Cameron, Eric

Bien qu'il crée des tableaux conventionnels et des vidéos, Cameron est surtout connu pour une série d'objets conceptuels qu'il appelle « peintures épaisses ». Dès 1979, il s'attaque aux peintures épaisses, qui deviendront l'oeuvre de sa vie.

Alice
Eric Cameron, enduit acrylique et acrylique sur rose, 1989-1995 (photo de David Brown, University of Calgary Communications Media/avec la permission de l'University of Lethbridge Art Gallery).

Cameron, Eric

 Eric Cameron, artiste conceptuel (Leicester, R.-U., 1935). Cameron étudie la peinture avec Lawrence Gowing à l'U. de Durham en Angleterre et l'histoire de l'art à l'institut Courtauld. Il arrive au Canada en 1969, enseigne à l'U. de Guelph, au Nova Scotia College of Art and Design (NSCAD), ainsi qu'à l'U. de Calgary. Cameron est reconnu comme l'un des plus importants représentants de l'art conceptuel et de l'art dynamique au Canada (voir COURANTS ARTISTIQUES CONTEMPORAINS). Ses oeuvres ont souvent été présentées au Canada, en particulier dans le cadre de l'exposition La Divine Comédie, organisée conjointement par le MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA et la Winnipeg Art Gallery, qui fait le tour du Canada en 1990. En 2004 il a reçu le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques.

Bien qu'il crée des tableaux conventionnels et des vidéos, Cameron est surtout connu pour une série d'objets conceptuels qu'il appelle « peintures épaisses ». Dès 1979, il s'attaque aux peintures épaisses, qui deviendront l'oeuvre de sa vie. Il s'agit d'articles ménagers ordinaires que Cameron recouvre de plusieurs centaines de couches de gesso. Choisissant les objets sans critères subjectifs ou esthétiques, il peut les aborder de manière rigoureusement impersonnelle, étalant méthodiquement des couches de gesso aussi fines et régulières que possible. Il continue de travailler à chaque objet, refusant de considérer qu'une oeuvre est terminée tant qu'elle n'est pas vendue. L'artiste prévoyait initialement que le résultat de ce procédé serait une peinture qui prendrait progressivement du volume, sans perdre pour autant la forme de départ de l'objet utilisé. Il s'est toutefois produit quelque chose de tout à fait inattendu. En effet, avec chaque nouvelle couche d'enduit, le volume de l'objet a non seulement augmenté, mais sa forme a changé radicalement en raison des processus chimiques survenant lors du séchage, ainsi que du processus mécanique d'étalement de la peinture au pinceau.

Fasciné par les dimensions philosophiques et esthétiques de cet aspect imprévisible et finalement incontrôlable de son travail, Cameron écrit plusieurs longs essais pour accompagner les expositions successives des peintures épaisses, qu'il considère comme faisant partie intégrante de son projet continu.


Lecture supplémentaire

  • Steven Burns, "Laying it on Thin: Eric Cameron," Vanguard Vol 14 (Nov 1985); Eric Cameron, Divine Comedy Ottawa: National Gallery of Canada (1989).