Athéisme et agnosticisme

L'athée ne croit pas à l'existence de Dieu; l'agnostique croit que nous sommes incapables de savoir s'il existe ou non. Bien que le terme « agnosticisme » ait été inventé par T.H. Huxley (1825-1895), le point de vue est très ancien, remontant aux sceptiques grecs.

Athéisme et agnosticisme

L'athée ne croit pas à l'existence de Dieu; l'agnostique croit que nous sommes incapables de savoir s'il existe ou non. Bien que le terme « agnosticisme » ait été inventé par T.H. Huxley (1825-1895), le point de vue est très ancien, remontant aux sceptiques grecs. Du fait que l'agnostique, comme l'athée, ne peut pas adhérer de façon pratique à une croyance religieuse, les croyants peuvent rarement les distinguer l'un de l'autre. Les deux positions sont répandues aujourd'hui, et ce, pour trois raisons principales.

D'abord, l'énorme progrès des connaissances scientifiques ne doit rien à l'idée de Dieu : il n'y a pas de physique ni de chimie chrétienne. Étant donné que les affirmations qu'on peut faire sur Dieu ne peuvent être vérifiées par la science, les athées les rejettent et les agnostiques disent qu'on ne peut pas se prononcer à leur sujet. Deuxièmement, le pouvoir de la technologie a diminué chez l'être humain le sentiment de dépendance face aux forces extérieures, enlevant ainsi les obstacles psychologiques au scepticisme. Troisièmement, l'étude scientifique et historique de la religion elle-même a indiqué que le phénomène religieux peut être expliqué sans admettre la réalité de Dieu. Un résultat important de ces influences est la sécularisation de la pensée morale et sociale même chez les gens qui se considèrent religieux.

À l'époque de Huxley, l'athée ou l'agnostique était souvent quelqu'un qui avait eu une éducation chrétienne et continuait à s'intéresser vivement à la religion, même après l'avoir rejetée. Cela est moins fréquent aujourd'hui : les penseurs religieux doivent maintenant s'adresser à un monde où une indifférence répandue s'ajoute encore au doute et à la négation. Une expression intellectuelle de cette position est le courant philosophique couramment appelé « positivisme », qui soutient non seulement que les affirmations au sujet de Dieu sont hors du domaine de la connaissance, mais qu'elles ne peuvent même pas être formulées clairement.

Au Canada, le déclin de la religion a pu être ralenti par la faible densité de la population et les solidarités ethniques; toutefois, bien que la religion demeure un facteur important, le scepticisme est largement répandu. Au Canada, le penseur agnostique le plus important est Kai Nielsen, qui peut être qualifié de néopositiviste. Des philosophes comme Hugo Meynell et Donald Evans sont les représentants d'un réveil du théisme en Amérique du Nord qui tente de l'emporter sur les influences athées et agnostiques, mais celles-ci sont encore très prédominantes dans les milieux intellectuels. Dans son dernier recensement sur la religion, Statistique Canada indique que 4,8 millions de Canadiens déclarent ne pas avoir de religion.

Voir aussi Philosophie.


Lecture supplémentaire

  • J.C.A. Gaskin, ed, Varieties of Unbelief: From Empiricus to Sartre (1989); H.A. Meynall, ed, Religion and Irreligion (1985); Kai Neilsen, God, Skepticism and Modernity (1989) and Ethics Without God (1989).

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