Anciens combattants



Anciens combattants

L'humoriste canadien Stephen LEACOCK a écrit, en 1938, ces mots sur les anciens combattants : « À leur retour au pays, lorsque la guerre prend fin, ils sont accueillis sous des arches fleuries, et les jeunes femmes leur sautent au cou et, moins de six mois plus tard, on s'attend à ce qu'ils disparaissent sans laisser de traces, qu'ils soient les plus discrets possibles aux yeux de l'opinion publique et qu'ils soient tranquilles ». Ce commentaire, exprimé dans un contexte de guerre imminente, résumait succinctement le traitement pitoyable que le Canada a réservé aux anciens combattants de la Grande guerre de 1914-1918. Après la DEUXIÈME GUERRE MONDIALE, les Canadiens ont fait amende honorable en mettant sur pied de généreux programmes de réadaptation, considérés généralement comme les meilleurs au monde, malgré certaines lacunes comme les longues périodes d'attente qui se sont écoulées avant le versement de subventions aux PRISONNIERS DE GUERRE.

Il y a des anciens combattants au Canada depuis 1759, alors que six bataillons de miliciens ont participé sans succès à la défense de Québec. Au cours de la GUERRE DE 1812, au plus fort des combats, ce sont des unités de l'armée régulière britannique qui sont au front, mais des miliciens canadiens sont mis à contribution comme ce sera le cas, plus tard, au cours des RÉBELLIONS DE 1837 dans le Haut et le Bas-Canada et lors des raids des fenians de 1864, 1866 et 1870 au Canada. Au cours de la RÉBELLION DU NORD-OUEST, les miliciens attachés à la force de campagne du Nord-Ouest ont combattu Louis RIEL ; en 1987, une veuve de l'un des membres de la force recevait toujours une pension. Le Canada a aussi fourni des voyageurs lors de l'EXPÉDITION SUR LE NIL in 1885 and contingents to the SOUTH AFRICAN WAR de 1885 de même que des contingents à la force expéditionnaire de la GUERRE DES BOERS de 1899-1902. Le Canada a joué un rôle très actif durant les deux guerres mondiales et, entre 1950 et 1953, il a dépêché des contingents des forces aériennes et navales, ainsi que des troupes terrestres pour servir sous les drapeaux des Nations Unies durant la GUERRE DE CORÉE.

Le « scrip », ou octroi de terre, a été l'une des récompenses privilégiées accordées aux anciens combattants. Les anciens combattants qui ont pris part aux raids des fenians, ont reçu des lots de 160 acres de terre dans les Prairies. En 1931, 160 survivants de la Police à cheval du Nord-Ouest, qui avaient servi en 1885 au sein de la force de campagne du Nord-ouest, ont reçu un montant forfaitaire de 300 $ au lieu d'un « scrip » auquel ils avaient droit, mais qu'ils n'ont jamais reçu.

Chaque année, le Canada débourse près de 1,5 milliard de dollars en pensions de guerre, principalement en rentes d'invalidité pour les survivants. En 1987, le nombre d'anciens combattants au Canada s'établissait environ à 708 000 dont 32 300 femmes et 11 000 marins marchands. Au tournant du siècle, on prévoit que le nombre d'anciens combattants chutera à 206 000 et à moins de 200 d'ici l'an 2 031, sous réserve de guerres éventuelles. Au 1er juin 1987, l'âge moyen des anciens combattants de la Première Guerre mondiale, toujours vivants, était de 90 ans, alors qu'il s'établissait à 67 ans pour ceux de la Deuxième Guerre mondiale. Au nombre des anciens combattants qui reçoivent des rentes pour dépression, deux ont participé à la guerre des Boers, 1 989 à la Première Guerre mondiale, 45 522 à la Deuxième Guerre mondiale et 2 354 à la Guerre de Corée. Si l'on inclut les conjoints survivants et les enfants, le nombre total de bénéficiaires de ces rentes s'établit à 83 872. Un autre groupe, totalisant 142 167 personnes, y compris les personnes à charge, recevait des pensions d'invalidité de guerre. Parmi ces personnes, plus de 95 000 sont d'anciens combattants, ce qui représente près d'une personne sur sept de l'ensemble des personnes survivantes.

La courte période de temps qui sépare les deux guerres mondiales, a permis aux anciens combattants de la première de faire corriger, dans l'intérêt des anciens combattants de la deuxième, les lacunes qu'ils avaient identifiées dans leurs plans de réadaptation (le maigre financement accordé aux soldats pour s'établir sur des terres ). La presque totalité des propositions de nature législative, y compris la suggestion formulée en 1943 de créer un ministère des Anciens combattants, ont été mises de l'avant par les anciens combattants eux-mêmes. Le fait que nombre de députés, y compris certains des membres du Cabinet, soient des anciens combattants, a aidé leur cause. En conséquence, 50 000 anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale ont pu fréquenter l'université alors que 96 000 autres ont reçu des prestations pour les aider à se lancer dans le domaine agricole ou dans celui des pêches, pour acquérir une exploitation semi-agricole ou commerciale ou pour s'acheter une maison.

C'est la LÉGION ROYALE CANADIENNE qui est le principal porte-parole des anciens combattants. Elle a été fondée en 1926 par le fusionnement de dix groupes d'anciens combattants, de 50 sociétés régimentaires indépendantes et de 790 autres organismes, en tout 20 000 membres. De nos jours, la Légion, qui compte plus de 600 000 membres répartis en 1 800 sections, a renforcé ses effectifs en ouvrant ses portes aux conjoints, aux fils et aux filles des anciens combattants et aux membres associés. Dès ses débuts, la Légion était au premier rang de tous les combats pour l'adoption de lois favorables aux anciens combattants et elle a été l'un des principaux organismes à défendre les causes de la radiodiffusion publique nationale, de l'industrie canadienne du film, de l'édition de livres d'histoire canadienne et du logement social. Elle a toujours pris soin des siens, surtout durant les périodes difficiles. Maintenant, cependant, elle aide une collectivité beaucoup plus importante à titre de principal organisme de service au Canada.


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