Bioéthique

Le terme « bioéthique » est formé du mot grec bios qui désigne la vie et du mot « éthique » qui, traditionnellement, désigne l'étude systématique des comportements souhaitables.

Bioéthique

Le terme « bioéthique » est formé du mot grec bios qui désigne la vie et du mot « éthique » qui, traditionnellement, désigne l'étude systématique des comportements souhaitables. La bioéthique représente donc l'un des efforts de la société pour contrôler ces nouveaux pouvoirs d'une portée incroyable sur la vie humaine, pouvoirs issus des récentes innovations en MÉDECINE, en GÉNÉTIQUE, en BIOLOGIE MOLÉCULAIRE, en BIOLOGIE de la reproduction et dans d'autres domaines liés aux sciences de la vie.

Ces développements technologiques et leurs applications ont connu un essor considérable dans les sociétés pluralistes, lesquelles sont composées de plusieurs communautés partageant différentes moralités et philosophies de vie. Ces communautés soutiennent des opinions divergentes sur ce qui est bien et ce qui est mal et adoptent souvent des positions conflictuelles sur la façon d'appliquer ou non ces innovations biomédicales.

Les conflits peuvent surgir de positions opposées sur des croyances fondamentales et des présupposés sur la vie humaine (ethos), sur les valeurs dominantes ou fondamentales (moralité) ou sur les normes et les méthodes devant régir les conflits de valeur (éthique). Ces problèmes moraux et éthiques surgissent dans tous les domaines d'activité. Néanmoins, depuis 25 ans, ce sont ceux issus des progrès des sciences de la vie qui retiennent l'attention du public et mobilisent une réflexion sociale.

Les principaux problèmes éthiques portent sur la recherche avec des sujets humains, l'abstention ou le retrait des traitements de prolongation de vie chez les patients dans un état critique, l'euthanasie, l'AVORTEMENT, le diagnostic prénatal, le dépistage génétique, l'avortement sélectif, la stérilisation des personnes mentalement handicapées, le CONTRÔLE DES NAISSANCES, l'insémination artificielle, la fertilisation in vitro et les mères porteuses, la transplantation d'organes et l'implantation d'organes artificiels, les critères de la définition de la MORT, la façon de contrôler le comportement humain au moyen de méthodes psychochirurgicales, psychopharmacologiques et psychologiques, l'épidémie du VIH et le SIDA, le projet du génome humain et la thérapie génique (voir GÉNIE GÉNÉTIQUE), l'utilisation des technologies de l'information dans les systèmes de santé et enfin, la juste répartition des ressources limitées.

À la fin des années 60 et jusqu'à la fin des années 70, un certain nombre de centres et d'instituts en éthique, de commissions de réforme du droit et de commissions de politiques publiques à travers le monde ont mis de l'avant des conditions propices à la recherche multidisciplinaire et à la résolution de ces problèmes. Grâce au leadership de l'Institute of Society, Ethics and the Life Sciences (Hastings-on-Hudson, État de New York, fondé en 1969), du Kennedy Institute of Ethics (U. Georgetown, Washington, D.C., 1971) et de la Society for the Study of Medical Ethics (Londres, Royaume-Uni, 1972), des centres de bioéthique ont vu le jour dans plusieurs pays.

Les principales organisations canadiennes qui ont contribué au développement de la bioéthique sont le Centre de bioéthique de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (1976), le projet Protection de la vie de la Commission canadienne de la réforme du droit (Ottawa, 1976, maintenant dissoute), le Westminster Institute for Ethics and Human Values (London, Ontario, 1978) ainsi que les écoles de recherche et d'enseignement en bioéthique de l'U. Laval (1980), de l'U. de Montréal (1981), de l'U. du Québec à Rimouski (1984), de l'U. de Calgary (1984), de l'U. du Manitoba (1985), de l'U. McGill (1986), de l'U. de l'Alberta (1986), de l'U. de Toronto (1989) et de l'U. de Colombie-Britannique (1993).

Nombre d'associations professionnelles, telles que l'ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE, ont créé leurs propres comités de bioéthique. L'Association des hôpitaux canadiens a endossé le concept des comités d'éthique dans le but de faciliter la prise de décision éthique dans les hôpitaux et autres établissements de soins de santé. De plus, la Société canadienne de bioéthique a été créée en 1986 et le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ) a formé le Réseau de recherche en éthique clinique en 1995.

Les instituts et les comités de bioéthique sont l'expression tangible d'une volonté collective d'introduire et de maintenir une réflexion systématique sur les incertitudes, dilemmes et conflits éthiques soulevés par les progrès biomédicaux et technologiques. Les innovations en génétique, en embryologie humaine, en médecine foetale, en gériatrie, en gérontologie, en immunologie, en sciences neurologiques, en pharmacogénétique et l'utilisation des technologies de l'information dans les systèmes de santé créent de nouveaux défis pour ceux et celles qui travailleront en bioéthique durant les prochaines décennies.

L'objectif de la recherche et de la réflexion interdisciplinaire, internationale et interculturelle en bioéthique consiste à clarifier le contenu des politiques conçues pour harmoniser les droits et le bien-être de chaque individu avec le bien commun des générations actuelles et futures.

Voir aussi DÉONTOLOGIE MÉDICALE.


Lecture supplémentaire

  • Warren Reich, ed, Encyclopedia of Bioethics, rev ed, 5 vols (1995); J.R. Williams, Biomedical Ethics in Canada (1986); J. Roy, John R. Williams, Bernard M. Dickens, Bioethics in Canada (1994); Gilbert Hottois, Marie-Hélène Parizeau, eds, Les mots de la bioèthique (1993); Maureen McTeer, Tough Choices: Living and Dying in the 21st Century (1999).