Architecture - histoire de l'architecture : 1914-1967

 Le 3 février 1916, un incendie se déclare sur la colline parlementaire d'Ottawa. Le lendemain matin, il ne reste du Bloc central (1859) que la célèbre bibliothèque à pinacle et quelques murs en ruine.

Hart House
Située sur le campus de l'U. de Toronto, Hart House a été érigée grâce à un don de la famille Massey et porte le nom de Hart Massey (photo des archives de l'U. de Toronto).
Toronto, hôtel de ville de (nouveau)
Le concept et l'architecte du nouvel hôtel de ville de Toronto ont été choisis dans le cadre d'un concours international (photo de Tibor Bognar).
Bessborough Hotel, le
L'hôtel de style château est situé sur la rive ouest inférieure de la rivière (Corel Professional Photos).
Chapelle extérieure
À Silton, en Saskatchwan, conçue par Clifford Wiens (photo obtenue avec la permission de William P. Thompson).
Édifices du Parlement, Ottawa
Achevé en 1922, le nouvel édifice préservant le style néogothique original(photo de James H. Marsh).
L
L'église anglicane St. James à Vancouver, en Colombie-Britannique, 1937, réalisée par Adrian Gilbert Scott en collaboration avec Sharp et Thompson, 1935-1937 (photo de Leonard Frank, avec la permission de la Vancouver Public Library/PN 4671).
Gerald Larkin, résidence
À Toronto, en Ontario (1926), inspirée des maisons de style anglais classique du XVIIIe siècle (photo de William Dendy).
Édifices du Parlement, l
L'édifice du Centre avant l'incendie. Seule la bibliothèque située à gauche a été sauvée des flammes; photographié après 1880 par W.J. Topley (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-8338).
St. James, église anglicane
L'église anglicane St. James à Vancouver, en Colombie-Britannique, réalisée par Adrian Gilbert Scott en collaboration avec Sharp et Thompson, 1935-1937 (photo de John Roaf).
Rio Vista
Vancouver, en Colombie-Britannique (Bernard C. Palmer, 1930); inspiré du style Spanish Colonial Revival (photo de John Roaf).
Université Simon Fraser
À Burnaby, en Colombie-Britannique. Le carré universitaire, conçu par Arthur Erickson (Corel Professional Photos).
Université Trent
U. Trent, à Peterborough, conçue par Ron Thom (photo de Steven Evans).
Saint-Benoît-du-Lac, vue intérieure de
Vue intérieure de l'abbatiale de Saint-Benoît-du-Lac (1989-1994) (photo de Richard Max Tremblay/avec la permission de Dan S. Hanganu).
Édifice de la marine, vue intérieure
Vancouver, en Colombie-Britannique (McCarter et Nairne, 1929-1930); photo de Leonard Frank, 1930 (avec la permission de la Vancouver Public Library/PN 12011).
Banque Canadienne Impériale de Commerce
Ancien édifice de la Banque de Commerce Canadienne Impériale, à Toronto, réalisé par York and Sawyer en collaboration avec Darling and Pearson, 1929-1931 (photo de William Dendy).
Université de Montréal
Université de Montréal à Montréal, reconnu par ses contemporains comme le premier édifice moderne au Québec, réalisée par l'architecte Ernest Cormier; la construction a commencé en 1928 (Collection du Musée canadien d'architecture, à Montréal, droits d'auteur : Phyllis Lambert et Richard Paré).
Banque de Nouvelle-Écosse, perspective
Halifax, en Nouvelle-Écosse, en 1930. John Lyle il joue un rôle important dans la diffusion des idéaux beaux-arts au Canada (dessin de John Lyle, avec la permission des Archives de la Banque de Nouvelle-Écosse).
Église de l
La construction a commencé en 1930, à Cook's Creek, au Manitoba; l'architecte est le père Ruh (avec la permission du ministère de la Culture, du Patrimoine et de la Citoyenneté du Manitoba; Direction des ressources historiques).
Vancouver Public Library
Vancouver, en Colombie-Britannique (Semmens et Simpson, 1957-1958) (avec la permission de la Vancouver Public Library/29956).
Smith, maison
À Vancouver ouest, en Colombie-Britannique, en 1965 (photo de John Fulker v. 1966, avec la permission de la fondation Arthur Erickson).
Varscona, théâtre
Edmonton, en Alberta. Conception de Rule, Wynn and Rule, en 1940 (avec la permission des Provincial Archives of Alberta, Alfred Blyth Collection BL/254/1).
Precious Blood Church
Conçue par Étienne Gaboury, située à Saint-Boniface, au Manitoba (photo de Henry Kalen).
Toronto Dominion Centre
Les structures simples et répétitives du Toronto Dominion Centre sont caractéristiques du style international (photo de James H. Marsh).

