Conseil des arts du Canada/The Canada Council for the Arts

L'origine du Conseil des arts remonte au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale lorsqu'est créé un Conseil canadien des arts, composé de personnalités du monde artistique, de mécènes et de sociétés à vocation artistique.

Conseil des arts du Canada/The Canada Council for the Arts

Conseil des arts du Canada /The Canada Council for the Arts. Corporation créée par une loi du Parlement le 28 mars 1957 en vue de « favoriser et de promouvoir l'étude et la diffusion des arts ainsi que la production d'oeuvres d'art ». Installé à Ottawa, pour s'acquitter de son mandat, il offre aux artistes, professionnels des arts et organismes artistiques une gamme étendue de subventions et de services. En outre, il assure le secrétariat de la Commission canadienne pour l'Unesco, administre le programme Killam de prix et bourses de recherche et offre un certain nombre d'autres prix prestigieux, dont le Prix Virginia Parker.

L'origine du Conseil des arts remonte au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale lorsqu'est créé un Conseil canadien des arts, composé de personnalités du monde artistique, de mécènes et de sociétés à vocation artistique. Le Conseil canadien des arts fait campagne en faveur de la création d'une commission royale d'enquête sur le développement des arts, des lettres et des sciences, laquelle est constituée en 1949 par le gouvernement canadien sous la présidence de Vincent Massey. Le Rapport de la Commission royale d'enquête sur l'avancement des arts, lettres et sciences au Canada, déposé en 1951, recommande de constituer un conseil des arts du Canada, qui est donc créé en 1957. L'ancien Conseil canadien des arts devient la Conférence canadienne des arts en 1958.

Le Conseil des arts est régi par un conseil d'administration de 11 membres, nommés par le gouverneur en conseil. Ses décisions en matière de politiques, programmes, subventions et autres questions sont exécutées par un personnel que dirigent un directeur et un directeur associé, nommés eux aussi par le gouverneur en conseil. Le Conseil des arts et son personnel travaillent en étroite liaison avec les comités consultatifs des disciplines, les artistes et les professionnels des arts de toutes les régions du pays, qu'il consulte à titre individuel ou collectif. C'est un jury constitué de pairs (artistes ou experts) qui évalue les demandes de subventions et les candidatures aux bourses et aux prix. Les comités sont équilibrés et tiennent compte des compétences professionnelles, de la diversité de philosophie et de pratique, de la région, du sexe, de l'âge et de l'identité culturelle. Les membres changent souvent, et les comités sont toujours différents. En outre, les membres sont soumis à une règle stricte sur les conflits d'intérêts. Le Conseil des arts collabore étroitement aussi avec des organismes et ministères culturels fédéraux et provinciaux.

Créé par le Parlement comme organisme autonome, le Conseil établit ses propres politiques et prend ses propres décisions dans les limites de la Loi sur le Conseil des arts du Canada. Il gère ses placements et contrôle ses dépenses et subventions. Le Conseil rend compte de son activité au Parlement par l'entremise du ministre du Patrimoine canadien. Il est appelé à témoigner de temps à autre devant divers comités parlementaires, notamment le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes. Ses comptes sont contrôlés par le Vérificateur général du Canada et font partie du rapport annuel qu'il soumet au Parlement.

Crédit parlementaire

Les fonds affectés par le Parlement constituent la principale source de revenus du Conseil des arts. En 2009-2010, le crédit parlementaire est d'environ 180 millions de dollars. Le conseil reçoit au cours des années divers dons et legs provenant du secteur privé, qui sont affectés aux fins stipulées lors de la donation.

Le Conseil administre plus de 100 programmes d'aide qu'il révise régulièrement pour répondre aux besoins changeants de la communauté artistique. Six services sont responsables du développement général de formes d'art particulières : Danse, Musique et opéra, Théâtre, Lettres et édition, Arts visuels et Arts médiatiques. Quatre autres services complètent leur travail : le Bureau Inter-arts élabore des stratégies et politiques et gère des programmes de soutien à la recherche, à la création, à la production, à la diffusion, à la tournée et aux activités de service et de développement, et ce, à l'intention des artistes et organismes artistiques canadiens œuvrant en arts intégrés et en arts du cirque contemporains; le Bureau de l'équité fait progresser le principe directeur de l'équité dans l'ensemble du Conseil des Arts pour qu'il puisse influencer positivement le secteur artistique au Canada et, par celui-ci, le grand public; le Bureau de développement des publics et des marchés offre des subventions et des services qui aident les artistes professionnels canadiens à joindre différents publics canadiens et internationaux. Il tient aussi à jour des répertoires de diffuseurs en ligne ainsi que d'autres documents utiles aux artistes qui veulent développer de nouveaux publics et de nouveaux marchés pour leurs œuvres; le Bureau des arts autochtones collabore avec le comité consultatif des arts autochtones et avec tous les services du Conseil des Arts pour soutenir les pratiques artistiques des peuples autochtones, et ce, dans toutes les disciplines artistiques. La Banque d'oeuvres d'art achète des oeuvres d'art visuel et les loue en vue de leur exposition dans les locaux des ministères et organismes sans but lucratif du Canada. En 1997, la Conseil a intégré les fonctions du Bureau des tournées à celles des services disciplinaires (la musique, par exemple, est un service disciplinaire) de manière à ce que chacun gère son propre programme de subventions aux tournées. Pendant l'exercice 2009-2010, sur un total de 145 104 000 $ attribué sous forme de subventions aux programmes des arts, le service Musique a fourni des subventions d'une valeur totale de 29 443 093 $ à des personnes ou organisations; de cette somme, un montant de 1 320 000 $ consistait en subventions aux tournées; quant à lui, le service des Prix et dotations a décerné des prix pour une valeur de 231 700 $.

