Arthur Lipset

Si les cinéphiles sont dépassés par son plus célèbre film, Very Nice, Very Nice (1961), les critiques sont déroutés. Néanmoins, il lui vaut une nomination aux prix Oscar.

Arthur Lipset

Arthur Lipsett. Cinéaste (Montréal, Qc, 13 mai 1936-avril 1986). Lipsett travaille à l'office national du film (1958-1970), où il est un des rares cinéastes à produire des films expérimentaux. Ses oeuvres, qui rassemblent des séquences d'archives et de documentaires et ses propres images, renvoient un écho ironique à l'idéologie de John Grierson concernant "le traitement créatif de l'actualité".

Si les cinéphiles sont dépassés par son plus célèbre film, Very Nice, Very Nice (1961), les critiques sont déroutés. Néanmoins, il lui vaut une nomination aux prix Oscar. Cette production, un pot-pourri d'images extraites de publicités, de documentaires, de films éducatifs et de séquences rejetées par l'ONF, évoque un monde surchargé d'information et d'images, nostalgique et insensé. À l'instar des autres films de Lipsett, Very Nice, Very Nice reflète le malaise et l'anxiété typiques des années post-Hiroshima; il évoque un monde en pleine accélération et auquel ce rythme effréné fait perdre quelque chose.

En 1965, il produit une série de documentaires chocs sur des sujets psychologiques : Animals and Psychology, Fear and Horror, Perceptual Learning, Animal Altruism et The Puzzle of Pain. Presque toutes les oeuvres suivantes, notamment le populaire 21-87 (1964), A Trip Down Memory Lane (1965) et Flux (1968), suivent les traces de Very Nice, Very Nice : des films-collages évoquant l'aliénation et la recherche souvent vaine de la transcendance.

Même s'il a travaillé avec des producteurs renommés de l'ONF comme Donald Brittain, Tom Daly et Colin Low (Daly et Low ont produit Very Nice, Very Nice), l'approche et le style de Lipsett sont différents. Bien qu'ils aient tous les trois fait des films novateurs sur l'évolution sociale et technologique du Canada dans les années 1960, les films de Lipsett sont plus sarcastiques et plus audacieux sur le plan esthétique. Ils se rapprochent davantage des films avant-gardistes américains des années 1960, notamment ceux de Bruce Connor, dont A Movie (1958) est devenu l'exemple type des films à base de pellicule trouvée (found footage). (Voir aussi Cinéma expérimental).


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