Architecture - histoire de l'architecture : 1914-1967

Le 3 février 1916, un incendie se déclare sur la colline parlementaire d'Ottawa. Le lendemain matin, il ne reste du Bloc central (1859) que la célèbre bibliothèque à pinacle et quelques murs en ruine. Le Canada est en guerre contre l'Allemagne, ses citoyens sont sous les drapeaux, mais la reconstruction commence presque sur-le-champ. Les architectes désignés, John A. Pearson et J. Omer Marchand, optent, à partir de leurs dessins, pour une continuité avec le passé.

Lorsqu'on procède à l'ouverture de la Tour de la Paix du Bloc central en 1927, la forme gothique fière et imposante devient le symbole rayonnant d'une nation maintenant prospère, monument commémoratif en hommage aux milliers de Canadiens morts dans les Flandres. Construit d'acier et de béton, méticuleusement planifiée, le nouvel édifice présente une structure et une fonction contemporaines. Cependant, même l'observateur le plus désinvolte est en mesure de constater que sa masse et son revêtement ne sont qu'une paraphrase mise à jour de l'édifice qu'il remplace. À l'intérieur, un grand nombre d'espaces publics sont de style néogothique.

Cette approche, en apparence traditionnelle mais en fait moderne, est la mode dominante de l'architecture canadienne en vogue au cours des années 20. À Ottawa, elle s'apparente tout à fait au désir de créer un ensemble architectural unifié sur toute la longueur de la rue Wellington. Remarquablement réussie, cette initiative de l'entre-deux-guerres comprend, en plus du nouveau Bloc central, les tours au toit cuivré des édifices de la Confédération (1928-1931) et de la Justice (1934-1936, toutes deux du ministère des Travaux publics) de même que de la Cour suprême (Ernest Cormier, 1938-1939) et la Banque du Canada (Marani, Lawson et Morris, 1937-1938).

À l'extérieur de la capitale, des édifices raffinés et élégants sont construits dans des styles qui varient d'un océan à l'autre. Ce choix de style reflète souvent les conventions de l'avant-guerre basées sur l'utilisation de l'édifice. Sur les campus universitaires des exemples convaincants du style collège gothique sont réalisés, agrandis ou entrepris. Ici aussi le résultat se traduit par le sens de la continuité et de l'unité avec le passé à Toronto (Hart House, Sproatt and Rolph, 1911-1919, la tour du soldat ajoutée en 1924), en Colombie-Britannique (l'édifice de la Science, Sharp et Thomson, 1914-1925), en Saskatchewan et à McMaster (voir Thompson, Berwick, Pratt and Partners).

Les années 20 sont également marquées par un renouveau de la vogue romantique château-baron pour les hôtels prestigieux. Les centres de villégiature mondialement connus que sont le Château du lac Louise et l'Hôtel Banff Springs sont agrandis, et de nouveaux hôtels sont construits à Vancouver (l'Hôtel Vancouver, 1928-1939) et à Saskatoon (Bessborough, 1930-1932), tous deux dessinés par Archibald et Schofield. Dans le cas des édifices publics et particulièrement celui des édifices commerciaux, les formes classiques demeurent le style de prédilection (l'édifice de la Sun Life, Montréal, Darling et Pearson, 1914-1931), bien qu'au cours des années 30 le langage classique soit de plus en plus simplifié, voire rendu au point de l'abstraction. Parfois étiquetés comme étant de « classicisme dénudé », on peut trouver de bons exemples dans la plupart des villes, souvent dans le cas de banques telles que la Banque de la Nouvelle-Écosse de John Lyle à Calgary (1929).

Le design domestique est également dominé par un goût pour les interprétations élégantes des styles architecturaux du passé. Du Westmount de Montréal aux Shaughnessy Heights de Vancouver, le voisinage des riches procure un sens bucolique aux pignons Tudor, aux parapets géorgiens, aux terrasses italiennes et aux arches espagnoles disposés dans des jardins aménagés avec grand soin.

Pour les classes moyennes, le bungalow californien demeure populaire, tandis qu'ici et là on peut observer l'influence de Frank Lloyd Wright. L'oeuvre d'Ottawa de Francis Sullivan (la maison E.P. Connors, Ottawa, 1914-15) en est un exemple; la maison B.T. Lea à Vancouver par John A. Pauw (1930) en est un exemple plus récent.

