Arthrite

Le mot arthrite (du grec arthron [articulation] et itis [inflammation]) désigne une grande diversité d'affections articulaires, toujours accompagnées d'inflammation à divers degrés.

Arthrite

Le mot arthrite (du grec arthron [articulation] et itis [inflammation]) désigne une grande diversité d'affections articulaires, toujours accompagnées d'inflammation à divers degrés. Si elle n'est pas contrôlée ou si elle persiste pendant assez longtemps, l'inflammation cause des douleurs et, au stade final, détruit les surfaces articulaires. Le rhumatisme (du grec rheumatismos [écoulement d'humeurs]) est un terme utilisé dans le langage courant (mais rarement par les médecins) pour décrire des douleurs, aiguës ou chroniques, ou des raideurs des muscles, des tendons, des ligaments et des articulations, y compris l'arthrite et des affections musculaires douloureuses. On estime que plus de quatre millions de Canadiens souffrent d'arthrite.

Les affections rhumatismales sont importantes tant du point de vue clinique qu'économique. Environ 1 Canadien sur 50 présente, vers 75 ans, des symptômes d'une forme quelconque de rhumatisme (dans des proportions de 65,4 p. 100 chez les femmes et 34,6 p. 100 chez les hommes). Entre 7 et 10 p. 100 des consultations au cabinet du médecin se rapportent à des problèmes musculo-squelettiques (se classant tout juste derrière les troubles circulatoires, respiratoires et endocriniens). Ce pourcentage ne reflète toutefois pas vraiment la prévalence de la maladie car jusqu'à 75 p. 100 des personnes présentant des symptômes rhumatismaux ne consultent pas un médecin. Le taux de prévalence est de 21 p. 100 chez les femmes et de 16 p. 100 chez les hommes.

Campagne contre les affections rhumatismales

La lutte contre ces maladies est menée par des sociétés professionnelles, des organismes bénévoles ou des organismes gouvernementaux. La Ligue internationale contre le rhumatisme a été fondée en 1927. La Ligue panaméricaine constitue une de ses subdivisions, et, au Canada, LA SOCIÉTÉ D'ARTHRITE coordonne et soutient la presque totalité du travail et de la recherche à tous les niveaux.

Arthrose et polyarthrite rhumatoïde

Ce sont les formes d'arthrite les plus répandues. L'arthrose affecte environ une personne sur dix et se caractérise par une raideur au lever, une douleur aggravée par l'activité, une enflure et un craquement des articulations lorsqu'elles bougent et une réduction graduelle de l'amplitude du mouvement. La surface articulaire s'amincit graduellement et l'articulation perd de sa stabilité mécanique. L'arthrose s'observe plus fréquemment chez les sujets âgés mais on ne sait pas si elle est liée au processus normal du vieillissement. Traditionnellement, elle est classée parmi les affections dégénératives et survient surtout dans les principales articulations qui supportent le poids du corps, comme les hanches et les genoux. Le traitement fait appel aux médicaments anti-inflammatoires (par exemple, aspirine), à la physiothérapie et aux aides à la marche. Il est possible d'effectuer le remplacement complet d'une articulation, comme la hanche, par une prothèse articulaire.

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire chronique de cause inconnue, bien qu'elle soit peut-être reliée au système immunitaire. Elle affecte environ 1 p. 100 de la population nord-américaine âgée de plus de 15 ans et frappe 3 fois plus de femmes que d'hommes. Bien que la polyarthrite rhumatoïde touche les articulations, c'est une maladie systémique et de ce fait, elle affecte la plupart des autres tissus de l'organisme à des degrés divers. Au stade initial, on observe habituellement une enflure, une fièvre, une douleur et une raideur dans une ou plusieurs articulations. Cette inflammation est habituellement symétrique, c'est-à-dire qu'elle affecte les petites articulations des mains, des poignets et des pieds mais a tendance, sauf dans sa forme grave, à épargner les hanches et la colonne vertébrale. Son traitement inclut la prise de médicaments anti-inflammatoires, comme les sels d'or, l'utilisation d'attelles et d'aides à la marche, le repos et la physiothérapie. On peut avoir recours à l'insertion de prothèses articulaires faites d'une combinaison de métal et de divers matériaux de plastique et de silastique.

Formes moins répandues

Parmi les formes moins courantes d'arthrite, on trouve un type particulièrement virulent, l'arthrite rhumatoïde juvénile, observée chez les enfants (garçons et filles) entre un et cinq ans. Caractérisée par une fièvre élevée, des éruptions cutanées, des douleurs articulaires et parfois des troubles cardiaques, la maladie peut détruire de nombreuses articulations.

Les autres arthritides comprennent la spondylarthrite ankylosante, la polyarthrite psoriasique, la fibromyalgie, le lupus érythémateux et le syndrome conjonctivo-urétro-synovial de Fiessinger-Leroy. La spondylarthrite ankylosante, maladie héréditaire à laquelle la population autochtone semble particulièrement vulnérable, frappe principalement les jeunes hommes, touchant surtout leur colonne vertébrale et les grandes articulations pelviennes. La polyarthrite psoriasique, une forme d'arthrite inflammatoire, est associée à la maladie de la peau appelée psoriasis. Le syndrome conjonctivo-urétro-synovial de Fiessinger-Leroy s'accompagne d'une atteinte des voies urinaires ou des intestins. La fibromyalgie, aussi appelée rhumatisme musculaire ou fibrosite, cause entre autres symptômes de la fatigue, de la raideur, de l'engourdissement, ainsi que l'enflure des articulations et des tissus mous. Elle affecte plus de femmes que d'hommes, dans un rapport de 4 pour 1 et survient plus souvent à partir de 50 ans chez les femmes. Le lupus érythémateux est une maladie auto-immune chronique qui touche environ 15 000 Canadiens, dont 90 p. 100 sont des femmes. Le dysfonctionnement du système immunitaire s'accompagne de la formation d'anticorps qui attaquent les tissus sains de l'organisme. Il peut en résulter une inflammation de la peau, des muscles, des articulations, du coeur, des poumons, des reins, des vaisseaux sanguins et du système nerveux.

Goutte

La goutte se manifeste par l'inefficacité de l'organisme à éliminer certaines substances chimiques, ce qui provoque la précipitation de cristaux d'acide urique (urate monosodique) dans les articulations et autour de celles-ci. Il s'agit de la perturbation métabolique la plus connue comme cause de l'arthrite. D'autres cristaux peuvent causer l'arthrite comme le pyrophosphate de calcium, responsable d'une maladie appelée « pseudogoutte » en raison de la similitude des symptômes avec ceux de la goutte. Les affections rhumatismales liées à la goutte provoquent une détérioration rapide des surfaces articulaires à cause des enzymes libérées par les globules blancs de l'organisme. Ces enzymes dégradent le tissu des surfaces articulaires, détruisant ses propriétés mécaniques.


Lecture supplémentaire

  • H. Ralph Schumacher, ed, Primer on the Rheumatic Diseases (10th ed, 1993); John Thompson, Arthritis (1995); Robert H. Phillips, Coping with Osteoarthritis: Revised and Updated (2001); Cheryl Koehn, Taysha Palmer and John Esdaile, Rheumatoid Arthritis: Plan to Win (2002).

Liens externes