Antonio Barrette

Antonio J. Barrette a été premier ministre désigné du Québec en 1960 ainsi que chef de l’Union nationale (né le 26 mai 1899 à Joliette, au Québec; décédé le 15 décembre 1968 à Montréal).

Antonio J. Barrette a été premier ministre désigné du Québec en 1960 ainsi que chef de l’Union nationale (né le 26 mai 1899 à Joliette, au Québec; décédé le 15 décembre 1968 à Montréal). Moins de 6 mois après son arrivée au pouvoir, il est défait par les Libéraux de Jean Lesage, ce qui marque le début de la Révolution tranquille. Barrette était ministre du Travail lorsque les nombreuses grèves de l’ère Duplessis se sont produites.

Formation et début de carrière

Antonio Barrette fait ses études à l’Académie Saint-Viateur de Joliette, puis entre à l’emploi du Canadien national, d’abord comme messager, puis comme machiniste. De 1931 à 1935, il est ingénieur-mécanicien en chef à l’Acme Glove Work Ltd. de Joliette.

Député et ministre

Barrette débute sa carrière politique en remportant le siège de Joliette pour le parti de l'Union nationale aux élections de 1936 qui portent Maurice Duplessis au pouvoir. Il est réélu six fois entre 1939 et 1960, sans grande difficulté. Fort de son expérience syndicale comme ingénieur-mécanicien et chef du Conseil régional du travail, il sera ministre du Travail de 1944 à 1960 dans les gouvernements Duplessis et Sauvé ainsi que dans son propre gouvernement. Lors des élections générales de 1952, il bat Georges-Émile Lapalme, chef du Parti libéral, dans la circonscription de Joliette. Il est chargé d'appliquer les politiques du travail de son parti, nettement antisyndicales dans certains cas.

Un tournant : la grève de l’amiante

En 1949, pendant la grève de l’amiante, Barrette fait adopter le Code provincial du travail (Bill 5), qui interdit les grèves de solidarité, rend obligatoire l’arbitrage chez les pompiers, policiers et enseignants et retire l’accréditation aux syndicats ayant des représentants « marxistes. Les grévistes de l’amiante ayant plusieurs appuis au sein de l’Église catholique, il est reçu en audience privée par le pape Pie XII le 3 février 1950. Le lendemain, l’évêque de Montréal, Joseph Charbonneau, démissionne en invoquant des raisons de santé. Cet événement montre l’influence du gouvernement Duplessis sur l’Église catholique canadienne.

Premier ministre du Québec

À la mort de Paul Sauvé en janvier 1960, Antonio Barrette est désigné comme nouveau chef du parti. Ce choix est cependant contesté, le parti est divisé et son leadership s’en trouve affaibli. À l’époque, plusieurs candidats pouvaient prétendre à la direction intérimaire : Antoine Rivard, Yves Prévost, Antonio Talbot, Daniel Johnson et Jean-Jacques Bertrand. Les trois premiers se désistent par manque d’appuis et les deux autres sont écartés par les instances du parti, car jugés trop inexpérimentés. Les élections générales étant imminentes, Barrette est désigné, sans course au leadership, comme candidat de compromis. Devenu premier ministre du Québec, il le reste jusqu'à l'élection de juin de la même année, où il doit céder le pouvoir aux libéraux.

La campagne électorale de 1960 est marquée par le scandale du gaz naturel. Plusieurs ministres et conseillers législatifs avaient acheté des actions de la Corporation de gaz naturel du Québec avant sa nationalisation, ce qui leur a permis de récolter une plus-value importante. La Commission royale d'enquête sur la moralité dans les dépenses publiques (Commission Salvas), instituée par le gouvernement Lesage, blâme directement Antonio Barrette dans cette affaire. Cependant, aucune accusation n’est portée contre lui.

À la suite de la défaite électorale, Gérard Martineau, trésorier de l’Union nationale et conseiller législatif, ainsi que Joseph-Damase Bégin, ancien ministre de la Colonisation, incitent Barrette à démissionner, ce qu’il fait. Cependant, il garde la propriété du quotidien Montréal-Matin, qui traditionnellement se transmet d’un chef de l’Union nationale à l’autre. Il cèdera toutefois ses titres de propriété lorsque Daniel Johnson sera élu chef du parti.

Prix et distinctions

Antonio Barrette termine sa carrière publique comme ambassadeur du Canada en Grèce de 1963 à 1966 (voir Représentation diplomatique et consulaire). Il a également été courtier d’assurances à Joliette après sa retraite politique. Il a reçu en 1945 un doctorat honoris causa de l'Université Laval et a été nommé en 1948 docteur rerum civilium scientia de l'Université de Montréal. De plus, il est honoré du titre de grand cordon de l'Ordre royal de George de Grèce. L’autoroute 31 au Québec, située partiellement dans la circonscription de Joliette qu’il représentait, porte son nom.

Il est l’auteur de trois ouvrages intitulés Considérations sur les relations industrielles en démocratie (1953), Le communisme est-il une menace? (1954) et Mémoires (1966). Le fonds d'archives d'Antonio Barrette (P182) est conservé au centre d'archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.


Lecture supplémentaire

  • Conrad Black, Duplessis, 2 vol. (Montréal: Éditions de l'Homme, 1977).

    Mario Cardinal, Vincent Lemieux et Florian Sauvageau, Si l’Union nationale m’était contée… (Montréal : Boréal, 1978).

    Xavier Gélinas et Lucia Ferretti, dir., Duplessis, son milieu, son époque (Québec : Septentrion, 2010).

    Richard Jones, Duplessis et le gouvernement de l’Union nationale (Ottawa : Société historique du Canada, 1983), brochure historique n° 35.

    Vincent Lemieux, Les partis générationnels au Québec (Québec : PUL, 2011).

    Martin Pelletier, L’Union nationale : bibliographie(Québec : Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec, 2009).

    Bernard Saint-Aubin, Duplessis et son époque (Montréal : La Presse, 1979).

Liens externes