Division des disciplines artistiques

La Division des disciplines artistiques voit à la gestion du développement et des activités des programmes de subventions du Conseil qui servent à soutenir les artistes canadiens et les organisations artistiques.

Service de la musique

Par l'entremise du Service de la musique, le Conseil des arts du Canada apporte un soutien au perfectionnement d'artistes, de groupes, de petits ensembles et autres professionnels à l'œuvre dans la communauté musicale du Canada. En plus des tournées, de la production de concerts et de l'appui à l'enregistrement, le Service de la musique finance diverses activités connexes telles que les résidences et la commande d'œuvres de compositeurs canadiens et reconnaît plus de 100 genres de musique au pays. Sa mission est de favoriser l'épanouissement de la musique canadienne créée, exécutée, produite et diffusée par des artistes canadiens professionnels et des organisations artistiques qui expriment la diversité culturelle, créatrice et intellectuelle du Canada pour des publics canadiens aussi bien qu'étrangers. Tous les programmes du Conseil des arts sont accessibles aux artistes autochtones et autres artistes canadiens d'antécédents culturels variés ainsi qu'aux communautés régionales du Canada.

Banque d'instruments de musique

La Banque d'instruments de musique du Conseil des arts, créée en 1985, a pour objet l'acquisition d'instruments de qualité et leur prêt à des musiciens canadiens exceptionnels. Son premier instrument, un violoncelle Tecchler acheté en 1987, est confié à Denis Brott. En 1988, le violoniste Scott St John est lauréat du premier concours national pour le prêt du stradivarius Windsor-Weinstein. Depuis lors, grâce à des dons et à des prêts généreux, la banque a acquis 15 instruments. Ces violons, violoncelles et archets sont parmi les plus estimés du monde et ont été fabriqués par des luthiers célèbres, dont Stradivari, Gagliano et Pressenda. Tous les trois ans, des musiciens talentueux de tout le pays participent à un concours intensif de quatre jours devant un jury de musiciens professionnels pour pouvoir utiliser ces instruments.

Présidents

Voici les présidents du Conseil des arts qui, depuis sa fondation, se sont succédé : Brooke Claxton (1957-1960), Claude Bissell (1960-1962), Douglas B. Weldon (1962-1964), Jean Martineau (1964-1969), John G. Prentice (1969-1974), Brian Flemming (intérim; 1974-1975), Gertrude M. Laing (1975-1978), Mavor Moore (1979-1983) et Maureen Forrester (1983-1988), suivie d'Allan Gotlieb (1989-1994), Donna Scott (1994-1998), Jean-Louis Rioux (1998-2003) et Karen Kain (2004-2009), à qui a succédé Joseph L. Rotman en 2010. Les directeurs ont été Albert W. Trueman (1957-1965), Jean Boucher (1965-1969), Peter M. Dwyer (1969-1971), Robert Élie (intérim; 1971-1972), André Fortier (1972-1975), Charles A. Lussier (1976-1981), Timothy Porteous (1982-1985), Peter Roberts (1985-1988), Joyce Zemans (1989-1992), Paule Leduc (1992-1994), Roch Carrier (1994-1997), Shirley Thomson (1998-2002) et John Hobday (2003-2006), remplacé par Robert Sirman en 2006. Le poste de chef du Service de la musique (créé en 1966) est d'abord occupé par Gilles Potvin (1966), puis par Guy Huot (1966-1973), Hugh Davidson (1973-1978), Franz Kraemer (1979-1985), Louise Laplante (1986-1988), Joanne Morrow (1989-1995), Micheline Lesage (1995-2001) et, finalement, par Russell Kelley en 2001.

Conclusion

Au cours des années, les politiques du Conseil des arts ont souvent fait l'objet de critiques et de discussions sur la place publique et dans les médias. Compte tenu des fonds relativement limités dont il dispose, plusieurs personnalités ou groupes de pression ont remis et remettent en question les critères qui président à l'attribution de bourses personnelles et de subventions aux organismes. Il est souvent reproché au Conseil des arts de ne favoriser les arts qu'au plus haut niveau de professionnalisme, de pratiquer un certain élitisme et de ne pas s'intéresser suffisamment à l'activité artistique régionale et à celle des milieux populaires. D'autres ont pris position en faveur du Conseil, faisant valoir ses réalisations et soulignant l'extraordinaire stimulant qu'il a été, à preuve l'accroissement considérable de la production et de l'activité dans toutes les disciplines artistiques observé depuis sa création en 1957.

