Émilien Allard

Émilien Allard, carillonneur, pianiste, clarinettiste, compositeur (né le 12 juin 1915 à Montréal, au Québec; décédé le 18 novembre 1976 à Ottawa, en Ontario).

Émilien Allard, carillonneur, pianiste, clarinettiste, compositeur (né le 12 juin 1915 à Montréal, au Québec; décédé le 18 novembre 1976 à Ottawa, en Ontario). Émilien Allard a été l’un des carillonneurs les plus acclamés dans le monde (voir carillon). En 1958, il a remporté le Prix international de carillon à Malines au cours de l’Exposition universelle de Bruxelles. Il a été titulaire du carillon de l’oratoire Saint-Joseph à Montréal de 1955 à 1975. Nommé carillonneur du Dominion du Canada en 1975, il a occupé son poste à la tour de la Paix sur la colline du Parlement. Plusieurs de ses compositions sont encore jouées au Canada, aux Pays-Bas, en Belgique, en France et aux États-Unis.

Formation

Dans sa jeunesse, Émilien Allard joue de la clarinette dans un orchestre de concert à Grand-Mère, au Québec. Plus tard, il dirige cet orchestre et travaille également comme organiste de l’église de la ville. Il étudie le piano et la théorie avec J. Antonio Thompson et avec le père Joseph-Gers Turcotte au séminaire de Trois-Rivières et obtient un diplôme de musique de l’Université Laval. Il suit ultérieurement des cours d’orgue et d’harmonie avec Eugène Lapierre au Conservatoire national de musique de Montréal où il obtient une licence.

De 1942 à 1945, Émilien Allard occupe le poste de clarinettiste de l’harmonie militaire de l’ARC à Rockcliffe, en Ontario. Puis, de 1946 à 1948, il part en Belgique à Malines étudier à l’École de carillon où il suit des cours de campanologie auprès de Staf Nees et des cours de composition auprès de Jef van Hoof. Il obtient son diplôme de carillonneur à l’École de carillon de Malines en 1948. Il poursuit ses études au Conservatoire de Paris en 1949 auprès d’Eugène Bigot en direction d’orchestre, de Maurice Duruflé en orchestration et d’Olivier Messiaen en esthétique musicale.

Carrière : les points saillants

À son retour au Canada en 1949, Émilien Allard traverse une période difficile avant sa nomination, en 1955, comme titulaire du carillon de l’oratoire Saint-Joseph à Montréal, un poste qu’il occupera pendant 20 ans. En 1958, il remporte le Prix international de carillon à Malines au cours de l’Exposition universelle de Bruxelles. De 1959 à 1976, il effectue des tournées annuelles aux États-Unis. Comme carillonneur et organiste, il enregistre, avec l’organiste Eugène Lapierre, le microsillon Noëls au carillon de l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal (RCA Victor LCP-1024) dont il signe également les arrangements. Il quitte l’oratoire Saint-Joseph en 1975 pour devenir carillonneur de la tour de la Paix à Ottawa, un poste qu’il occupe jusqu’à son décès des suites d’un cancer l’année suivante.

Compositions et interprétations

Émilien Allard compose quelque 50 œuvres pour carillon et réalise plus de 700 transcriptions. Ses compositions comprennent Légende pour orchestre et Poème bucolique pour piano et orchestre diffusés à la radio de Radio-Canada en 1946; un Divertissement pour clarinette et orchestre joué en 1947 lors d’un festival de musique canadienne à Paris; une Sonata a quattro pour hautbois, clarinette, cor et basson jouée à l’occasion des Festivals de Montréal 1960; et une Sonate pour carillon créée en 1968 à Springfield en Illinois aux États-Unis.

Émilien Allard écrit également un triptyque pour carillon basé sur trois poèmes tirés du Jardin de nuit du poète québécois Jacques Brillant écrit sous le pseudonyme de Jabry. L’orchestre de Howard Cable enregistre sa Marche du Maréchal et sa Marche H.I.C., tandis que Gordon Slater enregistre sa Notule no 1 et son Profil canadien no 2 pour l’album Bells and Brass.

Distinctions et héritage

Certaines des œuvres d’Émilien Allard sont encore jouées au Canada, aux Pays-Bas, en Belgique, en France et aux États-Unis. En 1977, le carillonneur Jacques Lannoy lui rend hommage en ces termes dans un article publié dans La Musique périodique : « Couperin, Ravel, Olivier Messiaen, ces trois musiciens célèbres dont il avait été l’élève et le disciple, résument et illustrent bien cette culture musicale française dont Émilien [Allard] possédait toute la finesse et toute la sensibilité. » Gordon Slater, le successeur d’Émilien Allard comme carillonneur du Dominion, indique : « Sa voix de carillon est unique et immédiatement reconnaissable comme celle de Mozart l’est pour le violon et celle des Dorsey pour les big band. » Bibliothèque et Archives nationales du Québec conserve les papiers d’Émilien Allard.

Une version de cet article est parue initialement dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Ouvrages

Émilien Allard, « Le carillon et l’art Campanaire », La Musique, vol. 2, éd. Norbert Dufourcq (Paris, 1965).


Lecture supplémentaire

  • "La vie et la mort d'un carillonneur," Musique périodique, vol. 1 (janvier-février 1977).