

Seth Feldman, dir., Allan King : Filmmaker (2002).


Lecture supplémentaire

  • Seth Feldman, ed, Allan King: Filmmaker (2002).