Florence Bird

Florence Bayard Bird (née Rhein), pseudonyme Anne Francis, C.C., sénatrice, journaliste, communicatrice et auteure (née le 15 janvier 1908 à Philadelphie, Pennsylvanie; décédée le 18 juillet 1998 à Ottawa, Ontario). Présidente de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada de 1967 à 1970, Florence Bird s’est fait connaître comme journaliste à CBC/Radio-Canada pour ses reportages et documentaires sur les conditions de travail des femmes ou encore sur le sort des femmes dans les prisons canadiennes.

Florence Bayard Bird, commissaire au Conseil du statut de la femme, Ottawa
Florence Bird
Florence Bird est surtout connu pour son rôle à titre de présidente de la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada en 1967. \r\n \r\n

Formation et début de carrière

Née au sein d’une famille américaine aisée, Florence Rhein fait ses études au Collège Bryn Mawr à proximité de Philadelphie. Après avoir terminé ses études, elle épouse le journaliste John Bird. En 1931, le jeune couple s’installe à Montréal. Florence rédige alors des nouvelles et des critiques de livres pour le Canadian Forum, un journal politique. Elle se lance également dans l’écriture de romans, mais essuie des refus des différentes maisons d’édition auxquelles elle soumet ses manuscrits. En 1937, le couple Bird déménage à Winnipeg et travail pour le Winnipeg Tribune – John comme éditeur en chef et Florence à titre de bénévole. C’est à cette époque qu’elle adopte le nom de plume d’Anne Francis sous lequel elle sera connue du public.

Sa carrière de journaliste prend véritablement son envol au cours de la Deuxième Guerre mondiale, alors que le Winnipeg Tribune lui confie une chronique sur les efforts de guerre des femmes canadiennes (Holding the Home Front). En 1941, elle anime une émission de radio pour une station provinciale intitulée Behind the Headlines et à partir de 1942, elle est commentatrice de nouvelles pour le réseau anglais de Radio-Canada. Elle y demeure jusqu’en 1966 et produit des documentaires sur les droits des femmes, les inégalités salariales entre les hommes et les femmes, la conciliation travail-famille, les conditions d’emprisonnement des femmes au Canada (voir Prison), mais également les affaires internationales.

Commissaire et sénatrice

En février 1967, le premier ministre Lester B. Pearson la nomme présidente de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada. À ses côtés se joignent deux hommes et quatre autres femmes : Jacques Henripin, professeur de démographie (Montréal, Québec); John Humphrey, professeur de droit à l’Université McGill ayant rédigé la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies (Montréal); Lola Lange, fermière et militante communautaire engagée auprès des femmes autochtones (Claresholm, Alberta); Jeanne Lapointe, professeure de littérature ayant fait partie de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (Québec); Elsie Gregory MacGill, ingénieure en aéronautique (Toronto, Ontario), et Doris Ogilvie, juge à la Cour juvénile (Fredericton, Nouveau-Brunswick). La secrétaire générale de la Commission est Monique Bégin, une jeune sociologue proche de Thérèse Casgrain appelée à devenir la première Québécoise élue à la Chambre des communes.

Commission royale sur la situation de la femme
La Déclaration universelle des droits de l
 Elsie Gregory MacGill
Première canadienne à recevoir un diplôme d'ingénieur électrique (1927), première femme au monde à décrocher un diplôme en aeronautique (1929) et à concevoir des avions, Elsie MacGill était également une militante pour les droits des femmes. En 1967, elle a été nommée à la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme. Sa mère, Helen Gregory MacGill a été la première femme a être juge en Colombie-Britannique
Elizabeth (Elsie) MacGill
Elizabeth MacGill,\r\ningénieure en aéronautique et féministe.

La Commission reçoit jusqu’à 468 mémoires, un millier de lettres, et entend près de 900 personnes au cours des audiences publiques. Le 7 décembre 1970, Fla Commission présente son rapport dans lequel elle fait 167 recommandations visant à éliminer l’inégalité entre les sexes au Canada. À la suite de celui-ci, de nombreux groupes de femmes sont créés pour appuyer la mise en œuvre des recommandations dont le Comité canadien d’action sur le statut de la femme.

Florence Bird est nommée compagnon de l’Ordre du Canada en 1971 et publie Anne Francis: An Autobiography en 1974 ainsi que Holiday in the Woods en 1976. En 1978, elle est appelée au Sénat par Pierre Elliott Trudeau et siège notamment au Comité spécial mixte sur la Constitution du Canada et au Comité spécial sur les politiques relatives à l'âge de la retraite. Elle occupe cette fonction jusqu’à son 75e anniversaire, le 15 janvier 1983.

Cette même année, elle est nommée membre du Conseil consultatif sur la situation des réfugiés du gouvernement fédéral, auquel elle siège durant deux ans. Elle reçoit le Prix du Gouverneur général en commémoration de l’affaire « personne » en 1983 et dans les années qui suivent, elle participe régulièrement à un groupe de discussion dans le cadre de l’émission Morningside au réseau anglais de Radio-Canada.

Importance

Chaque année depuis 1987, l’Institut Pauline Jewett de l’Université Carleton organise une conférence dans le cadre de la Florence Bird Lecture. En 1996, le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique à Montréal a créé le prix Florence Bird destiné à honorer les femmes qui travaillent dans le domaine des communications et à sensibiliser le public aux droits des femmes.

En 1999, les bureaux de Condition féminine Canada ont inauguré la Bibliothèque commémorative Florence Bird à Ottawa. Le magasin de la bibliothèque contient une des collections les plus complètes au Canada d’ouvrages et de documentation sur les femmes et sur l’égalité des sexes, ainsi que plus de 20 000 monographies et publications portant sur les questions relatives aux femmes, de même que des documents gouvernementaux, des publications internationales et des rapports et sondages réalisés par des organismes indépendants.


Lecture supplémentaire

  • Florence Bird, « Reminiscences of the Commission chair », dans Caroline Andrew et Sanda Rodgers, dir., Women and the Canadian state / Les femmes et l'état canadien (1997), 185‒196.

    Gail Cuthbert Brandt, Naomi Black, Paula Bourne et Magda Fahrni, Canadian Women. A History (2011).

    Judi Cumming, “Florence Bird”, dans Sharon Anne Cook, Lorna R. McLean et Kate O’Rourke, dir., Framing Our Past: Constructing Canadian Women’s History in the Twentieth Century (2001), 257‒258.

    Rapport de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada (1970).