Dans un grand nombre d'articles de l'Encyclopédie de la Musique au Canada, il est fait mention des bourses et subventions accordées par le Conseil des arts ainsi que des commandes aux compositeurs.

Voir aussi Récompenses; Médaille du Conseil des arts du Canada.

Publications (sélection)

Déclarations et discours
André FORTIER, L'Orchestre symphonique a-t-il un avenir au Canada? / Is There a Future for the Symphony Orchestra in Canada? (1974).

-, Carrières et débouchés dans le monde des arts / Careers and Markets in the Arts (1975).

-, Le Conseil des arts et la francophonie canadienne dans le contexte nord-américain / The Canada Council and the Francophone Community in the North American Context (1975).

Charles A. LUSSIER, Développement musical et restrictions financières / Music Development in a Restrained Economy (1976).

-, Mécénat privé et mécénat public / Public-Private Partnership in the Arts (1976).

Timothy PORTEOUS, Les Arts au Canada sont-ils plus favorisés qu'aux États-Unis? / The Arts in Canada : A Better Way? (1976).

-, Le Conseil des arts et la vie artistique en Saskatchewan / The Canada Council and the Arts in Saskatchewan (1976).

Charles A. LUSSIER, Le Conseil des arts du Canada, en quête d'excellence dans une société démocratique / The Canada Council: The Principle of Excellence and Its Implications in a Democratic Society (1977).

Timothy PORTEOUS, Les Arts dans la communauté canadienne / The Arts in the Canadian Community (1977).

-, Culture et confédération / Culture and Confederation (1978).

J. Mavor MOORE, Le Conseil des arts du Canada dans les années quatre-vingts : après le Rapport Applebaum-Hébert / The Canada Council in the 1980s : The Applebaum-Hébert Report and Beyond (1983).

Études, mémoires et autres textes

Service d'information du Conseil des arts, Glanures sur les conseils d'administration des entreprises artistiques / Readings on the Governing Boards of Arts Organizations (mars 1971).

Frank T. PASQUILL, Modes d'assistance financière aux arts du spectacle au Canada / Subsidy Patterns for the Performing Arts in Canada (févr. 1973).

Mary C. SULLIVAN, Le Groupe des vingt-neuf / The Group of Twenty-Nine (oct. 1973).

Ministère de la Main-d'oeuvre et de l'Immigration, Analyse de certains emplois dans le domaine des arts du spectacle / An Analysis of Selected Performing Arts Occupations (juill. 1974).

Urwick, Currie et Associées Ltée, Incidence de certaines grandes compagnies de spectacle sur l'économie canadienne / An Assessment of the Impact of Selected Large Performing Companies upon the Canadian Economy (sept. 1974).

Duncan CAMERON, Les Arts au Canada en 1975 / The Arts in Canada 1975: Viewpoint (mai 1975).

Vingt et cinq / Twenty plus Five (nov. 1977).

Helmut BLUME, Une école nationale de musique pour le Canada / A National Music School for Canada (mars 1978).

Bibliographie

CMJ (print. 1957, numéro consacré à la musique et au Conseil des arts).

Rapports annuels du Conseil des arts (1958-).

« Wilfrid Pelletier talks on the Canada Council » (interview accordée à John BRIGGS), International Musician (mai 1962).

Douglas LEOPOLD, « The Canada Council views the arts, an interview with Charles Lussier », OpCan (sept. 1976).

Sandra GWYN, « The Canada Council had the right people in the right places at the right time », SatN (juin 1977).

John FRASER, « A cheerless celebration for the arts », Globe and Mail (Toronto, 24 sept. 1977).

Bernard OSTRY, The Cultural Connection (Toronto, 1978).

Robert FULFORD, « The Canada Council at twenty-five », SatN (mars 1982).

Mavor MOORE, « The chairman's case », SatN (mai 1982).

-« Guardian of the arts: The Canada Council celebrates its 25th birthday », OpCan, XXIII (printemps 1982).

Florence HAYES, « Canada Council's role ready for redefining after 25 years », MSc, 326 (juill.-août 1982).

Laurent MAILHOT et Benoît MELANÇON, Le Conseil des arts du Canada, 1957-1982 (Montréal, 1982).

Robert FULFORD, « Federal offence », SatN (sept. 1984).

Richard FLOHIL, « This 'bank' works », CanComp, 224 (oct. 1987).

Peter PEARSON, « Helping us see ourselves », Gazette (Montréal, 6 oct. 1990).

Jack Lawrence GRANATSTEIN, « Culture and scholarship: The first ten years of the Canada Council », Canadian Music: Issues of Hegemony and Identity, dir. Beverley Diamond et Robert Witmer (Toronto, 1994).

Aspects of Music in Canada.


Liens externes