Période du jazz et nouveaux styles

Au milieu des années 20, la culture de l'après-guerre du monde industrialisé commence à générer une série de styles unifiés qui ont une influence sur la mode, le design et l'architecture. Ces derniers incluent l'Art Déco, le Modernisme, l'Expressionnisme et le Fonctionnalisme. Par-dessus tout, on note un intérêt très répandu pour de nouvelles sources d'inspiration, allant de l'exotique, au primitif jusqu'à l'industriel. Les formes sont simplifiées, la composition est plus géométrique et on observe un engouement général pour l'abstraction.

C'est dans ce climat architectural changeant qu'émerge le style romanesque, nouvellement en vogue, spécialement lorsqu'il est utilisé comme point de départ. À l'Hôtel Royal York, de Toronto (Ross et Macdonald avec Sproatt et Rolph, 1927-1929), on combine ce style au toit de château. En ce qui concerne le gratte-ciel de 34 étages situé tout près dans le cas de la Banque canadienne impériale de Commerce (York et Sawyer, avec Darling et Pearson, 1929-1931), l'effet global est légèrement plus vertical, et l'intérieur, ravissant.

Au temple Holy Blossom (Toronto, Chapman et Oxley avec Maurice D. Klein, 1936-1937) et à l'église anglicane St. James (Vancouver, Adrian Gilbert Scott avec Sharp et Thompson, 1935-1937), le romanesque est combiné à une structure de béton exposée pour créer des formes simplifiées puissantes qui sont tout à fait de leur époque.

L'architecture canadienne a longtemps été influencée par les modes architecturales américaines et européennes, et, à la fin des années 20, l'Art Déco (dénomination née lors de l'Exposition Internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris de 1925) fait son apparition. De même, à New York, les gratte-ciel sont devenus monnaie courante.

Citons à titre d'exemples l'édifice Aldred à Montréal (E.I. Barrott, 1929-1931) et l'édifice de la Marine à Vancouver (McCarter Nairne, 1929-1930). Cependant, le mouvement fait aussi son apparition à la Bourse de Toronto (George et Moorhouse avec S.H. Maw, 1936-1937), dans des maisons (la maison Cormier, Montréal, 1930) et dans les magasins à rayons. En 1930, T. Eaton et Compagnie invite le dessinateur français Jacques Carlu (alors professeur au MIT) à tracer les plans des intérieurs de ses magasins de Montréal et de Toronto.

Pendant les années 30 et au début des années 40, l'architecture est aussi influencée par la simplification du design industriel. Le style qui en résulte (surfaces en stuc uni, coins ronds et accents horizontaux) est souvent appelé « moderne ». Il est particulièrement populaire dans le design des salles de cinéma (le Varscona Theatre, Rule, Wynn et Rule, Edmonton, 1940), et l'on est en mesure de retrouver son influence dans plusieurs édifices de cette période.

Expression nationale

La nature complexe de l'architecture canadienne au cours des années 20 et 30 est particulièrement évidente au Québec. Il est possible d'y rencontrer, dans sa forme la plus évidente, l'influence d'un autre thème des années de l'entre-deux guerres : le désir de nouvelles formes d'expression culturelle stimulé par des préoccupations sociales, religieuses, ethniques et nationales. Sans l'ombre d'un doute, l'architecte le plus marquant de la province est Ernest Cormier (1885-1980). L'oeuvre de Cormier, qui possède une formation d'ingénieur et d'architecte et qui a reçu son éducation tant à Paris qu'à Montréal, englobe l'art déco raffiné de sa propre demeure (Montréal, 1930), les hangars d'hydravions en mince voile de béton armé (Montréal, 1928) et les formes puissantes et étendues de son chef-d'oeuvre, l'U. de Montréal (1924-1943). Cet imposant campus domine le versant nord-ouest du Mont-Royal. Visible à des kilomètres à la ronde, sa masse sévère et rectiligne et son usage rationnel du verre et de la brique se combinent à un maniement sûr du détail et de l'ornement pour en faire un symbole puissant de la nature mouvante de la société québécoise.

Les formes de l'U. de Montréal semblent en équilibre entre la simplicité radicale du fonctionnalisme, mode qui dominera bientôt l'architecture canadienne, et le désir d'employer des matériaux d'une façon expressive, sinon abstraite, afin de produire un effet émotionnel. On peut également observer cette tendance expressionniste dans l'oeuvre de Dom Paul Bellot et ses disciples. Bellot, un moine belge, dont l'oeuvre peut être classée parmi les chefs-d'oeuvre de l'expressionnisme européen, est invité à donner une conférence à Montréal en 1934. Ses idées touchent une corde sensible chez les architectes catholiques à la recherche d'un langage architectural innovateur. En 1939, Bellot est nommé architecte à l'Oratoire Saint-Joseph, qui est achevé en tenant compte de ses recommandations, et se joint au groupe de design mis sur pied pour l'Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac (Mansonville, Québec). Bellot stimule une école de design ecclésiastique dont un des premiers fruits est l'Église Sainte-Thérèse-de-Lisieux par Adrien Dufresne (Beauport, Québec, 1936).

Paradoxalement, alors que le Québec francophone compte sur une culture moderne émergente pour y puiser son inspiration au cours des années 20 et 30, les anglophones de la province se concentrent sur l'examen et la redécouverte du passé préindustriel du Québec. Stimulés par les peintures d'artistes tels que Clarence Gagnon et encouragés par les architectes-spécialistes Percy Nobbs et Ramsay Traquair de l'U. McGill, un grand nombre d'architectes du Québec parmi les plus à la mode empruntent la construction en pierre des champs et les toits à pignon de la maison québécoise traditionnelle dans la réalisation d'un style régionaliste domestique.

C'est la manifestation canadienne du « régionalisme » à l'échelle du continent dans le design domestique, mais l'intérêt et la mode pour les formes historiques du Québec font partie d'un courant nationaliste plus imposant qui influence l'architecture canadienne de cette époque. À l'extérieur du Québec, le défenseur le plus marquant d'une architecture ouvertement canadienne est l'architecte de Toronto John Lyle. Dans une série d'articles et de réalisations, Lyle explore les possibilités d'une iconographie décorative canadienne (Bibliothèque Runnymede, Toronto, 1929; Banque de la Nouvelle-Écosse, Halifax, 1930).

Dans d'autres régions du pays, et plus particulièrement dans les Prairies nouvellement colonisées, une architecture de folklore de formes adaptées et transposées commence déjà à prendre forme et se traduit, entre autres, par une oeuvre de charme et de vigueur allant de l'humble au monumental (l'Église de l'Immaculée-Conception, Cook's Creek, Manitoba, 1930, père Ruh, 1924-1925).

Fonctionnalisme et mouvement moderne

Au milieu des années 30, le fonctionnalisme européen, une approche de l'architecture caractérisée par des formes aux allures de boîte, des feuilles de verre, des surfaces planes et une croyance en la primauté de l'utilité et de la fonction dans un design global, commence à influencer la culture architecturale canadienne. Cependant, les effets persistants d'une dépression économique dévastatrice et la pénurie de clients audacieux font que seule une poignée de maisons portant le nouveau style (auquel on se réfère sous l'appellation de « style international ») sont construites en 1940. Parmi celles-ci, on compte les oeuvres de Marcel Parizeau et de Robert Blatter au Québec et, en Colombie-Britannique, celles de Binning, de Peter Thornton, de Robert Berwick et de C.E. Pratt à Vancouver. Les édifices industriels et les occasionnelles réalisations commerciales témoignent aussi de l'évolution vers le mouvement fonctionnaliste (Habitations de la Canada Ciment, Barott, Marshall, Montgomery et Merrett, architectes, 1940).

La conséquence la plus spectaculaire du fonctionnalisme se fait sentir dans les universités. Au début des années 40, on met sens dessus dessous des décennies de tradition pédagogique, alors que non seulement le style fonctionnaliste, mais l'idéologie et le modus operandi du mouvement moderne sont introduits par John Bland à McGill, Eric Arthur à Toronto et John Russell au Manitoba. Après la guerre, un nombre record de vétérans s'inscrivent à l'université, et cette orientation moderniste va en s'intensifiant. Les trois écoles d'architecture, de concert avec l'école nouvellement fondée à l'U. de la Colombie-Britannique, embauchent toutes des professeurs formés à la pratique moderniste. Certains viennent au Canada en provenance de l'Europe, d'autres, des écoles américaines telles que Harvard et le MIT. Au début des années 50, une génération de jeunes architectes modernistes entrent dans la profession.

La carrière de John C. Parkin (1922-1988) témoigne de cette situation. Ayant effectué ses études à l'U. du Manitoba, Parkin part pour Toronto, puis obtient son diplôme sous la direction de Walter Gropius à Harvard. Il retourne alors à Toronto où, faisant ses débuts par la réalisation des édifices du quartier général de l'Ontario Association of Architects (1954), il dessine une série remarquée d'édifices empruntant le style international. Pendant ce temps, son employeur, John B. Parkin (aucun lien de parenté), met sur pied une entreprise de design polyvalente qui convient on ne peut mieux aux besoins de clients appartenant à une corporation et qui offre tous les services imaginables, allant de l'ingénierie au design intérieur, l'aménagement paysager, la signalisation et bien sûr la forme architecturale (l'aéroquai, Aéroport international Lester-B.-Pearson de Toronto, 1957-1965).

Modernisme

Au milieu des années 50, l'architecture canadienne est une profession tout à fait imbue de la sensibilité moderniste. Ses réalisations et sa sphère d'activités progressent sur tous les fronts, dont celui d'une presse architecturale revigorée (The Canadian Architect, fondé en 1957); des expériences dans l'élaboration de projets suburbains (Don Mills, Ontario, et Wildwood Park, Winnipeg); de nouvelles villes, telles Kitimat, en Colombie-Britannique; un programme de logements communautaires à l'initiative de la Corporation d'hypothèque et de logement du Canada; et des progrès incessants dans la technologie de la construction.

La demande pour des édifices publics de toutes sortes de même que la prospérité du monde des affaires canadien se traduit par un flot incessant de commandes. Le centre le plus ancien de la production moderniste est Vancouver. Là, une poignée d'architectes explorent le langage moderniste avec un succès remarquable. La bibliothèque municipale de Vancouver (Semmens et Simpson, 1956-1957) et l'édifice du BC Electric par Thomson, Berwick et Pratt (1955-1957) en sont quelques exemples.

Le paysage de la ville se dote également de nouveaux concepts domestiques impressionnants, tout particulièrement ceux auxquels les nouveaux diplômés mettent la main : Ron Thom et Arthur Erickson. D'autres centres importants incluent Winnipeg, particulièrement les oeuvres de Green, Blankstein, Russell et associés (Aéroport international de Winnipeg, avec W.A. Ramsay, 1960) et de Smith, de Carter et de Searle (l'École d'architecture, 1959), Ottawa (l'Hôtel de ville d'Ottawa, Rother, Bland et Trudeau, 1958) et Toronto, où le très publicisé nouvel Hôtel de ville de Toronto (Viljo Revell, 1961-1965) traduit l'optimisme utopiste de cette ère.

Pour des observateurs perspicaces, il est désormais évident qu'en 1960 l'effet du modernisme confère à l'architecture canadienne une confiance en soi unique dans son histoire. Avec un peu de recul, cela semble justifié. Cela s'applique à Montréal plus que nulle part ailleurs, ville sur le point de connaître une transformation qui se traduira par l'Exposition internationale de 1967. La construction de la Place Ville-Marie (I.M. Pei et associés, architecte, Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold, Michaud, Sise, architectes résidents, 1958-1965; voir Arcop) va devenir le point de départ d'une série de gratte-ciel (Place Victoria, Luigi Moretti et Pier Luigi Nervi, Greenspoon, Freedlander et Dunne architectes, et Jacques Morin, architecte, 1961-1965), d'édifices publics (Place Bonaventure, Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold, Sise architectes, R.T. Affleck partenaire, 1963-1967) et d'infrastructures publiques (le métro de Montréal) qui retiennent l'attention partout dans le monde. La revitalisation du centre de Toronto est également remarquable, bien que s'étant manifestée quelque temps plus tard, avec tout d'abord le Centre Toronto Dominion (Mies van der Rohe, consultant, John B. Parkin associés et Bregman et Hamann construction, 1964-1968).

L'arrivée d'un second courant de jeunes praticiens, dont le travail est souvent hautement individuel, est une caractéristique tout aussi importante de la fin des années 50 et 60. En réaction à la monotonie remarquée du modernisme dominant, Roger D'Astous au Québec, Etienne Gaboury au Manitoba, Clifford Wiens en Saskatchewan et Douglas Cardinal en Alberta exécutent un travail qui témoigne d'un souci renouvelé pour la culture locale.

À Toronto, Ron Thom, parachuté de sa Colombie-Britannique natale, apporte sa touche personnelle à l'université Trent et à l'U. de Toronto (Massey College), pendant que la silhouette sans cesse grandissante d'Arthur Erickson plane au-dessus de ses contemporains. De par l'extraordinaire plan qu'il réalise pour l'université Simon Fraser en Colombie-Britannique, Erickson retient l'attention mondiale, unanime à acclamer la valeur remarquable et considérable de ses mérites sur la scène internationale.


Lecture supplémentaire

  • H.D. Kalman, A History of Canadian Architecture (1994); Leslie Maitland, Jacqueline Hucker and Shannon Ricketts, A Guide to Canadian Architectural Styles (1992); T. Ritchie, Canada Builds 1867-1967 (1967).